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30/05/2010

10 et der

ALeqM5hMjeLH_dV9_3FZR8Vz60iKpI4GiA.jpgC'étaient aussi des larmes. Mais celles-ci saluent une belle histoire. Autour de nous dans la tribune de presse d'un Stade de France presque plaisant quand le rugby s'en empare, les journalistes auvergnats avaient les yeux mouillés, au coup de sifflet final de cet ASM-USAP enfin victorieux pour les Jaunards. Etaient-elles plus émouvantes que celles d'il y a un an, celles que l'enfant clermontois tentait de sécher dans le RER du retour vers Paris, tandis que son père répétait en boucle et hagard: "Même si on est encore en finale, on ne reviendra pas l'an prochain… "

Bien sûr ça fait plaisir de voir les héritiers du glorieux Montferrand toucher le bout de bois. Et voir Rougerie tout de suite filer le bouclier de Brennus aux anciens en costards pour qu'ils puissent le voir de près, enfin. Comme dirait un Bougnat célèbre reconverti en pionnier de l'info web: "Qu'on se le dise, on ne bat pas l'ASM onze fois de suite en finale"…

Les Jaunes et Bleus au sommet, rien que pour la mémoire de l'immense Jean-Marc Lhermet, d'Olivier Merle (l'homme aux surnoms multiples -"l'homme et demi", "le Massif central", "Merluche"…-), d'Olivier dit "Charly" Magne ou du "Goret" Philippe Saint-André, ça fait plaisir. Et si on repense à Jean-Pierre Romeu, là ça fait super plaisir…




Mais il y a toutefois un goût d'inachevé dans le succès de Clermont sur Perpignan. Comme si cette victoire tant attendue avait finalement peu de chances de rester dans notre mémoire. Mauvais match, quasiment offert par des Catalans sans idées et sans jus, un buteur déréglé (12 points face aux poteaux laissés en route!), une overdose de chandelles et un essai de troisième ligne de Nalaga. Un constat aussi: avec cette nouvelle formule de barrages qualifiant les six premiers du Top 14, mieux vaut ne pas terminer la saison régulière dans les deux premières places sous peine de manquer cruellement de rythme dans le sprint final, faute d'avoir joué de "faux-quarts".

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Et puis il y a quand même l'arbitrage, qui aura bien aidé le miracle du volcan qui se réveille enfin. Ça n'enlève rien, évidemment, au succès de la maison Michelin mais tout de même, tant d'erreurs décisives en faveur de Clermont dans ses trois matchs de phases finales, contre le Racing (pénalité avancée de 25m et offerte bien qu'hors les perches /21-17), contre Toulon (essai non valable validé sans recours à la vidéo /35-29 a.p.) et même contre Perpignan, dans une moindre mesure d'importance (touche normalement catalane pourtant volée par Nalaga et vite jouée pour le drop qui achève l'USAP/19-6). Bon, les images de la finale ne sont pas dispos à cette heure, mais il vaut mieux se repasser un résumé de la demie Clermont-Toulon (qui se jouait en "terrain neutre" à Saint-Etienne), tellement il était beau ce match…




cf_200312303400400_w_lamontagne_.jpgMais plutôt que d'en rajouter sur la mauvaise foi, ne pouvant crier à nouveau UuuuUuuuUuusap!, on préfère s'agenouiller devant Morgan Parra. Le demi de mêlée de 23 balais qui n'en finit pas d'impressionner. Le pa(r)ratonnerre du ciel qui s'abat sur la tête des Arvernes depuis Alesia. Premier Brennus, dans la foulée d'un premier Grand-Chelem. Pas encore assez connu pour avoir un best-of sur Youtube digne de ce nom, mais quand même une petite vidéo un peu cucul de fan…



20/06/2009

Cédric Immense

77932_FRANCE_HEYMANS_100209.jpgIl y a comme un goût d'amertume déceptive, après ce deuxième France-Blacks de la tournée. Une défaite 10-14 pour les hommes de Marco, mais l'limpression d'être bien plus à l'aise sur le pré. Battus mais loin d'être dominés, les Bleus de Marco commencent enfin à ressembler régulièrement à quelque chose de chouette pour l'amateur de rugby. Aussi bien dans la cohésion défensive que dans l'animation du jeu d'attaque. Les gros ont de la classe et derrière, le souci de faire chanter le cuir est toujours là. Et puis, y a Cédric Heymans.

C'est sans rancœur que le Sporting Tertulia s'incline devant l'ailier toulousain, dont il avait surtout jusqu'ici remarqué le gros cul. Mais après cet essai d'anthologie, où il fume quatre néo-zélandais en funambule rageur, c'est Môssieur Immense…

En fait, ce qui énerve le plus, c'est de voir que ceux qui perdent sont ceux qui ne le méritent pas. Ce qui est finalement rare en ovalie. Alors quand ça arrive deux fois de suite à quelques heures d'intervalles, ça devient limite irritant, comme pour les magnifiques Lions britanniques, qui ont infligé une leçon de beau jeu à des Springboks toujours aussi puissants. Mais sans parvenir à renverser la situation d'un match mal engagé et là aussi perdu à la fin (21-26).




Au final, ça fait double frustration nordiste face à un hémisphère sud bourrin et suffisant. Mais la vieille Europe a retrouvé le sens du jeu d'arrières, celui où la finesse de l'improvisation tente de s'imposer à la brutalité bestiale. A suivre…

14/06/2009

Marco prince et Blacks boulés

Il aura fallu attendre une journée pour enfin trouver un résumé vidéo de la victoire du XV de France au pays du long nuage blanc. 27-22 contre des Blacks certes pas de gala, mais des Blacks quand même. Quatrième succès en Nouvelle-Zélande, depuis 1994 (deux fois) et 1979. Pas d'essai du bout du monde, mais trois fois en terre promise, avec un Trinh-Duc solide, un Julien Dupuy très convaincant à la mêlée, un Max Médard toujours plus menaçant à l'affût et un pack à l'aise au raffut. Notre troisième ligne aux 2/3 montpelliéraine a assommé son homologue kiwie, et Barcella est définitivement le nouveau grand pilier Bleu de l'avenir. Marco a enfin pu avoir un peu de temps et une équipe compétitive (hélas sans Perpignanais) pour montrer le chemin du renouveau. Et la ligne arrière commence à montrer des choses intéressantes. Ça a de la gueule…




Et pour le plaisir, plutôt que le vu et revu essai du siècle d'y a 15 ans (visible quand même ici), rien ne vaut la chaude voix de Bala trente ans plus tôt, en 1979…

22/03/2009

Le bébé, l'eau du bain et ce qu'il en reste

Bon, j'avoue que ce qui va suivre est aussi induit par cette irrésistible propension du Sporting Tertulia à défendre les ambulances sur lesquelles la majorité aime à tirer. En l'occurence, il s'agit aussi de rester fidèle à Marco, comme à Raymond. Même si sur ce coup, le Lièvremont n'a pas bossé pour sa légende. Il n'en reste pas moins qu'il paraît de fort mauvaise foi de cracher avec les loups et de botter ce Tournoi en touche dans sa globalité. Bref, en guise de bilan, et après un compte-rendu escamoté d'un France-Angleterre toujours incompréhensible, y a quand même du positif.

On a un 9, qui a du panache, de la jeunesse et du sang-froid. Malgré les prédictions moqueuses des nostalgiques d'un Elissalde anachronique, Morgan Parra joue plus juste et botte mieux. Et ça, c'est une trouvaille du staff bleu. Evidemment, on est obligé d'être moins catégorique en parlant de l'autre pendant de la charnière. Mais le petit Trinh-Duc a trouvé des marques intéressantes: un jeu au pied en très net progrès, pour qui a connu les pieds carrés de Sabathé, une attaque de la ligne d'avantage combinée à un jeu de mains pas vilain, et un bel essai de galopeur contre des Italiens (pas si faibles que ça, puisque capables douter les Poireaux gallois)…



Derrière, si tant est qu'il parvienne à enlever ses moufles, Bastareaud laisse enfin entrevoir une succession possible à un Jauzion surprotégé, tandis que Fritz ne parvient toujours pas à enchaîner cinq matchs sans que ne lui arrive une couille. Medard s'est imposé à l'arrière. L'aile n'a pas su être assurée par Malzieu et ses jambes de vieux, attendant toujours d'être enflammée par Palisson et son culot de polisson. Traille et Michalak feraient des très bons remplaçants façon "impact player de la dernière demi-heure". Quant à Heymans et son gros cul, ils restent incontestables.

Devant, c'est pas non plus la cata. Il y a justes des trous, non encore bouchés. Mais le Tournoi a installé un Barcella califanesque à la pile et a donné envie de revoir Millo-Chluski en deuxième latte. Quant à Szarzewski, il gère sa croissance. La troisième ligne, comme souvent, fait plaisir. Imanol est à nouveau le roi des airs et des chevauchées fantastiques. Dusautoir est devenu LE taulier du XV de France. Et Ouedraogo a éclaboussé de sa classe féline les visages de ceux qui aimaient jusqu'ici à douter de lui. Reste Chabal l'adoré/brûlé plus si polyvalent que ça, qui n'a jamais mieux démontré qu'il ne peut être qu'un remplaçant de luxe chez les Bleus.

Au terme de ce deuxième Tournoi de l'ère Marco, où la France termine quand même troisième après avoir fait douté en beauté les Trèfles invaincus, on reste encore un peu interdit devant le coaching de Lièvremont, non pas. Si on laisse de côté l'hallucinante démission collective face à la perfide Albion (qui au final nous torgnole la plupart du temps, donc ce n'est pas plus dramatique que les autres années), on préfère retenir que l'envie de jeu a progressé. Et que les Coqs ont retrouvé une défense sauf contre les Anglais, mais ce match n'a pas existé tout court. C'est long, une reconstruction…

01/03/2009

Bingo Marco!

628039.jpgOn s'en remet toujours pas, de cette belle victoire tricolore face aux Gallois. L'alchimie a enfin pris, la défense agressive retrouvée, le jeu au large simple et sans (trop) de fautes de main. Retour aux fondamentaux réussi. Avec une règle finalement toute con, mais édictée avec force par Marco Lièvremont la semaine avant: un temps de jeu, une ligne d'avantage franchie. Ça a l'air de rien, mais ça change tout. Finis les embrouillaminis tactico-techniques, on se remet au combat et on gagne avec du cœur, puis avec du talent qui vient tout seul.

Sans s'étendre sur les oukases médiatiques devenues autant de chapeaux mangés (fallait voir les tronches un brin ennuyées dans la tribune de presse du Stade de France…), Marco tient sa revanche en réimposant le style imprévisible du XV de France des belles années. Comme une sorte de Frankenstein, si bien décrit par Kevin Mitchell pour le Guardian, qui promet de faire flipper nos ennemis d'Albion pour les années à venir. À force d'interchanger ses gars, Lièvremont a paradoxalement soudé la brigade bleue, transformée en inquiétant leviathan. Un monstre qui a retrouvé le goût du combat et de la défense ultra-agressive, sans pour autant abandonner ses improvisations enthousiasmantes. Et nom de Dieu, quels putains de barbelés, lors des cinq dernières minutes!

Individuellement, Marco a également bien progressé dans l'échaffaudage de la maison bleue en réhabilitation (dont on oublie trop souvent qu'elle ne doit être inaugurée et fin prête qu'en 2011). Même le Stade de France était presque sympathique (bien que ola à 13-13 et musique façon NBA à chaque temps mort…). Le pack nous a ébloui, dans les mêlées comme dans les rucks. Barcella a gagné définitivement ses galons, Marconnet nous a ému sur l'hymne comme sur le pré. Captain Nallet est redevenu notre bûcheron adoré. Chabal met enfin la tête et montre peu à peu qu'il n'est pas qu'une marque. Et puis Imanol au sommet des airs et de son art de "rentrage dans le lard", encadré par Dusautoir et Fufu dont on se dit qu'ils plaquent même quand ils vont au ciné ou qu'ils se brossent les dents…

Derrière, Heymans se sert enfin de son gros cul pour retrouver les appuis de feu qu'on n'avait pas vu depuis deux ans au moins. Bastareaud s'impose comme le bourrin manquant, indispensable à toute ligne arrière compétitive dans le rugby moderne, celui qui sait pas faire une passe mais qui au moins avance. Jauzion semble avoir réussi à arrêter le cours terrible des années qui passent. Max Médard éprouve chaque fois un peu plus ses relances, avec à chaque fois plus de réussite

Quant à la charnière, Marco peut rigoler (et nous avec, un peu). Moqué par tous pour sa fièvre expérimentale, il a trouvé sa poule de luxe. Son Parra-patéticien, qui bute mieux que n'importe quel Elissalde et impose sa silhouette fluette tout juste majeure au cul des gros. Si Baby a hélas une nouvelle fois laissé passer sa chance, il a montré qu'un centre en 10 pouvait apporter bien plus face aux défenses resserrées qu'un ouvreur de métier. Après sa blessure, Trinh-Duc a reconstitué avec classe (mais avec ses éternels pieds carrés) le duo privilégié de Marco à ses débuts, il y a un an.

La progression continue. Manque plus qu'à gagner à Twickenham pour que Marco puisse dire banco…

14/02/2009

Jeu de mains, jeu vilain

C'est toujours pas ça, le renouveau ovale promis par Marco Lièvremont. Mais la victoire est là. À l'arrache contre les Ecossais, quelques satisfactions et un doute qui persiste. Comparé à la semaine dernière contre l'Irlande, les Bleus ont été forts devant. Un beau pack qui avance en mêlée et ne lâche rien dans les rucks, Barcella qui se révèle, Millo-Chluski qui redonne des couleurs à Captain Nallet, une troisième latte grand luxe… Imanol et Dusautoir au sommet, et Fufu qui conclut un beau mouvement sur le fermé.



Le hic, outre le fait de n'avoir pas franchement brillé contre l'Ecosse, c'est que ça fait peine derrière. Que des Toulousains sauf Baby chez les trois-quarts, et au lieu d'un jeu léché, on a assisté à un concours irritant de jeu avec moufles. Ça sert à quoi de se la raconter "garant du beau jeu" pour pas réussir une relance? Heureusement, Beauxis apprend vite et gère la mène de mieux en mieux, avec un Tillous-Bordes prometteur à la charnière. Mais quel déchet dans la relance et quel manque d'inventivité au large, par rapport aux mèches allumées à Croke Park! Surtout quand on mate derrière Galles-Angleterre, où l'on n'a même pas le souvenir d'un en-avant, et où le cuir chante à l'aile comme dans l'occupation intelligente du terrain…

07/02/2009

Révolution ratée

Ce fut comme un drôle de sentiment qui parcouru l'esprit, à l'heure de jeu d'un France-Irlande fort plaisant. Comme un air de come-back rugbystique, direct dans les années 80. L'effet Marco Lièvremont, en plus abouti que l'an passé. Du jeu, de la relance, du combat devant, des fautes au sol à la con… Même un petite "90's touch", avec des drops à la Titou Lamaison. J'sais pas si c'était la qualité de l'image, mais devant un tel spectacle de jeu perpétuel et de ballons tombés "mais c'est pas grave, ça joue", je m'serez cru sur ESPN classic…

Sauf qu'à la fin on a perdu. Bouffés en touche, ruinés par le pied d'O'Gara, assommés par des fautes de minimes… Caramba, encore raté Marco! Gagner tout en faisant vibrer, c'est pas encore évident dans le rugby stéréotypé en crise. Même si la charnière Tillous-Borde/Lionel Beauxis, qui a régalé comme les inspirations de Max Médard. Allez, si ça continue comme ça (et si on tape les Anglais), ce sera un beau tournoi…

 

13/10/2008

Skrela bonne nouvelle du week-end…

david-skrela.jpgSentiment étrange, à l'issue de ce premier week-end d'ovalie européenne. Le rugby hexagonal nous a offert une galerie de roustes un brin inquiétantes. Clermont pathétique face à Sale, Biarritz et Castres impuissants face à Worcester et les Wasps. L'Angleterre des clubs nous a encore infligé une leçon. Montauban a frisé l'exploit au Munster, nous faisant regretter leur choix de l'équipe B, tandis que l'Usap l'a joué petit bras face à Trévise. En Challenge européen, c'est la lose à tous les étages. Défaites insensées à domicile (Viadana et Connacht à Bayonne et Dax!), branlées inommables (Toulon et Mont-de-Marsan qui prennent plus de 50 pions face à Northampton et aux Saracens), et victoire ric-rac de Bourgoin contre… le Dinamo Bucarest.

Heureusement, il y a eu Montpellier, Hernandez et Skrela. Les Héraultais ont claqué Bristol sans trembler, montrant qu'ils ont le niveau pour prétendre à l'Europe et pas qu'aux six premières places du Top 14. Le Stade Français nous a offert un festival de défense comme aux plus belles heures de Nick Mallet, et Juan-Martin-"el Mago" a encore bossé pour sa légende de Nijinski du rugby, enchaînant plaquages désespérés, intuitions géniales et décisives (passes smashées comme drops aussi soudains que lointains) et élégance outrancière. Enfin, il y a eu "la Skrèle".

Pas grand chose à rajouter à l'éloge de Nice Rugby: David est devenu Goliath. Pas encore très flamboyant dans le jeu (beaucoup de percussion, ce qui, pour un 10 toulousain, n'est pas suffisant ni adéquat), le sosie cabossé de Louis Garrel a tout de même réussi là contre la classieuse équipe de Bath là où on a vu Yach' se déchirer une bonne paire de fois. Cette pénalité décisive, outre sa trajectoire digne des plus belles séquence de jeu vidéo (en vidéo ici), nous apprend quelque chose d'heureux pour l'avenir des Bleus de Marco.

Avec Beauxis, qui avait passé similaire coup de pied l'an dernier avec Paris et se plaît de plus en plus à l'arrière, comme avec Trinh-Duc, qui progresse de semaine en semaine dans l'exercice du drop, on a enfin des botteurs dignes de ce nom, capables de tuer un match. Comme au Stadium dimanche, ça peut nous laisser espérer quelques moments de joies…

 
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