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23/07/2009

Le tour du mou de veau

hulk-hogan-hypes-the-crowd.jpgIl est étrange, ce sentiment qu'on a avec notre tour du renouveau de 2009. Un truc indicible, qu'on ne parvient pas à définir mais qui ressemble à un malaise de trentenaires né en vélo avec Hinault, Lemond et Fignon. On a compris les histoires de dopage à peu près de la même façon qu'on a pris conscience que le catch c'était du faux et même Hulk Hogan. De façon diffuse. En se doutant bien, mais en cherchant à y croire. Toujours. Malgré tout.

Avec la Festinadolescence, on a eu notre période un peu rebelle. Les chaudières ça nous faisaient marrer. Les gars avaient la classe avec leurs maillots et leurs patronymes sublimes. Gianni Bugno, Gert-Jan Theunisse, Pedro Delgado. Pour un peu, on prônerait la légalisation du dopage, du moment que Richard et Jaja (voire Pantani) jouaient la gagne. Mais on s'était repris, parce qu'on était aussi un peu de gauche à la con, et qu'on avait décelé la portée libérale et nationaliste d'un tel discours.

Et puis, on a compté les tours du renouveau comme autant d'années nous rapprochant de la trentaine. Et le règne Armstrong dépassant notre héros blaireau d'enfance, nous renvoyait la dure réalité de l'existence. Celle où c'est un putain de Texan néo-conservateur qui domine la route. Forcément dopé, mais on ne peut le dire qu'à sa retraite. On a aussi vu les Français devenir des tocards, mais on se disait que eux, au moins, ils étaient propres.

Puis vint le temps de l'incertitude, où l'on changeait de boulot comme les Grandes Boucles changeaient de vainqueur. Les maillots jaunes étaient attribués un an après, mais on pouvait au moins s'enorgueillir auprès des railleurs adeptes du raccourci rhétorique ("tous des dopés!") qu'on entrait dans une ère où désormais on traquerait le dopage. Mieux, L'Equipe en parlait, parfois sur une page entière. Certes on continue à trouver du panache à Vinokourov, Valverde, voire Ricco. Mais on est aussi content de les voir suspendus ou interdits de course.

Et puis, vint ce tour 09.

Tout se mélange. La rivalité Hinault/Lemond, l'immonde Bjarne Riis, Brochard et les Français qui pètent le feu. Mais L'Equipe ne parle plus dopage (ou alors de Di Luca, au moment de sa retraite). Armstrong refait le patron avec un gros cigare, et la course devient aussi peu intéressante que du temps de l'US Postal (lire l'excellente chronique de Lemond dans Lemonde). Et l'on se dit bien qu'il y a un problème. Si l'on se met en conditions réelles, sans la mise en scène de France télé, ça fait même flipper tellement ça va vite…




Les images ci-dessus sont, si l'on en croit Youtube, prises à 2,5 km de l'arrivée de l'étape du Verbier. Une côte escaladée en 20’55’’ par Contador, à 24,38 kilomètre/heure de moyenne. Encore plus fort que le Riis à Hautacam en 96 (490 watts, contre 480… -> lire absolument la chronique d'Antoine Vayer dans Libé: "Des robots distancés par des extra-terrestres"). Et Wiggins. Haussler. Cancellara. Les Schlek brothers. Même Le Mevel (dixième!?)

Et Armstrong, bien sûr, dans l'étape de Bourg-Saint-Maurice, qui fait tout aussi flipper que Contador…




Ce retour dans le futur nous lasse, l'ambiance "oreillette/laisser-faire" va (re)devenir malsaine. On risque de retrouver les années Hulk Hogan, avec une édition 2010 stupéfiante, où s'affronteront Contador, Armstrong et Vinokourov, avec les Schleck en embuscade, sur fond de choc des générations entre dopés de l'EPO et praticiens de la CERA. Pot belge à tous les étages.

On pourrait presque laisser tomber. Se mettre en retrait du tour comme on s'éloigne un temps des corridas. Déjà on prend son pied pendant la saison des classiques ardenno-flamandes. Et on est prêt à se laisser aller au cynisme humouristique, tellement le sketch des Guignols n'a pas pris plus de rides que Gérard Holtz toujours aussi complice…




Mais non. Parce que quand même Steph Goubert vise le top 20 à 39 ans (j'ai déja dit qu'il était de Montpellier?). Parce que les bordures, c'est bien. Parce que la stratégie des Columbia est encore plus pathétique que celle des T-Mobile d'Ullrich antan. Parce que Carlos Sastre a du panache dans sa lose. Parce que Denis Menchov a du Pierre Richard dans sa lose. Parce que Casar a du Poulidor dans sa lose. Parce que le désarroi des commentateurs teutons quand Jens Voigt se gauffre…





Parce que c'est comme ça. On a un petit vélo dans la tête…
(loué soit Eddy La Gooyatsh)




Et parce qu'on ne peut pas nier que l'on ressemble parfois à ça, et qu'on aime ça…

04/07/2009

Boucle d'or

e-day_banner_fb.pngEvidemment le tour du renouveau de cette année commence par un coup de lose. Le Sporting Tertulia maudit tous les électeurs pédo-bobos d'Europe-Ecologie. À cause d'eux, les gars fêtent leur victoire au mépris du prologue monégasque, et bibi est réquisitionné. On ne verra donc pas Cancellara renaître de ses cendres chronométriques, mais il nous reste un an de chasse-patate dans le rétro pour se mettre malgré tout dans l'ambiance et sentir l'adrénaline monter.

tour-2009.jpgLa grande et rituelle épopée estivale commencera donc sans moi, avec les espoirs de voir Menchov régler l'orgueil survitaminé des espingos roulants et la "nightmare team" d'Astana. Les musettes et les RTT déjà posées vont nous animer pendant le beau mois de juillet, avec des vélopotes aux pronostics acérés en terrasse plénière. Pour cette édition, marquée par un passage tristement symbolique du cyclisme actuel dans trois paradis fiscaux (Monaco, Luxembourg et Andorre), on espère voir sur le bord de route "Seringue-Man" emmerder Rance Armstrong, voir le Steph Goubert irradier une dernière fois l'asphalte de son anonyme classe vieillissante du haut de ses 38 ans, voir le Ventoux s'enflammer lors d'un ultime chrono dantesque…

Image 3.png

Forcément, on repensera à notre panthéon cinévélophilique et on se réécoutera notre play-list rock'n cyclo. On continuera de progresser en nouvelles technologies en suivant un Tour toujours plus geek. Et on vibrera devant les attaques de Mimo le Flahute (qu'on voit tout de même davantage dans le Top 10 que Moncoucou). Et pour la gagne, donc, on a mis notre piècette sur Denis Menchov. Parce que quand on gagne un giro en chutant dans le dernier kilomètre du contre-la-montre final, ça ne peut être que votre année…

Et comme de tradition, entrons réellement dans cette 96e édition de la Boucle d'or avec notre Kraftwerk préféré. Rhaaaaaaaa, ça commence!

 
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