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16/06/2008

Vive le Brésil dans l'Euro!

1220555275.jpgAprès son coming out turcophile, le sporting Tertulia poursuit sa déclaration d'amour à l'élargissement continental de la zone Euro. Par-delà les océans. Evidemment, on aurait préféré plaider pour la reconnaissance de l'Argentine, mais Trezeguet n'est plus qu'un chanteur parodique qui enchaîne les tubes, et Camoranesi est à la peine avec la Squadra azzura… Alors on va remercier le Brésil.

Décisifs depuis ce début d'Euro, les naturalisés brésiliens apportent une touche "Copacabana" à la compétition. Le Turquinho donne à son pays d'adoption un des meilleurs couloirs droit de l'épreuve (Mehmet Aurelio, qui se charge aussi de terroriser les vestiaires). L'Espagnolinho a déjà fait admirer ses cavalcades toutes en dribbles, avant d'offrir à "la Roja" un but de cinquante mètres dont il a le secret (Marcos Senna, avec Villareal, visible ici). Les Portuguinhos sont Deco, le génial meneur total du futur. Mais ils sont aussi grand défenseur pétri de classe et goûtant l'offensive. Membre de la charnière la plus littéraire du tournoi avec Carvalho, Pepe transforme par son seul jeu un jovial commentateur lusitanien en fou furieux latino…



Encore plus génial, le Poloniho est de loin celui qui renouvelle à lui seul le tempérament de son équipe. En quelques gestes techniques, gri-gri par ci ou exter' aveugle par là, Roger Guerreiro a donné un coup de jeune aux nostalgiques des fabuleux Zbigniew Boniek et Grzegorz Lato! Autre truc de ouf de Guerreiro, qu'on n'aurait jamais pu voir à l'Euro sans le Brésil (hormis peut-être avec Cristiano Ronaldo), la talonnade vers l'avant…




 

Vive la Turquie dans l'Euro!

1216264590.jpgComment ça fait plaisir! Malgré Sarkozy et de Villiers, la Turquie est digne du G8 de la zone Euro… Membres de l'UEFA depuis 1962, les Turcs ajoutent dans le foot continental ce supplément d'âme des peuples fiers qui se sentent mal aimés. C'est tout aussi rugueux que cela peut être génial. Fort comme un Turc. Ça peut retourner un match en cinq minutes grâce à un but sublime de maîtrise, façon feu-Thierry Henry. Mais ça peut aussi se faire exclure son goal à deux minutes de potentiels tirs-au-but de barrage.

Et puis il y a un truc turc assez cru: ils en ont rien à foutre de gâcher l'ambiance. Lors de l'Euro 2000, ils sortent les organisateurs belges en poules, comme ils viennent de le faire avec les hôtes helvètes ce coup-ci. Lors du Mondial 2002, ils chourraient la médaille de bronze aux Coréens à domicile… Incorrigibles, mais tellement bons.

Cette demi-finale de coupe de monde asiatique m'avait valu à l'époque un an de respect auprès de mes potes de fac, ayant couché les Turcs dans dernier carré sur la feuille de prono. Et cette année, ils me permettent de virer bien placé dans la dernière ligne droite du concours organisé à la rédac de 20 Minutes. Alors, vive Nihat! Et vive Atatürk, qui a orienté le regard de son pays vers l'Occident et sans qui sans doute on n'aurait pas pu hurler devant ce Tchéquie-Turquie de toute beauté… Et ça, Sarkozy et de Villiers ne pourront pas nous l'enlever.

 

 

14/06/2008

Vilaine branlée, mais bonne vanne

1088973110.jpgToujours prendre les choses avec humour. Au lendemain de ce France-Hollande, l'analyse froide est trop déprimante. Etat de grâce batave contre vieillissement tricolore. Domenech devenu Raymond-la-défiance. Sortir Malouda au moment ou il est rentré dans le match. Sortir Govou qui était au top. Rentrer Gomis qui n'est jamais rentré. Coaching désastral. Pffff…

Et puis Thuram qui défend sur les talons. Coupet qui ressemble à un goal de playstation quand la manette marche pas. Sagnol qui sort du match tout perdu d'avoir enfin renforcé son pseudo-mythe médiatique, en réussissant son premier centre décisif de l'année. La première mi-temps de Malouda proche du 0,5 dans L'Equipe. Henry qu'a pas le droit de mettre un lob caviardement servi cinq mètres au-dessus…

Les Hollandais volants ont retrouvé leur irrésistible magie Gullito-Cruyffienne (qui ne les exempte toutefois pas d'une élimination à la con en demi)… Mais on peut encore rêver que les Français se qualifie aux tirs-au-but de barrage, après (forcément) un match nul contre l'Italie.

De toute façon, le vrai plaisir de cet après-match n'est pas là où l'on croit. Pas dans la roulette de Van Nistelroy ou dans la mimique étonnée de Robben après sa minasse ballistiquement inconcevable. Non, ça se passe au moment du dernier but de Sneijder, somptueux. Sur ESPN. Adrian Healey a remporté la palme de la vanne la plus cultissime de tous les temps.

Je vous préviens, c'est un peu potache. Ambiance bidasse-Bigard.


 Alors que la France est humiliée en encaissant sa première défaite de trois buts depuis 40 ans, le hurlement du commentateur anglais est le suivant: «It's a dutch oven and the french are toast». Soit: «C'est un dutch oven et les français sont grillés». Mais qu'est-ce qu'un dutch oven? Un type de cocotte minute, que l'on pourrait donc traduire par "casserole hollandaise". Hilarant, non? Vous ne comprenez pas? C'est qu'il y a un deuxième sens.

1346622795.jpgLe dutch oven est également une expression essentiellement employée aux Etats-Unis, décrivant une pratique sexuelle des plus déroutantes. Une explication en cliquant ici. Pour ceux qui ne parlent pas anglais, une illustration vidéo en cliquant ici. Et l'expression prend alors tout son sens imagé…

source 101greatgoals.com

 

13/06/2008

Supprimer les attaquants?

410542006.jpgEt si Domenech avait raison… Coach Raymond et son aversion pour l'offensive à tout crin pourrait ainsi réaliser à terme la prédiction de l'entraîneur brésilien Carlos Alberto Parreira, il y a 5 ans. Dans un ouvrage sorti cette semaine outre-Manche, «Inverser la pyramide», Jonathan Wilson ruine les espoirs de ceux qui, comme moi, sont encore nostalgiques du 3-4-3. Et, citant le sélectionneur auriverde champion du monde en 1994, il annonce le système du futur: le 4-6-0! Plus d'attaquants, mais six milieux de terrains polyvalents qui se ruent à l'attaque une fois qu'ils se sont arrachés pour récupérer le cuir en défense.

Intéressante réflexion, dont on retrouve un résumé en anglais dans une tribune du Guardian. Cette évolution systémique s'explique par divers facteurs. La montée en puissance physique et l'apport de la nutrition (mais attention, hein, pas du dopage…) permettent l'effort physique incessant. Le jeu en bloc est devenu la règle (Slaven Bilic le coach croate ne dit-il pas: «les systèmes sont morts, aujourd'hui c'est un mouvement de dix joueurs ensemble»…). Les attaquants de pointe à la Trezeguet, Vieri ou Crespo sont reniés par tous. Et aujourd'hui, les Eto'o, Torres, Ronaldo et autres Ibrahimovic ne sont rien d'autre que des milieux offensifs…

Enfin, ce nouveau système réhabiliterait nécessairement le primat du jeu de passes, courtes ou en profondeur, au détriment des grands ballons balancés devant vers un mec pas manchot de la tête (?!?) ou des envolées dribbliques épuisantes…

Mais, comme l'indique l'ancien entraîneur écossais Andy Roxburgh, aujourd'hui conseiller technique à l'UEFA: «pour jouer un 4-6-0, il faudrait six Deco». Le Portuguais est en effet l'archétype du joueur d'avenir: ultra-fort techniquement, costaud défensivement, inépuisable physiquement, réaliste offensivement. Et c'est quand même le problème de fond pour Coach Raymond. Hormis peut-être Ribéry, on n'a pas beaucoup de Deco pour assumer un tel système…


DECO
envoyé par soleilbruxel



 

12/06/2008

Avoir l'Euro musical

C'est la nouvelle vidéo qui buzze, et c'est plutôt plus marrant et d'un niveau musical largement supérieur à l'horripilant et Cauétien "Zidane y va marquer" et autre "Coup de boule" footixisant. Faux sosie de Trezegol (mais vraiment faux), Daniel Trezeguet nous gratifie d'un "Je ne suis pas à l'Euro" plutôt sympathique et déjà visionné plus de 40.000 fois sur Dailymotion…

 

Bon, on est quand même ici dans le domaine de la galéjade. En revanche, chapeau au slam de Grand corps malade, hymne officiel de TF1 (visible en cliquant ici). Même si c'est facile de faire un truc bien quand on a la voix du keum de Saint-Denis… Et puis franchement, on préfère la parodie effectuée par Grand corp mourant. Tellement plus mauvais esprit et réjouissante…





Perso, si cet "Eurotube" et son détournement ont indéniablement de la gueule, tout ça n'arrive pas à la cheville du fabuleux et définitif hymne écrit par Philippe Katherine et chanté avec la sublime Héléna Noguera, à l'invitation de So Foot et des Inrocks il y a quatre ans. L'anti-Johnny par excellence (vous vous souvenez du "Allez les Bleus, on est tous ensemble")… Pour le plaisir (car le sporting Tertulia avait déjà passé ce morceau), on se refait un petit coup de ce sublime "Euro 04"…



Et vous, vous avez des souvenirs d'hymnes foot aussi classes (ou tout pourris)?

 

11/06/2008

Tout le monde joue, sauf nous

Maintenant qu'on a vu tout le monde jouer, un premier constat s'impose. Même si ça vaut ce que ça vaut et qu'on est quand même habitué aux équipes qui brillent en poules avant de se faire tondre en quart. Dans ce thème, il y a beaucoup à craindre pour les Hollandais et les Espagnols, habitués à jouer le rôle de losers magnifiques… Il n'empêche, on a quand même vu se dégager quelques philosophies de jeu. Et pour l'instant, la vache, ça joue!

Au top du top, les Oranje du roi Marco ont sévèrement claqué le beignet des champions du monde italiens (3-0). Football total, vitesse d'exécution, mélange jeunes fous/vieux talents, contre-attaques assassines… Et un but d'enfer signé Sneijder (revoir la vidéo en cliquant ici), qui rappelle le phénoménal pion de Bergkamp en 98. Un but rendu célèbre par le pétage de plomb du commentateur batave, le mythique Jack van Gelder…

 

Juste derrière, en raison des forfaits du duo d'attaque ex-soviétique, l'Espagne et son désormais fameux "tiki-taka" ont aussi impressionné face à la Russie (4-1). Passes courtes, mais longues cavalcades, milieux de terrains géniaux et David Villa (voir le deuxième de ses trois buts et le service caviar d'Iniesta en cliquant ici). Egalement bien en jambes, Allemands et Portuguais n'ont pas failli, assumant tranquillement leur entrée dans la compétition avec un maillot de favori sur les épaules. Avec beaux buts à la clé, une minasse de Podolski après un décalage ingénieux (voir la vidéo en cliquant ici) et un une-deux de gala conclut par Pepe (voir la vidéo en cliquant ici). Et la France dans tout ça? Oarf, trois fois rien. Une tête à deux balles d'Anelka à bout portant, un enchaînement sympa de Malouda et une frappe de minime de Benzema… Mais pourtant, on sait quand même qu'on va se qualifier à la fin, voire qu'on est foutu d'aller au bout…

Car à moins que le foot moderne connaisse un renversement de cycle aussi salutaire qu'inattendu, c'est quand même la France qui a adopté la tactique la plus convaincante de ces dernières décennies pour gagner un trophée. Faire chiant, ne pas attaquer et jouer à deux à l'heure. Vu l'effectif retenu, le père Raymond est cohérent (on ne répètera jamais assez qu'il est un ancien défenseur bourrin de chez bourrin, preuves ici et ) . Pourquoi qu'on ferait pas comme les Grecs en 2004, nous, d'abord?
(L'est pas mal non plus, le commentateur hellène…)



Bien qu'on essaie de le nier tant et tant, nous sommes devenus les Allemands qu'on abhorraient tant jadis. Pas une once d'envie de jeu, des coups de cul monstrueux, une confiance en soi inébranlable et on gagne à la fin. Bon, c'était surtout vrai à l'Euro 2000. Mais les Bleus ont depuis suivi la même trajectoire que nos Teutons détestés d'antan. Des déconvenues terribles (2002, 2004 comme les Allemands en 1998 et 2000) nous faisant tomber de notre piédestal et faisant marrer tous nos voisins qui nous détestent autant que l'on conspuait Littbarski… Une renaissance insensée lors d'un mondial pas terros (finaliste en 2006, comme les Allemands en 2002). Crépuscule d'une génération qui s'accroche et qui joue sur ses beaux restes…

Au dernier mondial, Klinsmann avait redoré le blason d'outre-Rhin en balançant les jeunes, en les faisant courir et frapper de loin, advienne que pourra. Résultat: un beau parcours, mais pas de gagne à la fin. Domenech n'est pas homme à agir de la sorte. Il a certes fait rentrer des jeunes, mais en les faisant jouer comme des vieux. On tient le nul, on prend pas de but et on va loin, point. C'est triste mais c'est comme ça. De toute façon, on ne sait plus jouer autrement…

29/05/2008

Equipe type-top

1960431847.jpgIl est temps de pousser un coup de gueule contre les conservatismes. À la lecture de l'équipe-type du nouveau service des sports de 20minutes.fr pour l'Euro, le fondateur de la rubrique a mal à son cœur. Qu'est-ce que c'est que ce onze à la Pierre Ménès?! Didier Roustan reveilles-toi, ils sont devenus fous!

Sérieux, Mandanda ne vaut-il quand même pas mieux qu'un ersatz de Peter Shilton déjà en pré-retraite? Et n'est-il pas temps de crier haut et fort que Sagnol n'est plus un bon centreur? Quant à Abidal, doit-on prendre le risque d'en faire le nouveau Mickaël Silvestre des Bleus? Enfin, Malouda n'a pas passé un dribble depuis huit mois et Henry mis une tête depuis huit ans…

Histoire de laver l'honneur du panache perdu du service le plus "bon esprit" de la presse qui se prend pas au sérieux, Tertulia rectifie le tir et communique son onze de départ à lui. Une équipe type-top qui rompt enfin les carcans du sportivement correct.

 

                                                       1. Mandanda

 

                              2. Thuram             4. Gallas            3. Diarra
 

                           
                                                         5. Makelele

 

                      7. Ribéry                                                          6. Evra

                                                           10. Nasri
 
                          8. Gomis                                                11. Anelka 

                                                                     

                                                         9. Benzema

 
 
 
Ben ouais, un bon vieux 3-4-3 à la batave ou à l'auxerroise (Ajax ou AJA, c'est selon). Une équipe jeune et plein d'allant, encadré par Thuram et Maké', et contrôlé par Gallas. Evidemment, un vrai meneur de jeu et trois attaquants ultra-complémentaires… Alors, c'est sûr que Diarra en central gauche c'est risqué, mais il peut quand même jouer n'importe où Lassana. Et pis faut bien remplacer Mexès. Vu que je suis pas sectaire, on peut éventuellement envisager un turnover Vieira/Makelele…
 
Avantage suprême de cette équipe (outre le fait qu'il n'y a plus qu'un seul lyonnais), elle constitue le cauchemar ultime de Finkielkraut et Frêche: un seul blanc, mais il est musulman!  
 
Dis-moi que t'es d'accord, fuckin'PK (le chef des sports)? Dis-moi que tu es atrocement minoritaire dans ta propre rédac et pas que tu tombes de plus en plus dans le centrisme mou… Une autre compo est possible! Et c'est tellement agréable de faire sa propre équipe…




 
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