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15/07/2010

A bout de sprint

Le nez dans le guidon. Debout sur la selle. La terre promise au bout de la ligne droite. A une dizaine de jours du départ en vacances, embringué dans une invraisemblable affaire politico-mediatico-trotskyste, on n'a même pas pris le temps de saluer la Roja espagnole championne du monde. Et en même temps, on n'a rien à en dire, vu qu'on n'est jamais vraiment entré dans ce mondial. Heureusement que le Tour commençait.

Image 39.pngSauf qu'on n'a pas eu le temps de saluer non plus comme il se doit le nostalgicultissime numéro les duettistes tricolores Chavanel et Pineau, insouciant alliage du cycliste qui nous fait kiffer, sans prétentions mais un peu costaud quand même. Deux potes de chambrée capables de gagner deux fois une étape à deux, en quatre jours. Image 36.pngAvant de s'effondrer à chaque surlendemain. Des gars humains en somme, mais qui ont eu raison de la machine Cancellara (décryptée ici par l'excellent Antoine Vayer), au point de le sortir de la course. Un Mimosa qui fleurit deux fois (© Chef Dalloni et ses sublimes chroniques) et un "simple cycliste" qui ne la ramène pas, mais qui se retrouve à mi-Tour en pois rouge qui tâche. Un peu à la façon des héros de notre enfance, les Bataves Rooks&Theunisse, mais en propres.

Est-ce la voix d'outre-tombe de Fignon ou le pathétique et incontinent Gégé Holtz (et ses "fils de Putte" à l'antenne)? Les hallucinantes neutralisations de peloton (lire chez l'ami Toninonino)? L'arrivée des nouvelles pilules anti-obésité qui font ressembler les forçats d'aujourd'hui à des squelettes sur roues? On avait quand même eu un peu de mal aussi à rentrer dans la Boucle. La traversée des polders sans un brin de vent, les pavés d'Arenberg galvaudés en péripétie, ces irritantes étapes de montagne qui se finissent en descente…

Mais force est de reconnaître que là, on retrouve le goût du vélo comme l'aime, celui passé sur les genoux de grand-père en tricot de corps. Le vélo d'avant-Festina. Même si on n'est pas dupe, hein. Mais rien que voir Lance Armstrong faire l'année de trop et prendre (enfin) ses dix minutes dans la musette, ça sonne comme un symbole qui fait sourire. Difficile de ne pas adhérer au mavais esprit jovial de ces vidéastes amateurs ayant eu la chance de voir le Texan voleur de nos rêves enfantins se vautrer comme une vétéran vieillissant à la sortie d'un rond-point…




Désormais, après l'étape de la Madeleine, on a droit à un beau duel indécis à l'ancienne, entre deux grimpeurs aux charmes et aux défauts partagés. Un Luxembourgeois et un Espagnol, qui vont en découdre dans le massif central et surtout les Pyrénées. Andy Schleck et Alberto Contador, comme un flash-back de nos années Roche/Delgado…


 

Et puis on a vu le retour des sprints d'antan. Faut dire qu'on misait beaucoup sur le scottish Cavendish pour revivre les grands moments de Joe Bar team à pédales qui ont rythmé nos étés d'adolescent ne voyant pas l'intérêt d'aller cramer à Palavas. "Ugly Cav" nous en avait beaucoup promis il y a un mois au Tour de Suisse, en zigzaquant à 200 avant d'effondrer une dizaine de concurrents qui depuis le détestent (voir la vidéo). Et puis ce jeudi aprèm', on a eu droit au bon vieux retour du coup de boule de voyou dans l'emballage final. Cavendish a carrément contaminé son poisson pilote Mark Renshaw. Doux parfums des années 80/90…




Et comment ne pas comprendre l'incrédulité de l'Ecossais à l'annonce de la disqualification de son gregario? C'est Djamolidine qu'on assassine…





Djamolidine, c'est Abdoujaparov. L'ogre de Taschkent, fils d'un ours ouzbek et d'une walkyrie caucasienne, qui aura inscrit à jamais sa chute sur les Champs-Elysées tout au sommet de notre petit panthéon du sprint vicelard…





Pour être honnête, les premiers à avoir gravé leurs noms dans notre mémoire de trentenaires, c'étaient d'abord Jean-Paul Van Poppel et Guido Bontempi. Le roi hollandais et la teigne italienne. Quand c'était pas l'un qui gagnait, c'était l'autre. Des rois de la ligne droite qui déborde. Des seigneurs du sprint…


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Image 37.pngEt puis, il y avait aussi Sean Kelly. L'autre Irlandais majestueux, longtemps n°1 mondial au classement de Vélo Magazine, complément parfait de l'inestimable Stephen Roche. Grand rouleur, mais aussi sprinteur qui nous a fait aimer le maillot vert. Et qui ne rechignait pas lui non plus à tirer des bords en se tirant la bourre…





Image 40.pngBonus Jaja: Comment ne pas évoquer le sprint d'Armentières, qui mit fin à la première vie de Jalabert le casse-cou, avant sa réincarnation en panda irrésistible, en classiques comme à pois. Bien obligé de confesser qu'une part de mon aversion gaucho-à-la-con contre la police vient aussi un peu de cette année 94, où un con de flic ne fit pas gaffe à Wilfried Nissen…




Bonus "les genoux de papé": Ah Dédé Darrigade, le recordman des victoires, le premier sprinteur moderne mais en noir et blanc…


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Bonus Kangourou de traviole: Robbie Mc Ewen à l'œuvre, qui déchausse et en perd presque son casque sur le poitrail du voisin. Car on peut toujours faire confiance aux Australiens quand il s'agit d'être bourrin…





Bonus Bidon:
Sans doute le plus beau geste technique de la sale histoire du sprint. Le grand Tom Steels dans ses œuvres, et le pauvre Frédo Moncassin en victime expiatoire…

 

15/07/2009

De la pop plutôt que du Tour

Les-Francais-contre-les-oreillettes-149941.jpgY a pas à dire, c'est un talent de choisir son impasse de Tour. Sur ce coup-là, j'avoue me sentir franchement béni du dieu vélo. Cinq jours loin du poste, pour quatre étapes ultra-pourries et caricaturales du cyclisme moderne, froid et automatisé par ces putains d'oreillettes.

Si la première semaine nous avait intrigué de par sa nervosité, la deuxième est en revanche tout à fait dans la norme de la transition très chiante entre deux massifs montagneux (et les baroudeurs français qui brillent à la fin). Avec un scénario identiquement lassant: une échappée de tocards, le peloton qui se bouge à 10 bornes de la flamme et Cavendischaparov qui fait son ogre francophobe de l'île de Man. Sandy Casar réapprend les joies de la seconde place à la con, Greg Lemond nous régale dans Le Monde (où l'on  a aussi lu un bel article sur Armstrong), et chef Dalloni nous ravit toujours sur Mediapart, surtout quand il commence à en avoir marre. Le top du top de mon escamotage calculé: je suis en tête du concours de pronos d'avec mes vélopotes (beau mariage pyrénéen, cher Toninonino!)

Bref, pas grand chose à débriefer de ces quatres jours de rien sur la route du Tour. Alors, autant enterrer une dernière fois Michael Jackson. Avec un top 3 des plus beaux hommages du monde du sport à Bambi le footeux sous-culte, qui se chauffait en one on one avec Jordan

3. L'hommage chat noir. L'aurait pas du, le Novak Djokovic, imiter MJ lors d'un gala monégasque il y a trois mois. Djoko joue son plus beau Thriller, que Cassandre n'aurait pas désavoué…




2. L'hommage couillu. Pour célébrer le troisième pion d'une large victoire en championnat contre les Corinthians de Ronaldo, les joueurs de Cruzeiro s'offrent un chorégraphie minimaliste mais tellement emblématique de la star qui a décomplexé tous nos désirs de beaufitude testiculaire…




1. L'hommage du Shaq. Ambiance West-side story à l'ancienne, pour Shaquille O'Neal et le personnel du Heat de Miami, bien meilleurs acteurs que Jordan, en fait…

22/10/2008

Ventoux mon amour

article_IDE-WEB-TDF-2009.jpgAvant de filer voir le classico qui zozote (OM-PSV, bonne vanne de l'ami Matteu), pas trop le temps de commenter le tracé de l'édition 2009 du Tour du renouveau avec Armstrong, Vinokourov, Basso et Contador… Un tracé qui se croise et se recroise, ressemblant à une Grande demi-Boucle avec une deuxième semaine toute en classiques moyenne-montagneuses. Et un dernier samedi qui fait drôlement saliver, en pensant aux litres de côteaux du Ventoux qu'on s'enverra, sans même prendre un rtt (et en repensant à l'immense carrière d'Eric Caritoux)…

Evidemment, ce qui retient l'attention, c'est le retour de l'ascension lunaire. Au choix, elle a été programmée soit pour qu'enfin l'odieux Lance y gagne une étape (après l'avoir mauvaisement laissée à Pantani en 2000, la vidéo ici), soit pour qu'il y laisse sa peau comme son ancêtre "ricain chargé", feu-Tom Simpson…

Mais le grand souvenir du Ventoux, largement plus prégnant que la victoire certes panachée de Virenque en 2002 (la vidéo ici), ça restera tout de même Jeff Bernard. Le "José Touré de la petite reine", qui règle tout le monde lors du chrono de 1987, paré de son superbe et regretté maillot de la performance. Un contre-la-montre qu'ASO n'a pas eu le courage de nous reprogrammer. Faut dire qu'y a plus Stephen Roche ou Perico Delgado pour nous faire rêver…

Pour le détail "étape par étape", je ne résiste pas à vous renvoyer à la chaîne de mail de mes vélopotes (enfin, surtout Gregouille), qui donne à peu près ça…

«Mon avis, c'est que s'ils passent par Vittel, c'est purement commercial.

Barcelone, c'est à cause de W. Allen

Issoudun c'est parce que nous y sommes passés il y a 4 ans sur le Paris-Montpellier [oui, parce que mes vélopotes, au contraire de moi, font aussi du vélo en vrai]

Le We du 11 juillet dans les Pyrénées, parce qu'Antoine se marie et quec'est cool de ne pas rater trois étapes de montagne à cause d'un pote

Le 7 juillet à MTP sur la Comédie parce qu'elle n'est plus toute frêche...

Monaco et la Suisse, ben.... à cause de la crise financière quoi...

Annecy parce qu'il faut bien un peu d'eau pour faire passer les pilules

Vatan, parce que c'est la ville départ par excellence...

Le retour de la moyenne montagne, saucisson cochonou, et tout et tout ...»

 

 
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