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23/11/2009

Dernier rempart

Image 10.pngEn passant, pour clore encore et toujours le chapitre de la mimine à Titi, un moment de grâce algéro-basque, éclipsant poétiquement la picrocholine polémique. La scène se passe lors du Barça-Bilbao de ce samedi, celui où Henry s'est fait un peu bougé par le public de l'Athletic Bilbao (dont on connaît le sens de la déconne). Vite fait, six minutes de bronca (qu'est-ce que c'est par rapport aux "Ginola à cause de toi, on ira pas aux USA" qu'a du endurer le beau David durant l'année 94), mais six minutes qui ont occulté du cultissime de chez cultissime…

Tournons donc définitivement la page, et admirons cette chevauchée fantastique de ce supporter "espontáneo" d'Euskadi paré d'un drapeau algérien, sur le pré de San Mames. De la cathédrale à l'arène. Il est beau, il virevolte, il galope. Les cages à portée d'envol, il ressemble à Jonathan le goëland. Et puis le plongeon. Gardien de la paix, mais gardien avant tout…



 

21/11/2009

L'hallali Attali: mieux vaut Henry(re)…

Image 7.pngQuelle connerie le foot. Trois jours après la qualif de Saint-Denis, on en aura lu et entendu des points de vue contradictoires, sur la mimine à Titi. Du grand n'importe quoi, de l'oie blanche en veux-tu en voilà, des leçons de morale à la con, des prises de parti politico-microcosmiques débiles, des excuses et de la repentance à toutes les sauces, de la honte d'être Français un brin inappropriée (y a quand même bien d'autres raisons plus valables, non?)…

On a failli arrêter le foot, tellement ce gros pataquès démesuré et informe, où tout le monde se sent obligé d'avoir un avis -si possible original-, nous a rappelé le coup de boule de Zidane ou le running-gag de la Marseillaise sifflée. Un moment où l'on regrette d'un coup d'être fan de sport et de devoir se fader les leçons de ceux qui d'habitude se foutent de nous. Evidemment, le summum du grotesque appartient au "Nous sommes tous des Irlandais" de Jacques Attali, juste devant le "Rêvons, rejouons le match" de Laurent Joffrin (sans oublier l'inénarrable BHL). On y opposera la salutaire mise au point de Roy Keane, contre l'Irlande qui ne cesse de se plaindre, faute d'être capable de mettre ses occases au fond.

Grosso merdo, ce qu'on en pense avec le recul a peu ou prou été déjà écrit, notamment par So Foot (ici) et l'excellent blog Plat du Pied Sécurité (ici et ici). Oui c'est moche de se qualifier comme ça, mais des abus y en a tout le temps, les coups de vices sont des gestes techniques aussi propres au sport que les coups de génie (quelque soit le sport, même et surtout dans le plus beau d'entre tous: le rugby).

Les Irlandais sont très sympas, mais s'ils avaient pu nous faire la même ils ne se seraient pas fait prier (cf. le péno contre la Géorgie), et il n'y a aucune raison d'avoir davantage de condescendance envers ce peuple certes anti-britton plein de bravoure, mais quand même franchement bigot limite intégriste et anti-avortement. Tout juste leur reconnaîtra-t-on un art certain de la parodie musicale…


Soyons sincères, une fois le match passé, on a plutôt souri de cette victoire à l'italienne ou à l'allemande (selon la génération à laquelle on appartient). Pour une fois que c'est pour nous, on ne va pas s'en plaindre. Ceux pour qui le foot veut vraiment dire quelque chose voient des petites tricheries à chaque match (parfois s'en délectent -Rhaaaa William Prunier!-). Depuis tout petit, on a appris l'injustice de la vie grâce au ballon (la main de Vata en 89, le carton rouge contre Lolo Blanc en 98, l'ogre Schumacher de 82 et autres poteaux carrés)…

Ce qui retiendra une dernière fois notre attention dans ce débat franchement vain, aussi futile qu'il sera oublié quand commencera le Mondial, c'est la façon dont la bonne conscience social-démocrate a rejoint la vertu méritocratique de la droite libérale. On se croirait presque revenu au temps du référendum sur la constitution européenne, où les gentils anti-triche se retrouvent tous du bon côté de la barricade, face à la plèbe sans principe. A la différence notoire que la compétence et le savoir technocratique sont ce coup-ci du côté de la populace.

Car il y a juste un truc que je ne comprends pas dans le raisonnement des anti-Henry (qui sont également des anti-Domenech, mais c'est encore un autre débat): comment évoquer Pierre de Coubertin (par ailleurs un beau facho) quelques jours après s'être félicité de la chute du mur de Berlin? Comment se branler sur l'avènement du libéralisme pour débander sur l'une de ses plus belles expressions (la fin justifie les moyens… et la qualif peut aider au retour de la croissance), avant de s'offrir un retour de trique sur l'arbitrage-vidéo (cf. Christian Vanneste et Fraidrick Lefaivre), pourtant symbole le plus totalitaire qui soit (l'homme sans faille et la surveillance légitimée comme régulation d'une société parfaite)?

Trop dur à expliquer? Alors, footez-nous la paix, et occupez-vous de moraliser le capitalisme! Les affres du professionnalisme n'ont rien à voir avec les vicissitudes jouissives du terrain, péno simulé, tirage de maillot suant la bière de la veille, coup de coude sur corner. Perso, je ne comprends toujours pas pourquoi personne n'a taclé aux genoux Kostadinov quand il filait au but en 93. Alors en vouloir à Titi sur ce coup là (parce que sinon, c'est mon sport favori)? Non, je ne vois pas. C'est même la première fois depuis 98 qu'il ressemble à un minot joyeux, et non plus à un monstre froid surnuméraire en attaque…

On espère juste qu'un jour les députés et observateurs autorisés pétitionneront contre l'endettement des clubs anglais et espagnols, contre l'homophobie dans le foot, contre les systèmes de dopage génralisé ou contre les filières de recrutement en Afrique.

En attendant, vous pouvez faire vos Pelé pathétiques, moi je reste du côté de Maradona.

 

19/11/2009

Happy hand!

mandela_world_cup.jpgAllez, on ne va pas faire la fine bouche. Une qualif au Mondial, ça justifie tous les moyens de monde. Rien qu'à s'imaginer pendant le tirage au sort, ou imaginer le concours de pronostics avec les collègues, on en salive d'avance. On commence même à songer à l'argumentaire qu'il faudra déployer pour y croire un peu. Genre changer un bon tiers de l'effectif ayant foulé le pré de cet indigent mais victorieux Irlande-France.

Image 2.pngMais dans tous les cas, Raymond continue de niquer allègrement un pays tout entier, qui va encore devoir le supporterau pays de Nelson. Domenech va même bientôt battre le record de matchs d'un sélectionneur. Le gars que la totalité du toujours aussi glacial Stade de France voudrait étriper à mains nues va dépasser Michel Hidalgo. Et le mec, il trouve encore le moyen de dire qu'il avait prédit le 1-1 de la soirée. Sublime…


Mais on ne peut quand même pas s'empêcher de regarder ailleurs. Parce que, franchement, voir Squillaci/Gallas à la ramasse face de ventripotents Irlandais, se lamenter devant la paire diarrhéique de récupérateurs, halluciner devant Titi Henry courant le 100m en 90 mn, ou Anelka jeter son indolencesur le pré… Même le public, auquel on a refourgué moults drapeaux et t-shirts façon tifo nord-coréen, fait un peu honte. A l'image des onze plots de la DDE qui leur servait d'équipe fanion, les gradins chantent et s'agitent, mais finalement ressassent l'éternel et lassant "Allez les Bleus". Dans le même virage que le "kop" irlandais on ne peut pas s'empêcher de regarder ailleurs.

Et croiser les regards rougis de supporters chantant dans le métro du retour, après le but tout voyou d'Henry, ben ça met presque mal à l'aise…




Et puis finir la soirée en passant par Barbès, et croiser les derniers survivants de la furia algérienne. Même si on avait un faible pour l'Egypte d'Abou-Trika, on a trouvé notre troisième pays à encourager pendant le mondial sudafricain. Car sortir vainqueur du derby des "phares du monde arabe" (résumé vidéo ici), malgré les caillassages et la tension qui pesaient sur les Fennecs, ça force le respect. En plus, l'Algérie se qualifie grâce à un but magnifique, bien loin du jeu de vilain tricolore. Antar Yahya, façon JPP…




Et puisque la musique adoucit toujours les heurts, en résonance à la playlist de 20minutes.fr, à la nullissime une de L'Equipe et au bon jeu de mot qui sert de titre à ce billet, on se quitte avec Deus. "Happy enhandings with violins"…

07/09/2009

Toujours avec Raymond

domenech1.jpgEncore tout ivre d'un réveil rugbystique enchanteur, voilà qu'on est rattrapé par la récurrente bassesse footeuse. A peine remis de la joie de m'être fait marcher dessus (ça m'apprendra à être hors-jeu, tiens), on se fade le retour du lynchage organisé de not' Raymond qu'on aime. Nouvel épisode du psychodrame médiatico-footix-anti-Ray, Domenech n'a plus la confiance de ses joueurs. Même 20minutes.fr et ce fichu Fuckin'PK mettent en scène la mise à mort factice (arrêtez de rêver les gars, il restera jusqu'aux barrages, évidemment…)

 

Image 3.png

La belle affaire! La génération mp3 incarnée par le premier d'entre elle, captain Titi, ne comprendrait pas la philosophie de jeu de coach Raymond. Et tant pis si les gars ont gauffré un nul contre les Roumains et n'ont mis qu'un pion contre les Féroë. Mais ce serait d'abord la faute du sélectionneur ?!? Le Parisien a allumé la mèche en ressortant la taupe du terrier (pourtant, Rothen n'est plus international). Et TF1, qui joue aussi son rôle dans l'histoire, vu le budget consacré aux droits télés du prochain Mondial, invite Thierry Henry à démentir mollement devant Lolo Ferrari…




Logiquement, L'Equipe devrait nous en faire sa Une + 3 pages ce mardi. Les sondages vont appeler au rétablissement de la peine capitale pour Raymond. Et Serbie-France va se transformer en énième "match de la peur". Si défaite, les joueurs auront "divorcé irrémédiablement" de l'entraîneur. Si victoire, ils lui auront "accordé un sursis". Bis repetita, again and again. Calme précaire et tout le bordel, option piment d'Escalette sans piquant.

Un soupçon d'omerta et de fédé impotente viennent parfaire le mauvais cocktail, qui n'est pas sans nous rappeler la gestion de la FFR dans l'affaire Bastareaud (on n'ose imaginer sa gestion d'un nouveau rebondissement). Mais au moins y a-t-il encore au rugby quelques valeurs fondamentales qui sont respectées. Comme boire un coup le sourire aux lèvres, en repensant aux crampons dans le dos et à la règle du hors-jeu.

Mais ne nous leurrons pas, le haut-niveau ovale a en revanche pris de l'avance sur le ballon rond, question tentation orwellienne. Ainsi la vidéo. Ah, ce que j'ai pesté de n'avoir jamais pu retrouver l'essai invisible de l'Anglais Sackey contre les Tonga, lors d'un match de poule décisif de Mondial 2007 au Parc des Princes (l'analyse pleine de fôtes de Jojo la Dume). Mais voilà enfin une preuve archivée de l'ineptie de l'arbitrage vidéo. Ou comment ce dimanche tout Toulon est encore persuadé de s'être fait volé, quand tout Montauban ne pouvait envisager une autre décision que la validation de l'essai…




Avant, l'erreur était humaine, et l'homme en noir un grand démiurge cherchant à ne pas trahir sa probité existentielle. Mais la belle tragédie grecque est devenue vulgaire vidéo-gag nietzchéen. Le spectateur et le néant. Désormais, grâce au ralenti légalisé, l'erreur est devenue grotesque, car forcément subjective, au fond. Comme l'envie de brûler vif not' Raymond. A qui, plus que jamais, on apporte notre soutien le plus amusé.

19/01/2009

Tête et pas but

Le jeu de tête, c'est tout un art. Une question de timing. Ce week-end, l'Egyptien de Wigan Amr Zaki et le Hotspur de Totennham Darren Bent ont rivalisé de tocardise géniale face aux cages de la Premier league. Le fameux moment du gars qui manque l'immanquable. Sublime…





Et pendant ce temps, au terme d'une action toute en impressionnante maîtrise des Blaugranas, Titi Henry marque son premier but crânien depuis… ben j'sais plus, j'étais peut être pas né…

 
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