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17/04/2010

Loco Blues

Image 18.pngIl y a quelque chose d'infiniment beau chez Martin Palermo. Et d'infiniment triste aussi. Le buteur de Boca Juniors est entré dans l'histoire du club Xeneize (les «Gênois» de Buenos Aires) en inscrivant un doublé lundi dernier, contre Arsenal de Sarandi. A 36 ans, «el Loco» devient le meilleur buteur de l'histoire de la Bombonera, et détrône la légende des années 30 Roberto Cherro et son record de 218 buts. Une reconnaissance ultime pour le grand bourrin péroxydé à la carrière plutôt figue que raisin, parsemée de clubs espagnols alors au creux de la vague (Villareal, Betis, Alaves), de blessures et d'échecs mémorables (dont le triple raté aux pénos en 99 contre la Colombie, qui le mit au ban de seleccion). Désormais, Palermo est Monsieur 220 buts. Mais ce bonheur a un goût amer, et la scène du record a des airs de fin de partie à la Beckett…

Image 16.pngLundi soir, c'est bien sûr Roman «el Mago» Riquelme qui a fait l'offrande. Mais de fiesta ensemble, point. Chacun de son côté. Palermo avec ses coéquipiers, le n°10 en solitaire. Désormais, la crise est ouverte et la guerre glaciale (voir la vidéo de la conférence de presse): Palermo n'est plus ami avec Riquelme. Ce dernier, en plus d'être le plus brillant des casses-couilles de sa génération, et non content d'être déjà fâché avec Diego (remember) et privé de Mondial, fout un bordel monstre dans l'équipe. Pourtant dénigré par ses ex pour penser davantage au football qu'au plumard, Riquelme n'a rien trouvé de mieux que de chauffer par texto la nana d'un jeune espoir de Boca Juniors. Pour les raisons profondes de la brouille, on peut en lire plus ici (amateurs d'orthographe s'abstenir).

Palermo, lui, pourrait enfin connaître la rédemption nationale, en embarquant pour l'Afsud cet été, après avoir qualifié l'Albiceleste de Maradona l'otarie en octobre dernier (remember). Comme une destinée commune qui prend fin, entre deux écorchés vifs du foot porteño, qui ont mêlé leur sang en mouillant le maillot or et marine. Les deux trublions ne riront plus ensemble, et il ne reste plus que le souvenir d'un génie ombrageux et d'un goleador 2wfohz7.jpgpsychopathe faisant régner la terreur dans l'Amérique du sud des années 2000. Avec le grand coach Carlos Bianchi en figure tutélaire, Saint-Esprit d'une trinité enchantée.

Alors, en mémoire du duo magique qu'on ne voudrait jamais voir disparaître, rien de mieux que de se refaire le top 3 des souvenirs de Martin le magnifique, tel qu'il l'avait raconté au site de la Fifa, à l'occasion de son 180e but sous le maillot boquense, en mai 2008. Au passage, on note que ces deux dernières années, alors qu'on l'imaginait déjà au crépuscule de sa carrière, et malgré une blessure l'ayant éloigné six mois des terrains fin 2008, Palermo aura tout de même planté 40 pions sous le maillot des Juniors.

Mais revenons au hit-parade des buts qui ont marqué la mémoire nostalgique du Loco.

 

3. Le plus emblématique: «Ma frappe depuis le milieu de terrain contre Independiente en 2007». Le classique des classiques, le paroxysme du geste instinctif, le genre "je vois le cuir, je suis à cinquante mètres, et je frappe comme une mulasse sans réfléchir"…




Depuis, il a décliné son geste technique en version "je vois le cuir, je suis à quarante mètres et je mets un gros coup de testard sans réfléchir". C'était contre Velez Sarzfield, en octobre 2009. Le but du 3-2. Juste après l'égalisation de Riquelme, d'une mine somptueuse…





2. Le plus important: «Mon doublé contre le Real Madrid au Japon en 2000». Finale de la Coupe intercontinentale. Boca Juniors est au sommet de son art, et les jeunes Palermo et Riquelme, après avoir terrifié l'Amsud, humilient le Real Madrid de Figo et Roberto Carlos (2-0). Le premier but est ici, mais on préfère sans conteste le second, et la pass'déc' de 60 mètres signé Riquelme…





1. Le plus émouvant: «Mon but en 2000 face à River. Je sortais d'une grave blessure, je n'ai fait qu'un court passage sur le terrain et j'ai fait gagner le match». Quarts de finale retour de la Copa Libertadores. Palermo est une vrai gallina, une poule qui a la Bombonera dans les tripes, et qui ne pouvait que placer au firmament de ses souvenir un pion décisif dans les arrêts de jeu (1-0) contre l'ennemi millonarios de River Plate. Sitôt après avoir marqué, il alla se jeter dans les bras de Riquelme, évidemment au départ de l'action…




Bonus "la belle et la bête"
. Pas moyen de retrouver la date exacte de cette "jugada" qui résume tout de la complicité des deux comparses du port désaffecté de Buenos Aires. Comble du sublime, il n'y a même pas but à la fin…





Désormais, les contrats des deux anciens complices se terminent à la fin de la saison. Et bien que le président de Boca Juniors entende les prolonger tous les deux, on ne voit pas comment il ne pourrait pas en choisir un au détriment de l'autre. Foutu temps qui passe…

22/09/2008

Séance de rattrapage latina (Au pays de Diego #18)

Presqu'un mois que le Sporting Tertulia n'avait plus tourné son regard empathique sur le pays de Diego. Et voilà que dimanche matin, à l'écoute des somptueux albums du collectif Otros Aires, l'envie de fureter à nouveau du côté de l'Argentine m'est revenue. Le championnat Apertura (d'ouverture) est lancé, la Copa Sudamericana arrive aux phases finales, l'Albiceleste est en difficulté, le Boca Juniors est toujours un club hors-norme. Et "Delpo" emmène les pamperos en finale de Coupe Davis. Billet à lire en musique, aux rythmes de l'envoûtant Milonga sentimental



Premier tiers d'Apertura.
Au classement après sept matchs, le Cyclon de San Lorenzo s'est installé en tête, mais Boca Juiors s'accroche avec les petits poucets de Tigre, Velez et San Martin. Le River Plate est loin derrière. Mais le match de ce début de championnat reste pour l'instant l'opposition façon thriller entre le Gimnasia Jujuy et Huracan. 4-3, des buts de ouf et un scénario haletant entre deux clubs modestes…



bocarasti.jpg Boca Hôtel ou Boca Lego. Le marketing n'a pas de limites quand il s'agit du club portuaire de Buenos Aires. Tous les hinchas or y azul pourront offrir pour noël à leurs enfants un kit de la Bombonera à monter comme un légo-technic (en Argentine, la marque s'appelle "Rasti"). Avant d'économiser dès maintenant pour pouvoir s'offrir une nuitée dans le futur hôtel grand luxe aux couleurs des Xeneizes.

 

hotel-3.jpg

 

2.jpgT'es sur la sellette, Coco. Le mythique Alfio Basile, entraîneur gras du bide et volontiers picoleur de l'équipe nationale d'Argentine, est en mauvaise posture. L'Albiceleste enchaîne les matchs nuls en qualification pour le Mondial-2010 et Messi commence à irriter tout le monde, y compris Diego qui lui préfère son gendre "el Kun" Agüero. Mais pour de nombreux supporters, c'est Coco Basile qui est en cause au point de lancer un site internet spécial pour réclamer sa démission. "Andate Basile!", que l'on peut traduire par "va-t'en!" À ce jour, plus de 1.500 signataires. Comme quoi, Domenech n'est pas si mal dans l'opinion…

 

Del Potro et Nalbandian à l'assaut de Nadal. Enfin le tennis argentin est reconnu à sa juste valeur. Bon, on laissera de côté les états-d'âme sur le dopage, pour rêver d'une finale de Coupe Davis d'anthologie, à domicile et face à l'Espagne. "Delpo" va-t-il rester au sommet, devant un public enfiévré, pour faire mordre la poussière au cogneur ibère (même si cela devrait se jouer sur moquette). Pour donner envie, le point final de la demie vu des tribunes. Ça change de Roland-Garros…

 
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