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31/12/2009

Montpellierêve

Image 8.pngEn passant, parce qu'il n'y a définitivement rien de mieux que de passer des vacances déconnectées, un simple moment d'émotion "à la sauce Montpeul". Mercredi soir, jour de veille de fin de décennie, un bon vieux retour au stade Yves-du-Manoir. On a eu beau pester dans les embouteillages, en passant devant l'ancien, exigü et regretté stade Sabathé, c'est quand même toujours bien, le professionnalisme à visage humain. Des drapeaux, de l'ambiance, de la bière et de la gagne. Au bout d'une heure, suant dans nos cabans d'expat' parisiens plus habitués au 15° en soirée, le bilan était morose. Une mascotte à la con, un arbitre à la con, une défaite à la con.

Et puis en fait non. On s'était pas fait chier pour choper huit places, laisser des kilos de bambins à leurs mères et enquiller les bières, tout ça pour perdre contre les Parigots du Stade Français, qui mènent alors 23-9. Alors rébellion. D'abord, une mailloche à l'ancienne. Un rituel dans les affrontements entre les deux équipes, attendu par tous et fêté comme il se doit en tribunes. Sous les vivats, la belle "générale" est remportée haut la main par notre Georgien qu'on affamme dans une cage durant la semaine, Mamuka Gorgodze, dit "l'ogre de Tbilissi".

Image 9.pngPuis du jeu, du jeu, du jeu. Trinh-Duc le magnifique à la manœuvre, Fufu Ouedraogo à la relance, et les autres au soutien et à la défense. Le fantôme de Picamoles a plané sur le stade, mais même sans lui, le MRC a de nouveau fait hurler l'ado attardé qui sommeille en nous. Du combat, du pressing et de l'essai contré. Et notre Argentin Todeschini de finir le boulot, en enquillant les points entre les perches. Victoire sur le fil (25-23), joie, bières et re-bières. Montpeul est magique.

Pris dans mon engagement éthico-gaucho-à-la-con, rapport à mon questionnement Nicollinien sur l'homophobie dans le sport, je m'étais promis de faire gaffe au moment d'élever de la voix. Languedocien déraciné/implanté chez les gens biens de la capitale, il s'agit un moment de se mettre en accord avec ses bonnes paroles de repas mondains. Oui, quand on dit "pédé" ou "enculé", c'est pas homophobe, mais quand même, si on peut éviter de le dire, c'est mieux. Excessif assumé, mais prêt à se contenir dans l'insulte.

Alors, après s'être tu lors des trois premières grosssières erreurs d'arbitrage, et alors que venait d'être sifflée la quatrième, que dire quand l'envie de conspuer violemment devient irrépressible? Une seconde d'hésitation, un tsunami cérébral et une gorgée de bière plus tard, la sentence tombe: " Corrompu!", "Escroc!", "Voyou!"… Faible, très faible. Alors, on fait des phrases: "Tu vas finir dans le Lez!", ou "Combien il a mis de zéros, Guazzini, sur ton chèque?"…

Image 10.png

Déprime absolue: être un supporter politiquement correct n'est absolument pas drôle. Alors, on décide transgresser, et on lâche, presque malgré nous, lors de la soixante-huitième erreurs d'arbitrage en défaveur de Montpellier: "Saloooope!!!" Putain, ça fait du bien, et en plus le terme passe bien en gradins. Politiquement correct, brutal mais coquin, dandy mais ludique. Qui ne choque personne, au final, dans les travées du stade Yves-du-manoir. Et tant pis pour les féministes, elles au moins, elles ne martyrisent pas ce bon vieux Loulou Nicollin…

Image 11.pngIl y aura bien par la suite quelques vannes grasses sur le calendrier du Stade Français, mais vu le rugby pratiqué par ceux qui ont posé dedans, ce serait fauter que de ne rien en dire. En revanche, d'homophobie, même au sens "parisien" du terme, point.

Après-match, une copine (également auteure des clichés -©Paupau-) se retrouva dans une file masculine pressée d'uriner. Se rendant compte de sa mégarde, elle lâcha: "Je ne suis peut-être pas à ma place…" Et un gars devant de lui répondre: "Menteur!"

Confusion des genres, toujours… Comme dans un rêve. Que c'est bon, Montpeul…



 

 

14/02/2009

Jeu de mains, jeu vilain

C'est toujours pas ça, le renouveau ovale promis par Marco Lièvremont. Mais la victoire est là. À l'arrache contre les Ecossais, quelques satisfactions et un doute qui persiste. Comparé à la semaine dernière contre l'Irlande, les Bleus ont été forts devant. Un beau pack qui avance en mêlée et ne lâche rien dans les rucks, Barcella qui se révèle, Millo-Chluski qui redonne des couleurs à Captain Nallet, une troisième latte grand luxe… Imanol et Dusautoir au sommet, et Fufu qui conclut un beau mouvement sur le fermé.



Le hic, outre le fait de n'avoir pas franchement brillé contre l'Ecosse, c'est que ça fait peine derrière. Que des Toulousains sauf Baby chez les trois-quarts, et au lieu d'un jeu léché, on a assisté à un concours irritant de jeu avec moufles. Ça sert à quoi de se la raconter "garant du beau jeu" pour pas réussir une relance? Heureusement, Beauxis apprend vite et gère la mène de mieux en mieux, avec un Tillous-Bordes prometteur à la charnière. Mais quel déchet dans la relance et quel manque d'inventivité au large, par rapport aux mèches allumées à Croke Park! Surtout quand on mate derrière Galles-Angleterre, où l'on n'a même pas le souvenir d'un en-avant, et où le cuir chante à l'aile comme dans l'occupation intelligente du terrain…

03/01/2009

Qu'il est loin, qu'il est long, ton chemin Deffins

Pourtant on était chaud. Les fêtes ont été parfaites, Montpellier de toute beauté et les palabres rugbystiques toujours plus paroxystiques. Alors, on s'est mis devant Canal de la salive plein les lèvres, pour mater ce Toulouse-MRC qui devait lancer l'ambition "Brennus en trois ans" de nos ptits Bleus (Alleeeeeeez Bleus!). Las, comme d'hab on a fait les cakes en déclarant dans la presse qu'on allait voir ce qu'on allait voir. Et comme d'hab on a pris une peignée. Avec moqueries de Toulousains so mesquins en prime. Du genre "Montpellier, ils sont sérieux, d'ailleurs ils visent le titre et du coup on les a respecté en leur en mettant 30…" Fichu Novès, et fichu Kelleher…

Dans les discussions de réveillon avec les rugbypotes de la cité des Trois-Grâces, j'étais encore passé pour un pisse-froid, un brin conservateur traditionnaliste, face aux ambitions du nouveau président Deffins. N'est-ce pas trop tôt? Ne doit-on pas déjà se réjouir d'avoir prolongé nos quatre fantastiques (Fufu, Pica, Trouduc et le ptit Thomas)? Est-ce bien sérieux de se la raconter ambition à la con dès maintenant?

brennus.jpgAu match aller, dans notre antre en devenir de Yves-du-Manoir, on s'était régalé d'avoir fessé le gros cul d'Heymans et de ses potes stadistes en rôdage. Depuis, on a aussi claqueter le derrière du Stade français. On grandit, mais on est quand même encore loin de toucher le bout de bois, brodel. Si on s'accroche bon an mal an à notre rythme irrégulier de victoires fulgurantes et d'impasses bien calculées (et arrêter de paumer à dom' contre Bourgoin ou Brive), on peut toujours espérer faire dans les 6, et se qualifier en H-Cup avec panache. Et ce sera déjà grand, quand on se rappelle d'où on vient.

La saison prochaine, on pourra espérer s'installer en haut de l'affiche. Mais allons-y quiquille, sans fanfaroner. Parce que là, hormis notre colonne vertébrale grand luxe et issue de la formation, y a degun. On peut ptet sauver notre ogre géorgien Gorgodze, le talon Caudullo, l'ailier Brana et le Puma blessé Todeschini. Mais y en a pas vraiment beaucoup plus au niveau. Alors, contruisons et recrutons sereinement. Captain Lionel Nallet, ce serait énorme. Le centre Yohan Audrin et l'arrière Benjamin Thiery, ça renforcera considérablement notre pathétique ligne arrière (Sarraméa-le-bol!).

Quant à Chabal, je le sens de moins en moins dans le dispositif. Sa venue sur les bords de Lez (il parait qu'il a visité des piaules à Villeneuve-les-Maguelone) risquerait d'ajouter encore à ce désagréable sentiment de voir le MRC de notre enfance se transformer en machine de communication Boudjellalo-Guazziniste, tendance bling-bling, immodeste et usurpatrice. Continuons plutôt de dompter pas à pas une ovalie française prompte à railler ce qui l'a intrigué, par notre humilité et notre progression constante. Parce que ça fait chier de quitter Montpeul' et les vacances en s'en prenant 34 à Toulouse. Pour se remettre du baume au cœur, rien ne vaut un flash-back du match aller…

27/02/2008

C'est trop, Marco…

8e5f070508b1de63d8baa0ee0be6aeae.jpgAu début, ça réjouit. Et puis au bout d'un moment, ça devient gênant. Quand on découvre la nouvelle sélection de Marc Liévremont pour affronter l'Italie, on a du mal à y croire. Quatre Montpelliérains, soit le plus fort contingent des 22 avec Biarritz (contre trois pour Toulouse et Clermont). On le savait (on l'avait même annoncé avant le Tournoi), mais là Marco, t'es en train de nous foutre en l'air la saison! Bien sûr, ça fait plaisir de voir le talent du petit Julien Tomas reconnu, bien sûr, c'est agréable de voir qu'on fait confiance au talent naissant de Ouedraogo, Picamoles et Trinh-Duc. Mais pendant ce temps, on s'est fait bananer quatre points en Top 14 (défaite de justesse contre Biarritz + point de bonus laissé de côté contre Dax, qu'on aurait du fesser dans les grandes largeurs). Forcément, toutes nos "stars" ne sont plus là…

D'habitude, les matchs pendant le Tournoi servait à nous sauver, à assurer quelques hold-up bien sentis face à des équipes B de grosses écuries. Désormais, on se fait pénaliser dans la course à l'Europe (objectif affiché et pourtant inespéré il y a trois mois). C'est le jeu d'une équipe qui grandit, mais bon, ça fait drôle… Alors Marco, t'es sympa et t'auras notre soutien à mort. Mais arrête de sélectionner tous les Montpelliérains en même temps. Parce que là, on joue avec l'équipe de l'an dernier, celle qui se battait pour la relégation avant que le quatuor magique ne prenne les commandes.

05/02/2008

Quatrième mi-temps #1

Une fois digérée la troisième, il est temps de faire le point sur les deux premières. Petit débriefing de la première journée du Tournoi des VI Nations 2008…


Le bilan vite fait.
Les Bleus nous ont fait frissoner et on a replongé dans le temps des pénalités jouées à la main, un temps que les moins de 20 ans gnagnagna… Réjouissant à nous rendre impatients. Sur le plan tactique, les Français sont incontestablement les seuls à avoir produit du jeu. Quelques éclairs irlandais et anglais, mais le jeu au pied reste roi. La puissance des packs semblent de plus en plus homogènes. Gavin Henson est définitivement redevenu un rugbyman. O'Driscoll est en train de faire le chemin inverse. Le sacro-saint mythe de la polyvalence en a pris un coup, avec le naufrage anglais. Remplacer deux centres par des ouvreurs, et ben ça fait un essai casquette avec quatre ballons tombés de suite, des sautées dans le vide et un ballon transformé en marmite que personne n'ose jouer autrement qu'en tapant… Bref, "on" est favori du Tournoi.




Le bilan des Footix.
"Oah 'tain, on est trop fort! On va faire le Grand Chelem fastoche! C'est con qu'y ait pas Chabal. Par contre, à part Dusautoir, j'connais plus personne dans la mêlée… Et il est où Domi?"

c5f0333a954028086cc5946734796cf1.jpgMicro de plomb. D'habitude, Jean Abeilhou, on l'aime bien. Déjà parce qu'il a remplacé Salviac. Bon, il se plante souvent sur le nom des joueurs, mais comment lui reprocher. Qui ne confond pas trois fois par match le centre avec le troisième latte…Mais là, Jeannot, il a fissuré. «Ouadreogo» (…) «Oudragogo» (…) «Odraouego» (…) «décidément, c'est pas facile à dire». Et ça, quasiment à chaque fois que le classieux et impeccable n°7 des Bleus touchait la balle… Avant un bouquet final hallucinant, avec la complicité de l'imputrescible Gérard Holtzà la relance: «Je vais vous prendre avec moi sur le Dakar, vous apprendrez à la dire». Oui bouana, oui bouana… C'est pourtant pas compliqué, monsieur Abeilhou, ça se prononce comme ça se lit. Ou-é-dra-o-go. Facile, en fait…

Les hurlements du week-end. L'arrière du XV de la Rose, Ian Balchaw, se fait contrer et les Gallois marquent l'essai de la première victoire des Poireaux à Twickenham depuis 20 ans. Et franchement, l'Angleterre piégée à domicile avec un Wilkinson transformé en allégorie de déchéance (proche de la gloire à l'entame, pathétique dans le money-time), qu'est-ce que c'était BON!!!



Le geste technique.
Le double une-deux à la sauce toulousaine, avec en-avant insifflable tellement c'est beau. Heymans et Clerc (bien lancés par Trinh-Duc) nous ont offert un moment de "french flair" où on entend le cuir chanter des tréfonds de l'oubli. Ça, plus Nallet qui a tenu son pack quasiment à lui tout seul et Dusautoir qui prend du coffre, quel bon dimanche…

Dans la tête de Bernard Laporte. "On se serait cru sur ESPN. Ambiance foutraque, entre ballons tombés et refus dogmatique du coup de pied. On marque deux essais que les probabilités statistiques de l'ovoïde rebondissant ne permet qu'une fois par siècle. Morgan Parra ressemblait à un chérubin lâché dans un chenil. Trinh-Duc est encore plus mauvais au pied que Michalak…"

Les gros du week-end. Enorme pack italien (Perugini en tête), qui a planté un essai aux Irlandais après un maul de 20 mètres techniquement redoutable. Après Berbizier, Mallett continue de faire grandir l'Italie. Enfin, en défense. Parce qu'offensivement, même le Canada envoie plus de jeu. Du coup, ce sont quand même les maladroits irlandais qui gagnent…



Les douillettes de la semaine. Messieurs les Anglais, faudrait voir à se remettre à la muscu. Quatre blessés contre le Pays de Galles, dont Tindall, touché au foie (ça s'invente pas!). Tous flingués pour au moins deux semaines. Ça devrait être chaud samedi, en Italie.

Le meilleur SMS d'après-match. "Moralité: un match au jeu inachevé sans Laporte est plus sympa à suivre qu'un match réussi avec Laporte, non?" Big up à Roger Bauer…

 
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