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20/06/2009

Cédric Immense

77932_FRANCE_HEYMANS_100209.jpgIl y a comme un goût d'amertume déceptive, après ce deuxième France-Blacks de la tournée. Une défaite 10-14 pour les hommes de Marco, mais l'limpression d'être bien plus à l'aise sur le pré. Battus mais loin d'être dominés, les Bleus de Marco commencent enfin à ressembler régulièrement à quelque chose de chouette pour l'amateur de rugby. Aussi bien dans la cohésion défensive que dans l'animation du jeu d'attaque. Les gros ont de la classe et derrière, le souci de faire chanter le cuir est toujours là. Et puis, y a Cédric Heymans.

C'est sans rancœur que le Sporting Tertulia s'incline devant l'ailier toulousain, dont il avait surtout jusqu'ici remarqué le gros cul. Mais après cet essai d'anthologie, où il fume quatre néo-zélandais en funambule rageur, c'est Môssieur Immense…

En fait, ce qui énerve le plus, c'est de voir que ceux qui perdent sont ceux qui ne le méritent pas. Ce qui est finalement rare en ovalie. Alors quand ça arrive deux fois de suite à quelques heures d'intervalles, ça devient limite irritant, comme pour les magnifiques Lions britanniques, qui ont infligé une leçon de beau jeu à des Springboks toujours aussi puissants. Mais sans parvenir à renverser la situation d'un match mal engagé et là aussi perdu à la fin (21-26).




Au final, ça fait double frustration nordiste face à un hémisphère sud bourrin et suffisant. Mais la vieille Europe a retrouvé le sens du jeu d'arrières, celui où la finesse de l'improvisation tente de s'imposer à la brutalité bestiale. A suivre…

14/06/2009

Marco prince et Blacks boulés

Il aura fallu attendre une journée pour enfin trouver un résumé vidéo de la victoire du XV de France au pays du long nuage blanc. 27-22 contre des Blacks certes pas de gala, mais des Blacks quand même. Quatrième succès en Nouvelle-Zélande, depuis 1994 (deux fois) et 1979. Pas d'essai du bout du monde, mais trois fois en terre promise, avec un Trinh-Duc solide, un Julien Dupuy très convaincant à la mêlée, un Max Médard toujours plus menaçant à l'affût et un pack à l'aise au raffut. Notre troisième ligne aux 2/3 montpelliéraine a assommé son homologue kiwie, et Barcella est définitivement le nouveau grand pilier Bleu de l'avenir. Marco a enfin pu avoir un peu de temps et une équipe compétitive (hélas sans Perpignanais) pour montrer le chemin du renouveau. Et la ligne arrière commence à montrer des choses intéressantes. Ça a de la gueule…




Et pour le plaisir, plutôt que le vu et revu essai du siècle d'y a 15 ans (visible quand même ici), rien ne vaut la chaude voix de Bala trente ans plus tôt, en 1979…

01/03/2009

Bingo Marco!

628039.jpgOn s'en remet toujours pas, de cette belle victoire tricolore face aux Gallois. L'alchimie a enfin pris, la défense agressive retrouvée, le jeu au large simple et sans (trop) de fautes de main. Retour aux fondamentaux réussi. Avec une règle finalement toute con, mais édictée avec force par Marco Lièvremont la semaine avant: un temps de jeu, une ligne d'avantage franchie. Ça a l'air de rien, mais ça change tout. Finis les embrouillaminis tactico-techniques, on se remet au combat et on gagne avec du cœur, puis avec du talent qui vient tout seul.

Sans s'étendre sur les oukases médiatiques devenues autant de chapeaux mangés (fallait voir les tronches un brin ennuyées dans la tribune de presse du Stade de France…), Marco tient sa revanche en réimposant le style imprévisible du XV de France des belles années. Comme une sorte de Frankenstein, si bien décrit par Kevin Mitchell pour le Guardian, qui promet de faire flipper nos ennemis d'Albion pour les années à venir. À force d'interchanger ses gars, Lièvremont a paradoxalement soudé la brigade bleue, transformée en inquiétant leviathan. Un monstre qui a retrouvé le goût du combat et de la défense ultra-agressive, sans pour autant abandonner ses improvisations enthousiasmantes. Et nom de Dieu, quels putains de barbelés, lors des cinq dernières minutes!

Individuellement, Marco a également bien progressé dans l'échaffaudage de la maison bleue en réhabilitation (dont on oublie trop souvent qu'elle ne doit être inaugurée et fin prête qu'en 2011). Même le Stade de France était presque sympathique (bien que ola à 13-13 et musique façon NBA à chaque temps mort…). Le pack nous a ébloui, dans les mêlées comme dans les rucks. Barcella a gagné définitivement ses galons, Marconnet nous a ému sur l'hymne comme sur le pré. Captain Nallet est redevenu notre bûcheron adoré. Chabal met enfin la tête et montre peu à peu qu'il n'est pas qu'une marque. Et puis Imanol au sommet des airs et de son art de "rentrage dans le lard", encadré par Dusautoir et Fufu dont on se dit qu'ils plaquent même quand ils vont au ciné ou qu'ils se brossent les dents…

Derrière, Heymans se sert enfin de son gros cul pour retrouver les appuis de feu qu'on n'avait pas vu depuis deux ans au moins. Bastareaud s'impose comme le bourrin manquant, indispensable à toute ligne arrière compétitive dans le rugby moderne, celui qui sait pas faire une passe mais qui au moins avance. Jauzion semble avoir réussi à arrêter le cours terrible des années qui passent. Max Médard éprouve chaque fois un peu plus ses relances, avec à chaque fois plus de réussite

Quant à la charnière, Marco peut rigoler (et nous avec, un peu). Moqué par tous pour sa fièvre expérimentale, il a trouvé sa poule de luxe. Son Parra-patéticien, qui bute mieux que n'importe quel Elissalde et impose sa silhouette fluette tout juste majeure au cul des gros. Si Baby a hélas une nouvelle fois laissé passer sa chance, il a montré qu'un centre en 10 pouvait apporter bien plus face aux défenses resserrées qu'un ouvreur de métier. Après sa blessure, Trinh-Duc a reconstitué avec classe (mais avec ses éternels pieds carrés) le duo privilégié de Marco à ses débuts, il y a un an.

La progression continue. Manque plus qu'à gagner à Twickenham pour que Marco puisse dire banco…

14/02/2009

Jeu de mains, jeu vilain

C'est toujours pas ça, le renouveau ovale promis par Marco Lièvremont. Mais la victoire est là. À l'arrache contre les Ecossais, quelques satisfactions et un doute qui persiste. Comparé à la semaine dernière contre l'Irlande, les Bleus ont été forts devant. Un beau pack qui avance en mêlée et ne lâche rien dans les rucks, Barcella qui se révèle, Millo-Chluski qui redonne des couleurs à Captain Nallet, une troisième latte grand luxe… Imanol et Dusautoir au sommet, et Fufu qui conclut un beau mouvement sur le fermé.



Le hic, outre le fait de n'avoir pas franchement brillé contre l'Ecosse, c'est que ça fait peine derrière. Que des Toulousains sauf Baby chez les trois-quarts, et au lieu d'un jeu léché, on a assisté à un concours irritant de jeu avec moufles. Ça sert à quoi de se la raconter "garant du beau jeu" pour pas réussir une relance? Heureusement, Beauxis apprend vite et gère la mène de mieux en mieux, avec un Tillous-Bordes prometteur à la charnière. Mais quel déchet dans la relance et quel manque d'inventivité au large, par rapport aux mèches allumées à Croke Park! Surtout quand on mate derrière Galles-Angleterre, où l'on n'a même pas le souvenir d'un en-avant, et où le cuir chante à l'aile comme dans l'occupation intelligente du terrain…

09/11/2008

Back to the Laporte

20071019laporteinside.jpgAh ben ça c'est sûr qu'il l'a adapté, le XV de France, not' bon Marco. En regardant ce match contre l'Argentine, on se serait cru au début des années 2000, quand les Bleus de Laporte s'était hissés en haut de la hiérarchie mondiale. À l'époque, on avait oublié de faire la tronche. On gagnait. C'était moche, on faisait que tataner et défendre comme la muraille de Chine. Mais c'était le rugby moderne, qu'on se disait.

Depuis, on a vu que même les Sudafs et les Anglais se remettaient à la balle à l'aile. On a vu aussi avec les Fidjiens ou les Gallois et, dans une moindre mesure, l'Argentine, qu'un autre rugby était encore possible. D'ailleurs Marco nous avait promis du champagne à sa prise de fonction. Et la première saison a été goûtue et alléchante. Même si on prenait des branlées, on découvrait des nouveaux joueurs et on envoyait de jeu de nos 22.

Oui mais hier soir, la défaite n'était plus permise. Alors, retour aux fondamentaux. Un XV expérimenté avec une ossature toulousaine, une ligne arrière de botteurs qui n'a relancé qu'une ou deux fois, préférant se lancer dans un concours de coups de pieds réalistes et efficaces. Devant, du lourd qui reste concentré sur ses bases. Un 5 de devant qui a su affronter la bajadita argentine, provocatrice et pleine de truquerie. Au milieu, une charnière ultra-prudente et classiquement nickel. Derrière, une défense retrouvée, avec une troisième ligne au four, au moulin, et à la boulangerie. Imanol en cannes, Dusautoir à l'abattage et Picamoles.

On se répète, mais Picamoles. Royal en touche, destructeur au ruck et puissant en course. Sa course de 40m depuis sa ligne d'enbut restera la grand moment de ce match ô combien terne et laportien. Une chevauchée comme on en voit 5 ou 6 par match au stade Yves-du-Manoir de Montpellier. Et le "talent d'or" à la fin. Trophée ridicule mais culte, qui démontre que Pica a changé de statut et devient reconnu par le public.

Alors voilà, c'est sûr qu'on a gagné. C'est sûr qu'on a enfin repris le dessus sur les Pumas, qu'on est redevenu techniquement au point en défense et qu'on a reconstruit une équipe. Mais qu'est-ce qu'on s'est fait chié! En espérant que c'est du provisoire du aux blessés et au besoin ponctuel de victoire, mais là franchement, Marco, si c'est pour jouer comme ça et abandonner le french-flair cher à Mister Rugby, je te suis pas… Quand tu nous a pas promis de jouer comme avant, c'était avant Laporte!

Reste que la plus belle image de la soirée d'hier n'est pas disponible sur le ouaibe. On veut parler de l'hymne albiceleste, chanté par le délicieux pilier retraité Omar Hasan. Pas grave, il chante aussi l'ave maria…

30/10/2008

Tu lâches pas, Marco!

marc-lievremont-nouveau-selectionneur-xv-france1204801756.jpgLes compositions du XV de France par Marco Lièvremont sont toujours un plaisir. Comme espéré par le Sporting Tertulia, l'été a porté conseil. Une croyance irrésistible en ses idéos ovales, auxquels il ne renonce jamais. Nouvelle preuve avec les 23 annoncés hier. La troisième ligne la plus joueuse qui soit (Dusautoir, Picamoles, Ouedraogo); une ligne d'arrières tous polyvalents mais avec un point commun: zéro bourrins mais les plus habiles du Top 14 ; toutes ses plus belles trouvailles conservées (Barcella, Faure, Palisson, Parra, Palisson, et le trio de feu montpelliérain Trinh-Duc, Fufu et Pica), mais aussi de nouvelles (Kayser et Medard, Millo-Chluski, Lecouls et Kayser).

Là où Marco fait des concessions, assumées par le désir de réalisme pour la tournée à venir, c'est pour marquer l'esprit de synthèse avec le rugby d'avant son ère: retour de Chabal, Harinordoquy, Baby, Elissalde et Beauxis. Façon de dire: "la période d'essai et de tests est terminée: c'est parti les gars! On joue pour le beau jeu, mais désormais, on joue aussi la gagne!"

nouveau-selectionneur-xv-france-marc-lievremont.jpgReste la question du XV-type, où nous verrons s'il dégagera une nouvelle idéologie du jeu, adapté à l'occupation du terrain au pied, qui se fait (hélas) plus indispensable au vu des nouvelles règles. Avec une troisième ligne coureuse à l'excès, le retour de la "Beauxe" ne peut faire que du bien. Mais à quel poste? À l'arrière, poste où il évolue avec succès au Stade Français, au risque de faire glisser le sublime Max Medard à l'aile? Ou dans une belle paire de 5/8e à la néozélandaise, en 10 ou 12 avec Trinh Duc à ses côtés. Jauzion glisserait alors en 13. Et Palisson? Le feu follet briviste, qui avait cassé les reins de Tuqiri en juin dernier, sera-t-il préféré à Heymans et Malzieu, qui sont pas franchement au top depuis la reprise en Top 14?

Toujours prêt à mourrir pour son idée du rugby, Marco a su mettre de l'eau expérimentée dans son élixir de jouvence. Et l'on verra Chabaldjani rentrer pour le dernier tiers du match, Harinordoquy venant prouver qu'il vaut mieux qu'un début de fin de carrière et Baby se rappeler les fulgurances géniales de sa carrière internationale escamotée. Allez Marco, ça va le faire…

Et pour saliver d'avance, un essai-vidéo de notre Gareth Edwards plein de promesse, qu'on va enfin voir éclater en Bleu…

 

05/07/2008

L'été porte conseil, Marco…

Pas de miracle austral, pour nos Bleus. Cette équipe A', tout en jeunesse inexpérimentée, n'a pas pesé lourd face aux gros bourrins australiens. Un problème évident de rugby pourcentage et de clé de coffre-fort à trouver. Les Bleus jouent, maîtrisent la béchigue, mais ne parviennent jamais à percer, même pas à désorienter une grosse défense bien en place. Le 10-40 encaissé n'a pas à faire rougir les hommes de Marco Lièvremont. Ce dernier rentre quand même de chez les Kangourous avec quelques promesses… Palisson, Thiéry, un pack pas mal du tout… Et puis cette tournée elle aura quand même servi à quelque chose: Trinh-Duc marque son premier essai (à partir de 4'40), en relance de 80m… Un bon été par-dessus tout ça et on va finir par l'avoir notre XV de France compétitif et ambitieux. Vivement les test de l'automne…

28/06/2008

Enfin un peu de rugby… comme on l'aime

Ah le beau samedi. Du rugby midi et soir, XV de France ET finale de top 14, caviar et champagne… Au terme d'un Euro bien mais pas si top, l'ovale vient se rappeler à nous. Et c'est quand même autre chose, comme sensation. Prenez ce test-match contre l'Australie. On nous a promis un massacre d'équipe B,  dans la continuité foutraque de la phase de réflexion de Liévremont. Et puis on a vu une équipe franchement pas ridicule, malgré le score (36-13). Mais non seulement les Bleus n'ont pas été tant dominés que cela, mais on a en plus vu un fort bel essai. Trinh-Duc et Palisson en grande forme, qui combinent au milieux de a musculeuse défense aussie. Comme une promesse qui s'affirme…


Autant le petit François de Montpellier, ce n'est pas une surprise. Même replacé par Marco en premier centre, il sent toujours aussi bien la percée que la passe aveugle. Et en plus il se met au tampon. Mais cet Alexis Palisson, quelle découverte! Ben ouais, moi j'en avais jamais entendu parler, de cet arrière briviste de 1221 ans qui a envoyé du jeu comme un damné face aux gros mastocs wallabies… A l'aile, il aura fait un numéro aussi bravache qu'efficace et son essai techniquement impeccable et volontaire nous trotte encore dans la tête. Le deuxième test-match promet autant que les prestations de Ouedraogo…

Allez hop, trèfle de discussions, on file au Stade de France voir si Nalaga est aussi impressionant en vrai qu'à la télé.




Même si ma préférence de style va davantage à l'ex-faux sosie de Gareth Edwards, le jeune Toulousain Maxime Médard, je pense vivre l'un de ces agréables moment rugbystiques. Ceux où l'on va au stade départi de la nécessité de supporter l'un des deux protagonistes de la conquête du Brennus. Juste saliver devant le jeu produit par les deux plus belles équipes du Top 14, récompense ultime d'une saison de transition post-Laporte où la France du rug' réapprend doucement le French flair, découvre à chaque rencontre internationale de nouveaux talents gonflés d'une rafraîchissante et espiègle insouciance. Un truc qui nous était plus arrivé depuis la génération Michalak/Poitrenaud… Palisson, Médard, Trinh-Duc… On commence à tenir quelque chose pour se remettre à jouer, pas vrai Marco?




 
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