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31/10/2009

Et la lumière foot…

news_N6565668998.jpgC'est un but que personne n'avait vu jusqu'ici. Le cultissime "lost goal" de Jan Molby, le Danois virevoltant de Liverpool. Un but qui, au fil des récits des 41.291 troubadours liverpudlians présents à Anfield Road ce soir de novembre. Le 26 novembre 1985, contre Manchester. Ce soir-là, seule la radio retransmettait le match. Les années sombres du foot anglais. Violences dans les stades et sur le pré. Loin du foot, l'Angleterre est minée par les grèves du Lancashire. Les Conservateurs sont au top de l'ultra-libéralisme ravageur, et le peuple est privé de ballon à la télé, après avoir été privée de coupes d'Europe, suite au drame du Heysel (remember).

blackout.jpgOutre l'infamie de la mise au ban par l'UEFA (10 ans d'isolement finalement ramenés à sept ans de réflexion pré foot-bizness blairiste), la situation sociale est à son nadir. Façon Ken Loach sans Canto. Et pour achever de désespérer BritainBillancourt, le peuple est privé d'opium. A cause de rapports entre présidents de club et chaînes de télé aussi exécrables que celles de Maggie Thatcher et Jacques "mes couilles sur un plateau" Chirac.

Les stades sont vides (18.000 de moyenne, contre 45.000 cinq ans auparavant), les tacles violents et les défenseurs bourrés comme des puddings bien gras. Au point que la BBC et ITV en vinrent à imposer au petit peuple anglais un "Black out" de sinistre mémoire, pour cause de désaccords sur les droits télés. Six mois durant, aucune retransmission télé.

Image 5.pngEt ce 26 novembre 1985, à Anfield, les Reds ont vaincu Manchester United en demi-finale de la Milk Cup (à l'époque l'équivalent de la coupe de la ligue, mais qui veut dire quelque chose). 2-1, avec un but de Jan Molby, selon lui le plus beau de sa carrière. Un but que les spectateurs d'alors dissèquent encore sur les rives de la Mersey, avec la fierté d'en avoir été. Une chevauchée fantastique de 40m suivie d'une minasse XXL, devenue au gré des récits plus beau pion de tous les temps. A la recherche du "but perdu"…

Et puis, il y a trois jours, l'invraisembable s'est produit. Le but est réapparu. Le goût pour la légende entourant l'œuvre Jan Molby est tel, que tous les médias s'emballent sur une histoire de caméra surveillance dont les images auraient été offertes par le manager de Manchester à Molby, l'un des héros de l'âge d'or de la dynamite danoise (Rhaaaaaaa, Elkjaer et Soren Larsen, Michael Laudrup and co). En vrai, il semblerait que ce soit des images danoises (on n'en sort pas), synchronisées avec le son d'une radio d'époque, mais on n'a pas bien compris pourquoi ni comment le document vidéo a été enfin mis en ligne par LFC/TV (la chaîne des Reds).

Evidemment, le but n'est pas aussi beau que ce que tout le monde imaginait. Mais même si on peut dire que les défenses de l'époque ne valaient pas tripette, ou qu'on a vu des traversée de terrain bien plus formidables depuis, l'émotion de découvrir un trésor enfoui n'a pas de prix. Joyau archéologico-footballistique, où l'on sent un peu du spleen de l'Albion populaire, bafouée mais fière, des tragic eighties…




A ceux qui s'insurgent contre le viol d'un sanctuaire de l'imagination collective, on ne peut qu'opposer une riposte en format playstation. Car le but de Molby avait déjà été reconstitué, en août 2006. Version jeu vidéo…

 

17/10/2009

Trop de ballons tue le ballon

En passant, un joli et poétique "déja vu" footballistique, répondant à merveille à l'horripilante remarque féminine: "si tout le monde avait un ballon, le foot n'existerait plus". C'est bien plus compliqué que ça, très chères. La preuve avec ce but déballonné, le seul du match, de l'attaquant de Sunderland Darren Bent, contre Liverpool ce samedi après-midi. Voilà qui fera réfléchir les apôtre du foot-bizness qui nous bandent avec leurs goodies pourris dont on ne sait quoi foutre à l'entrée des stades. Alors forcément, le ballon qui nous encombre pour boire une bière (quand les apôtres du sport-bizness le permettent!), ben on le jette. Et le moindre mioche qui passe est alors suseptible de faire une connerie…




La spécialité semble d'ailleurs anglaise, si l'on se rappelle du but encaissé par Manchester City en janvier 2008, contre Sheffield Wednesday. Ce coup-ci, la baudruche surnuméraire se fait passeuse décisive…

20/07/2009

La résurrection d'un working class hero

Image 8.pngRhaaaaaaaa, Robbie Fowler! La petite frappe cultissime des bas-fonds de Liverpool qui a touché le sommet sous le maillot des Reds. L'allégorie de toute une ville d'ouvriers thatchérisés. Celui que tout Anfield Road surnommait God… Bref, Robbie Fowler a rechaussé les crampons, pour le club australien des North Queensland Fury (définitivement, j'adore la A-League, ce cimetière des kangourous classieux à la Mark Bosnich), pour qui il a signé un contrat de deux ans, comme sa période d'errance (Cardiff, puis Blackburn) après sa retraite de Liverpool (on peut revoir ici son ultime tour d'honneur d'alors, à Anfield).

God is back, et plante son premier but dès son premier match, faisant taire les critiques indigènes sur ses 34 ans paraissant 43. Images amateurs, mais frissons quand même…






Ce qui est magique, avec Robbie, c'est qu'on a traversé plus de quinze ans de foot avec lui, et que les souvenirs se multiplient à la seule évocation de son patronyme so Ken Loach. Pêle-mêle, quelques grands moments de Fowler qui nous ont fait aimer le ballon comme jamais…

Son triplé le plus rapide du monde. En 1994/95 (il y a avait encore Ian Rush!), il suffit au morveux de 4 minutes et 33 secondes pour claquer trois pions tout en finesse britannique, contre Arsenal…




article-0-033A8C85000005DC-542_306x351.jpgLe roi de la coke popu. L'amour du public des rives de la Mersey pour sa petite frappe d'attaquant est indéfectible, et remonte au soutien que ce dernier avait publiquement affiché à la grande grêve des dockers de Liverpool (en 1995), arborant deux ans plus tard sur son t-shirt un message de soutien aux 500 personnes licenciées.

Proche de la classe ouvrière, Fowler le fils d'ouvrier se verra excuser par ses fans tous ses excès. Comme ce jour de 1999, où il célébra un pénalty marqué contre Everton en sniffant la ligne de but, pour répondre aux rumeurs répandue par les supporters de l'autre club de Liverpool sur une supposée addiction à la cocaïne…






La muse des ultras. Robbie Fowler, c'étaient aussi des chants fabuleux, entonnés sur des airs de Guinnes chaudes et de tabac froid. Le plus beau est sans doute «We are living in a Robbie Fowler's house» sur l'air du «Yellow Submarine» des Beatles, un clin d'œil aux investissements immobiliers de l'attaquant prodige dans les quartiers populaires. Hélas, on ne retrouve plus de vidéos de cet instant mythique. Heureusement, il reste le très classique, mais efficace, «There's only one Robbie Fowler». Ambiance accents aux couteaux…




Et faut dire qu'il s'identifiait si bien à son kop d'amour, le Robbie. Quand un mec avec une tête d'ivrogne et un corps un peu grassouillet fête sa lulu comme un vrai «Scouser», en bourrant un steward qui neutralise l'un de ses fans…




Icône de la rédemption. Et puis, il y a eu son grand retour à Anfield, en 2006, quand il revint à la maison après une courte errance à Leeds puis à Manchester City. Bonus qui ajoute au sublime, il remplace l'horrible Peter Crouch, tout pataud et indécis au moment de sortir, avant de paraître comme écrasé par l'incroyable ovation qui résonne encore dans les travées rouges…




Bonus jouissifs. Fowler, c'était aussi ce pion atomique, enchaînement aile de pigeon/frappasse de mule, en 96 contre le SK Brann…




Quoi de mieux pour se finir qu'un épisode de l'inestimable feuilleton "100 Players Who Shook The Kop". Un quart d'heure de kif ultime…

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15/04/2009

Encore plus fort que Chelsea-Liverpool…

Evidemment, on ne s'en remet pas de cet incroyable Chelsea-Liverpool digne des années 60, où la preuve est faite malgré Aulas que quand on joue sans calculer, et ben même si on perd à la fin, on est un grand club. Pour le plaisir, on peut se remettre dans l'ambiance en revisionnant ici les huit pions d'enfer. Mais on a trouvé encore mieux, une nouvelle fois du côté de la perfide Albion. Cet épique Bristol Academy-Leeds Badgers, le week-end dernier, conclu sur le score de 284-255. Faut dire qu'il s'agit de match le plus long de l'histoire (36h!). Mention spéciale pour le dénommé Mc Phee, qui termine soulier d'or de la rencontre, avec… 75 buts.



Et là où c'est encore plus culte, c'est que ce match mi-charité mi-Guiness book était parrainé par Ian Rush, mythique attaquant gallois des années 80, qui a fait rêver tant et tant les scousers de Liverpool, à qui il a forcément manqué hier soir, au moment de mettre le but décisif…



31/03/2009

Grobbelaar et la manière

Rhaaaaaaaaaaa, Bruce Grobbelaar! Le mythique gardien du Liverpool des années 80 a refait une apparition dans l'univers des Reds, en participant à la très mièvre chanson-hommage en mémoire des victimes de la catastrophe d'Hillsborough, il y a 20 ans. Intitulé "Fields of Anfield Road", le clip est "craignos-classicos", mais durant quelques instants, outre les trombines de Dalglish et Aldridge, on aperçoit Brucie…




Le portier flamboyant de la Mersey a une histoire pleine d'excès, symbole du foot anglais des eighties, alcoolique et vicieux (la démonstration par So Foot). Une trajectoire de descente aux enfers puis de phœnix qui renaît de ses cendres. Nostalgie en vidéo des grands moments cultes d'un raciste zimbabwéen ayant grandi dans l'appartheid, devenu goal fantasque et fantastique, entre affaires de corruption et rédemption par le terrain et les bonnes œuvres, à 49 ans…

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En 1984, Grobbelaar entre dans la légende du ballon, en faisant le coup des "spaghetti legs" en finale de coupe d'Europe. Une séance de tirs-au-but oubliée dans le panthéon du Sporting Tertulia, que cette finale de Coupe des clubs champions entre Liverpool et la Roma (1-1, 4-2 t.a.b, la vidéo ici). Et pourtant l'attitude coupée-décalée de Grobbelaar va marquer une génération de goals gogols, capables de destabiliser le tireur par son attitude sur la ligne…
Où l'on repense, amusé, à Jerzy Dudek en 2005, pour Liverpool encore



Une dizaine d'années plus tard, "le Prince des clowns" est devenu vieillissant dans un Liverpool qui se réadapte aux compétitions européennes, après les suspensions post-Heysel. David James ne va pas tarder à lui piquer sa place, et il en a un peu marre de la nouvelle génération d'alors, emmenée par le rouquin Steve Mc Manaman. Alors il lui met des claques…



Sa fin de carrière tient plus du (Grobbe)lard que du cochon. Et touche précipitemment le fond, après un transfert à Southampton. Il s'y fait gauler par le Sun en flagrant délit de corruption. Condamné à payer 500.000 £.Ruiné, il ne lui reste que ses yeux pour pleurer ses belles années, qui l'ont fait entrer à jamais dans les tripes du kop d'Anfield…





Grobbelaar_Big.jpg Dernière trace retrouvée d'une retraite glauque d'organisateur de croisière pour golfeurs: une réapparition sur le pré en 2007, pour donner un coup de pub au club de quartier de Glasshoughton, au bord de la faillite. A 49 ans, Grobbelaar accepte de se faire chambrer par trois connards accoudés à la main courante derrière sa cage, qui lui demande de leur refaire le coup des jambes en spaghettis. Tout ça pour sauver un club de quartier. Et parfois, il accepte même de le refaire. Ça pardonne beaucoup de turpitudes…

25/10/2008

Ultra communion

2472389747_72e9163e76.jpgAh ben zut alors, le foot pourrait être bien plus complexe que ce qu'imaginent Laporte et Sarkozy. Ils pourraient y avoir des supporters qui d'une semaine sur l'autre se rendent capables du pire comme du meilleur. Mercredi dernier, on a ainsi pu assister à une scène d'une rare intensité impliquant deux kop, lors d'un match à haute tension. Liverpool se rendait au stade Vicente Calderon pour affronter l'Atletico Madrid.

L'enceinte des Colchoneros aurait du être fermée, après la suspension (bidon?) de deux matchs infligés par l'UEFA au club madrilène. Motif: le terrible débordement policier post-franquiste qui s'est abattu sur les supporters marseillais il y a trois semaines (voir la vidéo) et le comportement raciste d'une partie du public à l'encontre des joueurs noirs de l'OM (solidarité avec Santos Mirasierra -photo-, toujours emprisonné en Espagne, plus de détails ici).

Le match entre l'Atleti et les Reds sentait la poudre. Finalement joué à Vincente Calderon, de trop nombreux Anglais ne pouvant annuler leurs réservations, la sécurité était sur les dents. Circonstance aggravante, Fernando "el Niño" Torres, l'idole des rojo y blanco, a signé il y a deux ans à Liverpool. Par précaution, une tribune entre les deux camps a été neutralisé, pour éviter toute proximité. Et voici ce qu'il arriva. Frissonnant…

Au passage, pour ceux qui ont envie d'en savoir plus sur la complexité des tribunes, le Sporting Tertulia recommande chaudement les écrits du sociologue Nicolas Hourcade, qui travaille sur les mouvements de supporters "ultra" dans le football (et qui tient d'excellentes chroniques dans So Foot, comme par exemple son point de vue sur la banderole anti-chti). Voici l'un de ses articles de recherche, intitulé "Hooliganisme, ultras et ambiguïtés en France" (PDF). Et une communication de colloque: "Pour vivre heureux, vivons ultra" (PDF). Enfin, un article de la revue Pouvoirs, "La place des supporters dans le monde du football" (PDF).

18/10/2008

Happy 100 goals, mister Gerrard

Fichus socialistes! Mon boulot mediapartien m'a pris trop de temps pour espérer évoquer la grève déjà finie des footballeurs (comme d'hab', ils ont gagné quelque chose, mais en fait ils se sont fait enflés). Alors pour passer le week-end, où l'on va s'éloigner de la tertulia pour cause de mariage d'un meilleur ami (on n'en a jamais qu'un, de meilleur ami…), je repique l'incroyable et exhaustive compilation des cent buts du grand Steven Gerrard sous le maillot de Liverpool, initialement reperée chez nos maîtres à tous 101greatgoals.com (et source fréquente de pillage d'inspiration). Bon, ça dure plus d'une demi-heure, mais si vous avez que ça à foutre, ça vaut la peine…

17/09/2008

Gér(r)aaaaaaaard

Boarf. Pas grand chose à dire, au sortir de cette défaite marseillaise contre Liverpool. Mauvaise entrée dans la Ligue des champions (moins pire que celle de Bordeaux, notez…), et pas grand chose à dire. Défense à la con, défense à la con, défense à la con. Zubar, comme Zut, trop tard… En même temps, à 2-2 c'était pas franchement volé. Oui mais voilà, y a Gerrard…



La frappe parfaite. Mi- en cloche, mi-en force. Qu'est-ce tu veux faire face à ça? Râler un bon coup, et repenser à Coluche…

 

 

 
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