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26/05/2010

De la sueur et des armes

Image 14.pngLes choses rentrent dans l'ordre. Et le Mondial va pouvoir commencer, à peu près sereinement. Par tradition, on a évidemment décidé de mettre les Bleus dans le dernier carré du concours de pronostic de la rédac (et l'Argentine championne, évidemment). Mais bon, le scepticisme ambiant avait fini par me mettre le doute. J'avoue même que j'en suis venu à penser que le départ chelou de Lass Diarra n'était évidemment qu'une bonne vieille affaire de dopage dissimulé qui nous pèterait à la gueule en plein pendant l'épreuve…

(Au passage, je vous conseille la lecture d'une belle mise en scène "façon Dr House" de cette hypothèse hautement paranoïaque, par l'excellent et cultissime Jean-Da Flaysakier sur son blog)

Et puis France-Costa-Rica. Et puis 0-1 au bout de dix minutes. La continuation de la détestation footixtique façon Attali, l'ambiance pourrie pré-98 (et pré-06), Domenech qui se fait siffler par les Chtis, les gars de l'Equipe qui se frottent les mains en pensant aux rotatives…

Domenech impuissant.jpgEt puis camembert. Si Raymond n'en a pas tout à fait eu lors de sa compo (comment il aurait été beau Pagis dans cette équipe!), ce mec a quand même aujourd'hui des couilles grosses comme ça. Ce n'est quand même pas rien, de passer d'un coup du morne 4-4-2 tout pourri et immobile, au bon vieux 4-3-3 d'antan, de la rage plein les dents! Avec un seul milieu def', en prime! Bonus sublime: juste pour faire causer, il nous glisse un incompréhensible Mandanda aux cages. Lequel, après une cagade à rebond un peu con, aura fait son match mais sans contester l'évidence Lloris.

Question joueurs, c'est assez simple: on avait pas vu une telle motivation enthousiaste, dans la dépense d'énergie comme dans la volonté de création, depuis le France-Italie 2006. Celui après le Mondial, avec le doublé de Govou, qui a ce soir un pris un certain coup de vieux. Certes la charnière fait également toujours un peu flipper, et il est trop tard pour rêver d'une alléchante paire Squillaci/Planus. Mais Gourcuff est affûté comme jamais cette saison. Ribéry a retrouvé son rapide déhanché briseur de reins. Malouda a des canes et du volume de jeu. Toulalan est ses dix-huit poumons semblent plus que taillés pour le poste de récupérateur solitaire. Last but not least, Evra en capitaine, même le temps d'un match, ça a une certaine classe entraînante, surtout quand on l'entend causer, sur le site Goal.com. Autre chose qu'Henry…

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Et puis ce soir, y avait un sacré banc. Des remplaçants bien au taquet, certains pouvant même espérer devenir titulaires en cours de compèt', vu le système offensif exigeant imaginé par Domenech. Diaby, Valbuena, Squillaci, Gignac ont des profils idéaux pour intégrer une stratégie de jeu reposant sur l'activité incessante (pas "football total", mais un peu). Et on peut y ajouter Cissé les yeux fermés, bien qu'il n'ait pas joué contre le Costa-Rica. Oui, parce que cette victoire tranquille mais tout de même avec un seul but d'avance, et deux pions dont un contre-son-camp, c'était contre le Costa-Rica. Au-dessus du niveau (très bas) de l'Afrique du Sud. Kif-kif avec celui de l'Uruguay. En-dessous de celui du Mexique.

Image 11.pngLes Bleus sont convalescents. Malades d'avoir oublié de jouer. Mais avec un espoir de guérison. Pour retrouver leurs rangs, les gars de Raymond-l'offensive-inattendue devront courir dans tous les sens, pour colmater les brèches défensives puis se jeter vers l'avant. De la sueur et des armes. Comme contre le Costa-Rica. Mais avec moins de déchet technique et d'erreurs de marquage. Et avec plus de précision sur les coup de pieds arrêtés, plus de réalisme devant les cages adverses. Déjà, on n'hésite pas à frapper de loin. Et Valbuena plante une mine plutôt jolie, pour ouvrir d'emblée son "compteur-but" en sélection. Commençant comme Faubert ou Gomis, mais pouvant finir on ne sait où, porté par la grâce historico-tricolore d'un improbable 10 sur les épaules.


(Au passage, on ne peut que regretter que les matchs de l'équipe de France ne soient pas commentés en espagnol…)

Contre le Costa-rica, c'était déjà juste un bon match de préparation qui peut laisser espérer de raisonnables lendemains qui chantonnent.  Et l'hypothèse plutôt crédible d'un "huitième-de-finale-et-après-on-ne-sait-jamais". Déjà ça, c'est pas mal. Comme seul Raymond peut le résumer, au micro de TF1:

 

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(ci-dessus retranscrit pas leparisien.fr)

 

Si on rajoute la démonstration de l'Albiceleste mardi (bon, ok, contre le Canada), 5-0 avec deux pions sublimissimes de Di Maria et Kun Agüero, on le sent plutôt bien, ce Mondial. Et dire que certains voulaient y envoyer les Irlandais…

12/05/2010

Sur les traces de L'Equipe

Image 1.pngBon, on va pas en faire des tonnes sur le nouveau coup de génie médiatique de not' Raymond. Même s'il n'a pas suivi les conseils du Sporting (bon, y a quand même Rami, Planus, Valbuena, Ben Arfa et Cissé… mais ni Pagis ni Abardonado!), on sent quand même que le Domenech s'est fait plaisir, en faisant sa tête de mule de Breton: des Rennais en veux-tu en voilà (Briand, Fanni, M'Vila) et puis 30 joueurs au lieu de 23. Juste pour énerver les râleurs, qui de toute façon auraient trouvé quelque chose pour exprimer leur atrabilité. Un peu de courage enfin, avec Benzema et Vieira qui restent à la maison, ça mettra un peu de plomb dans le crâne du premier, et ça fera dégonfler le melon du second, dont seul Manu Petit pleure la perte.

Bien qu'on entende bruisser la rancœur puérile des soixante millions de sélectionneurs envers tel ou tel choix, franchement, on ne peut pas dire qu'il y ait de gros scandales. Et on irait même jusqu'à oser dire qu'avec cette liste, il y aurait moyen de faire un onze très correct. Bon ok, pas forcément un onze qui fait rêver, mais qui doit permettre d'arriver quiquille en quarts.

Faudra pour ça avoir le courage de mettre Henry dans le placard (où se trouvent déjà Van Nistelroy, Totti ou Ronaldinho…) ; faire entrer Rami ou Planus avec Gallas voire en faire la nouvelle charnière. Ressusciter le duo Lass Diarra/Abou Diaby (qui ont connu leur première sélection ensemble), comme un revival de la paire d'or Makelele/Viera '2000 ; installer Malouda à gauche et Anelka en avant-centre (Chelsea's style) ; innover avec Valbuena que le reste du monde ne connaît pas ; accepter enfin que Gourcuff puisse nous faire une Zizou'96, pas brillant mais utile pour la suite…

Bref, en étant (presque) objectif, on peut accorder pas mal de bon sens au choix du coach, en tout cas largement autant qu'à tous ses contempteurs qui rivalisent de mauvaise foi pour se le payer encore une fois. Au final, Raymond et la critique, c'est comme la pluie en Bretagne: ça ne touche que les cons… Et puis quand même, comment ne pas admirer le génie communicationnel et la classe autodestructrice du sélectionneur aux jours comptés, quand on voit poindre son sourire sadique avant de foutre en l'air le plateau télé de Lolo Ferrari?



Mais plus fort encore que le nihilisme de coach Domenech, on ne peut que saluer la une à tiroir du quotidien du peuple, qui entend bien ce coup-ci profiter de son monopole pour avoir enfin raison. «Sur les traces de Jacquet». Avec un tel titre, L'Equipe laisse transparaître son envie d'en découdre avec l'entraîneur. Alors que les mêmes de la période 98 sont revenus aux manettes (excepté l'inénarrable et mythique Jérôme Bureau), c'est la (belle) plume du journal, Vincent Duluc, qui s'y colle, pour faire du «retour vers le futur», dès le premier paragraphe de son papier au vitriol. Trois lignes d'intro, avant de ne plus pouvoir se retenir: «(…) une question, au moins, nous est venue à l'esprit: et on joue à treize?»

 

L'allusion est cryptée, mais elle est belle et lourde de sens, rappelant la mythique Une du 6 mai 98, quand Mémé annonçait 28 noms au lieu de 22…

eqp19980506.jpg

Là où on se marre carrément, c'est que L'Equipe n'ose plus affirmer ses velléités préceptrices, et donc la joue un peu plus modeste, n'osant plus n'en penser ouvertement pas moins. Pourtant, comme en 98, il n'y a pas franchement scandale à d'abord publier une liste élargie, histoire de prévenir d'éventuelles blessures, surtout quand d'autres pays font de même, comme à l'époque. Mais au moins cela donne le ton de l'ambiance crétine qui promet d'entourer le Mondial des Bleus. A la différence notoire que cette fois-ci, L'Equipe espère être en osmose avec les Français. Au moins jusqu'à la qualification en quart de finale. Et pis sinon, ils nous feront un titre du style "Nous, on s'est encore trompé" (remember)…

09/09/2009

Raymond cul c'est du poulet?

article_henry-domenech-conf-serbie.jpgY a quand même un truc de magique avec Coach Domenech. Les Bleus arrachent un nul en Serbie, malgré une archi-domination mais aussi un à un de moins. Pourtant, ça avait démarré comme lors de l'élimination italienne du dernier Euro. Expulsion pourrie en début de match et descente aux enfers programmée. Il y a un an, Raymond aurait du se faire lourder, mais il emmerdait tout le monde et demandait la main d'Estelle Denis en direct.

Au lieu de mauvais remake, Captain Titi (dont on ne sait s'il en rajoute des tonnes dans l'affection envers un sélectionneur qu'il ignorait jusqu'ici) a sauvé la patrie. Match nul 1-1 (ici pour le résumé vidéo), et les Bleus devront se qualifier en barrages. Bref, pas la franche rigolade non plus. Mais le Raymond, il continue à emmerder tout le monde. Après avoir attendu trois plombes pour faire des remplacements, il est resté droit dans ses sourcils. Le gars il s'en branle de la situation, et il lâche à Astorga: «Je remercie ma compagne et mes 200 textos de soutien». On imagine la tronche de Larqué qui s'est retenu tout le match durant de se faire Domenech, et l'autre se fout de sa gueule.

A ce niveau là de punk attitude, je dis MONSIEUR Domenech!

09/01/2009

Charrie pas trop, Luis…

fernandez.jpgVoila donc la polémique du jour, dans le monde des Bleus: Fernandez et Domenech règlent leurs comptes. En résumé, coach Raymond accepte de jouer le jeu de l'interview vérité dans L'Equipe (en parvenant à ne même pas mettre une poire au talentueux mais insupportable Duluc). Sur la défensive, tout en cédant à l'auto-critique, il balance au passage quelques vérités sur ceux qui auraient aimé le voir lyncher à la fin de l'été. Sans les citer. Mais évidemment, entre Larqué et "Duga-Liza", le Fernandez il se sent visé. Alors, Luis (contre) attaque.

Tout en morgue déplacé. «Qu'il cite mon nom, Luis Fernandez, un entraîneur qui a gagné des titres. Lui, il n'a encore rien gagné.» T'as raison Lucho, à part une finale de coupe du monde, notre Raymond préféré (pour qui le Sporting Tertulia est toujours prêt à mourir) n'a pas grand chose à glisser dans son palmarès. M'enfin, Lucho, t'as quand même pas grand chose à avancer non plus. Une coupe de France et une coupe de la ligue il y a 15 ans, et une sous-coupe de patapons aujourd'hui disparue. Pour mémoire, faut quand même se rappeler le parcours du PSG en 1996: Molde FK, Celtic Glasgow, Parme et Rapid Vienne. Soit même pas l'affiche d'une poule de coupe UEFA aujourd'hui.

Comme dirait Papin (P-A-P-hein) dans les Guignols, camembert!

 

 
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