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09/09/2009

De Djoko à Big Mac

C'est un chouette moment, que nous a offert l'inénarrable Novak Djokovic, lors de l'US Open. Un truc à nous réconcilier avec le tennis, ce sport un peu chiant d'aristo-bobo qu'on a toujours suivi un peu forcé mais avec assiduité, vu qu'y avait rien d'autre pendant les révisions. La nuit dernière, Djoko a embrassé la légende du passé, celle des tennis(show)men, qui nous ont finalement fait rêver, malgré l'absence de contacts et de dimension collective. Celle de John Mcenroe, l'idole. Séquence transgénérationnelle à la gloire des grandes gueules de la petite balle jaune…




C'est un peu tarte à la crême de l'écrire, mais heureusement qu'il y a encore un Djokovic ou un Roddick pour animer les sempiternels duels entre l'esthète helvète et le cogneur ibère (parfois énorme, mais rarement au final). Et encore ne se bornent-ils tous deux qu'à briller dans l'imitation (ici le Serbe, là le Ricain). Dans un XXIe siècle qui a proscrit le jeu d'attaque et de toucher, il ne reste plus grand chose de nos héros passés. Quasiment rien des vainqueurs, qu'on a jamais tellement adulé (Lendl trop laid, Wilander et Edbergh trop sages, Agassi trop Las Vegas, Sampras trop lisse…). Mais un panthéon des garants du génie tennistique, le vrai, le culte, le mythique, où l'on retrouve les clowns brillants de nos yeux d'enfants, toujours prêts à sortir du match pour une bonne blague ou un coup d'éclat.

Comme Noah et Bahrami, le terrible duo franco-iranien, insatiable tripoteur de baballe…



Comme Ilie Nastase, le bouffon de Bucarest, dragueur hableur de malheur…



Comme Jimmy Connors, le Jumbo roi des airs…



Comme John Mcenroe, puisque c'est lui qui a provoqué cette bouffée de nostalgie. Lui qui restera à jamais le plus grand, car sa panoplie fut celle de la mauvaise foi et son supplément d'âme celui du hurlement excessif. Big Mac, ce modèle d'humanité faillible, qui râle contre l'arbitre autant que contre lui-même…









Ultime bonus d'un paradis perdu que Djoko a ressuscité et tente de perpétuer: la finale de l'Open de Chicago où Big Mac trouve le moyen de vanner son propre frère, sur la balle de match…

12/02/2008

Saga Roumania, ambiance des Carpates…

8c0ee9a56b3f2506743cd878c1f721d9.jpgOn n'arrête pas un tennisman quand il remporte une rencontre de Coupe Davis. En 1991, Yannick Noah et ses Wailers faisaient la queue-leu-leu à Gerland. A Sibiu, autre ambiance. Samedi soir, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga ont fêté dignement leur «sweep» face aux Roumains, selon les photos parues dans la presse roumaine. Les deux sont torse nu, et collés-collés avec des jeunes filles du coin (très fraîches). On comprend mieux pourquoi Forget a titularisé Arnaud Clément et Mika Llodra pour les simples de dimanche. Pour toutes les photos de la soirée, c'est ici! (crédits: Click!).

Tout cela n'est pas bien grave. Voilà qui va amener de l'eau au moulin du troupeau de comparateurs de Tsonga avec Noah (un autre sacré danseur). L'avantage, c'est qu'avec de belles photos comme ça, les journalistes vont peut-être arrêter de poser à Richard Gasquet des questions sur sa prétendue liaison avec Arnaud Lagardère.

Fuckin' PK, invité par le "Sporting Tertulia" 

 

Mise à jour 16h30: la version diaporama vidéo… 

30/01/2008

Ça me Tsongave un peu…

Alors oui, Jo-Wilfried Tsonga est une bête de tennis. Le genre de gars qui fait des coups incroyables, qui a l'assurance d'un favori et qui a la tête sur les épaules. Bref le truc qui est plus arrivé dans le tennis français depuis les mousquetaires… Mais le côté "héros français" attendu comme le messie, le parallèle avec Noah ou, pire, Mohammed Ali, et ben ça me (Tson)gave un peu. Même si, répétons-le, il a évidemment joué comme un ouf et on ne s'en lasse pas…



Dans l'unanimisme médiatico-footix ambiant, on oublie un peu facilement certains écueils de la "déification Tsonga". D'abord, ça reste un finaliste de l'Open d'Australie, LE tournoi où la surprise est reine. Qui se souvient de l'obscur Johansson, vainqueur en 2002, ou des sombres Rainer Schüttler et Tomas Enqvist, finalistes en 2003 et 1999. Même le brillant Baghdatis (récemment nommé ambassadeur par l'Onu pour la paix, en dépit de sa haine anti-turque), finaliste en 2006, n'a pas vraiment fait de grands trucs depuis. Jusque là, des Leconte, Pioline ou Clément, on en a déjà vu récemment en finale de Grand Chelem.

Ensuite, la facilité du thème "on a trouvé l'héritier de Noah" est un peu fatiguante. Le mec est né au Mans, n'a jamais été au Congo et ne semble pas être dans un trip mi-revendicatif mi-fêtard comme le héros de 83. Tsonga, c'est plutôt la force tranquille, qui a certes refusé de rejoindre le team Lagardère pour rester dans le giron fédéral, mais qui est parti vivre en Suisse (ce que Noah a également fait, pour le coup). Enfin, il a un jeu bien plus efficace, mais bien moins flamboyant, que le préféré des français en son temps.Et puis quoi, c'était pas déjà Gaël Monfils le nouveau Yannick?

9e227512788cdd1d62c6a0516f2e7611.jpgPas vraiment un Mohammed Ali non plus, le Jo-Wilfried. Ou alors, il faudrait voir à pousser plus loin le mimétisme. Déclarer qu'il n'irait jamais se battre en Irak car aucun Irakien «ne l'a traité de nègre», ou s'engager politiquement et accepter d'en payer les conséquences. Pas seulement sautiller et mettre des coups de poings dans le vide en entrant sur le court.

Enfin, faudrait pas faire de Tsonga un nouveau Chabal. Une espèce de baraque talentueux qui, bien malgré lui, se voit déposséder de son aura et de, plus grave, de son plaisir de jouer, au profit d'enjeux patriotiques et sportifs qu'il va devoir assumer comme on est investi d'une mission nationale. Est-ce vraiment l'idéal pour quelqu'un qui s'est déjà coltiné toutes sortes de sciatiques, hernies et autres lumbagos?

 
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