Avertir le modérateur

11/04/2010

Un Varga qui mérite d'être connu

En passant, un rapide hommage à Zoltan Varga, surclassieux milieu offensif hongrois. A dire vrai, on n'en avait jamais entendu parler jusqu'à son décès, ce samedi. Mais le gars a un gros potentiel de footeux mythique. Rien que sa mort… Sur un terrain, en plein match de vétéran. Il avait 65 ans, des allures de Johan Cruyff magyar, des dribbles saccadés et somptueusement déguinguandés, et un palmarès qui émerveille, avec des clubs qui font rêver. Après avoir gagné quatre titres  et une coupe des villes de foire'65 avec Ferencvaros (en claquant la Juve chez elle en finale), il fuit le communisme en 1968, également auréolé d'un titre olympique et d'une troisième place l'Euro'64.

Zoly Varga, ce sont alors des choix de carrière confinant au sublime. En commençant par le Herta Berlin, où il chope deux ans de suspension pour corruption, ce qui ajoute de la complexité au héros, qui déployait alors une élégance rarement vue sur les prés de Bundesliga…

Plutôt que de ne pas jouer, Varga file en Ecosse, à Aberdeen, où il sera considéré comme une légende en seulement une trentaine de matchs joués. Enfin, il est souhaité par l'Ajax Amsterdam comme successeur du roi Johan, mais se plante et finit en Belgique à Gent, après un passage au Borussia Dortmund. Après la retraite, il se finit comme entraîneur réputé, revenu au pays de Pal Sarkozy pour accompagner la décrépitude du cuir hongrois (Ferencvaros, Honved, Dunaferr). Mémorable, forcément mémorable…

25/04/2008

Que deviennent, que deviennent les rêves de Valls…

58e2a3bea800a8a354a32682bf4adcd6.jpg Il ne s'agit pas là d'un hommage à feu François Feldman (comment ça, il est pas mort… j'aurais juré entendre Elkabbach l'annoncer… je dois confondre), mais d'une nouvelle rubrique du sporting. Dans mon nouveau boulot que j'ai (pour s'abonner, c'est ici), il arrive de rencontrer des fans de ballon (ou autre activité musculaire regardée devant la télé). Alors autant prolonger l'interview pour alimenter le Tertulia sporting club. Ce fut le cas ce jour avec Manuel Valls, député-maire PS d'Evry qui sort bientôt un nouveau bouquin d'entretiens, dans lequel est évoquée au détour d'une question sa passion pour le Barça.

Du flan pour se la jouer Catalan fier de ses origines? Non, l'ailier droit du PS est un vrai socio. «On est obligé d'être fan du Barça quand on est d'origine barcelonaise. En plus, c'est un grand cousin à moi qui a écrit l'hymne du club…», raconte-t-il après un grand rire qui contraste avec son sérieux d'ancien Rocardien affiché tout le long de l'interview. Départi de ses notes, Valls raconte volontiers son meilleur et son pire souvenir de gamin blaugrana, «à chaque fois à la radio, vu que ma famille avait émigré à Paris». Pour faire plaisir à “Manolo” (ainsi que l'interpelle le journaliste Claude Askolovitch, co-auteur de l'ouvrage), replongeons donc en vidéo dans ses rêves d'enfant né en 1962 à Barcelone, mais qui n'a vécu qu'en France… Ambiance seventeen garantie…

Son meilleur souvenir:

«La victoire à San Bernabeu sur la pelouse du Real, vous savez la fameuse où Cruyff fait un match d'anthologie. Ça se termine à 4-0, je crois. Un grand bonheur à la maison avec mon père, fils de républicain espagnol. Beaucoup plus qu'une victoire dans l'antre du franquisme…» C'était en 1974, le petit Manuel a 12 ans, et ça a fait 5-0 au final. Et effectivement, le roi Johan -dit "le Hollandais volant"-, a mis la misère aux merengue madridistes.




Son pire souvenir:

«L'élimination en demi-finale de coupe d'Europe contre Leeds. C'était terrible, j'en ai pleuré. Je ne me rappelle pas l'année, mais la finale se jouait au Parc des Princes. Et toute les cousins avaient déjà pris leurs billets…» Ça s'est passé en 1975, et cette défaite résume la décennie finalement un peu pourrie du FC Barcelone au niveau continental (toujours racé, jamais gagnant, le syndrome Cruyf). 2-1 pour les Anglais à l'aller, avant de tenir le nul au retour (1-1). Seul le premier match est visible sur la toile. La première mi-temps ici, la deuxième .



Le "bonus réconfort" du TSC

En guise de revanche contre cette perfide Albion gâcheuse de fiesta de familia, le Tertulia sporting club est heureux d'offrir à M. Valls deux moments de revanche jubilatoire: D'abord la défaite de Leeds en finale contre le Bayern Munich. Un scandale vivant que ce match là. Penalty, puis but refusé. La veangeance est un plat qui se mange tiède. Comme la crème catalane. Ne regrette rien, Manu…





Et pour finir en beauté, les images d'une victoire du Barça face à ses salopards de Leeds lors de la Supercoupe des villes de foire en 1972, compétition insensée marquant la fin de cette épreuve ô combien culte, avant qu'elle ne devienne une prosaïque et tocarde coupe de l'UEFA. Ce match opposait le premier vainqueur (Barcelone en 1958) à l'ultime (Leeds en 1971). Et la victoire 2-1 des Barcelonais permet aux Catalans de conserver le trophée et de pouvoir l'exposer dans son musée… Et Leeds  évolue aujourd'hui en deuxième division.


24/02/2008

Dream team sauce batave

Rhaaaaaaaa Cruyff, Van Basten et Witschge. Ce qui vient de se passer chez les juifs imaginaires de l'ArenA, c'est un peu comme si Laurent Blanc, Carlos Valderrama et Jacek Ziober reprenait en main les destinées du Montpellier-Hérault. Vendredi, les collectionneurs hollandais de vignettes panini ont eu un orgasme. Pour redorer le blason rouillé de l'Ajax Amsterdam, le club a fait appel au Roi Johan. Cruyff en "consigliere" de l'âme ajacide, à défaut d'en être le président. Délaissant son rôle d'éminence grise du Barça, l'allégorie du football total a donné les clés de la maison Blanche et Rouge à deux autres légendes de l'Ajax. Marco Van Basten sera entraîneur, Rob Witschge adjoint. Hommage vidéo obligatoire, pour trois des plus beaux joyaux du ballon mimolette…



10/02/2008

Pour un rugby total (quatrième mi-temps #2)

4491b94a98882d0314d65925dbe4a323.jpgUne fois digérée la troisième, il est temps de faire le point sur les deux premières. Petit débriefing de France-Irlande, deuxième journée du Tournoi des VI Nations 2008…

Il y a une certaine majesté chez Marc Lièvremont, dans sa façon qu'il a d'assumer comme au bon vieux temps sa vision du jeu. Samedi, sitôt terminée la victoire ric-rac des Bleus contre l'Irlande, l'entraîneur du XV de France a convaincu dans son explication du coup de mou des siens à l'heure de jeu. Pour faire simple, si les Tricolores ont perdu pied, c'est qu'ils ont voulu gérer. Or, Lièvremont ne veut pas d'une équipe gestionnaire, il veut du jeu. Du «à l'ancienne», qui fait chanter le cuir et ne rechigne pas à la débauche d'énergie offensive. Et franchement, vu des tribunes, ça se tient.

Car soixante minutes durant, la stratégie des Bleus avait de la gueule, ainsi qu'une redoutable cohérence. "Tout jouer" signifie obliger l'adversaire à assurer les coups de pieds de dégagement. Mais aussi à se mettre au diapason. Et donc de se mettre aussi en danger. Et là, les Français sont enfin en position de gagner. Sûrs de leur maîtrise dans l'occupation du terrain, ils rendent hommage à l'ère Laporte en défendant à la perfection. Une troisième ligne de feu (plus Pica, Pica, Picamoles qui devrait bientôt éclore), auteure d'un tiers des plaquages, et une habileté de passe conjuguée à des jambes de feu… La France ne peut plus perdre à ce jeu là…



A l'image des chaussures de Clerc et Heymans (en passant, la plus belle paire 11-15 du moment), il y a de l'Oranje dans l'ambition du nouveau coach. Rugby total, où le jeu à la main comme règle absolue. Façon bloc collectif offensif de Cruyff & co, qui étouffait l'adversaire à force de passes et de continuité du jeu. Encore faut-il que la messe soit dite jusqu'à son terme. Et que les fondamentaux ne soient pas oubliés.

ea58e608b2c6c983b10e06539270e75a.jpg

Car quand les vieux fantômes resurgissent, qu'on joue au pied et qu'on se fait bouffer en mêlée, on perd les ballons à l'adversaire et on prend un essai de pénalité. Et ça, ça fait super tâche. Le frisson qui a parcouru les tribunes du Stade de France (au final pas si footix et même "très rugby", une seule tentative de Ola et une seule bordée de sifflet justifiée), ne dit pas autre chose. Du beau jeu, oui, mais on veut aussi une grosse mêlée! 

Ce seront les deux grosses missions du nouveau trio Lièvremont/N'Tamack/Retières: achever de convaincre les joueurs de leur ambition et retrouver un vrai pack. Face à la première, ils ont déjà fait montre d'une audace implacable, en n'hésitant pas à faire entrer Parra, Trinh-Duc et Picamoles pour se farcir le dernier quart-d'heure. Choix gagnant. Comme pour dire qu'à un tel moment du match: "l'essentiel, plus que l'expérience, c'est d'être à l'initiative du jeu". La nouvelle charnière aura réussi à remettre les Bleus vers l'avant en ouvrant au large, alors qu'elle sombrait en se débarassant du ballon.

57a8cd9751fc73f95eebee20273bcc9f.jpg Quant au "cinq devant", il va falloir nous retrouver ce "meilleur pack du monde" qu'on aime à glorifier lors des matchs du Tournoi. Celui des Ondarts, Dubroca, Champ, Armarie… Celui sans qui les nouveaux Blanco, Lagisquet, Sella ou Berbizier ne pourront pas se libérer. Tout un match durant.

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu