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12/05/2010

Sur les traces de L'Equipe

Image 1.pngBon, on va pas en faire des tonnes sur le nouveau coup de génie médiatique de not' Raymond. Même s'il n'a pas suivi les conseils du Sporting (bon, y a quand même Rami, Planus, Valbuena, Ben Arfa et Cissé… mais ni Pagis ni Abardonado!), on sent quand même que le Domenech s'est fait plaisir, en faisant sa tête de mule de Breton: des Rennais en veux-tu en voilà (Briand, Fanni, M'Vila) et puis 30 joueurs au lieu de 23. Juste pour énerver les râleurs, qui de toute façon auraient trouvé quelque chose pour exprimer leur atrabilité. Un peu de courage enfin, avec Benzema et Vieira qui restent à la maison, ça mettra un peu de plomb dans le crâne du premier, et ça fera dégonfler le melon du second, dont seul Manu Petit pleure la perte.

Bien qu'on entende bruisser la rancœur puérile des soixante millions de sélectionneurs envers tel ou tel choix, franchement, on ne peut pas dire qu'il y ait de gros scandales. Et on irait même jusqu'à oser dire qu'avec cette liste, il y aurait moyen de faire un onze très correct. Bon ok, pas forcément un onze qui fait rêver, mais qui doit permettre d'arriver quiquille en quarts.

Faudra pour ça avoir le courage de mettre Henry dans le placard (où se trouvent déjà Van Nistelroy, Totti ou Ronaldinho…) ; faire entrer Rami ou Planus avec Gallas voire en faire la nouvelle charnière. Ressusciter le duo Lass Diarra/Abou Diaby (qui ont connu leur première sélection ensemble), comme un revival de la paire d'or Makelele/Viera '2000 ; installer Malouda à gauche et Anelka en avant-centre (Chelsea's style) ; innover avec Valbuena que le reste du monde ne connaît pas ; accepter enfin que Gourcuff puisse nous faire une Zizou'96, pas brillant mais utile pour la suite…

Bref, en étant (presque) objectif, on peut accorder pas mal de bon sens au choix du coach, en tout cas largement autant qu'à tous ses contempteurs qui rivalisent de mauvaise foi pour se le payer encore une fois. Au final, Raymond et la critique, c'est comme la pluie en Bretagne: ça ne touche que les cons… Et puis quand même, comment ne pas admirer le génie communicationnel et la classe autodestructrice du sélectionneur aux jours comptés, quand on voit poindre son sourire sadique avant de foutre en l'air le plateau télé de Lolo Ferrari?



Mais plus fort encore que le nihilisme de coach Domenech, on ne peut que saluer la une à tiroir du quotidien du peuple, qui entend bien ce coup-ci profiter de son monopole pour avoir enfin raison. «Sur les traces de Jacquet». Avec un tel titre, L'Equipe laisse transparaître son envie d'en découdre avec l'entraîneur. Alors que les mêmes de la période 98 sont revenus aux manettes (excepté l'inénarrable et mythique Jérôme Bureau), c'est la (belle) plume du journal, Vincent Duluc, qui s'y colle, pour faire du «retour vers le futur», dès le premier paragraphe de son papier au vitriol. Trois lignes d'intro, avant de ne plus pouvoir se retenir: «(…) une question, au moins, nous est venue à l'esprit: et on joue à treize?»

 

L'allusion est cryptée, mais elle est belle et lourde de sens, rappelant la mythique Une du 6 mai 98, quand Mémé annonçait 28 noms au lieu de 22…

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Là où on se marre carrément, c'est que L'Equipe n'ose plus affirmer ses velléités préceptrices, et donc la joue un peu plus modeste, n'osant plus n'en penser ouvertement pas moins. Pourtant, comme en 98, il n'y a pas franchement scandale à d'abord publier une liste élargie, histoire de prévenir d'éventuelles blessures, surtout quand d'autres pays font de même, comme à l'époque. Mais au moins cela donne le ton de l'ambiance crétine qui promet d'entourer le Mondial des Bleus. A la différence notoire que cette fois-ci, L'Equipe espère être en osmose avec les Français. Au moins jusqu'à la qualification en quart de finale. Et pis sinon, ils nous feront un titre du style "Nous, on s'est encore trompé" (remember)…

31/10/2009

Et la lumière foot…

news_N6565668998.jpgC'est un but que personne n'avait vu jusqu'ici. Le cultissime "lost goal" de Jan Molby, le Danois virevoltant de Liverpool. Un but qui, au fil des récits des 41.291 troubadours liverpudlians présents à Anfield Road ce soir de novembre. Le 26 novembre 1985, contre Manchester. Ce soir-là, seule la radio retransmettait le match. Les années sombres du foot anglais. Violences dans les stades et sur le pré. Loin du foot, l'Angleterre est minée par les grèves du Lancashire. Les Conservateurs sont au top de l'ultra-libéralisme ravageur, et le peuple est privé de ballon à la télé, après avoir été privée de coupes d'Europe, suite au drame du Heysel (remember).

blackout.jpgOutre l'infamie de la mise au ban par l'UEFA (10 ans d'isolement finalement ramenés à sept ans de réflexion pré foot-bizness blairiste), la situation sociale est à son nadir. Façon Ken Loach sans Canto. Et pour achever de désespérer BritainBillancourt, le peuple est privé d'opium. A cause de rapports entre présidents de club et chaînes de télé aussi exécrables que celles de Maggie Thatcher et Jacques "mes couilles sur un plateau" Chirac.

Les stades sont vides (18.000 de moyenne, contre 45.000 cinq ans auparavant), les tacles violents et les défenseurs bourrés comme des puddings bien gras. Au point que la BBC et ITV en vinrent à imposer au petit peuple anglais un "Black out" de sinistre mémoire, pour cause de désaccords sur les droits télés. Six mois durant, aucune retransmission télé.

Image 5.pngEt ce 26 novembre 1985, à Anfield, les Reds ont vaincu Manchester United en demi-finale de la Milk Cup (à l'époque l'équivalent de la coupe de la ligue, mais qui veut dire quelque chose). 2-1, avec un but de Jan Molby, selon lui le plus beau de sa carrière. Un but que les spectateurs d'alors dissèquent encore sur les rives de la Mersey, avec la fierté d'en avoir été. Une chevauchée fantastique de 40m suivie d'une minasse XXL, devenue au gré des récits plus beau pion de tous les temps. A la recherche du "but perdu"…

Et puis, il y a trois jours, l'invraisembable s'est produit. Le but est réapparu. Le goût pour la légende entourant l'œuvre Jan Molby est tel, que tous les médias s'emballent sur une histoire de caméra surveillance dont les images auraient été offertes par le manager de Manchester à Molby, l'un des héros de l'âge d'or de la dynamite danoise (Rhaaaaaaa, Elkjaer et Soren Larsen, Michael Laudrup and co). En vrai, il semblerait que ce soit des images danoises (on n'en sort pas), synchronisées avec le son d'une radio d'époque, mais on n'a pas bien compris pourquoi ni comment le document vidéo a été enfin mis en ligne par LFC/TV (la chaîne des Reds).

Evidemment, le but n'est pas aussi beau que ce que tout le monde imaginait. Mais même si on peut dire que les défenses de l'époque ne valaient pas tripette, ou qu'on a vu des traversée de terrain bien plus formidables depuis, l'émotion de découvrir un trésor enfoui n'a pas de prix. Joyau archéologico-footballistique, où l'on sent un peu du spleen de l'Albion populaire, bafouée mais fière, des tragic eighties…




A ceux qui s'insurgent contre le viol d'un sanctuaire de l'imagination collective, on ne peut qu'opposer une riposte en format playstation. Car le but de Molby avait déjà été reconstitué, en août 2006. Version jeu vidéo…

 

11/06/2009

Finalement, Zidane est touchable

En passant, et juste pour le plaisir de se faire L'Equipe, qui franchement cherche le bâton, ce superbe contre-pied: Ronaldo signe au Real pour 94 millions d'euros. La veille, notre quotidien préféré nous sortait une de ces unes chauvino-crétines dont il a le secret…

 

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Y a pas à dire, le sens de l'actu, comme celui du ridicule, c'est inné.

28/03/2009

Conf de stress

Un jour, peut-être, les conférences de presse de Raymond ressembleront à ça. À celle de l'attaquant mexicain Nery Castillo, qui nous offre pendant une demi-douzaine de minutes un échange défoulatoire avec les journalistes, ambiance "vanne à tous les étages". Même si on n'est pas hispanophone, on sent la tension monter, de la chambre légère jusqu'à l'invite à en venir aux mains dehors. Et un final sublime, à mettre au crédit du successeur espéré d'Hugo Sanchez: "Tu connais la différence entre toi et moi? Moi je joue en Europe et toi tu es journaliste ici"…



Même s'il oublie de préciser qu'il évolue à Manchester City, qui n'est quand même pas le top du club européen, il a du panache, l'animal! Et du talent, aussi. remember la Copa America 2007, contre le Brésil…

 

19/03/2009

Démentis démentiels

une18032009_hd.jpgEn passant, avant de filer à la manif, cette somptueuse demi-colonne en bas à droite de la page 3 de L'Equipe de ce jour. Un modèle. Rappel des faits (si l'on peut dire) de la veille: une page plus la Une pour nous certifier que l'OM a prévu d'embaucher Paul Le Guen la saison prochaine, sauf si Gerets décidait de rester. Avec une preuve irréfutable: une photo d'Anigo et Colleu (l'adjoint de Paulo) en train de discuter ensemble avant le Classico. Evidemment, le papier dit l'inverse du titre et se termine par l'intérêt de la patate de Pencran pour l'Espagne…

Donc, dès le lendemain, les Ron Hubbard de l'actu sportive (car on ne peut décemment pas dire la Bible) se sentent bien obligés de rendre compte des démentis reçus de toute part… en 17 lignes. D'habitude, si on croit un minimum à ses sources, on fait suivre le démenti par un traditionnel "Nous maintenons nos informations". Mais là non. En revanche, on a droit à une effarante chronique de Didier Braun (en 31 lignes), intitulée "Cache-cache", où l'on glose sur les démentis. Mais pas que de ceux de RLD et du PSG. On y retrouve ainsi mêlés ceux, dont on se fiche un peu, de Cesc Fabregas, de joueurs de la Bundesliga, de l'association des grands clubs. Et l'on retient une phrase d'anthologie:

«Une info peut être fausse un jour et exacte le lendemain (et inversement). Elle peut être fondée à 99% à minuit moins une et 100% dépassée à minuit plus une. Elle peut être inexacte de bonne foi et démentie de mauvaise.»

Au fait, il signe quand Deschamps, au PSG?

27/01/2009

L'Equipe des bras cassés

sosies_manaudou.jpgJuste pour le plaisir, le Sporting reproduit une partie de la délirante et délicieuse galerie de fausses unes plus vraies qe nature, raillant le service photo de notre quotidien abhorré/adoré, en hommage à l'invraisemblable couverture de la sosie de Manaudou (peut-être une manip de l'avocat Poulmaire? Mais quand même, c'est pas le même chien! Quand on achète de la tof de paparazzi, on vérifie…).

Ça se passe sur l'inestimable blog "Paris sonne le glas" (pendant capital des non moins estimables OL' dirty barstards), accueillis par les non-non moins inestimables Cahiers du foot (Ptain les gars, vous revenez quand dans les kiosques?!). Et franchement on ne cesse d'en rire…

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La galerie dans son entier est visible ici (mention spéciale à Giuly et RLD), et on ne saurait trop vous conseiller le post revenant en diaporama/capture d'écran sur PSG-Lens…

03/11/2008

Le Zéro Sport

Image 5.pngRequinqué après ce week-end "TsongalœbOMhamilton" frisant l'overdose (vive la grippe), le Sporting Tertulia préfère parler de ceux qui ont parlé de ces sacres en tout genre, comme des championnats de ballons. Car ce lundi devait se lever une nouvelle ère dans l'histoire du pluralisme de la presse sportive. Le 10 sport. Enfin de la concurrence à L'Equipe, depuis l'éphémère et tué dans l'œuf Le Sport. Autant ne pas tourner autour du pot, c'est de la merde.

À dire vrai, on était déjà sceptique sur les ambitions d'un projet porté par Michel Moulin (le furtif ancien du PSG au pif douteux) et RMC (que plein de mes potes adorent, mais désolé, moi j'y arrive pas). Mais là, ils ont fait vraiment fort. Une couverture photomontée faisant repenser aux pires moments de But! (le magazine dégueu du non moins dégueu Olivier Rey), une mise en page des années 80 qui fait penser à un livre de coloriage, un contenu affligeant de platitude et d'inintérêt…

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Top du top, au bout de dix minute de lecture (et en lisant tout), l'hommage pseudo-lacrymal à Gilardi par Moulin himself. Ça, c'est l'article de la page Médias, avec comme "accroche d'actualité"… les six mois de sa mort. C'est vrai qu'il n'y avait pas d'autres sujets possible pour lancer un journal. Le sublime est atteint avec des pépites comme «Le sport, il y a ceux qui le font, et ceux qui en parle» (première phrase!) ou, comble de mauvais goût, «J'ose imaginer, en toute modestie, qu'il aurait, si ce n'est soutenu, tout au moins apprécié l'initiative qui est la nôtre». Marcel Cerdan, Puskas, Tabarly aussi, sans doute, Michel…

On passe sur la double page hippisme et les pauvres interviews, mais on reconnaît que les pages "amateur" et la double rugby sont plutôt bien torchées. En revanche, pour concurrencer L'Equipe, on est très loin du compte. Evidemment, le grand quotidien sportif a de son côté mis le paquet. 32 pages, au moins quatre par grands événements. Un journal comme on aimerait en trouver tous les jours. Sans parti-pris crétins, volonté de se faire le phare de notre pensée et petites connivences minables.

Le problème, c'est que dans aucun de ces journaux on ne trouvera trace du come-back de John Barnes dans la chanson, sur le plateau d'une Famille en or, ou que l'on évoquera la somptueuse ouverture de 30m en coup-du-foulard réalisée par Pablo Aimar dimanche. On ne trouvera pas non plus une série sur les mauvais garçons de la planète foot ou des questionnement sur l'effet Obama chez les sportifs métis. Pour ça, il y a les blogs, et hélas pas de journal.

41+omCDnE2L._SS500_.jpgÀ ce sujet, je vous conseille vivement la lecture de "La face cachée de L'Equipe" (éditions Danger public), du journaliste indépendant David Garcia. Bon, si vous êtes un accro du quotidien et que vous êtes intéressé par la vie d'une rédaction ou l'industrie de la presse, ça aide à apprécier le bouquin. Mais le travail est super sérieux et ultra-documenté. Et les 3/4 des interviewés parlent à visage découvert, ce qui est remarquable dans le journalisme d'aujourd'hui et crédibilise grandement le propos. Du passé trouble de la collaboration au tramatisme Aimé Jacquet, en passant par des histoires de pot belge couvertes ou du traitement de l'actu foot, on apprend beaucoup sur ce journal que l'on aime à détester, mais qui au fond nous fascine.

 

 

* En ce qui concerne Aujourd'hui Sport, le "killer paper" du groupe Amaury, j'ai pas lu. Mais il n'y avait finalement pas lieu de lancer cette initiative très mauvais esprit dans le genre pluralisme… Mais ce qu'on voit sur leur site internet a l'air pas mal. L'achèterai demain.

21/09/2008

Les hooligans ont pénétré le Stade de France

Trouvée par hasard sur le blog Complètement foot, cette bagarre de supporters lors du dernier France-Serbie au Stade de France. Vous en avez entendu parler?

Moi non. Seule trace de cet événement trouvé sur le ouaibe: ce témoignage d'un spectateur dans son blog sur Le Post, où il n'évoque que l'ambiance tendue dans les tribunes

«Arrivé à ma place, première surprise: il y a plus de Serbes que de Français dans ma tribune. Et ils ne sont pas forcément très bon enfant. On entend des "Serbia, Kosovo" dans leur kop. Sauf erreur de ma part, le Kosovo est plus ou moins indépendant, non?»

Mais rien dans la presse (ou alors, ça m'a échappé) sur ce fight quand même suffisamment impressionnant pour ne pas être réduit à l'anecdote. Si même le SdF un soir de match international devient un lieu où le hooliganisme s'immisce, ça mérite attention et réflexion, non? En tout cas ça m'aurait davantage intéressé d'en savoir plus la-dessus que sur Raymond, sa vie, sa mort.

 
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