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01/12/2008

La "touche humaine", c'est l'arme de demain?

Image 1.pngIl est temps pour le Sporting Tertulia de se pencher sur un phénomène de plus en plus culte dans la petite histoire du ballon. Un phénomène qui nous fait rappeler ces périodes heureuses à Montpellier, quand on sortait du stade de la Mosson au milieu des années 90, et qu'on se disait: "Tain, c'est cool! Avec Bonnissel, on a enfin un mec qui sait faire des touches!" S'en suivaient de longs débats sur le rôle sous-estimé d'un geste moyennement technique dans le jeu de football. Un débat ressuscité dans ces colonnes il y a peu, à la gloire de la combinaison en touche, qui redonnait du sens à cette phase de jeu. Et ben, bien mieux que "la Bonnisse" ou Karagounis pour redorer le "blason touchier", il y a Rory Delap.

Avec son nom de rock-star d'Albion et sa tête de Ribéry qui aurait eu une enfance normale, le milieu de terrain irlandais de Stoke City est en train d'accéder au titre de meilleur "toucheur" des annales. Ancien lanceur de javelot (et qui pourrait s'y remettre), on retiendra de son honnête carrière qu'il est un joueur moyen sur le pré. Mais devient redoutable près des lignes. Evidemment, son surnom est "Human sling". Qu'on pourrait traduire par la "fronde humaine"…



Image 4.png Comme on le voit sur la fin de la vidéo ci-dessus, Rory Delap est toutefois capable de claquer un retourné splendide. Mais c'est devant ses touches qu'on est ébaubis. Le Guardian a publié une pleine page (ici en PDF) pour décrypter la "technique delapienne" (oserait-on dire la "Delap's touch"?). Même le mythique défenseur d'Arsenal Lee Dixon s'est tenté à une nanalyse pour la BBC, avec infographie "tableau noir" à la Doudouce des débuts (visible au milieu de sa démonstration, en cliquant ici).


Bref, le Rory Delap, il irrite toutes les défenses et donne des maux de tête aux coachs adverses. Ce week-end, le besogneux attaquant de Hull, Steve Windass, a tenté un nouveau subterfuge pour perturber la mécanique bien huilée de la catapulte. L'air de rien. Limite en jouant au con. Genre: "Quoi, j'ai pas le droit de m'échauffer?"…

08/11/2008

Andre Luis toujours plus loin

1199678744.jpgAvant de se préparer pour le luxueux derby ovale face à nos cousins d'Argentine, le Sporting Tertulia se doit de rendre hommage à Andre Luis. Le "Joey Barton brésilien" de Botafogo, qui s'était déjà illustré en se faisant embarquer par la police à la sortie du terrain, est entré dans le panthéon des bad-boys au geste culte. Bon, ce coup-ci, il n'a rien inventé. Juste offert une version rageuse et révoltée du fameux et rigolard "coup du carton" du grand Paul "Gazza" Gascoigne, aujourd'hui en perdition. A la place de l'arbitre, j'aurais flippé sévère…


34ème degré

CRH_300dpi.jpgVoici deux jours que je n'avais pas eu une minute de blog à moi, à cause de la journée de championnat socialiste, en poule de la mort qualificative pour Solférino. Et deux jours que je bouillais, en pensant à la mésaventure qui arrive à "Loulou Jr". Laurent Nicollin, fils de Louis (l'inénarrable président du club de foot de Montpellier, qu'il a transmis au fiston), se retrouve pris dans une invraisemblable histoire de texto à caractère homophobe.

D'abord, le contexte. La semaine dernière, c'était le grand retour du derby Montpellier-Nîmes, dont on avait évoqué ici le retour après sept ans d'absence. Le derby pas culte pour un sou (d'ailleurs, ça a fait 1-1). À l'image du niveau du foot dans la région. Un peu minable, plein de tacles et de mauvaise foi, de provocations sudistes de fin de férias et d'accent du "suudeeucon!" accentué à l'excès. Un sommet de crétinerie. Tellement con, mais tellement bon. C'est un peu comme carnaval, une bonne grosse fête païenne qui peut nous faire faire n'importe quoi. Me reviens d'ailleurs en mémoire ce 13 avril 96 de demi-finale de coupe perdue, où j'avais détruit d'un coup de pied rageur le pare-choc d'une voiture immaticulée "30", en sortant des Costières . J'avais 17 ans, et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge du derby…

 

Bref. C'est LE moment où on a le droit d'être con. C'est comme du folklore: les Nîmois, c'est l'ennemi. On les déteste. Ils savent pas conduire, c'est toujours eux qui veulent gérer la musique dans les soirées car ils sont tous dj professionnels, ils tiennent mieux l'alcool que nous mais vomissent partout à la fin, etc, etc, etc… Mais comme nous l'avions déjà écrit ici, on les aime plus que tout, en fait. Le vieux truc de la dialectique du maître et de l'esclave. On peut pas se passer d'eux. D'ailleurs, ma mère est Nîmoise…

Bon, on s'éloigne du sujet. Le fils Nicollin. Le même que le père, mais mal dégrossi. C'est vous dire. Niveau classe, la famille Nicollin, c'est un mix de Bigard et de Patrick Bosso, mâtiné toutefois de bonhomie attachante. Pendant des années, le père a été la coqueluche des médias, et au fur et à mesure qu'il apparaissait dans le poste, la honte nous enterrait. Le père, c'était le gars capable dire en direct sur Canal: "Après un match comme ce soir, je préfère mes putes à mes joueurs. Ça me coûte le même prix, mais mes putes, au moins, elle me régale la chique!" (de mémoire). Bon ben le fils, c'est pareil en pire.

image_thumb.jpgVenons en aux faits. Veille du derby. Laurent Nicollin reçoit un texto d'un supporter du club ultra "Butte Paillade", mettant en doute l'investissement des joueurs pour le big match. Réponse du président par héritage: "On vas les enculer, ces PD de nîmois!". Ledit supporter se retrouve en procès six jours plus tard (après avoir tout cassé le local des Gladiators -les ultras nîmois-, la routine…) et la justice examine son téléphone. Et le texto devient public. Et le Lolo, ben il fait des excuses toutes penaudes ("c'était écrit en langage supporter" -pas faux mais maladroit-), avant que l'opprobre ne s'abatte sur lui. Et à peine repues de leur banderole anti-chti, les ligues de bonnes vertue pensée se déchaînent.

Mais pourquoi le très estimable PFG (Paris foot gay) s'empare de cette histoire? Pas vous, les gars…

Vous êtes bien trop potes avec les mecs de So Foot pour tomber dans ce jeu-là. Il s'agit d'un message privé, dans un contexte bien trop précis et une géographie bien trop spécifique pour que vous vous transformiez en "BHL-Val-Laporte". Bannir le "enculé" des stades méditerranéens, c'est les priver d'exclamation. On peut le regretter, mais à moins de déménager de force une population entière et de lui imposer une rééducation orthophonique lourde, tenter de l'empêcher me semble vain.

mhsc.jpgReconnaissez plutôt l'hommage inconscient du lourdaud, qui traite de pédé quelqu'un qu'il rêve d'enculer. Il n'y a aucune haine dans ces propos, il s'agit juste d'un "signifiant détourné de son signifié". Ici, ce qui serait homophobe, ce serait de crier "Ho hisse, homosexuel!" quand le gardien dégage…

Dans les rues gay-friendly de Montpellier, où il y a bien longtemps qu'on a oublié la signification même du mot homophobie, je ne me suis jamais interdit d'user de ce vocabulaire, certes déplacé mais irrésistiblement naturel. Surtout pas avec mes potes pédés. C'est plus que du deuxième ou du troisième, c'est du "34"ème degré.

Je me suis rendu compte de ce décalage quand j'ai quitté "Montpeul" pour Paris. Au tour du petit Nicollin.

Mais même en essayant de devenir le plus politiquement correct possible (merde quoi, j'suis de gauche), y a quand même un truc qui cloche. Si je suis évidemment pour qu'on lutte contre l'homophobie dans les gradins (mais plus encore dans les vestiaires), et que je me surprends à réfréner mes ardeurs dans les tribunes, on ne peut quand même pas appliquer la charte de la LFP pour un texto privé! Ou alors on est dans le Big Brother's style…

Si on m'avait dit qu'un jour je défendrais un Nicollin… Je préfère aller nettoyer mes SMS que d'y penser.

06/11/2008

Touche et but: le grand classique

La quatrième journée de Ligue des champions nous a encore offert deux soirées de frappasses somptueuses. Plutôt que celle de l'éternel Del Piero, auteur d'un nouveau doublé d'anthologie à Santiago Bernabeu (la vidéo de son deuxième but sur coup franc ici), le Sporting Tertulia préfère s'attarder sur le but du royal attaquant grec Giorgos Karagounis, face au Werder Brême…



Ça ne vous dit rien? Souvenez-vous de Steve McNamanan contre Arsenal…




Encore plus vieux, le but du Magpie Malcom Mac Donald en 1976…

01/11/2008

Berbondo Redondatov

Dans la même veine que Messidona, Dimitar Berbatov a inscrit cette semaine, en Cup face à West Ham, un pion d'un mimétisme quasi-parfait, en hommage au magicien argentin Fernando Redondo. Le sosie classieux d'Andy Garcia nous agratifié d'une roulette fascinante, avant de délivrer un caviar XXL. Comme Redondo le gallego avec le Real, contre Manchester en Champions league…


31/10/2008

Soutien à Santos

2_Santos.jpgPour ceux qui n'ont pas encore entendu parler de Santos Mirassiera, dont le Sporting tertulia a évoqué l'emprisonnement délirant à Madrid, voici une belle chanson hommage des rappeurs phocéens Meki et L'antidote. le capo du Commando ultra 84 est toujours retenu dans les geôles post-franquistes. Une décision de la jutice espagnole pourrait intervenir lundi. Pour une info détaillée de l'affaire, cliquer ici.

 

26/10/2008

Je suis maudit

imageslose-lose-small.jpgSportivement parlant, j'en ai connu des week-end pourris, mais des comme celui-ci, je vois pas. Heureusement que je suis descendu dans la plus belle ville du monde à Montpellier. Soleil, vieux potes et bonnes bouffes, ça aide à surmonter les déceptions. Mais après une double claque aussi lourde, ça compense tout juste… Parce que là, quand même, c'est la lose atomique. Une fucking tragédie. En deux actes.

Premier chapitre: une défaite incompréhensible. Pourtant tout devait bien se passer. Au Stade Yves-du-Manoir, avec notre trio d'internationaux titulaires, contre Bourgoin. Le MRC doit nous offrir du spectacle et marquer des essais. Point de bonus offensif logiquement jouable. Et ben, plus de 24h après, j'arrive pas à comprendre. Picamoles et Trinh-Duc ont été absolument énormes, leurs plus beaux matchs que les ai vu jouer, tout en percussions infaillibles et en inspirations joueuses. Relance de 80m, mouvement perpétuel et overdose de chisteras, tampons sévères mais justes. Il fait beau, la bière est bonne, ambiance sympa dans les tribunes. Oui mais défaite. 12-19. Un essai sur un contre à la con côté Isèrois et un Benjamin Boyet "royal au pied", à l'ouverture berjalienne. Deux vendanges en terre promise (dont une qui aurait du être tout de même validée par l'arbitrage vidéo) et quatre pénalités loupées face aux perches. La bonne nouvelle, c'est qu'on a pris le point de bonus. Mais défensif.

Deuxième chapitre: l'humiliation au Vélodrome. Je le sentais pas ce match. Déjà, ça avait mal commencé. Pas canal, obligé de le mater via internet, et une connexion défaillante. Et au final, quelle honte! Quatre pions à dom', sur quatre occases, le PSG qui prive l'OM de première place, et Mandanda qui se déchire grand luxe. Mes excuses à Mouss (avec qui nous avions débattu au bas d'un post précédent): je m'incline, le chat est en fait une chèvre quand il s'agit de s'éloigner de sa ligne. Je vais être obligé de partir en campagne pour la titularisation de Yohan Pelé chez les Bleus. Pour couronner le tout, alors que Marseille a tenu le cuir tout le match, la partie bascule évidemment sur une volée splendide de Cheyrou, qui s'écrase sur la barre. Balle de 3-1 devenu crépuscule de la bande à Gerets, qui s'était pourtant donné du mal tactiquement. Re-domination, et re-désillusion.

Epilogue. Fais chier, l'incertitude du sport. Et fais chier ce sport où celui qui gagne à la fin est de plus en plus celui qui défend et qui attend. Heureusement, il y a quand même une bonne nouvelle ce week-end, qui fait lointainement écho au mondial israélo-palestinien, initiative dont nous avions déjà parlé sur ce blog. Le premier match de l'équipe nationale de Palestine sur ses terres. 1-1, face à la Jordanie, dans son nouveau stade d'al-Ram, en banlieue de Jerusalem. En ouverture, le speaker a prononcé ce vers du poète Mahmoud Darwich, récemment décédé: «le football est la plus noble des guerres»…

25/10/2008

Ultra communion

2472389747_72e9163e76.jpgAh ben zut alors, le foot pourrait être bien plus complexe que ce qu'imaginent Laporte et Sarkozy. Ils pourraient y avoir des supporters qui d'une semaine sur l'autre se rendent capables du pire comme du meilleur. Mercredi dernier, on a ainsi pu assister à une scène d'une rare intensité impliquant deux kop, lors d'un match à haute tension. Liverpool se rendait au stade Vicente Calderon pour affronter l'Atletico Madrid.

L'enceinte des Colchoneros aurait du être fermée, après la suspension (bidon?) de deux matchs infligés par l'UEFA au club madrilène. Motif: le terrible débordement policier post-franquiste qui s'est abattu sur les supporters marseillais il y a trois semaines (voir la vidéo) et le comportement raciste d'une partie du public à l'encontre des joueurs noirs de l'OM (solidarité avec Santos Mirasierra -photo-, toujours emprisonné en Espagne, plus de détails ici).

Le match entre l'Atleti et les Reds sentait la poudre. Finalement joué à Vincente Calderon, de trop nombreux Anglais ne pouvant annuler leurs réservations, la sécurité était sur les dents. Circonstance aggravante, Fernando "el Niño" Torres, l'idole des rojo y blanco, a signé il y a deux ans à Liverpool. Par précaution, une tribune entre les deux camps a été neutralisé, pour éviter toute proximité. Et voici ce qu'il arriva. Frissonnant…

Au passage, pour ceux qui ont envie d'en savoir plus sur la complexité des tribunes, le Sporting Tertulia recommande chaudement les écrits du sociologue Nicolas Hourcade, qui travaille sur les mouvements de supporters "ultra" dans le football (et qui tient d'excellentes chroniques dans So Foot, comme par exemple son point de vue sur la banderole anti-chti). Voici l'un de ses articles de recherche, intitulé "Hooliganisme, ultras et ambiguïtés en France" (PDF). Et une communication de colloque: "Pour vivre heureux, vivons ultra" (PDF). Enfin, un article de la revue Pouvoirs, "La place des supporters dans le monde du football" (PDF).

 
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