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15/07/2010

A bout de sprint

Le nez dans le guidon. Debout sur la selle. La terre promise au bout de la ligne droite. A une dizaine de jours du départ en vacances, embringué dans une invraisemblable affaire politico-mediatico-trotskyste, on n'a même pas pris le temps de saluer la Roja espagnole championne du monde. Et en même temps, on n'a rien à en dire, vu qu'on n'est jamais vraiment entré dans ce mondial. Heureusement que le Tour commençait.

Image 39.pngSauf qu'on n'a pas eu le temps de saluer non plus comme il se doit le nostalgicultissime numéro les duettistes tricolores Chavanel et Pineau, insouciant alliage du cycliste qui nous fait kiffer, sans prétentions mais un peu costaud quand même. Deux potes de chambrée capables de gagner deux fois une étape à deux, en quatre jours. Image 36.pngAvant de s'effondrer à chaque surlendemain. Des gars humains en somme, mais qui ont eu raison de la machine Cancellara (décryptée ici par l'excellent Antoine Vayer), au point de le sortir de la course. Un Mimosa qui fleurit deux fois (© Chef Dalloni et ses sublimes chroniques) et un "simple cycliste" qui ne la ramène pas, mais qui se retrouve à mi-Tour en pois rouge qui tâche. Un peu à la façon des héros de notre enfance, les Bataves Rooks&Theunisse, mais en propres.

Est-ce la voix d'outre-tombe de Fignon ou le pathétique et incontinent Gégé Holtz (et ses "fils de Putte" à l'antenne)? Les hallucinantes neutralisations de peloton (lire chez l'ami Toninonino)? L'arrivée des nouvelles pilules anti-obésité qui font ressembler les forçats d'aujourd'hui à des squelettes sur roues? On avait quand même eu un peu de mal aussi à rentrer dans la Boucle. La traversée des polders sans un brin de vent, les pavés d'Arenberg galvaudés en péripétie, ces irritantes étapes de montagne qui se finissent en descente…

Mais force est de reconnaître que là, on retrouve le goût du vélo comme l'aime, celui passé sur les genoux de grand-père en tricot de corps. Le vélo d'avant-Festina. Même si on n'est pas dupe, hein. Mais rien que voir Lance Armstrong faire l'année de trop et prendre (enfin) ses dix minutes dans la musette, ça sonne comme un symbole qui fait sourire. Difficile de ne pas adhérer au mavais esprit jovial de ces vidéastes amateurs ayant eu la chance de voir le Texan voleur de nos rêves enfantins se vautrer comme une vétéran vieillissant à la sortie d'un rond-point…




Désormais, après l'étape de la Madeleine, on a droit à un beau duel indécis à l'ancienne, entre deux grimpeurs aux charmes et aux défauts partagés. Un Luxembourgeois et un Espagnol, qui vont en découdre dans le massif central et surtout les Pyrénées. Andy Schleck et Alberto Contador, comme un flash-back de nos années Roche/Delgado…


 

Et puis on a vu le retour des sprints d'antan. Faut dire qu'on misait beaucoup sur le scottish Cavendish pour revivre les grands moments de Joe Bar team à pédales qui ont rythmé nos étés d'adolescent ne voyant pas l'intérêt d'aller cramer à Palavas. "Ugly Cav" nous en avait beaucoup promis il y a un mois au Tour de Suisse, en zigzaquant à 200 avant d'effondrer une dizaine de concurrents qui depuis le détestent (voir la vidéo). Et puis ce jeudi aprèm', on a eu droit au bon vieux retour du coup de boule de voyou dans l'emballage final. Cavendish a carrément contaminé son poisson pilote Mark Renshaw. Doux parfums des années 80/90…




Et comment ne pas comprendre l'incrédulité de l'Ecossais à l'annonce de la disqualification de son gregario? C'est Djamolidine qu'on assassine…





Djamolidine, c'est Abdoujaparov. L'ogre de Taschkent, fils d'un ours ouzbek et d'une walkyrie caucasienne, qui aura inscrit à jamais sa chute sur les Champs-Elysées tout au sommet de notre petit panthéon du sprint vicelard…





Pour être honnête, les premiers à avoir gravé leurs noms dans notre mémoire de trentenaires, c'étaient d'abord Jean-Paul Van Poppel et Guido Bontempi. Le roi hollandais et la teigne italienne. Quand c'était pas l'un qui gagnait, c'était l'autre. Des rois de la ligne droite qui déborde. Des seigneurs du sprint…


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Image 37.pngEt puis, il y avait aussi Sean Kelly. L'autre Irlandais majestueux, longtemps n°1 mondial au classement de Vélo Magazine, complément parfait de l'inestimable Stephen Roche. Grand rouleur, mais aussi sprinteur qui nous a fait aimer le maillot vert. Et qui ne rechignait pas lui non plus à tirer des bords en se tirant la bourre…





Image 40.pngBonus Jaja: Comment ne pas évoquer le sprint d'Armentières, qui mit fin à la première vie de Jalabert le casse-cou, avant sa réincarnation en panda irrésistible, en classiques comme à pois. Bien obligé de confesser qu'une part de mon aversion gaucho-à-la-con contre la police vient aussi un peu de cette année 94, où un con de flic ne fit pas gaffe à Wilfried Nissen…




Bonus "les genoux de papé": Ah Dédé Darrigade, le recordman des victoires, le premier sprinteur moderne mais en noir et blanc…


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Bonus Kangourou de traviole: Robbie Mc Ewen à l'œuvre, qui déchausse et en perd presque son casque sur le poitrail du voisin. Car on peut toujours faire confiance aux Australiens quand il s'agit d'être bourrin…





Bonus Bidon:
Sans doute le plus beau geste technique de la sale histoire du sprint. Le grand Tom Steels dans ses œuvres, et le pauvre Frédo Moncassin en victime expiatoire…

 

05/07/2010

Coupé court

Image 27.pngBien sûr, il y avait le boulot (et en ce moment c'est prenant), mais c'est une fausse raison. L'inactivité et le silence consternés depuis l'élimination de Raymond et ses caïds nietszchéens (qu'on n'a rarement eu autant envie de défendre), voilà ce qui nous a décidé d'abandonner le comptoir du Sporting Tertulia à la Régine d'une France rance. Ras-la-Coupe. Ou ras la crêpe, comme dirait le cultissime Eric de Quimper.

Même en regardant du côté du rugby, aucun moyen de s'échapper de cette morosité. Les Bleus de Marco ne valent pas mieux, après leurs roustes en Afsud et en Argentine. Au moins savent-ils conservers les affaires de commodes volantes à l'intérieur du vestiaire. Côté Montpeul, Frêche menace de couper les subventions pour obtenir la tête du président du MRC, juste parce que c'est le beau-fils d'un ennemi (à lire chez Mister rugby), tout ça pour installer un fils Nicollin (le même que le père, en plus bête…), qui nous fera descendre en Fédérale comme il vient de le faire avec Béziers…

Même notre impatience de voir la nouvelle recrue de la Paillade Marco Estrada nous faire saliver a fait long feu: le Chilien n'a joué que trente minutes avant de se faire expulser par cette truqueuse honteuse de Fernando Torres contre une Espagne même plus belle à voir tiqui-taker. Un nouveau complot anti-héraultais nous donnant des envies de Mario Kart…

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Egalement une version en mode Steven Seagal: défenseur des enfants vivants s'abstenir de cliquer ici

 

C'est un sentiment étrange que de n'avoir jamais réussi à l'aimer, cette coupe du monde. On aura pourtant maté quasiment tous les matchs. Mais on n'a eu que des bouts de rêves inachevés. Des Latinos éjaculateurs précoces, qui régalent la chique avant de disparaître en quarts, sauf l'effroyable imposture uruguayenne (bien que Suarez a joliment pénétré le panthéon de l'immoralité géniale, auprès du maître Mario Kempes lors d'Argentine-Pologne'78).

Oui bien sûr, il y a l'Allemagne. Ok, ils n'ont plus de moustaches comme chez l'énorme Bouzard (cf. dessin ci-dessus). Ok, désormais les Allemands sont Turcs, ils jouent bien, sans aucune star, les vertus du collectif gnagnagna… mais ça reste l'Allemagne, merde.

 

Sans même parler des Bleus (trop frais pour digérer et rendre l'hommage funèbre qu'il mérite à Domenech l'incompris), combien de déceptions. Le Chili, le Japon, la Corée, la Serbie, la Côte-d'Ivoire… Tous nos chouchous au jeu frissonnant mais inutile se sont fracassés sur des montagnes de réalisme froid.

Et puis l'Argentine. Comme une grande claque dans la gueule…


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Diego s'en va, comme un petit exclu du match par les grands de la cour de récré. Comme un enfant dans un football qui ne le mérite plus, où Pelé et Nike ont gagné, où il semble être le dernier Pibe à vouloir jouer, simplement jouer. «Moi, on m'a dit "entre et joue comme un homme libre", alors c'est ce que j'ai dit à Messi». Mais mon Diego, qu'est-ce que tu veux qu'il comprenne à ça, le Léo. Y a qu'à voir la tronche lasse des joueurs quand ils vient les embrasser comme un père qui n'a pas grandi, seul dans ce monde de Peter Pan du ballon. Qu'est-ce tu veux qu'il comprenne à ça, Carlos Tevez…


Mais parce que Diego reste D10S, on écrasera une larme de bonheur amer contre l'injustice du monde tel qu'on voudrait qu'il tourne, en voyant le bus du retour argentin acclamé par les Hinchas, façon Eva Peron le retour. Dont't cry for me Argentinaaaaa…

Bref, un Mondial où on se retrouve à supporter mollement les Bataves, en hommage au «Govou Batave» Dirk "lendemain de" Kuyt, et en mémoire de Cruyff et Bergkamp. Au moins jouent-ils encore en respectant la règle du carré magique, bien qu'un peu mécanique, l'Oranje. A dire vrai, on doute quand même de retrouver le football total né en 1974, contre l'Uruguay (déjà)…






Et pendant que les débats sur l'arbitrage vidéo n'en finissaient plus de nous gaver, la majorité présidentielle nous refaisait le coup du dernier Mondial de rugby, en se faisant reléguer par la Fifa au rang des dictatures en guerre et autres pays à peine émergent, dans le classement de l'instrumentalisation. Sans déconner, une injonction pour ingérence. Mais on est dans quel pays?! Les dernières fédés suspendues, c'étaient  malgache, grecque, iranienne, irakienne, yéménite, kényane, tchadienne, éthiopienne ou encore koweïtienne (source)…

En plus, tout ça pour agiter les bras, obtenir une démission retardée de papy Escalette, et donner les clés de l'avenir tout entier à Lolo Blanc. Même pas les couilles du Nigeria, qui a carrément suspendu sa sélection de compétition internationale pendant deux ans (avant de finalement renoncer, dans un bel élan sarkozyste).

En somme, ce Mondial s'est fini avant même de commencer, tant rien ne me faisait retrouver mon chauvinisme d'antan. Comme en 2007 pour le Mondial de rugby, avec la lettre de Guy Môquet et les sifflets du Stade de France pendant l'hymne argentin. En fait, je crois que je n'aime pas supporter mon pays quand il est à droite. Ce n'est pas tant un point de vue politique, enfin un peu quand même, c'est juste que c'est toujours le fiasco quand elle est aux manettes, question sport.

Sans déconner, si l'on s'en tient aux 30 dernières années, il s'est passé quoi de notoire en 86-87 (à part le Matra de Lagardère…), 93-95 (ne me dites pas la Coupe à toto du PSG!) et 2002-2010? Mitterrand revient! Et ramène avec toi Noah, Hinault et Platini! Parce que là, j'en peux plus de la récup' politique du foot…

 

La bonne nouvelle, c'est qu'on n'a plus besoin de s'accroucher à ce Mondial qui a coupé court. Le tour de France vient de commencer…

23/06/2010

Fin de cabaret…

En passant, car totalement en manque de temps à consacrer à la tertulia, une vidéo éhontément piquée à un collègue (©latruffe) sur Mediapart, pour saluer l'élimination des gars de Raymond. Un joli morceau d'histoire de France "bien sous-culte", qui résume bien mieux que toute analyse sans recul le ras-le-bol du cirque médiatico-politique, l'enterrement définitif de France 98, et l'ambiance moisie de l'équipe comme du pays: "Sors de ma vie! Ne reviens pluuuuuus"…



21/06/2010

Inventaire d'un pré vert qui rend véner

Image 9.pngQuand le foot éteint les Lumières. Oubliée la révolution française, notre pays est en train de devenir un pays du tiers-monde, où politiques et médias s'obnubilent sur un jeu de balle, comme si l'avenir de la Nation en dépendait. Depuis trois semaines, pris par beaucoup de boulot et un peu de récup à Montpeul, on avait délaissé la tertulia, tout juste s'étions-nous renseigné sur la nouvelle recrue de Loulou Nicollin, le classieux Chilien Marco Estrada (et ça promet!). En revanche, on n'avait pas vu venir l'emballement surréel de nostalgiques descendants de Footix et de France 98. Et ça nous a un peu plombé l'envie de jouer au commentateur, cette spirale vicieuse de la dramatisation indécente et un peu inquiétante démocratiquement.

Crise financière, désespérance sociale, affaires politico-judiciaires, s'en fout la vie, seuls les Bleus comptent. Et on flippe un peu de se prendre à espérer l'élimination des Bleus pour en finir avec ce magma technico-polemico-bien-pensant, alors que l'ado-footeux qui nous constitue depuis le Mondial'86 ne rêve que d'une qualif magnifique et inattendue des gars de Raymond. J'sais pas, moi, un truc de ouf, comme un PSG-Steaua Bucarest'97, avec de la chance, de l'entrain, de l'état de grâce collectif malgré les histoires de fax perdus…



Bon, évacuons d'emblée l'objet sportif: la sélection a failli, et bordel, ça arrive! Les joueurs sont des starlettes et n'ont pas réussi à développer le jeu collectif qui détermine un parcours réussi. Quel scoop. Domenech aura tenté le coup du 4-3-3, qui n'a pas pris comme espéré. A cause de joueurs clairement trop responsabilisés au regard de leur immaturité, elle-même pas si illogique vue la déconnexion du réel qu'ils rencontrent. Donc la compo n'était pas assez ambitieuse (remember), ok. Mais cela vaut-il le lynchage dont rêvent certains au retour de l'aéroport? Cela mérite-t-il de nous infliger autant de commentaires de la part de gens qu'on n'a aussi peu envie d'entendre?

C'est quand même pas comme si on n'avait jamais vécu ça? Oui, 2008 et 2002, bien sûr. Mais ça existait même avant l'ère "dite du Stade de france". Car si on regarde, avant, c'était presque mieux. Ginola salement assassiné par Gérard Houllier après France-Bulgarie'93. Canto qui traite à la télé le coach Henri Michel de "sac à merde" en 88. Larios écarté du mondial'82 pour s'être tapé la femme de Platoche (le web n'existait pas encore).

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On nous la joue aujourd'hui comme si le foot rythmait nos états-d'âmes et nos vies. Mais c'est que du foot, bordel! Un putain de jeu qui nous transcende et nous rend parfois cons, certes. Mais qui ne nous éblouit pas non plus au point d'oublier tout le reste. Pas au point de subir tous les JT et Unes consacrés seulement au foot! TF1 comme Francetélé, Libé comme le Parigot. Quant à L'Equipe, c'est juste la grande classe et les mots qui nous manquent…

 

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Passons sur le fait que personne ne remet en cause l'audacieuse titraille, cette tribune sur Rue 89 a dit l'essentiel («L'Equipe ressemble à l'équipe de France. L'un et l'autre se complaisent à patauger dans la boue»), en ayant juste une pensée pour Didier Porte qui a choqué les tièdes avec son "J'encule Sarkozy", mais semble bien plus coupable que "le quotidien-sportif-préféré-et-unique" des Français.

Passons aussi sur l'achèvement du rêve de journalistes qui peuvent enfin refermer à la hache la parenthèse Jacquet (remember), en mettant un poing final dans la tronche à Raymond, avant d'ouvrir le paragraphe Lolo Blanc, dont on attend de savoir s'ils seront ausi prompts à nous raconter l'origine de son surnom de "président"… Ne soulignons juste que le magnifique culot de son red chef, qui nous ferait presque pleurer, quand dimanche soir il regrette de ne pouvoir titrer sur Brésil-Côte d'Ivoire. Eh mais tu sais que rien ne t'en empêche, mon gars?!

 

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Pourtant, au fur et à mesure que les heures passent, on se rend compte qu'Anelka n'a juste lâché qu'un «Va te faire enculer, avec ton système de jeu de merde» n'ayant pas vocation à sortir d'un vestiaire et pas bien méchant, à défaut d'être respectueux, bien peigné et catholique. Et qui connaît l'intimité d'un vestiaire en sport collectif ne va pas se formaliser pour si peu.

Rhôôô, L'Equipe aurait survendu une info pour faire du chiffre?

En revanche, on adhère vachement plus à la thèse de Vikash Dhorasoo, qui voit enfin une marque de solidarité au royaume des joueurs de foot, pour défendre l'un des leurs face au grand n'importe quoi fédéral (l'analyse syndicale est aussi poussée ici, chez peuples.net): "J'aurais bien aimé que les joueurs du PSG se mobilisent comme ça quand je me suis fait viré"… (dans 100%foot ce dimanche)

 

Et puis on a aussi droit au grand retour des footocrates. A peine remis de l'halali Attali (et BHL, et Joffrin…) après France-Irlande (remember), qu'on les voit poindre à nouveau leurs bouche pincée pour dégueuler de l'ineptie de salons, où la télé n'a d'ailleurs sans doute jamais été branché sur Téléfoot ou l'Equipe du dimanche… Attali est encore de la partie, bien sûr.

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Mais ce coup-ci, Attali s'est fait griller par Finkielkraut, plus rapide à dégainer dans le JDD. Faut dire qu'il y a de la bonne caricaturacaille à malaxer. Ah, ces voyous de footeux de banlieues, abrutis par leur rap qu'ils écoutent en descendant du bus et qui les fait oublier de signer des autographes… Caricaturacaille qui offre au débat sur l'Identité nationale un prolongement inconscient. Les Blacks-Blancs-Blancs avaient pourtant laissé de côté les Beurs dans les 23. Hélas, on avait oublié les caïds Ribery et Anelka.

Et puis, il y a les Sarko, Guéant, Copé qui se prennent pour des entraîneurs, une manière inconsciente de reconnaître qu'ils se verraient bien à une autre place, où il est vrai qu'on trouve de sacrés amateurs en matière de gestion de crise. Et qu'importe que les contempteurs d'aujourd'hui soient les plus fervents supporters d'hier… Franchement, c'est quoi ce pays où le président fait «confiance à la ministre (Roselyne Bachelot ???, ndlr) pour que les conclusions soient tirées de cet échec et que les mesures soient mises en oeuvre, pour que la France du football puisse à nouveau être pleine d'espérance». Non mais on rêve! Et pourquoi pas moraliser le capitalisme, tant qu'on y est?

Et puis, pourquoi voir un mauvais remake de série B dans les péripéties de la bande à Raymond. Pourquoi ne pas y voir un passionnant drame shakespearien. Il y a quelque chose de pourri au royaume du football. De pourri, mais finalement quelque chose d'amusant, aussi.

 

La honte nationale, et toutes ces conneries, faut arrêter. Il y a du sublime dans ce sordide, et sans en faire des tonnes, bien sûr que ça raconte une époque, au moins autant que les faits-divers. Mais pas davantage non plus. La honte nationale, c'est le chômage des jeunes, la loi sur la burqa, ou le silence médiatico-politique dans l'affaire Karachi.

Si on prend une torgnole et qu'on se fait éliminer au premier tour du Mondial, ça peut se vivre sans drame et sans qu'on ne parle absolument que de ça au bureau. Y a une coupe du Monde pour se régaler, plus ouverte que jamais en plus (à lire, cette remarquable chronique défootixitisée de ce début de Mondial, par l'excellent Cherif Ghemmour sur Sofoot.com). L'Argentine de Diego, les Brésiliens, les Chiliens, les Ghanéens, les Coréens du Sud et du Nord, du foot un peu frais et moins fermé que nos championnats moisis tellement ils sont renfermés. Et puis, les merdouilles qui arrivent aujourd'hui sont celles de chaque équipe en fin de cycle ou en transition vers le prochain (remember l'ambiance chez les Bataves'98). L'affaire Anelka rejoindra le panthéon des gestes un peu honteux mais finalement culte avec le temps du foot hexagonal.

Et il reste deux jours pour espèrer que les Bleus nous offrent un revirement splendidissime. En musique, hisoire d'en rire. Et pour arrêter d'en pleurer de désarroi…



Bonus stand-up: Mark the Ugly note les Bleus après france-Mexique. On s'en lasse pas…

31/05/2010

A mobyleeeeeette…

Tour-de-Suisse-etape-1-Cancellara-roi.jpgEn passant, cette hallucinante vidéo de Fabian Cancellara, trouvé sur un article du Soir de Bruxelles (via @GillesKlein sur Twitter). On ne parvient pas à se convaincre de la véracité de l'hypothèse défendue par la RAI, tellement c'est gros. Mais si c'est, vrai, comment ça serait énorme! Et comment ça nous paraîtrait pas bizarre du tout, mais alors pas du tout, quand on se rappelle des deux moments de flottement incrédules qui ont chaque fois plané sur le salon, la télé, et les vélopotes, à chaque attaque du cycliste suisse dans le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

Deux fois la course pliée à la pédale, sans décoller les mains des cocottes, ni le cul de la selle. Deux fois une impression d'«Armstronguisation" de nos classiques préférées. Deux fois le malheureux Tom Boonen, pourtant sacrément costaud, largué en quelques centaines de mètres. Et puis l'explication, trop incroyable pour être vraie. Et qui nous fait repenser après coup à ces deux moments de stupéfaction vite oubliés, où le gars Fabio change de vélo en plein milieu de course. Deux fois. Dans le "Ronde" comme pendant "Roubaix". Avant de démarrer la mob…




[il ne faut pas rater la fin, à partir de 3'20…]

30/05/2010

10 et der

ALeqM5hMjeLH_dV9_3FZR8Vz60iKpI4GiA.jpgC'étaient aussi des larmes. Mais celles-ci saluent une belle histoire. Autour de nous dans la tribune de presse d'un Stade de France presque plaisant quand le rugby s'en empare, les journalistes auvergnats avaient les yeux mouillés, au coup de sifflet final de cet ASM-USAP enfin victorieux pour les Jaunards. Etaient-elles plus émouvantes que celles d'il y a un an, celles que l'enfant clermontois tentait de sécher dans le RER du retour vers Paris, tandis que son père répétait en boucle et hagard: "Même si on est encore en finale, on ne reviendra pas l'an prochain… "

Bien sûr ça fait plaisir de voir les héritiers du glorieux Montferrand toucher le bout de bois. Et voir Rougerie tout de suite filer le bouclier de Brennus aux anciens en costards pour qu'ils puissent le voir de près, enfin. Comme dirait un Bougnat célèbre reconverti en pionnier de l'info web: "Qu'on se le dise, on ne bat pas l'ASM onze fois de suite en finale"…

Les Jaunes et Bleus au sommet, rien que pour la mémoire de l'immense Jean-Marc Lhermet, d'Olivier Merle (l'homme aux surnoms multiples -"l'homme et demi", "le Massif central", "Merluche"…-), d'Olivier dit "Charly" Magne ou du "Goret" Philippe Saint-André, ça fait plaisir. Et si on repense à Jean-Pierre Romeu, là ça fait super plaisir…




Mais il y a toutefois un goût d'inachevé dans le succès de Clermont sur Perpignan. Comme si cette victoire tant attendue avait finalement peu de chances de rester dans notre mémoire. Mauvais match, quasiment offert par des Catalans sans idées et sans jus, un buteur déréglé (12 points face aux poteaux laissés en route!), une overdose de chandelles et un essai de troisième ligne de Nalaga. Un constat aussi: avec cette nouvelle formule de barrages qualifiant les six premiers du Top 14, mieux vaut ne pas terminer la saison régulière dans les deux premières places sous peine de manquer cruellement de rythme dans le sprint final, faute d'avoir joué de "faux-quarts".

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Et puis il y a quand même l'arbitrage, qui aura bien aidé le miracle du volcan qui se réveille enfin. Ça n'enlève rien, évidemment, au succès de la maison Michelin mais tout de même, tant d'erreurs décisives en faveur de Clermont dans ses trois matchs de phases finales, contre le Racing (pénalité avancée de 25m et offerte bien qu'hors les perches /21-17), contre Toulon (essai non valable validé sans recours à la vidéo /35-29 a.p.) et même contre Perpignan, dans une moindre mesure d'importance (touche normalement catalane pourtant volée par Nalaga et vite jouée pour le drop qui achève l'USAP/19-6). Bon, les images de la finale ne sont pas dispos à cette heure, mais il vaut mieux se repasser un résumé de la demie Clermont-Toulon (qui se jouait en "terrain neutre" à Saint-Etienne), tellement il était beau ce match…




cf_200312303400400_w_lamontagne_.jpgMais plutôt que d'en rajouter sur la mauvaise foi, ne pouvant crier à nouveau UuuuUuuuUuusap!, on préfère s'agenouiller devant Morgan Parra. Le demi de mêlée de 23 balais qui n'en finit pas d'impressionner. Le pa(r)ratonnerre du ciel qui s'abat sur la tête des Arvernes depuis Alesia. Premier Brennus, dans la foulée d'un premier Grand-Chelem. Pas encore assez connu pour avoir un best-of sur Youtube digne de ce nom, mais quand même une petite vidéo un peu cucul de fan…



28/05/2010

FC Saint-Germain

On n'a pas franchement envie d'en rajouter des tonnes sur l'Euro 2016 obtenu par la France. D'abord, parce qu'il est assez horripilant de voir Sarkozy, Rama Yade et Roselyne Bachelot se faire belles sur les photos et préempter en dernière minute le succès du choix platinesque. Pour avoir douloureusement vécu le Mondial 2007 de rugby en France, l'instrumentalisation du fait sportif par la droite n'annonce généralement rien de bon (remember).

photo_1275038327621-2-0_w350.jpgEnsuite, l'hypothèse d'un Sarkozy réélu n'indique rien de bon pour cet Euro, en vertu de la jurisprudence 84/98/00, voulant que la france du foot ne gagne que quand la gauche est aux manettes. Enfin, on ne peut cacher une infinie tristesse vis-à-vis des Turcs, une nouvelle fois humiliée par la patrie de Philippe de Villiers, alors qu'une telle reconnaissance (organiser le championnat d'Europe dans la dernière ligne droite des négos d'entrée dans l'UE) aurait eu tellement de la gueule.

[EDIT: L'hallucinant lapsus de Marc Planus nous conforte dans notre modération…]



Bref, même si on fait les bégueules et que dans six ans on sera bien content d'être à domicile, on n'a pas envie d'en dire plus que ça. D'autant plus que, en ce jour de la Saint-Germain et à la veille de la grande brocante du Parc des Princes (authentique), on avait envie d'adresser un clin-d'œil à tous ces supporters du PSG désormais privés de kop.

Globalement, et même si en bon sudiste je ne renierai pas mon côté "anti-Parisien" assumé, je ne peux qu'approuver les cris de colère et de désespoir de supporters trouvés ici (sur Mediapart) ou ici (sur Rue 89), après l'annonce du plan "Tous PSG". On n'en fera pas des caisses sur la 1716276564_small.jpgpolitisation des tribunes, mais on ne se lassera pas d'halluciner sur le comportement des instances du club du XVIe vingt ans durant, privilégiant systématiquement les fachos de Boulogne comme interlocuteurs (avant d'en embaucher régulièrement), au détriment des Arabes d'Auteuil (oui, je schématise à mort, mais pas tant).

Visiblement, Etat, ville de Paris, direction du PSG et pipoles tocards (de Passi à Florian Gazan!) ont décidé que l'intermédiation et l'associatif ne servait à rien, et qu'il valait mieux criminaliser et stigmatiser le mouvement ultra quelqu'il soit, plutôt que de le comprendre et de s'appuyer dessus pour le responsabiliser. Plutôt virer les pauvres en augmentant le prix des places et en supprimant les abonnements. Bientôt les masques de Footix donneront droit à une entrée libre…

 

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(plan du Parc des Princes, 1970-2010)

 

Bref, en guise de message de soutien aux supporters d'Auteuil qui n'en finissent pas de m'impressionner par leurs voix et l'écho qu'ils font raisonner dans la cuvette du Parc, un rêve m'est venu, alors que certains déjà s'organisent (mais se contente pour l'heure de pétitionner).

Et pourquoi pas un FC Saint-Germain? Avec les vrais de vrais, les présentables idéologiquement, les fous furieux du fumi et du tifo, les gars qui ne s'arrêteront jamais, jamais, jamais de chanter.

fcunitedbadgepic.gifFaçon FC United bien sûr, cette dissidence mancunienne de supporters purs et prolos, qui avaient ainsi protesté contre le rachat de leur club de cœur par le Ricain Malcom Glazer, après une première tentative du Sky de Murdoch (en lire plus ici). Un truc informe qui commencerait en huitième division, mais qui serait autogéré par les fans eux-mêmes et où l'on viendrait cultiver le souvenir de ce que les ultras ont de meilleur. Avec en plus un avantage certain qu'aurait le FC Saint-Germain sur son grand frère britton: à la différence de Manchester United, les grands méchants libéraux destructeurs de Colony Capital ne sont même pas foutu de débloquer le moindre pognon pour améliorer l'équipe et, donc, attirer au stade les si désirées familles…

Pour continuer de rêver dans mon coin pour un club que j'ai pourtant toujours détesté (en fait c'est pas vrai, j'ai pleuré lors de la tête de Kombouaré contre le Real, mais bon faut savoir tenir sa posture), voici une bonne série de vidéos mythiques de chansons de tribunes toute plus minables mais classes les unes quel les autres. Des vidéos qui laissent imaginer ce que pourrait être un deuxième PSG de banlieue parisienne, mais qui serait en fait le premier des PSG.

Dans un bon vieux stade de 5.000 personnes où vous ne seriez que 500, avec un maillot juste rouge et bleu sur le dos, sans publicité dessus (même pas RTL). Où vous compteriez chaque semaine un peu moins de supporters que celle d'avant, mais où vous vous en foutriez. Parce que ce qui compte vraiment, c'est de pouvoir encourager le club avec tous les fumigènes et les banderoles moqueuses possibles, sans qu'on vienne vous emmerder, point barre. Un kop où vous entonneriez des chants un peu pourris, mais qui seraient les plus beaux du monde malgré tout. Un kop de seconde zone, mais au-delà de tous les autres. Car un kop de mecs qui lâcheraient rien sur les valeurs du foot, du vrai de celui qu'on aime tous en commun.

Un kop comme celui du FC United. Où vous chanteriez des trucs comme "We're having a party when Leproux dies" (en hommage à un bon vieux chant grivois sur la mort de Thatcher)…


Ou "When FC Saint-Germain Go Out to Play" ("Nous ne jouerons plus jamais pour canal+!")…


Ou encore "Bazin is in a coma, I hope, I hope…" ("Et Bazin dit: errrrglghhglgh…")




Bon, le risque toutefois, il faut bien l'avouer, c'est de se faire chambrer par les adversaires quand, une fois passé l'enthousiasme des débuts, y a plus personne en tribune et que vous prenez un but (forcément par un gars qui serez passé par chez vous en minimes il y a 20 ans)…




Mais l'essentiel serait qu'à chaque match, ce serait le plus beau des voyages. Et que vous hurleriez à la fin, des souvenirs de Bats, Ginola ou  Leonardo plein le cœur, un vibrant "Dont' wanna go home"…

26/05/2010

De la sueur et des armes

Image 14.pngLes choses rentrent dans l'ordre. Et le Mondial va pouvoir commencer, à peu près sereinement. Par tradition, on a évidemment décidé de mettre les Bleus dans le dernier carré du concours de pronostic de la rédac (et l'Argentine championne, évidemment). Mais bon, le scepticisme ambiant avait fini par me mettre le doute. J'avoue même que j'en suis venu à penser que le départ chelou de Lass Diarra n'était évidemment qu'une bonne vieille affaire de dopage dissimulé qui nous pèterait à la gueule en plein pendant l'épreuve…

(Au passage, je vous conseille la lecture d'une belle mise en scène "façon Dr House" de cette hypothèse hautement paranoïaque, par l'excellent et cultissime Jean-Da Flaysakier sur son blog)

Et puis France-Costa-Rica. Et puis 0-1 au bout de dix minutes. La continuation de la détestation footixtique façon Attali, l'ambiance pourrie pré-98 (et pré-06), Domenech qui se fait siffler par les Chtis, les gars de l'Equipe qui se frottent les mains en pensant aux rotatives…

Domenech impuissant.jpgEt puis camembert. Si Raymond n'en a pas tout à fait eu lors de sa compo (comment il aurait été beau Pagis dans cette équipe!), ce mec a quand même aujourd'hui des couilles grosses comme ça. Ce n'est quand même pas rien, de passer d'un coup du morne 4-4-2 tout pourri et immobile, au bon vieux 4-3-3 d'antan, de la rage plein les dents! Avec un seul milieu def', en prime! Bonus sublime: juste pour faire causer, il nous glisse un incompréhensible Mandanda aux cages. Lequel, après une cagade à rebond un peu con, aura fait son match mais sans contester l'évidence Lloris.

Question joueurs, c'est assez simple: on avait pas vu une telle motivation enthousiaste, dans la dépense d'énergie comme dans la volonté de création, depuis le France-Italie 2006. Celui après le Mondial, avec le doublé de Govou, qui a ce soir un pris un certain coup de vieux. Certes la charnière fait également toujours un peu flipper, et il est trop tard pour rêver d'une alléchante paire Squillaci/Planus. Mais Gourcuff est affûté comme jamais cette saison. Ribéry a retrouvé son rapide déhanché briseur de reins. Malouda a des canes et du volume de jeu. Toulalan est ses dix-huit poumons semblent plus que taillés pour le poste de récupérateur solitaire. Last but not least, Evra en capitaine, même le temps d'un match, ça a une certaine classe entraînante, surtout quand on l'entend causer, sur le site Goal.com. Autre chose qu'Henry…

Image 9.png

 

Et puis ce soir, y avait un sacré banc. Des remplaçants bien au taquet, certains pouvant même espérer devenir titulaires en cours de compèt', vu le système offensif exigeant imaginé par Domenech. Diaby, Valbuena, Squillaci, Gignac ont des profils idéaux pour intégrer une stratégie de jeu reposant sur l'activité incessante (pas "football total", mais un peu). Et on peut y ajouter Cissé les yeux fermés, bien qu'il n'ait pas joué contre le Costa-Rica. Oui, parce que cette victoire tranquille mais tout de même avec un seul but d'avance, et deux pions dont un contre-son-camp, c'était contre le Costa-Rica. Au-dessus du niveau (très bas) de l'Afrique du Sud. Kif-kif avec celui de l'Uruguay. En-dessous de celui du Mexique.

Image 11.pngLes Bleus sont convalescents. Malades d'avoir oublié de jouer. Mais avec un espoir de guérison. Pour retrouver leurs rangs, les gars de Raymond-l'offensive-inattendue devront courir dans tous les sens, pour colmater les brèches défensives puis se jeter vers l'avant. De la sueur et des armes. Comme contre le Costa-Rica. Mais avec moins de déchet technique et d'erreurs de marquage. Et avec plus de précision sur les coup de pieds arrêtés, plus de réalisme devant les cages adverses. Déjà, on n'hésite pas à frapper de loin. Et Valbuena plante une mine plutôt jolie, pour ouvrir d'emblée son "compteur-but" en sélection. Commençant comme Faubert ou Gomis, mais pouvant finir on ne sait où, porté par la grâce historico-tricolore d'un improbable 10 sur les épaules.


(Au passage, on ne peut que regretter que les matchs de l'équipe de France ne soient pas commentés en espagnol…)

Contre le Costa-rica, c'était déjà juste un bon match de préparation qui peut laisser espérer de raisonnables lendemains qui chantonnent.  Et l'hypothèse plutôt crédible d'un "huitième-de-finale-et-après-on-ne-sait-jamais". Déjà ça, c'est pas mal. Comme seul Raymond peut le résumer, au micro de TF1:

 

Image 13.png

(ci-dessus retranscrit pas leparisien.fr)

 

Si on rajoute la démonstration de l'Albiceleste mardi (bon, ok, contre le Canada), 5-0 avec deux pions sublimissimes de Di Maria et Kun Agüero, on le sent plutôt bien, ce Mondial. Et dire que certains voulaient y envoyer les Irlandais…

 
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