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21/11/2009

L'hallali Attali: mieux vaut Henry(re)…

Image 7.pngQuelle connerie le foot. Trois jours après la qualif de Saint-Denis, on en aura lu et entendu des points de vue contradictoires, sur la mimine à Titi. Du grand n'importe quoi, de l'oie blanche en veux-tu en voilà, des leçons de morale à la con, des prises de parti politico-microcosmiques débiles, des excuses et de la repentance à toutes les sauces, de la honte d'être Français un brin inappropriée (y a quand même bien d'autres raisons plus valables, non?)…

On a failli arrêter le foot, tellement ce gros pataquès démesuré et informe, où tout le monde se sent obligé d'avoir un avis -si possible original-, nous a rappelé le coup de boule de Zidane ou le running-gag de la Marseillaise sifflée. Un moment où l'on regrette d'un coup d'être fan de sport et de devoir se fader les leçons de ceux qui d'habitude se foutent de nous. Evidemment, le summum du grotesque appartient au "Nous sommes tous des Irlandais" de Jacques Attali, juste devant le "Rêvons, rejouons le match" de Laurent Joffrin (sans oublier l'inénarrable BHL). On y opposera la salutaire mise au point de Roy Keane, contre l'Irlande qui ne cesse de se plaindre, faute d'être capable de mettre ses occases au fond.

Grosso merdo, ce qu'on en pense avec le recul a peu ou prou été déjà écrit, notamment par So Foot (ici) et l'excellent blog Plat du Pied Sécurité (ici et ici). Oui c'est moche de se qualifier comme ça, mais des abus y en a tout le temps, les coups de vices sont des gestes techniques aussi propres au sport que les coups de génie (quelque soit le sport, même et surtout dans le plus beau d'entre tous: le rugby).

Les Irlandais sont très sympas, mais s'ils avaient pu nous faire la même ils ne se seraient pas fait prier (cf. le péno contre la Géorgie), et il n'y a aucune raison d'avoir davantage de condescendance envers ce peuple certes anti-britton plein de bravoure, mais quand même franchement bigot limite intégriste et anti-avortement. Tout juste leur reconnaîtra-t-on un art certain de la parodie musicale…


Soyons sincères, une fois le match passé, on a plutôt souri de cette victoire à l'italienne ou à l'allemande (selon la génération à laquelle on appartient). Pour une fois que c'est pour nous, on ne va pas s'en plaindre. Ceux pour qui le foot veut vraiment dire quelque chose voient des petites tricheries à chaque match (parfois s'en délectent -Rhaaaa William Prunier!-). Depuis tout petit, on a appris l'injustice de la vie grâce au ballon (la main de Vata en 89, le carton rouge contre Lolo Blanc en 98, l'ogre Schumacher de 82 et autres poteaux carrés)…

Ce qui retiendra une dernière fois notre attention dans ce débat franchement vain, aussi futile qu'il sera oublié quand commencera le Mondial, c'est la façon dont la bonne conscience social-démocrate a rejoint la vertu méritocratique de la droite libérale. On se croirait presque revenu au temps du référendum sur la constitution européenne, où les gentils anti-triche se retrouvent tous du bon côté de la barricade, face à la plèbe sans principe. A la différence notoire que la compétence et le savoir technocratique sont ce coup-ci du côté de la populace.

Car il y a juste un truc que je ne comprends pas dans le raisonnement des anti-Henry (qui sont également des anti-Domenech, mais c'est encore un autre débat): comment évoquer Pierre de Coubertin (par ailleurs un beau facho) quelques jours après s'être félicité de la chute du mur de Berlin? Comment se branler sur l'avènement du libéralisme pour débander sur l'une de ses plus belles expressions (la fin justifie les moyens… et la qualif peut aider au retour de la croissance), avant de s'offrir un retour de trique sur l'arbitrage-vidéo (cf. Christian Vanneste et Fraidrick Lefaivre), pourtant symbole le plus totalitaire qui soit (l'homme sans faille et la surveillance légitimée comme régulation d'une société parfaite)?

Trop dur à expliquer? Alors, footez-nous la paix, et occupez-vous de moraliser le capitalisme! Les affres du professionnalisme n'ont rien à voir avec les vicissitudes jouissives du terrain, péno simulé, tirage de maillot suant la bière de la veille, coup de coude sur corner. Perso, je ne comprends toujours pas pourquoi personne n'a taclé aux genoux Kostadinov quand il filait au but en 93. Alors en vouloir à Titi sur ce coup là (parce que sinon, c'est mon sport favori)? Non, je ne vois pas. C'est même la première fois depuis 98 qu'il ressemble à un minot joyeux, et non plus à un monstre froid surnuméraire en attaque…

On espère juste qu'un jour les députés et observateurs autorisés pétitionneront contre l'endettement des clubs anglais et espagnols, contre l'homophobie dans le foot, contre les systèmes de dopage génralisé ou contre les filières de recrutement en Afrique.

En attendant, vous pouvez faire vos Pelé pathétiques, moi je reste du côté de Maradona.

 

19/11/2009

Happy hand!

mandela_world_cup.jpgAllez, on ne va pas faire la fine bouche. Une qualif au Mondial, ça justifie tous les moyens de monde. Rien qu'à s'imaginer pendant le tirage au sort, ou imaginer le concours de pronostics avec les collègues, on en salive d'avance. On commence même à songer à l'argumentaire qu'il faudra déployer pour y croire un peu. Genre changer un bon tiers de l'effectif ayant foulé le pré de cet indigent mais victorieux Irlande-France.

Image 2.pngMais dans tous les cas, Raymond continue de niquer allègrement un pays tout entier, qui va encore devoir le supporterau pays de Nelson. Domenech va même bientôt battre le record de matchs d'un sélectionneur. Le gars que la totalité du toujours aussi glacial Stade de France voudrait étriper à mains nues va dépasser Michel Hidalgo. Et le mec, il trouve encore le moyen de dire qu'il avait prédit le 1-1 de la soirée. Sublime…


Mais on ne peut quand même pas s'empêcher de regarder ailleurs. Parce que, franchement, voir Squillaci/Gallas à la ramasse face de ventripotents Irlandais, se lamenter devant la paire diarrhéique de récupérateurs, halluciner devant Titi Henry courant le 100m en 90 mn, ou Anelka jeter son indolencesur le pré… Même le public, auquel on a refourgué moults drapeaux et t-shirts façon tifo nord-coréen, fait un peu honte. A l'image des onze plots de la DDE qui leur servait d'équipe fanion, les gradins chantent et s'agitent, mais finalement ressassent l'éternel et lassant "Allez les Bleus". Dans le même virage que le "kop" irlandais on ne peut pas s'empêcher de regarder ailleurs.

Et croiser les regards rougis de supporters chantant dans le métro du retour, après le but tout voyou d'Henry, ben ça met presque mal à l'aise…




Et puis finir la soirée en passant par Barbès, et croiser les derniers survivants de la furia algérienne. Même si on avait un faible pour l'Egypte d'Abou-Trika, on a trouvé notre troisième pays à encourager pendant le mondial sudafricain. Car sortir vainqueur du derby des "phares du monde arabe" (résumé vidéo ici), malgré les caillassages et la tension qui pesaient sur les Fennecs, ça force le respect. En plus, l'Algérie se qualifie grâce à un but magnifique, bien loin du jeu de vilain tricolore. Antar Yahya, façon JPP…




Et puisque la musique adoucit toujours les heurts, en résonance à la playlist de 20minutes.fr, à la nullissime une de L'Equipe et au bon jeu de mot qui sert de titre à ce billet, on se quitte avec Deus. "Happy enhandings with violins"…

15/10/2009

Argentina viciosa comme on l'aime… ou pas

http://i33.tinypic.com/2q0nln5.jpgÇa sent le pet foireux, les sueurs froides, le vice malsain et la joie furieuse. La qualif de l'Albiceleste pour le Mondial sudaf a un air de cancha latina, ces virages de supporters un peu dingues qui terrorisent et électrisent le monde du ballon argentin. Une ambiance où le beau jeu n'a pas franchement droit de cité, où les coups pleuvent en dessous de la ceinture, mais où le chaos sublime enfante l'excès culte et la résurrection vertigineuse, au détriment du génie pur. En deux ultimes matchs, la sélection n'a jamais autant été à l'image de son coach, Diego le vulgos. Un passé incontestablement talentueux, qui s'estompe devant la perte de repères et la folie débordant de testostérone. Un sentiment étrange et dual, entre observation génée d'un gâchis irrésistible et admiration sans borne d'un mental malgré tout à toute épreuve.

 

Image 4.pngDans un contexte aussi tendu que celui du groupe de qualification, seul "el loco" pouvait faire triompher l'Albiceleste. Evidemment dans les arrêts de jeu et en raccro doré, Martin Palermo ne pouvait être qu'à la hauteur d'une résurrection attendue depuis dix ans et son cultissime triple péno raté contre le Paraguay la Colombie en Copa America, qui l'avait depuis discriminé en seleccion. L'icône de la Bombonera est déjà dans le panthéon des attaquants bourrins, tocards toqués de l'art ingrat de la bataille de surface (un best-of boquense ici). Mais cette brute grand luxe, complice monstrueux du Magicien Riquelme (le grand absent fâché de l'équipe à Diego), reste le mec capable de s'arracher de ses cendres putrides pour renaître tel un phénix cabossé dans le stade Monumental des rivaux de River Plate. A 34 ans et après une carrière que l'on pensait poctuée par la blessure de trop, il claque un but hors-jeu du tibia contre le Pérou, offre la victoire inespérée (2-1) et fait exploser Maradona l'otarie sur une pelouse devenue twilight zone"…



Palermo mérite de voir l'Afrique du Sud avant de mourrir, car il semble correspondre à merveille au jeu argentin mal branlé que Diego ne parvient pas à fagoter. Alors que Messi ne vaut pas une messe, Martin le fou est au rendez-vous. Attention, si le gars n'est jamais aussi bon qu'en gros bœuf des surfaces, il est quand même capable de planter un but de 55m ou, il y a tout juste deux semaines, de claquer un pion d'une tête de 30m. Et, faute de Roman el Mago Riquelme et de fond de jeu, il faudra se préparer à une sélection argentine le couteau entre les dents et les couilles sur le caleçon, plutôt qu'avec des diamants entre les pieds. Ambiance charrua uruguayenne, qu'elle a su dompter hier soir.

Contre la Celeste au Centenario de Montevideo, les Pamperos ont su résister et donner des coups, faute d'être capables de se faire trois passes d'affilée. Hormis l'ange Di Maria qui régale tant et tant sur son aile gauche et doit encore se demander ce qu'il fout à Benfica, personne n'est au niveau des glorieux aînés. Même en défense, hormis Macherano, Veron et Heinze, tout le monde est à la rue. Mais la victoire est au bout (0-1), bien sûr dans les cinq dernières minutes et sur un but à la con, suite à l'expulsion de "Cacéres la cuillère". Enfin, Diego en roue libre nous fait rêver à ce que pourrait faire Domenech en cas de qualif post-barrages. Bien plus trash que Raymond, il lâche aux journalistes, en conférence de presse d'après match: «Vous feriez mieux de me sucer, et de continuer à me sucer». La classe façon bife de chorizo




Désormais tout est ouvert d'ici juin prochain. Soit l'option résurrection, avec un retour de Riquelme (pour qu'Aimar soit un vrai joker), ou un Yalta stratégique, qui verrait Tevez, Messi et Kun Aguero apprendre enfin à ne plus se marcher sur les pieds. Et pourquoi pas réintégrer les Français Lisandro Lopez et Lucho Gonzales, pour rajouter davantage de technique… Ou alors, on continue comme ça. Option brouillon burné. A l'arrache. Sans stratégie autre que le rentre-dedans et les buts à bout de souffle. Après tout, l'Argentine n'est jamais aussi forte que quand elle n'est pas favorite.


tashibana.jpgEn conclusion de cet épisode de notre plongée "Au pays de Diego", on ne peut s'empêcher de regarder chez les voisins chiliens pour s'offrir un bonus acrobatique. Ça n'a rien à voir, mais c'est le seul moyen de voir de belles choses dans cet univers post-moderne de football latino toujours adulé, mais tout de même dévoyé. On a retrouvé les jumeaux James et Jason Derrick d'Olive&Tom. Ils jouent au club de Rio Branco, et maîtrisent toujours comme personne la technique dite de la "double Amara Simba". Si ça peut convaincre Maradona d'arrêter d'essayer de faire jouer ses joyaux comme Mark Landers…

 
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