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21/06/2010

Inventaire d'un pré vert qui rend véner

Image 9.pngQuand le foot éteint les Lumières. Oubliée la révolution française, notre pays est en train de devenir un pays du tiers-monde, où politiques et médias s'obnubilent sur un jeu de balle, comme si l'avenir de la Nation en dépendait. Depuis trois semaines, pris par beaucoup de boulot et un peu de récup à Montpeul, on avait délaissé la tertulia, tout juste s'étions-nous renseigné sur la nouvelle recrue de Loulou Nicollin, le classieux Chilien Marco Estrada (et ça promet!). En revanche, on n'avait pas vu venir l'emballement surréel de nostalgiques descendants de Footix et de France 98. Et ça nous a un peu plombé l'envie de jouer au commentateur, cette spirale vicieuse de la dramatisation indécente et un peu inquiétante démocratiquement.

Crise financière, désespérance sociale, affaires politico-judiciaires, s'en fout la vie, seuls les Bleus comptent. Et on flippe un peu de se prendre à espérer l'élimination des Bleus pour en finir avec ce magma technico-polemico-bien-pensant, alors que l'ado-footeux qui nous constitue depuis le Mondial'86 ne rêve que d'une qualif magnifique et inattendue des gars de Raymond. J'sais pas, moi, un truc de ouf, comme un PSG-Steaua Bucarest'97, avec de la chance, de l'entrain, de l'état de grâce collectif malgré les histoires de fax perdus…



Bon, évacuons d'emblée l'objet sportif: la sélection a failli, et bordel, ça arrive! Les joueurs sont des starlettes et n'ont pas réussi à développer le jeu collectif qui détermine un parcours réussi. Quel scoop. Domenech aura tenté le coup du 4-3-3, qui n'a pas pris comme espéré. A cause de joueurs clairement trop responsabilisés au regard de leur immaturité, elle-même pas si illogique vue la déconnexion du réel qu'ils rencontrent. Donc la compo n'était pas assez ambitieuse (remember), ok. Mais cela vaut-il le lynchage dont rêvent certains au retour de l'aéroport? Cela mérite-t-il de nous infliger autant de commentaires de la part de gens qu'on n'a aussi peu envie d'entendre?

C'est quand même pas comme si on n'avait jamais vécu ça? Oui, 2008 et 2002, bien sûr. Mais ça existait même avant l'ère "dite du Stade de france". Car si on regarde, avant, c'était presque mieux. Ginola salement assassiné par Gérard Houllier après France-Bulgarie'93. Canto qui traite à la télé le coach Henri Michel de "sac à merde" en 88. Larios écarté du mondial'82 pour s'être tapé la femme de Platoche (le web n'existait pas encore).

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

 

On nous la joue aujourd'hui comme si le foot rythmait nos états-d'âmes et nos vies. Mais c'est que du foot, bordel! Un putain de jeu qui nous transcende et nous rend parfois cons, certes. Mais qui ne nous éblouit pas non plus au point d'oublier tout le reste. Pas au point de subir tous les JT et Unes consacrés seulement au foot! TF1 comme Francetélé, Libé comme le Parigot. Quant à L'Equipe, c'est juste la grande classe et les mots qui nous manquent…

 

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Passons sur le fait que personne ne remet en cause l'audacieuse titraille, cette tribune sur Rue 89 a dit l'essentiel («L'Equipe ressemble à l'équipe de France. L'un et l'autre se complaisent à patauger dans la boue»), en ayant juste une pensée pour Didier Porte qui a choqué les tièdes avec son "J'encule Sarkozy", mais semble bien plus coupable que "le quotidien-sportif-préféré-et-unique" des Français.

Passons aussi sur l'achèvement du rêve de journalistes qui peuvent enfin refermer à la hache la parenthèse Jacquet (remember), en mettant un poing final dans la tronche à Raymond, avant d'ouvrir le paragraphe Lolo Blanc, dont on attend de savoir s'ils seront ausi prompts à nous raconter l'origine de son surnom de "président"… Ne soulignons juste que le magnifique culot de son red chef, qui nous ferait presque pleurer, quand dimanche soir il regrette de ne pouvoir titrer sur Brésil-Côte d'Ivoire. Eh mais tu sais que rien ne t'en empêche, mon gars?!

 

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Pourtant, au fur et à mesure que les heures passent, on se rend compte qu'Anelka n'a juste lâché qu'un «Va te faire enculer, avec ton système de jeu de merde» n'ayant pas vocation à sortir d'un vestiaire et pas bien méchant, à défaut d'être respectueux, bien peigné et catholique. Et qui connaît l'intimité d'un vestiaire en sport collectif ne va pas se formaliser pour si peu.

Rhôôô, L'Equipe aurait survendu une info pour faire du chiffre?

En revanche, on adhère vachement plus à la thèse de Vikash Dhorasoo, qui voit enfin une marque de solidarité au royaume des joueurs de foot, pour défendre l'un des leurs face au grand n'importe quoi fédéral (l'analyse syndicale est aussi poussée ici, chez peuples.net): "J'aurais bien aimé que les joueurs du PSG se mobilisent comme ça quand je me suis fait viré"… (dans 100%foot ce dimanche)

 

Et puis on a aussi droit au grand retour des footocrates. A peine remis de l'halali Attali (et BHL, et Joffrin…) après France-Irlande (remember), qu'on les voit poindre à nouveau leurs bouche pincée pour dégueuler de l'ineptie de salons, où la télé n'a d'ailleurs sans doute jamais été branché sur Téléfoot ou l'Equipe du dimanche… Attali est encore de la partie, bien sûr.

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Mais ce coup-ci, Attali s'est fait griller par Finkielkraut, plus rapide à dégainer dans le JDD. Faut dire qu'il y a de la bonne caricaturacaille à malaxer. Ah, ces voyous de footeux de banlieues, abrutis par leur rap qu'ils écoutent en descendant du bus et qui les fait oublier de signer des autographes… Caricaturacaille qui offre au débat sur l'Identité nationale un prolongement inconscient. Les Blacks-Blancs-Blancs avaient pourtant laissé de côté les Beurs dans les 23. Hélas, on avait oublié les caïds Ribery et Anelka.

Et puis, il y a les Sarko, Guéant, Copé qui se prennent pour des entraîneurs, une manière inconsciente de reconnaître qu'ils se verraient bien à une autre place, où il est vrai qu'on trouve de sacrés amateurs en matière de gestion de crise. Et qu'importe que les contempteurs d'aujourd'hui soient les plus fervents supporters d'hier… Franchement, c'est quoi ce pays où le président fait «confiance à la ministre (Roselyne Bachelot ???, ndlr) pour que les conclusions soient tirées de cet échec et que les mesures soient mises en oeuvre, pour que la France du football puisse à nouveau être pleine d'espérance». Non mais on rêve! Et pourquoi pas moraliser le capitalisme, tant qu'on y est?

Et puis, pourquoi voir un mauvais remake de série B dans les péripéties de la bande à Raymond. Pourquoi ne pas y voir un passionnant drame shakespearien. Il y a quelque chose de pourri au royaume du football. De pourri, mais finalement quelque chose d'amusant, aussi.

 

La honte nationale, et toutes ces conneries, faut arrêter. Il y a du sublime dans ce sordide, et sans en faire des tonnes, bien sûr que ça raconte une époque, au moins autant que les faits-divers. Mais pas davantage non plus. La honte nationale, c'est le chômage des jeunes, la loi sur la burqa, ou le silence médiatico-politique dans l'affaire Karachi.

Si on prend une torgnole et qu'on se fait éliminer au premier tour du Mondial, ça peut se vivre sans drame et sans qu'on ne parle absolument que de ça au bureau. Y a une coupe du Monde pour se régaler, plus ouverte que jamais en plus (à lire, cette remarquable chronique défootixitisée de ce début de Mondial, par l'excellent Cherif Ghemmour sur Sofoot.com). L'Argentine de Diego, les Brésiliens, les Chiliens, les Ghanéens, les Coréens du Sud et du Nord, du foot un peu frais et moins fermé que nos championnats moisis tellement ils sont renfermés. Et puis, les merdouilles qui arrivent aujourd'hui sont celles de chaque équipe en fin de cycle ou en transition vers le prochain (remember l'ambiance chez les Bataves'98). L'affaire Anelka rejoindra le panthéon des gestes un peu honteux mais finalement culte avec le temps du foot hexagonal.

Et il reste deux jours pour espèrer que les Bleus nous offrent un revirement splendidissime. En musique, hisoire d'en rire. Et pour arrêter d'en pleurer de désarroi…



Bonus stand-up: Mark the Ugly note les Bleus après france-Mexique. On s'en lasse pas…

12/05/2010

Sur les traces de L'Equipe

Image 1.pngBon, on va pas en faire des tonnes sur le nouveau coup de génie médiatique de not' Raymond. Même s'il n'a pas suivi les conseils du Sporting (bon, y a quand même Rami, Planus, Valbuena, Ben Arfa et Cissé… mais ni Pagis ni Abardonado!), on sent quand même que le Domenech s'est fait plaisir, en faisant sa tête de mule de Breton: des Rennais en veux-tu en voilà (Briand, Fanni, M'Vila) et puis 30 joueurs au lieu de 23. Juste pour énerver les râleurs, qui de toute façon auraient trouvé quelque chose pour exprimer leur atrabilité. Un peu de courage enfin, avec Benzema et Vieira qui restent à la maison, ça mettra un peu de plomb dans le crâne du premier, et ça fera dégonfler le melon du second, dont seul Manu Petit pleure la perte.

Bien qu'on entende bruisser la rancœur puérile des soixante millions de sélectionneurs envers tel ou tel choix, franchement, on ne peut pas dire qu'il y ait de gros scandales. Et on irait même jusqu'à oser dire qu'avec cette liste, il y aurait moyen de faire un onze très correct. Bon ok, pas forcément un onze qui fait rêver, mais qui doit permettre d'arriver quiquille en quarts.

Faudra pour ça avoir le courage de mettre Henry dans le placard (où se trouvent déjà Van Nistelroy, Totti ou Ronaldinho…) ; faire entrer Rami ou Planus avec Gallas voire en faire la nouvelle charnière. Ressusciter le duo Lass Diarra/Abou Diaby (qui ont connu leur première sélection ensemble), comme un revival de la paire d'or Makelele/Viera '2000 ; installer Malouda à gauche et Anelka en avant-centre (Chelsea's style) ; innover avec Valbuena que le reste du monde ne connaît pas ; accepter enfin que Gourcuff puisse nous faire une Zizou'96, pas brillant mais utile pour la suite…

Bref, en étant (presque) objectif, on peut accorder pas mal de bon sens au choix du coach, en tout cas largement autant qu'à tous ses contempteurs qui rivalisent de mauvaise foi pour se le payer encore une fois. Au final, Raymond et la critique, c'est comme la pluie en Bretagne: ça ne touche que les cons… Et puis quand même, comment ne pas admirer le génie communicationnel et la classe autodestructrice du sélectionneur aux jours comptés, quand on voit poindre son sourire sadique avant de foutre en l'air le plateau télé de Lolo Ferrari?



Mais plus fort encore que le nihilisme de coach Domenech, on ne peut que saluer la une à tiroir du quotidien du peuple, qui entend bien ce coup-ci profiter de son monopole pour avoir enfin raison. «Sur les traces de Jacquet». Avec un tel titre, L'Equipe laisse transparaître son envie d'en découdre avec l'entraîneur. Alors que les mêmes de la période 98 sont revenus aux manettes (excepté l'inénarrable et mythique Jérôme Bureau), c'est la (belle) plume du journal, Vincent Duluc, qui s'y colle, pour faire du «retour vers le futur», dès le premier paragraphe de son papier au vitriol. Trois lignes d'intro, avant de ne plus pouvoir se retenir: «(…) une question, au moins, nous est venue à l'esprit: et on joue à treize?»

 

L'allusion est cryptée, mais elle est belle et lourde de sens, rappelant la mythique Une du 6 mai 98, quand Mémé annonçait 28 noms au lieu de 22…

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Là où on se marre carrément, c'est que L'Equipe n'ose plus affirmer ses velléités préceptrices, et donc la joue un peu plus modeste, n'osant plus n'en penser ouvertement pas moins. Pourtant, comme en 98, il n'y a pas franchement scandale à d'abord publier une liste élargie, histoire de prévenir d'éventuelles blessures, surtout quand d'autres pays font de même, comme à l'époque. Mais au moins cela donne le ton de l'ambiance crétine qui promet d'entourer le Mondial des Bleus. A la différence notoire que cette fois-ci, L'Equipe espère être en osmose avec les Français. Au moins jusqu'à la qualification en quart de finale. Et pis sinon, ils nous feront un titre du style "Nous, on s'est encore trompé" (remember)…

27/07/2009

Le tour de la question

contador-est-a-l-heure_newsletter_large.jpgComme une mauvaise fréquence. Le tour est terminé et quoi qu'en dise la sainte alliance France 2/L'Equipe, au spleen de retour de la suspicion s'est ajouté l'ennui désabusé. Celui d'un Venoux où on avait misé sur un Armstrong devenant enfin culte en nous faisant une Tom Simpson. Au lieu de ça, on a eu droit à "Lance au pays des merveilles", avec la plus laide des ascensions d'une des plus chiantes des Grandes Boucles jamais vécues. Ambiance mitan de l'ère Indurain. Mais pour not' quotidien sportif imposé, bien aidé par l'horripilant duo Adam/Fignon, la fête était au contraire parfaite. Rien à signaler, on a dormi tellement il y avait de descentes, mais les ventes sont en hausse. Show must go on.

Le plus marrant, c'est d'entendre les mêmes en faire des tonnes sur le "scandale des combinaisons" en natation, refusant même de parler de records tellement c'est pas du jeu… En plus, comme dirait Goebels, plus c'est gros plus ça passe. On bat des records de V02 max, mais vu qu'il n'y a eu aucun contrôle, c'est que c'est bon, on le tient notre tour du renouveau, et cassez pas les couilles, les sceptiques!

goubert.jpgPerso, dans notre panthéon à nous, on retiendra la 16e place de Steph Goubert, l'éternel équipier increvable "à l'ancienne", qui clôt une carrière de puceau magnifique. Mais aussi les assauts désespérés mais classieux d'un Carlos Sastre méprisé, alors qu'il pourrait bien être le seul vainqueur du tour à avoir été réglo sur ces 15 dernières années. Ou encore la froide malice du maillot vert Thor Hushovd, devant ce bourrin de Mark "Man of the Man" Cavendish. Enfin, on ne pourra réprimer une certaine admiration pour Contador, même si même si, car se faire le Armstrong et tout Astana en plus des Schleck brothers, ça force quand même le respect.

Au final, le moment le plus symbolique de ce tour aura été l'hymne raté du bouquet final. Sur les champs, dimanche, sous les yeux incrédules de Contador et des présentateurs de la télé espagnole, l'inconscient prenait le pas sur la réalité. Et c'est l'hymne danois qui a retenti. Comme pour souligner davantage le décalage entre la perception et notre réalité…



11/06/2009

Finalement, Zidane est touchable

En passant, et juste pour le plaisir de se faire L'Equipe, qui franchement cherche le bâton, ce superbe contre-pied: Ronaldo signe au Real pour 94 millions d'euros. La veille, notre quotidien préféré nous sortait une de ces unes chauvino-crétines dont il a le secret…

 

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Y a pas à dire, le sens de l'actu, comme celui du ridicule, c'est inné.

19/03/2009

Démentis démentiels

une18032009_hd.jpgEn passant, avant de filer à la manif, cette somptueuse demi-colonne en bas à droite de la page 3 de L'Equipe de ce jour. Un modèle. Rappel des faits (si l'on peut dire) de la veille: une page plus la Une pour nous certifier que l'OM a prévu d'embaucher Paul Le Guen la saison prochaine, sauf si Gerets décidait de rester. Avec une preuve irréfutable: une photo d'Anigo et Colleu (l'adjoint de Paulo) en train de discuter ensemble avant le Classico. Evidemment, le papier dit l'inverse du titre et se termine par l'intérêt de la patate de Pencran pour l'Espagne…

Donc, dès le lendemain, les Ron Hubbard de l'actu sportive (car on ne peut décemment pas dire la Bible) se sentent bien obligés de rendre compte des démentis reçus de toute part… en 17 lignes. D'habitude, si on croit un minimum à ses sources, on fait suivre le démenti par un traditionnel "Nous maintenons nos informations". Mais là non. En revanche, on a droit à une effarante chronique de Didier Braun (en 31 lignes), intitulée "Cache-cache", où l'on glose sur les démentis. Mais pas que de ceux de RLD et du PSG. On y retrouve ainsi mêlés ceux, dont on se fiche un peu, de Cesc Fabregas, de joueurs de la Bundesliga, de l'association des grands clubs. Et l'on retient une phrase d'anthologie:

«Une info peut être fausse un jour et exacte le lendemain (et inversement). Elle peut être fondée à 99% à minuit moins une et 100% dépassée à minuit plus une. Elle peut être inexacte de bonne foi et démentie de mauvaise.»

Au fait, il signe quand Deschamps, au PSG?

26/02/2009

Rhaaaatem!

Autant le dire, on aurait préféré que l'OM se fasse éliminer. 0-0, on n'en parle plus et on se concentre sur le championnat. Mais là, voir le Ben Arfa enquiller la lulu de trente mètres comme on claque le beignet de L'Equipe, qui va encore être obligé de se renier en étant obligé de l'encenser, ça fait quand même zizir. Surtout quand Civelli parvient à placer un coup de boule impuni quelques secondes avant. 0-1, pénos, qualif et l'Ajax au prochain tour. En te remerciant, Hatem…

03/11/2008

Le Zéro Sport

Image 5.pngRequinqué après ce week-end "TsongalœbOMhamilton" frisant l'overdose (vive la grippe), le Sporting Tertulia préfère parler de ceux qui ont parlé de ces sacres en tout genre, comme des championnats de ballons. Car ce lundi devait se lever une nouvelle ère dans l'histoire du pluralisme de la presse sportive. Le 10 sport. Enfin de la concurrence à L'Equipe, depuis l'éphémère et tué dans l'œuf Le Sport. Autant ne pas tourner autour du pot, c'est de la merde.

À dire vrai, on était déjà sceptique sur les ambitions d'un projet porté par Michel Moulin (le furtif ancien du PSG au pif douteux) et RMC (que plein de mes potes adorent, mais désolé, moi j'y arrive pas). Mais là, ils ont fait vraiment fort. Une couverture photomontée faisant repenser aux pires moments de But! (le magazine dégueu du non moins dégueu Olivier Rey), une mise en page des années 80 qui fait penser à un livre de coloriage, un contenu affligeant de platitude et d'inintérêt…

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Top du top, au bout de dix minute de lecture (et en lisant tout), l'hommage pseudo-lacrymal à Gilardi par Moulin himself. Ça, c'est l'article de la page Médias, avec comme "accroche d'actualité"… les six mois de sa mort. C'est vrai qu'il n'y avait pas d'autres sujets possible pour lancer un journal. Le sublime est atteint avec des pépites comme «Le sport, il y a ceux qui le font, et ceux qui en parle» (première phrase!) ou, comble de mauvais goût, «J'ose imaginer, en toute modestie, qu'il aurait, si ce n'est soutenu, tout au moins apprécié l'initiative qui est la nôtre». Marcel Cerdan, Puskas, Tabarly aussi, sans doute, Michel…

On passe sur la double page hippisme et les pauvres interviews, mais on reconnaît que les pages "amateur" et la double rugby sont plutôt bien torchées. En revanche, pour concurrencer L'Equipe, on est très loin du compte. Evidemment, le grand quotidien sportif a de son côté mis le paquet. 32 pages, au moins quatre par grands événements. Un journal comme on aimerait en trouver tous les jours. Sans parti-pris crétins, volonté de se faire le phare de notre pensée et petites connivences minables.

Le problème, c'est que dans aucun de ces journaux on ne trouvera trace du come-back de John Barnes dans la chanson, sur le plateau d'une Famille en or, ou que l'on évoquera la somptueuse ouverture de 30m en coup-du-foulard réalisée par Pablo Aimar dimanche. On ne trouvera pas non plus une série sur les mauvais garçons de la planète foot ou des questionnement sur l'effet Obama chez les sportifs métis. Pour ça, il y a les blogs, et hélas pas de journal.

41+omCDnE2L._SS500_.jpgÀ ce sujet, je vous conseille vivement la lecture de "La face cachée de L'Equipe" (éditions Danger public), du journaliste indépendant David Garcia. Bon, si vous êtes un accro du quotidien et que vous êtes intéressé par la vie d'une rédaction ou l'industrie de la presse, ça aide à apprécier le bouquin. Mais le travail est super sérieux et ultra-documenté. Et les 3/4 des interviewés parlent à visage découvert, ce qui est remarquable dans le journalisme d'aujourd'hui et crédibilise grandement le propos. Du passé trouble de la collaboration au tramatisme Aimé Jacquet, en passant par des histoires de pot belge couvertes ou du traitement de l'actu foot, on apprend beaucoup sur ce journal que l'on aime à détester, mais qui au fond nous fascine.

 

 

* En ce qui concerne Aujourd'hui Sport, le "killer paper" du groupe Amaury, j'ai pas lu. Mais il n'y avait finalement pas lieu de lancer cette initiative très mauvais esprit dans le genre pluralisme… Mais ce qu'on voit sur leur site internet a l'air pas mal. L'achèterai demain.

12/10/2008

Nous, on rigole doucement

une12102008_hd.jpgUn peu l'impression de se répéter, à force de causer de Domenech. Mais tout de même. Troisième match (sur dix, rappelons-le encore et encore) et un bon nul en Roumanie. Toujours un problème de défense, et pas que de charnière (qu'est-ce qu'il fout, Evra, sur le premier but?). Mais une âme qui se construit. Benzema et Henry toujours surnuméraires et indigents. Mais Ribéry et Gourcuff. Tous deux lancés par Raymond-la-repentance, ce sont eux qui portent les Bleus, au-delà des spéculations spécieuses de précieuses médiatiques. Ouf, on ne devrait pas avoir besoin de partir en campagne pour soutenir Fred Antonetti (dont on peut lire l'excellent portrait chez le non-moins excellent Honky-Tonk), pour la succession de notre sélectionneur préféré.

À ce sujet, là-aussi on se répète, notre quotidien sportif unique et donc imposé nous a encore gratifié d'une Une d'anthologie. Prescripteurs d'opinion devant l'éternel, les mecs sentent le vent tourner et nous le disent clairement: "Nous, on a aimé". Bientôt, on aura peut-être droit à des "Nous, on a trouvé ça moyen" ou des "Nous, on s'est fait chié". Avant peut-être des "Ce soir, on va boire un coup" ou des "La bite au Duluc au cirage si on se qualifie pas"… Et si on se remettait à parler juste ballon, les gars? Sans nous infliger tous les jours la chronique de Raymond, qui n'excite que les couillons du Stade de france encore nostalgique de Footix. Ça vous évitera de devoir nous refaire le coup de l'édito d'excuses à Mémé Jacquet, tout aussi crétin que l'édito du type "Répondez, M. Domenech!"

Pour le reste, c'est-à-dire l'essentiel, on a vu du jeu et de l'animation. Coach Raymond a refait confiance à Malouda, mais faut pas déconner quand même. Y aurait pu y avoir un changement décisif en fin de match, mais faudrait avoir les mains totalement libres pour virer Henry et Benzegol, pour y mettre Sinama-Pongolle ou Gomis (quand Anelka est blessé). Bref, on peut se remettre à rêver d'une belle équipe, avec les retours prochains de Nico, Nasri et Ben Arfa.

Enfin, on a enfin revu une frappasse sous la barre de plus de trente mètres. Le truc qu'on croyait dévolu aux seules équipes d'Allemagne et d'Angleterre. Gourcuff est le nouveau prophète. Et, comme Ti'Franck, lui n'oublie pas de remercier le coach.




Pour conclure, et fêter ainsi (on l'espère) la fin de l'ère de l'invective ad hominem qui n'honore personne et nous éloigne des vrais débats autour du jeu, on ne peut que s'écouter un bon vieux "Redemption song". Bon, étant génétiquement allergique au reggae et à Bob Marley, ce sera une joli reprise des cultissimes Joe Strummer et Johnny Cash…

 
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