Avertir le modérateur

26/07/2010

Une Pagis qui se tourne

pagis_phoceen.jpgRhaaaaaaaa Mika Pagis. Au-delà de la détresse que déchaîne en nous l'annonce de la retraite de l'attaquant rennais, c'est encore un symbole du temps qui passe et d'une certaine idée du ballon qui s'abat sur notre mélancolie nostalgique de trentenaire sans cesse minée par la post-modernité. Mickaël Pagis. "Pagistral". "Le Pagicien". "Pagigol". Rarement un obscur sans-grade du championnat français n'aura autant marqué notre mémoire d'arbitre des élégances, quel que soit le résultat, qui lui ne compte pas, ou peu. Dans la plus pure lignée de ces baroudeurs bourrés de talent, têtes de mule géniales n'écoutant qu'eux-mêmes, mouillant le maillot tout en essuyant ses crampons sur les tibias de l'adversaires. Un parcours à la Michel Ziani, une vista à la Jérôme Leroy, un sens du but à la Flo Maurice.

Pagis, c'était l'idole à mi-chemin entre Steve Savidan (qu'il croisa peut-être sur les terrains de jeunesse, dans leur ville natale d'Angers) et Eric Cantona (dont le frangin était son agent, et qui a toujours été son plus ardent supporter). Un début de carrière sublime de sous-culte, commencée à Laval, puis Chatellerault et le Gazelec Ajaccio. Avant l'envol chez les Crocos du Nîmes Olympique où, ça fait mal pour un Montpelliérain de le reconnaître, l'échalas de gala régala…




Après un court passage quatre ans à Sochaux et une Coupe de la Ligue gagnée sans jouer en 2004, avant un doublé qu'il relativisera lui-même avec élégance en 2005 ("Ça va, c'est pas la Coupe du Monde non plus…"), Mika continua d'écrire sa légende, dont la grandeur n'eut d'égale que la médiocrité des clubs à qui il offrit jusque là ses prestations anachroniques. Deuxième meilleur buteur de la saison 2004/05. Du dribble et de la frappasse niveau grande classe…




Et puis l'OM. Le club parfait pour son caractère de cochon où tout est bon. En bon Canto toqué un brin tocard mais au sommet de son art, il n'y restera qu'un an et demi. Mais le Vélodrome se souvient encore des lobs majestueux d'une des valeurs les plus injustement sous-estimées de la Ligue 1…



Enfin Rennes. La fin de parcours mi-fugue mi-déraison. Une lente petite mort déjà triste, cirant le banc d'une équipe de plus en plus costaude et bien trop jeunôte pour ses os vieillissants de vétéran de 37 ans. Mais un crépuscule ébloui par un triplé d'anthologie contre l'ogre lyonnais en 2009, mis à genoux par un Pagis touchant ce jour-là l'éternité…




Rien que pour le plaisir, on se refait le dernier, somptueux, vu des tribunes. Car ils sont peu à pouvoir "mettre à ce point le frisson" à un stade tout entier…




Chez les chapeaux ronds, Mika aura également montré pourquoi il est un peu moins que Cantona, mais un peu plus aussi. Un supporter vient le vanner gratuitement, et lui le chasse de son seul regard. L'apanage des très grands, pour qui le respect n'est pas un vain mot…





Avec la retraite de Pagis, c'est encore un bout d'adolescence qui s'évapore. Un morceau de football comme avant, à bonne distance de Footix, mais du coup injustement à la marge des Bleus. Un pan de main courante, où l'on admirait des joueurs connaissant la valeur du port altier. Un extrait de sang, de sueur et de larmes, où l'on mesurait l'émotion au beau geste, vicieux ou magnifique, plutôt qu'au nombre de zéros alignés au bas d'un  contrat.

Le seul truc qui réconforte, c'est que Pagis a intégré l'équipe de France beach-soccer, et qu'il va désormais se consacrer à la formation, au Stade rennais. Mais avec son départ, c'est un Mohican qui rejoint aujourd'hui le cimetière. Et on flippe un peu qu'il ne soit le dernier…





26/10/2009

La musique adoucit les heurts

bilan-l1-10e-marseille.jpgPas vraiment l'envie d'en rajouter, sur ce nouveau cas d'école de "Pourrico" tellement Ligue 1 (remember dans un autre genre, le Lyon-OM au bout de l'ennui l'an dernier). Marre des tergiversations de Thiriez (démission! Mais depuis longtemps déjà…) et des dysfonctionnements insensés d'un classico grippé. Un genre d'affrontements factices qui s'enfoncent chaque année un peu plus dans le pathétique de rivalités hypocritement alimentées par le foot-bizness complice à tous les étages. Comme le remarque l'ignoble mais jouissif Mark the Ugly (made in So Foot): «ce derby est tellement jeune, y a que Frédéric Mitterrand qui en veut"… Au point qu'on se demande encore pourquoi 2.000 Parisiens ont jugé nécessaire de faire le déplacement (et, mieux, qu'on leur file des places!), tout ça pour se faire écraser par des chauffards marseillais (voir la flippante vidéo sur La Provence).

Marre de l'incroyable incompétence de la Ligue (on décide de jouer, et puis finalement non, on préfère attendre six heures avant le match pour l'annoncer), la mauvaise foi des dirigeants (d'un côté on envoie Clément infecter le reste de l'équipe, de l'autre on ressort la rengaine du persécuté super à-propos pour calmer la foule), la fixette sur la gripette (pas eu souvenir qu'on annule un match pour une épidémie de gastro) et le sensationnalisme des médias (Y a un mort? Y paraît qu'il y aurait un mort. Ah en fait non, y a pas de mort…), stop n'en jetez plus! Rien de malin à dire, vu que la malice semble la chose la moins partagée en L1 aujourd'hui.

Image 4.pngDonc, comme toujours en cas de blues du ballon, il vaut mieux s'en remettre au pays de Diego. D'abord parce qu'on y voit des vrais duels de légende, comme le superclassico River Plate-Boca Juniors (un résumé vidéo du 1-1 de dimanche soir, avec des vrais morceaux de génie riquelmien dedans). Ensuite, parce qu'on peut s'y délecter d'une récente discographie tout à la gloire de Diego le vulgos, ancienne icône du beu jeu devenu coach obsédé de la fellation.

Il faut s'imaginer avec une 10 Marado à la main (une nouvelle bière mexicaine dédiée à D10S), fermer les yeux et se laisser guider par la redoutable mise en musique de ses récents propos si classes à l'égard de la presse, déclinés en un top 3 "Qu'ils me la sucent" de gala.

 

3. Mich Canta: "Que la chupen". De la bonne grosse musique de fête, ambiance fête de mariage qui bat son plein…




2. La Diegomania: "Chupamelo Chupamelo".
L'efficacité réjouissante du cuarteto, cette danse de Cordoba qui contraste tant avec le mélancolique tango de la capitale porteña…




1. Maradona Mix "Que la chupen Que la chupen".
Car depuis le collectif Otros Aires, l'Argentine n'est jamais aussi envoûtante qu'aux sons de l'électro…

19/06/2009

Assez Dassier!

668px-Jean-Claude_Dassier.jpgMais quelle mauvaise bouillabaisse! La révolution de palais enclenchée en trois jours autour de l'OM laisse un sale goût amer d'aïoli rance. Robert Louis-Dreyfus, dit Bob l'éponge, nous débarque l'énorme Pape Diouf, autoproclamé le "Obama du foot européen", pour nous mettre à la place… Jean-Claude Dassier! Le très sarkozyste patron de l'info de TF1, qui officiait avec talent à LCI lors de la présidentielle de 2002. Et dire qu'on revendiquait le Droit de se marrer, quand Villeneuve débarquait au PSG l'an dernier. Désormais, c'est l'esprit Papy Voise qui plane sur le Vélodrome…

P1020460D974101G_apx_470__w_ouestfrance_.jpgA qui profite le crime, dans les couloirs d'une commanderie qui n'a jamais aussi mal porté son nom? A Coach Deschamps bien sûr, qui devrait voir ses prérogatives élargies dans le processus de décision. L'union France'98/TF1/UMP s'empare de l'Olympique de Marseille, et vos gueules les supporters, à qui il ne reste plus que la mémoire des cultissimes envolées lyrique du Pape déchu, qui manquera tant à la L1 et à Jean-Michel Aulas. Ce dernier doit se trouver fort dépourvu, n'ayant plus l'occasion d'alimenter la chronique de leur formidable duo dialecticien. Il avait d'ailleurs, ça ne s'invente pas, acheté un manuel de proverbes africains en vue de l'année prochaine, afin d'essayer de prendre enfin le dessus sur le Negus de la Canebière…





Où comment RLD précipite l'OM sur l'autoroute de l'enfer, comme dirait AC/DC…



EDIT dimanche: une intéressante lecture des événements par le magnifique Cherif Ghemmour de So Foot (ici, sur Rue89): "Avec Dassier, l'OM basculerait à droite". Et, frisson suprême, la première interview de Dassier au JDD, dont le titre résume bien notre abattement: "J'aimerai que Bernès nous rejoigne", et où l'on peut lire cette phrase définitive: "Jean-Pierre symbolise pour moi les grandes années de l'OM. Bien sûr, il y a eu cet épisode malheureux (l'affaire VA-OM), mais c'est prescrit. Il a démontré pendant des années qu'il était un homme très compétent"

Au moins, mon éternel dilemme de supporter est définitivement réglé: cette année, en L1, mon choix est fait: Allez Montpellier!

18/05/2009

Effet de manche

Il ne passe toujours pas, ce titre perdu. Envie de laisser l'immense Dick Advocaat exprimer notre ras-le-bol de pro-Marseillais dégoûté. Ça se passe contre le CSKA Moscou dimanche, et le sorcier batave de Saint-Petersbourg (et tout récent nouveau coach des Diables rouges d'outre-Quiévrain) est encore plus mal que les Phocéens: le Zenit s'incline (2-1) et chute à la cinquième place du championnat russe. Autant dire que l'Advocaat tourne vinaigre…

17/05/2009

Vélodrame

Bon ben voilà, c'est la baise, la fin des espoirs les plus fous d'un OM tellement costaud qu'il pourrait résister aux irrésistibles Girondins. Jamais vu autant de chance entourer une équipe. Que les Bordelais se gavent depuis quatre matchs, où ils retournent toutes les situations les plus impossibles, soit. C'est la marque des champions. Mais si en plus leur incroyable réussite se transforme en hallucinante lose pour Marseille, bon ben y a plus rien à faire…


Pensez: deux poteaux, dix occases franches, un péno oublié (et deux autres bêtement simulés), un hors-jeu super limite… Et en face, pour que la malchance soit maximale et l'humiliation totale, Benzema qui en plante deux et Juninho qui rentre juste pour cadrer un coup-franc à 40m. Sa race, la L1! Vivement que Montpellier s'arrache de la L2 pour nous faire enfin pleurer de joie. Parce que là, on se sent comme un baseballeur japonais, lors de Orix Buffaloes - Keiichi Hirano ce week-end…

20/04/2009

Rapides noces entre Le Lan et Cana

En passant, pour le plaisir du ridicule, un petit instantané vidéo de la baston la plus pathétique de l'année, entre Lorik Cana et Arnaud Le Lan, lors du Lorient-OM de la veille. Joli "girly-fight" sanctionné d'un rouge pour les deux protagonistes pensant être dans leur bon droit, victimes des décisions contradictoire de l'arbitre central et du juge de touche. C'est fou à quoi un footeux est prêt pour garder sa baballe…

17/04/2009

Lose et re-lose

La soirée d'hier fut placée sous le signe du "Déjà vu". Marseille qui prend un but à la con d'entrée, nous faisant repenser au pire scénario d'un grandiose OM-Sion de 95 (l'époque D2/Cascarino, où l'aller s'était déjà soldé par un 0-2), et finalement conclu par un 3-1 rageant (hélas pas de vidéo, juste une feuille de match). Là, au moins, les Phocéens n'ont pas échoué à un but de la qualif, préférant mettre à côté leurs 28 occases et leurs regrets de côté, pour le seul plaisir de faire enrager Jean-Luc Ferreri (qui est officiellement devenu encore plus horripilant que Thierry Roland sur M6). Et aussi de montrer qu'ils avaient largement le niveau, mais qu'ils préféraient se concentrer sur le championnat.

En revanche, le PSG a bien perdu, sans le faire exprès, nous offrant en prime une vraie paramnésie footballistique, grâce à Mickaël Landreau, qui vieillit autant que nous et c'est bien triste. Superbe but casquette, sur sa ligne…



Et là, comme un flash-back, on repense au même, lors d'une demi-finale de Coupe de la ligue'08, contre Auxerre. La même…



 

 

19/03/2009

Démentis démentiels

une18032009_hd.jpgEn passant, avant de filer à la manif, cette somptueuse demi-colonne en bas à droite de la page 3 de L'Equipe de ce jour. Un modèle. Rappel des faits (si l'on peut dire) de la veille: une page plus la Une pour nous certifier que l'OM a prévu d'embaucher Paul Le Guen la saison prochaine, sauf si Gerets décidait de rester. Avec une preuve irréfutable: une photo d'Anigo et Colleu (l'adjoint de Paulo) en train de discuter ensemble avant le Classico. Evidemment, le papier dit l'inverse du titre et se termine par l'intérêt de la patate de Pencran pour l'Espagne…

Donc, dès le lendemain, les Ron Hubbard de l'actu sportive (car on ne peut décemment pas dire la Bible) se sentent bien obligés de rendre compte des démentis reçus de toute part… en 17 lignes. D'habitude, si on croit un minimum à ses sources, on fait suivre le démenti par un traditionnel "Nous maintenons nos informations". Mais là non. En revanche, on a droit à une effarante chronique de Didier Braun (en 31 lignes), intitulée "Cache-cache", où l'on glose sur les démentis. Mais pas que de ceux de RLD et du PSG. On y retrouve ainsi mêlés ceux, dont on se fiche un peu, de Cesc Fabregas, de joueurs de la Bundesliga, de l'association des grands clubs. Et l'on retient une phrase d'anthologie:

«Une info peut être fausse un jour et exacte le lendemain (et inversement). Elle peut être fondée à 99% à minuit moins une et 100% dépassée à minuit plus une. Elle peut être inexacte de bonne foi et démentie de mauvaise.»

Au fait, il signe quand Deschamps, au PSG?

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu