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01/11/2009

Degré zéro

nicollin-le-psg-ne-casse-pas-trois-pattes-a-un-canard_33399_4786.jpgBon ben voilà, on savait bien que ça allait forcément arriver, depuis que Montpeul est revenu en L1. Non, on ne parle pas d'un retour à la normale dans l'improbable quête du titre. Même si on en rajoute des tonnes, on est quand même un peu lucide sur la capacité des ptits gars de René Girard pour s'attendre à une saison avec des hauts et des bas (même si le MHSC est toujours dans la course au bout de 11 matchs). Non, on veut parler de Loulou Nicollin qui nous fout la honte.

Dans le temps, avec l'aide de médias complices, il balancait des trucs du genre: «Mes joueurs, je les paie moins que mes maîtresses, alors que elles, au moins, elles me régalent la chique…» Déjà à l'époque, ça faisait rire la France entière (ah, le truculent, le rabelaisien, le haut-en-couleur), pendant que nous, on baissait les yeux. Ce coup-ci, il s'en prend à Pedretti, espoir tocard du foot français qui a passé le long du match à s'essuyer les crampons sur le joyau Tino Costa. Et il ne trouve rien de mieux que de le traiter de «petite tarlouze»


 

Plutôt que de jouer le titre sur ce coup-là, on va tenter de jouer le filtre. Perso, pour abhorrer la Loulou's touch depuis toujours, c'est davantage la vulgarité globale du président, affichée en public, qui me gêne. Contre les femmes, les pédés, les sans-couilles et tout ce genre d'excès qui deviennent franchement pénibles à la longue. On est ici au-delà du 34e degré bien de chez nous, que j'ai tenté de détailler il y a quasiment un an jour pour jour, quand "Loulou Junior" y allait en privé de son "PD de Nîmois" qu'il révait d'enculer. Et ce coup-ci, je ne tenterai pas de justifier le langage qui est celui de chez nous, hâtivement présenté comme homophobe, parce qu'au final, il y a plus de coup à prendre qu'à gagner face aux ligues de bonne vertu et de bonne pensée.

mezy-nicollin.jpgAvec le père, ça fait trente ans que c'est comme ça en public. Trente ans qu'on baisse les yeux tout en lui étant reconnaissant de nos plus belles années (avec Michel Mézy). Mais en faire un symbole de l'homophobie à la Christian Vanneste semble un peu exagéré (au moins lui arrive-t-il de s'excuser). Ou alors il faut le mettre dans le même sac que Pedretti, qui lui ne semble choqué que par le fait qu'on «s'occupe de lui au retour». De plus, la catégorisation de l'indignation a toujours quelque chose de gênant. S'il avait dit "Ce Pedretti, c'est une salope", qui aurait levé les yeux au ciel?

Déjà, au mitan des années 90, on appelait cette clémence médiatique vis-à-vis de Nicollin le bourrin le "syndrome George Frêche". Vous savez, la rengaine de Janus et sa double face. Ses excès mais sa sympathie, ses errances mais son génie, ses travers mais sa bonne franquette. Alors, quitte à me fâcher avec l'excellent Hussein Bourgi (je le pense pour le connaître un peu), le président du Collectif contre l'homophobie qui demande à Pedretti de porter plainte, juste un constat. Si on s'en prend à l'un, on s'en prend à l'autre. Frêche et Nicollin sont les deux emblèmes de la pire des caricatures du "Sudeucon", et il me paraît compliqué de dénoncer les propos de l'un, en ayant fait partie du système politique de l'autre (et en étant témoin de moralité au procès de Frêche contre les harkis). L'homophobie langagière est au moins tout aussi répréhensible que le racisme latent et le clientélisme féodal, non, cher Hussein?

Pour en revenir à Nicollin, la vraie solution, à mon sens est juste ne plus lui donner la parole. Que Canal ne fasse plus comme si de rien n'était quand il sort des trucs plus énormes que lui, et coupe au montage. Que L'Equipe ou Francetélé cessent de fantasmer ce président patron paternaliste à l'ancienne. Qu'on ne l'interroge plus et qu'il disparaisse médiatiquement. Voilà une sanction qui ferait plaisir à tout le monde, en tout cas à moi, qui commence à en avoir marre de devoir faire semblant d'adorer ce que j'ai toujours brûlé.

Edit lundi matin: Loulou s'excuse, tout rentre dans l'ordre et la conclusion vaut son pesant de cacaouètes bien grasses: «Ça ne regarde que nous, on s'explique entre hommes. On n'est pas des gonzesses!» Marre. Vraiment marre…

08/11/2008

34ème degré

CRH_300dpi.jpgVoici deux jours que je n'avais pas eu une minute de blog à moi, à cause de la journée de championnat socialiste, en poule de la mort qualificative pour Solférino. Et deux jours que je bouillais, en pensant à la mésaventure qui arrive à "Loulou Jr". Laurent Nicollin, fils de Louis (l'inénarrable président du club de foot de Montpellier, qu'il a transmis au fiston), se retrouve pris dans une invraisemblable histoire de texto à caractère homophobe.

D'abord, le contexte. La semaine dernière, c'était le grand retour du derby Montpellier-Nîmes, dont on avait évoqué ici le retour après sept ans d'absence. Le derby pas culte pour un sou (d'ailleurs, ça a fait 1-1). À l'image du niveau du foot dans la région. Un peu minable, plein de tacles et de mauvaise foi, de provocations sudistes de fin de férias et d'accent du "suudeeucon!" accentué à l'excès. Un sommet de crétinerie. Tellement con, mais tellement bon. C'est un peu comme carnaval, une bonne grosse fête païenne qui peut nous faire faire n'importe quoi. Me reviens d'ailleurs en mémoire ce 13 avril 96 de demi-finale de coupe perdue, où j'avais détruit d'un coup de pied rageur le pare-choc d'une voiture immaticulée "30", en sortant des Costières . J'avais 17 ans, et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge du derby…

 

Bref. C'est LE moment où on a le droit d'être con. C'est comme du folklore: les Nîmois, c'est l'ennemi. On les déteste. Ils savent pas conduire, c'est toujours eux qui veulent gérer la musique dans les soirées car ils sont tous dj professionnels, ils tiennent mieux l'alcool que nous mais vomissent partout à la fin, etc, etc, etc… Mais comme nous l'avions déjà écrit ici, on les aime plus que tout, en fait. Le vieux truc de la dialectique du maître et de l'esclave. On peut pas se passer d'eux. D'ailleurs, ma mère est Nîmoise…

Bon, on s'éloigne du sujet. Le fils Nicollin. Le même que le père, mais mal dégrossi. C'est vous dire. Niveau classe, la famille Nicollin, c'est un mix de Bigard et de Patrick Bosso, mâtiné toutefois de bonhomie attachante. Pendant des années, le père a été la coqueluche des médias, et au fur et à mesure qu'il apparaissait dans le poste, la honte nous enterrait. Le père, c'était le gars capable dire en direct sur Canal: "Après un match comme ce soir, je préfère mes putes à mes joueurs. Ça me coûte le même prix, mais mes putes, au moins, elle me régale la chique!" (de mémoire). Bon ben le fils, c'est pareil en pire.

image_thumb.jpgVenons en aux faits. Veille du derby. Laurent Nicollin reçoit un texto d'un supporter du club ultra "Butte Paillade", mettant en doute l'investissement des joueurs pour le big match. Réponse du président par héritage: "On vas les enculer, ces PD de nîmois!". Ledit supporter se retrouve en procès six jours plus tard (après avoir tout cassé le local des Gladiators -les ultras nîmois-, la routine…) et la justice examine son téléphone. Et le texto devient public. Et le Lolo, ben il fait des excuses toutes penaudes ("c'était écrit en langage supporter" -pas faux mais maladroit-), avant que l'opprobre ne s'abatte sur lui. Et à peine repues de leur banderole anti-chti, les ligues de bonnes vertue pensée se déchaînent.

Mais pourquoi le très estimable PFG (Paris foot gay) s'empare de cette histoire? Pas vous, les gars…

Vous êtes bien trop potes avec les mecs de So Foot pour tomber dans ce jeu-là. Il s'agit d'un message privé, dans un contexte bien trop précis et une géographie bien trop spécifique pour que vous vous transformiez en "BHL-Val-Laporte". Bannir le "enculé" des stades méditerranéens, c'est les priver d'exclamation. On peut le regretter, mais à moins de déménager de force une population entière et de lui imposer une rééducation orthophonique lourde, tenter de l'empêcher me semble vain.

mhsc.jpgReconnaissez plutôt l'hommage inconscient du lourdaud, qui traite de pédé quelqu'un qu'il rêve d'enculer. Il n'y a aucune haine dans ces propos, il s'agit juste d'un "signifiant détourné de son signifié". Ici, ce qui serait homophobe, ce serait de crier "Ho hisse, homosexuel!" quand le gardien dégage…

Dans les rues gay-friendly de Montpellier, où il y a bien longtemps qu'on a oublié la signification même du mot homophobie, je ne me suis jamais interdit d'user de ce vocabulaire, certes déplacé mais irrésistiblement naturel. Surtout pas avec mes potes pédés. C'est plus que du deuxième ou du troisième, c'est du "34"ème degré.

Je me suis rendu compte de ce décalage quand j'ai quitté "Montpeul" pour Paris. Au tour du petit Nicollin.

Mais même en essayant de devenir le plus politiquement correct possible (merde quoi, j'suis de gauche), y a quand même un truc qui cloche. Si je suis évidemment pour qu'on lutte contre l'homophobie dans les gradins (mais plus encore dans les vestiaires), et que je me surprends à réfréner mes ardeurs dans les tribunes, on ne peut quand même pas appliquer la charte de la LFP pour un texto privé! Ou alors on est dans le Big Brother's style…

Si on m'avait dit qu'un jour je défendrais un Nicollin… Je préfère aller nettoyer mes SMS que d'y penser.

 
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