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15/05/2009

Le bourrin de la semaine

En passant, trois minutes de violence pure et gratuite, avec le nouveau dieu grec de la connerie: l'immense Pablo Garcia. Evidemment Uruguayen, né à Canelones (ce qui donne forcément une appétance particulière pour la viande hachée), le milieu de terrain du PAOK Salonique nous livre une performance rare contre le Panathinaïkos, oscillant entre saloperies vicieuses à répétition et rage inarrêtable. On admire au passage la virtuosité de l'arbitre aux quatre biscottes simultanés (dont une rouge). Et, last but not least, la sortie de terrain crétine de "Pablo biscotto" parachève un moment de féérie rare…

02/06/2008

Puissance et conséquences de la modernité rugbystique

1128170211.jpg Trop vite, trop fort, trop bourrin. En écho à la conclusion de mon dernier billet sur la défaite de Toulouse face au Munster en finale européenne, ce week-end aura été une nouvelle illustration du décalage qui grandit chaque jour un peu plus dans l'ovalie moderne, entre un Top 14 à l'ancienne et une mondialisation rugbystique sous stéroïdes…

Les deux finales de championnat du week-end ont ainsi confirmé la domination de la puissance physique dans le jeu, à base de mastodontes balle en main. Le cuir ne chante plus, en virevoltant de paluches en paluches, soit il s'enterre (doctrine Munster) soit il est confié à une bande de costauds qui font office de ligne arrière (doctrine hémisphère Sud). De temps en temps, un soupçon de créativité vient perturber les neurones programmées pour l'impact. Mais c'est pour déboucher sur une action de jeu au pied, certes bien construite et souvent décisive, mais sans rapport avec le "French flair" des années 80. Ce rugby de l'âge d'or est mort.

Toutefois, il serait malhonnête de rejeter en bloc le jeu du nouveau millénaire. La finale du Super 14 opposant les Crusaders aux Waratahs a dégagé un sentiment halluciné à nos yeux habitués aux matchs quiquille du championat de France (exemple avec Mont-de-Marsan-Clermont), où mauls structurés alternent avec combinaisons de trois-quarts aussi inventives que vaines. Exemple en vidéo, avec cette séquence d'une intensité rare, où l'occupation du terrain redoutable se mélange à une touche offensive rapidement jouée, puis à une contre-attaque pédestre d'une rare efficacité. Superbe, intense, époustouflant. Mais est-ce du rugby ou du sport gaëlique…



En Angleterre, les Wasps ont une nouvelle fois fait subir leur loi aux Tigres de Leicester. Rafa Ibañez engrange un troisième titre, et le peuple londonien a offert un triomphe au mythique Lawrence Dallaglio (celui qui «aime le rugby à la française»), dont c'était le dernier match. Mais on retiendra de cette finale la chevauchée du Samoan Alesana Tuilagi et sa percussion "lomuesque" sur le pauvre demi irlandais Eoin Reddan. Impressionant, mais est-ce du rugby ou l'encierro de Pampelune…



Evidemment, le jeu moderne évolue et on ne peut pas reprocher aux plus forts de profiter de leurs biscottos. Mais est-ce en raison de leurs doigts boudinés que tous ces talonneurs d'antan devenu trois-quarts aile aujourd'hui ne se font pas plus d'une passe de suite? N'avons-nous pas d'autre choix que de se mettre à cloner des Chabal à la pelle dans les écoles de rugby? Doit-on vraiment dire adieu au moindre embryon d'une possible éventualité de revoir un nouvel "essai de Twickenham" dans l'avenir?


 
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