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28/06/2009

Un bon coup de fourchette

les_rubipedes_bille_en_tete.jpgDavantage que des évolutions stratégico-tactiques, les tournées de juin fleurent bon le retour du rugby à l'ancienne. Et avec le recul, cet Australie-France était un peu superfétatoire. A peine a-t-il permis de confirmer une nouvelle fois que le Yach n'a plus le niveau, et que le Beauxis a des pieds à la place des mains. La paire de centre Fritz/Mermoz a de quoi faire saliver, mais n'a pas touché un cuir ou si peu. Mais l'essentiel n'était pas forcément là. Au-delà de la défaite (22-6, la vidéo du match en cliquant ici), les Bleus ont quand même fait une belle tournée. Une qui marque les esprits et les corps, une qui peut entrer dans la légende des séjours anthologiques, où victoire chez les Sudistes se conjugue avec coulisses arrosées.

article_RTXC0RH.jpgCe coup-ci, c'est de Mathieu "Mytho" Bastareaud, et de sa fausse agression devenue chute contre commode, au petit matin blême. Avec secret de mêlée bien gardé, qui contribuera à alimenter le mythe. En plus, voici que les deux Montpelliérains Fufu et Pica entrent du même coup dans le panthéon des Internationaux décadents (fin de soirée avec deux "locales", dans une chambre qu'ils partagent, la classe à la Montpeul…)

Image 36.png

Bref, un esprit est en train de se créer, et la victoire contre les Blacks montrent que le XV de France est revenu à peu près dans le coup. Le pack prend confiance (et Barcella confirme son rang de nouvelle star), les beaux essais sont de retour, la défense est au point. Reste à oser jouer et à mieux se discipliner.

Schalk.jpgUn autre que l'effort disciplinaire doit interroger, c'est le bourrin deluxe Schalk Burger. Le mastodonte sudafricain, dont les charges fougueuses sont désormais accompagnées d'une sacrée collection de casseroles, a encore fait des siennes. Pour son retour sous le maillot springbok contre les Lions, "Schalla" nous gratifie d'une splendide fourchette, sous le nez de l'arbitre et du cameraman…




Un geste d'un autre âge qui nous permet de saluer la découverte du week-end (mais déjà un classique dans l'ovalie 2.0): Lolo Pons. Le pilier droit le plus "à l'ancienne" du rugby français, trouvé sur l'excellentissme Rugbynistère. L'Ariègois de Saint-Girons érige l'anachronisme en sublime, vantant les valeurs des mêlées d'antan avec le verbe rocailleux et le rires gras…




Autre moment culte de la carrière vidéo de Lolo, quand il raconte son meilleur souvenir de rugby, une défaite héroïque dessinant une victoire au retour par forfait. "On est allé plus vite à l'apéro"…





Et pour qu'il y a it un peu de beau jeu dans ce billet, un résumé de 10 minutes de l'intense et haletant Afrique du Sud-Lions britanniques (28-25), conclu par une belle cagade d'O'Gara…


 

20/06/2009

Cédric Immense

77932_FRANCE_HEYMANS_100209.jpgIl y a comme un goût d'amertume déceptive, après ce deuxième France-Blacks de la tournée. Une défaite 10-14 pour les hommes de Marco, mais l'limpression d'être bien plus à l'aise sur le pré. Battus mais loin d'être dominés, les Bleus de Marco commencent enfin à ressembler régulièrement à quelque chose de chouette pour l'amateur de rugby. Aussi bien dans la cohésion défensive que dans l'animation du jeu d'attaque. Les gros ont de la classe et derrière, le souci de faire chanter le cuir est toujours là. Et puis, y a Cédric Heymans.

C'est sans rancœur que le Sporting Tertulia s'incline devant l'ailier toulousain, dont il avait surtout jusqu'ici remarqué le gros cul. Mais après cet essai d'anthologie, où il fume quatre néo-zélandais en funambule rageur, c'est Môssieur Immense…

En fait, ce qui énerve le plus, c'est de voir que ceux qui perdent sont ceux qui ne le méritent pas. Ce qui est finalement rare en ovalie. Alors quand ça arrive deux fois de suite à quelques heures d'intervalles, ça devient limite irritant, comme pour les magnifiques Lions britanniques, qui ont infligé une leçon de beau jeu à des Springboks toujours aussi puissants. Mais sans parvenir à renverser la situation d'un match mal engagé et là aussi perdu à la fin (21-26).




Au final, ça fait double frustration nordiste face à un hémisphère sud bourrin et suffisant. Mais la vieille Europe a retrouvé le sens du jeu d'arrières, celui où la finesse de l'improvisation tente de s'imposer à la brutalité bestiale. A suivre…

14/06/2009

Marco prince et Blacks boulés

Il aura fallu attendre une journée pour enfin trouver un résumé vidéo de la victoire du XV de France au pays du long nuage blanc. 27-22 contre des Blacks certes pas de gala, mais des Blacks quand même. Quatrième succès en Nouvelle-Zélande, depuis 1994 (deux fois) et 1979. Pas d'essai du bout du monde, mais trois fois en terre promise, avec un Trinh-Duc solide, un Julien Dupuy très convaincant à la mêlée, un Max Médard toujours plus menaçant à l'affût et un pack à l'aise au raffut. Notre troisième ligne aux 2/3 montpelliéraine a assommé son homologue kiwie, et Barcella est définitivement le nouveau grand pilier Bleu de l'avenir. Marco a enfin pu avoir un peu de temps et une équipe compétitive (hélas sans Perpignanais) pour montrer le chemin du renouveau. Et la ligne arrière commence à montrer des choses intéressantes. Ça a de la gueule…




Et pour le plaisir, plutôt que le vu et revu essai du siècle d'y a 15 ans (visible quand même ici), rien ne vaut la chaude voix de Bala trente ans plus tôt, en 1979…

01/03/2009

Bingo Marco!

628039.jpgOn s'en remet toujours pas, de cette belle victoire tricolore face aux Gallois. L'alchimie a enfin pris, la défense agressive retrouvée, le jeu au large simple et sans (trop) de fautes de main. Retour aux fondamentaux réussi. Avec une règle finalement toute con, mais édictée avec force par Marco Lièvremont la semaine avant: un temps de jeu, une ligne d'avantage franchie. Ça a l'air de rien, mais ça change tout. Finis les embrouillaminis tactico-techniques, on se remet au combat et on gagne avec du cœur, puis avec du talent qui vient tout seul.

Sans s'étendre sur les oukases médiatiques devenues autant de chapeaux mangés (fallait voir les tronches un brin ennuyées dans la tribune de presse du Stade de France…), Marco tient sa revanche en réimposant le style imprévisible du XV de France des belles années. Comme une sorte de Frankenstein, si bien décrit par Kevin Mitchell pour le Guardian, qui promet de faire flipper nos ennemis d'Albion pour les années à venir. À force d'interchanger ses gars, Lièvremont a paradoxalement soudé la brigade bleue, transformée en inquiétant leviathan. Un monstre qui a retrouvé le goût du combat et de la défense ultra-agressive, sans pour autant abandonner ses improvisations enthousiasmantes. Et nom de Dieu, quels putains de barbelés, lors des cinq dernières minutes!

Individuellement, Marco a également bien progressé dans l'échaffaudage de la maison bleue en réhabilitation (dont on oublie trop souvent qu'elle ne doit être inaugurée et fin prête qu'en 2011). Même le Stade de France était presque sympathique (bien que ola à 13-13 et musique façon NBA à chaque temps mort…). Le pack nous a ébloui, dans les mêlées comme dans les rucks. Barcella a gagné définitivement ses galons, Marconnet nous a ému sur l'hymne comme sur le pré. Captain Nallet est redevenu notre bûcheron adoré. Chabal met enfin la tête et montre peu à peu qu'il n'est pas qu'une marque. Et puis Imanol au sommet des airs et de son art de "rentrage dans le lard", encadré par Dusautoir et Fufu dont on se dit qu'ils plaquent même quand ils vont au ciné ou qu'ils se brossent les dents…

Derrière, Heymans se sert enfin de son gros cul pour retrouver les appuis de feu qu'on n'avait pas vu depuis deux ans au moins. Bastareaud s'impose comme le bourrin manquant, indispensable à toute ligne arrière compétitive dans le rugby moderne, celui qui sait pas faire une passe mais qui au moins avance. Jauzion semble avoir réussi à arrêter le cours terrible des années qui passent. Max Médard éprouve chaque fois un peu plus ses relances, avec à chaque fois plus de réussite

Quant à la charnière, Marco peut rigoler (et nous avec, un peu). Moqué par tous pour sa fièvre expérimentale, il a trouvé sa poule de luxe. Son Parra-patéticien, qui bute mieux que n'importe quel Elissalde et impose sa silhouette fluette tout juste majeure au cul des gros. Si Baby a hélas une nouvelle fois laissé passer sa chance, il a montré qu'un centre en 10 pouvait apporter bien plus face aux défenses resserrées qu'un ouvreur de métier. Après sa blessure, Trinh-Duc a reconstitué avec classe (mais avec ses éternels pieds carrés) le duo privilégié de Marco à ses débuts, il y a un an.

La progression continue. Manque plus qu'à gagner à Twickenham pour que Marco puisse dire banco…

25/02/2009

Parra-Baby, et pourquoi pas?

2008-03-14T093831Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRSP-RUGBY-TOURNOI-FRANCE-20080314.jpgBon là, ça devient chaud pour Marco. Not' Lièvremont commence à faire n'importe quoi dans ses compos, résigné face à l'absurdité du calendrier et l'usure assumée de nos internationaux, qui comme chaque année se pètent les uns après les autres dans le VI nations. "Ben ouais, je titularise tous les Toulousains qui se sont défoncés sur le pré dimanche dernier, et puis j'y rajoute quelques Clermontois qui se sont eux aussi sortis les tripes". L'en a rien à foutre, le Marco, que les Gallois ont le pack le plus lourd du Tournoi, et que Shane Williams revient. Et puis, pour se marrer, on se prive de buteur et on se tente une charnière inédite avec un ouvreur qui joue 15 en club. 'Tain, Shane Williams…




74955_FRANCE_BABY_041108.jpgmorgan-parra-titulaire-melee-face-angleterre.jpg Toutefois. Si ça sent bon la branlée dans un Stade de France glacial, on accordera une nouvelle fois notre confiance à Marco. Parce que le XV de France n'est jamais meilleur que quand il est donné écrabouillé par les pronostics. Parce que sans buteur, on envoie du jeu car on n'a pas le choix et qu'il y a quand même des coups à jouer dans la défense du Poireau. Parce qu'avec Parra, le cuir gicle et les gros ont un patron pour leur claquer les fesses. Parce que non, Elissalde n'est plus un grand buteur et que oui, Skrela ne pense que très rarement à l'air du large. Parce que Baby à l'ouverture, ça garantit qu'on ne le verra pas jouer à l'arrière, où il est particulièrement décevant. Et que Baby, on peut dire ce qu'on veut dessus, mais il a un sacré pied…


07/02/2009

Révolution ratée

Ce fut comme un drôle de sentiment qui parcouru l'esprit, à l'heure de jeu d'un France-Irlande fort plaisant. Comme un air de come-back rugbystique, direct dans les années 80. L'effet Marco Lièvremont, en plus abouti que l'an passé. Du jeu, de la relance, du combat devant, des fautes au sol à la con… Même un petite "90's touch", avec des drops à la Titou Lamaison. J'sais pas si c'était la qualité de l'image, mais devant un tel spectacle de jeu perpétuel et de ballons tombés "mais c'est pas grave, ça joue", je m'serez cru sur ESPN classic…

Sauf qu'à la fin on a perdu. Bouffés en touche, ruinés par le pied d'O'Gara, assommés par des fautes de minimes… Caramba, encore raté Marco! Gagner tout en faisant vibrer, c'est pas encore évident dans le rugby stéréotypé en crise. Même si la charnière Tillous-Borde/Lionel Beauxis, qui a régalé comme les inspirations de Max Médard. Allez, si ça continue comme ça (et si on tape les Anglais), ce sera un beau tournoi…

 

30/10/2008

Tu lâches pas, Marco!

marc-lievremont-nouveau-selectionneur-xv-france1204801756.jpgLes compositions du XV de France par Marco Lièvremont sont toujours un plaisir. Comme espéré par le Sporting Tertulia, l'été a porté conseil. Une croyance irrésistible en ses idéos ovales, auxquels il ne renonce jamais. Nouvelle preuve avec les 23 annoncés hier. La troisième ligne la plus joueuse qui soit (Dusautoir, Picamoles, Ouedraogo); une ligne d'arrières tous polyvalents mais avec un point commun: zéro bourrins mais les plus habiles du Top 14 ; toutes ses plus belles trouvailles conservées (Barcella, Faure, Palisson, Parra, Palisson, et le trio de feu montpelliérain Trinh-Duc, Fufu et Pica), mais aussi de nouvelles (Kayser et Medard, Millo-Chluski, Lecouls et Kayser).

Là où Marco fait des concessions, assumées par le désir de réalisme pour la tournée à venir, c'est pour marquer l'esprit de synthèse avec le rugby d'avant son ère: retour de Chabal, Harinordoquy, Baby, Elissalde et Beauxis. Façon de dire: "la période d'essai et de tests est terminée: c'est parti les gars! On joue pour le beau jeu, mais désormais, on joue aussi la gagne!"

nouveau-selectionneur-xv-france-marc-lievremont.jpgReste la question du XV-type, où nous verrons s'il dégagera une nouvelle idéologie du jeu, adapté à l'occupation du terrain au pied, qui se fait (hélas) plus indispensable au vu des nouvelles règles. Avec une troisième ligne coureuse à l'excès, le retour de la "Beauxe" ne peut faire que du bien. Mais à quel poste? À l'arrière, poste où il évolue avec succès au Stade Français, au risque de faire glisser le sublime Max Medard à l'aile? Ou dans une belle paire de 5/8e à la néozélandaise, en 10 ou 12 avec Trinh Duc à ses côtés. Jauzion glisserait alors en 13. Et Palisson? Le feu follet briviste, qui avait cassé les reins de Tuqiri en juin dernier, sera-t-il préféré à Heymans et Malzieu, qui sont pas franchement au top depuis la reprise en Top 14?

Toujours prêt à mourrir pour son idée du rugby, Marco a su mettre de l'eau expérimentée dans son élixir de jouvence. Et l'on verra Chabaldjani rentrer pour le dernier tiers du match, Harinordoquy venant prouver qu'il vaut mieux qu'un début de fin de carrière et Baby se rappeler les fulgurances géniales de sa carrière internationale escamotée. Allez Marco, ça va le faire…

Et pour saliver d'avance, un essai-vidéo de notre Gareth Edwards plein de promesse, qu'on va enfin voir éclater en Bleu…

 

28/06/2008

Enfin un peu de rugby… comme on l'aime

Ah le beau samedi. Du rugby midi et soir, XV de France ET finale de top 14, caviar et champagne… Au terme d'un Euro bien mais pas si top, l'ovale vient se rappeler à nous. Et c'est quand même autre chose, comme sensation. Prenez ce test-match contre l'Australie. On nous a promis un massacre d'équipe B,  dans la continuité foutraque de la phase de réflexion de Liévremont. Et puis on a vu une équipe franchement pas ridicule, malgré le score (36-13). Mais non seulement les Bleus n'ont pas été tant dominés que cela, mais on a en plus vu un fort bel essai. Trinh-Duc et Palisson en grande forme, qui combinent au milieux de a musculeuse défense aussie. Comme une promesse qui s'affirme…


Autant le petit François de Montpellier, ce n'est pas une surprise. Même replacé par Marco en premier centre, il sent toujours aussi bien la percée que la passe aveugle. Et en plus il se met au tampon. Mais cet Alexis Palisson, quelle découverte! Ben ouais, moi j'en avais jamais entendu parler, de cet arrière briviste de 1221 ans qui a envoyé du jeu comme un damné face aux gros mastocs wallabies… A l'aile, il aura fait un numéro aussi bravache qu'efficace et son essai techniquement impeccable et volontaire nous trotte encore dans la tête. Le deuxième test-match promet autant que les prestations de Ouedraogo…

Allez hop, trèfle de discussions, on file au Stade de France voir si Nalaga est aussi impressionant en vrai qu'à la télé.




Même si ma préférence de style va davantage à l'ex-faux sosie de Gareth Edwards, le jeune Toulousain Maxime Médard, je pense vivre l'un de ces agréables moment rugbystiques. Ceux où l'on va au stade départi de la nécessité de supporter l'un des deux protagonistes de la conquête du Brennus. Juste saliver devant le jeu produit par les deux plus belles équipes du Top 14, récompense ultime d'une saison de transition post-Laporte où la France du rug' réapprend doucement le French flair, découvre à chaque rencontre internationale de nouveaux talents gonflés d'une rafraîchissante et espiègle insouciance. Un truc qui nous était plus arrivé depuis la génération Michalak/Poitrenaud… Palisson, Médard, Trinh-Duc… On commence à tenir quelque chose pour se remettre à jouer, pas vrai Marco?




 
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