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28/05/2010

FC Saint-Germain

On n'a pas franchement envie d'en rajouter des tonnes sur l'Euro 2016 obtenu par la France. D'abord, parce qu'il est assez horripilant de voir Sarkozy, Rama Yade et Roselyne Bachelot se faire belles sur les photos et préempter en dernière minute le succès du choix platinesque. Pour avoir douloureusement vécu le Mondial 2007 de rugby en France, l'instrumentalisation du fait sportif par la droite n'annonce généralement rien de bon (remember).

photo_1275038327621-2-0_w350.jpgEnsuite, l'hypothèse d'un Sarkozy réélu n'indique rien de bon pour cet Euro, en vertu de la jurisprudence 84/98/00, voulant que la france du foot ne gagne que quand la gauche est aux manettes. Enfin, on ne peut cacher une infinie tristesse vis-à-vis des Turcs, une nouvelle fois humiliée par la patrie de Philippe de Villiers, alors qu'une telle reconnaissance (organiser le championnat d'Europe dans la dernière ligne droite des négos d'entrée dans l'UE) aurait eu tellement de la gueule.

[EDIT: L'hallucinant lapsus de Marc Planus nous conforte dans notre modération…]



Bref, même si on fait les bégueules et que dans six ans on sera bien content d'être à domicile, on n'a pas envie d'en dire plus que ça. D'autant plus que, en ce jour de la Saint-Germain et à la veille de la grande brocante du Parc des Princes (authentique), on avait envie d'adresser un clin-d'œil à tous ces supporters du PSG désormais privés de kop.

Globalement, et même si en bon sudiste je ne renierai pas mon côté "anti-Parisien" assumé, je ne peux qu'approuver les cris de colère et de désespoir de supporters trouvés ici (sur Mediapart) ou ici (sur Rue 89), après l'annonce du plan "Tous PSG". On n'en fera pas des caisses sur la 1716276564_small.jpgpolitisation des tribunes, mais on ne se lassera pas d'halluciner sur le comportement des instances du club du XVIe vingt ans durant, privilégiant systématiquement les fachos de Boulogne comme interlocuteurs (avant d'en embaucher régulièrement), au détriment des Arabes d'Auteuil (oui, je schématise à mort, mais pas tant).

Visiblement, Etat, ville de Paris, direction du PSG et pipoles tocards (de Passi à Florian Gazan!) ont décidé que l'intermédiation et l'associatif ne servait à rien, et qu'il valait mieux criminaliser et stigmatiser le mouvement ultra quelqu'il soit, plutôt que de le comprendre et de s'appuyer dessus pour le responsabiliser. Plutôt virer les pauvres en augmentant le prix des places et en supprimant les abonnements. Bientôt les masques de Footix donneront droit à une entrée libre…

 

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(plan du Parc des Princes, 1970-2010)

 

Bref, en guise de message de soutien aux supporters d'Auteuil qui n'en finissent pas de m'impressionner par leurs voix et l'écho qu'ils font raisonner dans la cuvette du Parc, un rêve m'est venu, alors que certains déjà s'organisent (mais se contente pour l'heure de pétitionner).

Et pourquoi pas un FC Saint-Germain? Avec les vrais de vrais, les présentables idéologiquement, les fous furieux du fumi et du tifo, les gars qui ne s'arrêteront jamais, jamais, jamais de chanter.

fcunitedbadgepic.gifFaçon FC United bien sûr, cette dissidence mancunienne de supporters purs et prolos, qui avaient ainsi protesté contre le rachat de leur club de cœur par le Ricain Malcom Glazer, après une première tentative du Sky de Murdoch (en lire plus ici). Un truc informe qui commencerait en huitième division, mais qui serait autogéré par les fans eux-mêmes et où l'on viendrait cultiver le souvenir de ce que les ultras ont de meilleur. Avec en plus un avantage certain qu'aurait le FC Saint-Germain sur son grand frère britton: à la différence de Manchester United, les grands méchants libéraux destructeurs de Colony Capital ne sont même pas foutu de débloquer le moindre pognon pour améliorer l'équipe et, donc, attirer au stade les si désirées familles…

Pour continuer de rêver dans mon coin pour un club que j'ai pourtant toujours détesté (en fait c'est pas vrai, j'ai pleuré lors de la tête de Kombouaré contre le Real, mais bon faut savoir tenir sa posture), voici une bonne série de vidéos mythiques de chansons de tribunes toute plus minables mais classes les unes quel les autres. Des vidéos qui laissent imaginer ce que pourrait être un deuxième PSG de banlieue parisienne, mais qui serait en fait le premier des PSG.

Dans un bon vieux stade de 5.000 personnes où vous ne seriez que 500, avec un maillot juste rouge et bleu sur le dos, sans publicité dessus (même pas RTL). Où vous compteriez chaque semaine un peu moins de supporters que celle d'avant, mais où vous vous en foutriez. Parce que ce qui compte vraiment, c'est de pouvoir encourager le club avec tous les fumigènes et les banderoles moqueuses possibles, sans qu'on vienne vous emmerder, point barre. Un kop où vous entonneriez des chants un peu pourris, mais qui seraient les plus beaux du monde malgré tout. Un kop de seconde zone, mais au-delà de tous les autres. Car un kop de mecs qui lâcheraient rien sur les valeurs du foot, du vrai de celui qu'on aime tous en commun.

Un kop comme celui du FC United. Où vous chanteriez des trucs comme "We're having a party when Leproux dies" (en hommage à un bon vieux chant grivois sur la mort de Thatcher)…


Ou "When FC Saint-Germain Go Out to Play" ("Nous ne jouerons plus jamais pour canal+!")…


Ou encore "Bazin is in a coma, I hope, I hope…" ("Et Bazin dit: errrrglghhglgh…")




Bon, le risque toutefois, il faut bien l'avouer, c'est de se faire chambrer par les adversaires quand, une fois passé l'enthousiasme des débuts, y a plus personne en tribune et que vous prenez un but (forcément par un gars qui serez passé par chez vous en minimes il y a 20 ans)…




Mais l'essentiel serait qu'à chaque match, ce serait le plus beau des voyages. Et que vous hurleriez à la fin, des souvenirs de Bats, Ginola ou  Leonardo plein le cœur, un vibrant "Dont' wanna go home"…

25/10/2008

Ultra communion

2472389747_72e9163e76.jpgAh ben zut alors, le foot pourrait être bien plus complexe que ce qu'imaginent Laporte et Sarkozy. Ils pourraient y avoir des supporters qui d'une semaine sur l'autre se rendent capables du pire comme du meilleur. Mercredi dernier, on a ainsi pu assister à une scène d'une rare intensité impliquant deux kop, lors d'un match à haute tension. Liverpool se rendait au stade Vicente Calderon pour affronter l'Atletico Madrid.

L'enceinte des Colchoneros aurait du être fermée, après la suspension (bidon?) de deux matchs infligés par l'UEFA au club madrilène. Motif: le terrible débordement policier post-franquiste qui s'est abattu sur les supporters marseillais il y a trois semaines (voir la vidéo) et le comportement raciste d'une partie du public à l'encontre des joueurs noirs de l'OM (solidarité avec Santos Mirasierra -photo-, toujours emprisonné en Espagne, plus de détails ici).

Le match entre l'Atleti et les Reds sentait la poudre. Finalement joué à Vincente Calderon, de trop nombreux Anglais ne pouvant annuler leurs réservations, la sécurité était sur les dents. Circonstance aggravante, Fernando "el Niño" Torres, l'idole des rojo y blanco, a signé il y a deux ans à Liverpool. Par précaution, une tribune entre les deux camps a été neutralisé, pour éviter toute proximité. Et voici ce qu'il arriva. Frissonnant…

Au passage, pour ceux qui ont envie d'en savoir plus sur la complexité des tribunes, le Sporting Tertulia recommande chaudement les écrits du sociologue Nicolas Hourcade, qui travaille sur les mouvements de supporters "ultra" dans le football (et qui tient d'excellentes chroniques dans So Foot, comme par exemple son point de vue sur la banderole anti-chti). Voici l'un de ses articles de recherche, intitulé "Hooliganisme, ultras et ambiguïtés en France" (PDF). Et une communication de colloque: "Pour vivre heureux, vivons ultra" (PDF). Enfin, un article de la revue Pouvoirs, "La place des supporters dans le monde du football" (PDF).

19/04/2008

Mieux vaut jamais que Beitar

Rhaaaaaa les supporters du Beitar Jérusalem. La grande classe. A côté, les ultras du PSG mériteraient la médaille Fields. Il y a une semaine, leur fanatisme a transformé le match du titre en mascarade. Verdict tombé jeudi: la plus lourde sanction jamais prononcée par la fédé. Six points de pénalité au championnat (-2 cette saison, -4 pour la prochaine) et quatre matchs à huis-clos pour leur club équipe. Alors que l'ex-club de Luis Fernandez et Jérôme Leroy menait 1-0 pépère à quatre minutes du terme, les Beitari ont envahi le pré. Tout ça pour essayer de braquer les maillots de leurs joueurs préférés…



En prime, un superbe geste technique d'un bêta du Beitar, quittant sa civière pour tataner un photographe…



Dès le lendemain du match, le grand patron du club tendance "droite sioniste", l'ineffable l'homme d'affaire Arcady Gaydamak, avait exprimé son ras-le-bos: «Nous n'avons rien à fêter, car nous sommes des losers! Je ne comprends pas nos supporters. Ce sont des connards et des idiots! Je détiens le club et n'ai aucune envie de le vendre. En revanche, tous ces cons peuvent partir. S'ils sont des milliers, ils ne représentent pas la majorité des tribunes.» Il faut dire que l'éphémère Lazareff interdit de séjour en France, est en pleine campagne municipale. A la tête de son nouveau parti et soutenu par Bibi Netanyahu, Gaydamak ne voudrait pas que ces fans viennent contrecarrer son ascension politique.

Toutefois, la sanction ne devrait pas enlever le titre au Beitar. En revanche, ironie de l'histoire, les trois points de la victoire sur tapis vert envahi octroyés à l'adversaire, le Maccabi Herzlya, pourrait s'avérer décisifs dans la lutte au maintien. Parmi les lésés dans l'histoire, les compagnons d'infortune de l'Hapoël Tel-Aviv… le club de gauche d'Israël, dont Gaydamak est aussi le propriétaire de la section basket.

 
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