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30/09/2010

L'Alberto qui cache la forêt

Image 18.pngAlberto Contador, avec mes vélopotes, on a interdicition éthique de le jouer au mythique Pool de la Flamme rouge, tellement on le sentait qu'il allait se faire prendre. Le superchampion espingo avait trop traîné avec Manolo "Vaaaamos a la farmacia" Saiz pour être totalement crédible. Et ben, on a eu raison. En même temps, il n'y avait qu'à lire et croire l'excellent Antoine Vayer, comme d'hab. Le seul truc qu'on pouvait pas prévoir, c'est l'effort innovant du "steack contaminé" comme excuse, une justification encore inédite dans l'histoire de la triche cycliste.

Le triple vainqueur du Tour de france rejoint la cohorte des dieux dopés de la pédale, tombant comme à Gravelines (sur les pavés du Nord). Rien qu'aujourd'hui, le deuxième de la Vuelta toute récente, Ezequiel Mosquera, s'est lui aussi fait choper la patrouille. Et pourtant, la patrouille ne va pas fort, comme tend à le prouver la démission de Pierre Bordry de l'AFLD, vendredi dernier. Pour parachever la morosité du moment, on peut y ajouter la démission de L'Equipe concernant l'investigation autour du dopage. Mais aussi, fut bien l'avouer, nos regrets plein de scrupules en voyant se faire attraper des chaudières pourtant bouillantes de panache, comme Vinokourov le magnifique…

Cependant, une patrouille, même patraque, qui sort autant d'affaires, on en voit dans quel autre sport? Nan, parce qu'il y en a marre de se taper, toute la journée au boulot, le retour de la revanche de l'éternel "Ouais de toute façon, au vélo c'est que des dopés!" En réalité, si le dopage est présent dans le vélo jusque dans les courses amateurs, depuis vingt ans les mecs tombent régulièrement, nous permettant d'entretenir notre naïveté enfantine. Et de croire inlassablement et naïvement au Tour du renouveau, chaque année. C'est quand même mieux que de faire le donneur de leçon, qui regarde ailleurs dès qu'il s'agit de football, par exemple…

 

 

15/07/2010

A bout de sprint

Le nez dans le guidon. Debout sur la selle. La terre promise au bout de la ligne droite. A une dizaine de jours du départ en vacances, embringué dans une invraisemblable affaire politico-mediatico-trotskyste, on n'a même pas pris le temps de saluer la Roja espagnole championne du monde. Et en même temps, on n'a rien à en dire, vu qu'on n'est jamais vraiment entré dans ce mondial. Heureusement que le Tour commençait.

Image 39.pngSauf qu'on n'a pas eu le temps de saluer non plus comme il se doit le nostalgicultissime numéro les duettistes tricolores Chavanel et Pineau, insouciant alliage du cycliste qui nous fait kiffer, sans prétentions mais un peu costaud quand même. Deux potes de chambrée capables de gagner deux fois une étape à deux, en quatre jours. Image 36.pngAvant de s'effondrer à chaque surlendemain. Des gars humains en somme, mais qui ont eu raison de la machine Cancellara (décryptée ici par l'excellent Antoine Vayer), au point de le sortir de la course. Un Mimosa qui fleurit deux fois (© Chef Dalloni et ses sublimes chroniques) et un "simple cycliste" qui ne la ramène pas, mais qui se retrouve à mi-Tour en pois rouge qui tâche. Un peu à la façon des héros de notre enfance, les Bataves Rooks&Theunisse, mais en propres.

Est-ce la voix d'outre-tombe de Fignon ou le pathétique et incontinent Gégé Holtz (et ses "fils de Putte" à l'antenne)? Les hallucinantes neutralisations de peloton (lire chez l'ami Toninonino)? L'arrivée des nouvelles pilules anti-obésité qui font ressembler les forçats d'aujourd'hui à des squelettes sur roues? On avait quand même eu un peu de mal aussi à rentrer dans la Boucle. La traversée des polders sans un brin de vent, les pavés d'Arenberg galvaudés en péripétie, ces irritantes étapes de montagne qui se finissent en descente…

Mais force est de reconnaître que là, on retrouve le goût du vélo comme l'aime, celui passé sur les genoux de grand-père en tricot de corps. Le vélo d'avant-Festina. Même si on n'est pas dupe, hein. Mais rien que voir Lance Armstrong faire l'année de trop et prendre (enfin) ses dix minutes dans la musette, ça sonne comme un symbole qui fait sourire. Difficile de ne pas adhérer au mavais esprit jovial de ces vidéastes amateurs ayant eu la chance de voir le Texan voleur de nos rêves enfantins se vautrer comme une vétéran vieillissant à la sortie d'un rond-point…




Désormais, après l'étape de la Madeleine, on a droit à un beau duel indécis à l'ancienne, entre deux grimpeurs aux charmes et aux défauts partagés. Un Luxembourgeois et un Espagnol, qui vont en découdre dans le massif central et surtout les Pyrénées. Andy Schleck et Alberto Contador, comme un flash-back de nos années Roche/Delgado…


 

Et puis on a vu le retour des sprints d'antan. Faut dire qu'on misait beaucoup sur le scottish Cavendish pour revivre les grands moments de Joe Bar team à pédales qui ont rythmé nos étés d'adolescent ne voyant pas l'intérêt d'aller cramer à Palavas. "Ugly Cav" nous en avait beaucoup promis il y a un mois au Tour de Suisse, en zigzaquant à 200 avant d'effondrer une dizaine de concurrents qui depuis le détestent (voir la vidéo). Et puis ce jeudi aprèm', on a eu droit au bon vieux retour du coup de boule de voyou dans l'emballage final. Cavendish a carrément contaminé son poisson pilote Mark Renshaw. Doux parfums des années 80/90…




Et comment ne pas comprendre l'incrédulité de l'Ecossais à l'annonce de la disqualification de son gregario? C'est Djamolidine qu'on assassine…





Djamolidine, c'est Abdoujaparov. L'ogre de Taschkent, fils d'un ours ouzbek et d'une walkyrie caucasienne, qui aura inscrit à jamais sa chute sur les Champs-Elysées tout au sommet de notre petit panthéon du sprint vicelard…





Pour être honnête, les premiers à avoir gravé leurs noms dans notre mémoire de trentenaires, c'étaient d'abord Jean-Paul Van Poppel et Guido Bontempi. Le roi hollandais et la teigne italienne. Quand c'était pas l'un qui gagnait, c'était l'autre. Des rois de la ligne droite qui déborde. Des seigneurs du sprint…


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Image 37.pngEt puis, il y avait aussi Sean Kelly. L'autre Irlandais majestueux, longtemps n°1 mondial au classement de Vélo Magazine, complément parfait de l'inestimable Stephen Roche. Grand rouleur, mais aussi sprinteur qui nous a fait aimer le maillot vert. Et qui ne rechignait pas lui non plus à tirer des bords en se tirant la bourre…





Image 40.pngBonus Jaja: Comment ne pas évoquer le sprint d'Armentières, qui mit fin à la première vie de Jalabert le casse-cou, avant sa réincarnation en panda irrésistible, en classiques comme à pois. Bien obligé de confesser qu'une part de mon aversion gaucho-à-la-con contre la police vient aussi un peu de cette année 94, où un con de flic ne fit pas gaffe à Wilfried Nissen…




Bonus "les genoux de papé": Ah Dédé Darrigade, le recordman des victoires, le premier sprinteur moderne mais en noir et blanc…


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Bonus Kangourou de traviole: Robbie Mc Ewen à l'œuvre, qui déchausse et en perd presque son casque sur le poitrail du voisin. Car on peut toujours faire confiance aux Australiens quand il s'agit d'être bourrin…





Bonus Bidon:
Sans doute le plus beau geste technique de la sale histoire du sprint. Le grand Tom Steels dans ses œuvres, et le pauvre Frédo Moncassin en victime expiatoire…

 

31/05/2010

A mobyleeeeeette…

Tour-de-Suisse-etape-1-Cancellara-roi.jpgEn passant, cette hallucinante vidéo de Fabian Cancellara, trouvé sur un article du Soir de Bruxelles (via @GillesKlein sur Twitter). On ne parvient pas à se convaincre de la véracité de l'hypothèse défendue par la RAI, tellement c'est gros. Mais si c'est, vrai, comment ça serait énorme! Et comment ça nous paraîtrait pas bizarre du tout, mais alors pas du tout, quand on se rappelle des deux moments de flottement incrédules qui ont chaque fois plané sur le salon, la télé, et les vélopotes, à chaque attaque du cycliste suisse dans le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

Deux fois la course pliée à la pédale, sans décoller les mains des cocottes, ni le cul de la selle. Deux fois une impression d'«Armstronguisation" de nos classiques préférées. Deux fois le malheureux Tom Boonen, pourtant sacrément costaud, largué en quelques centaines de mètres. Et puis l'explication, trop incroyable pour être vraie. Et qui nous fait repenser après coup à ces deux moments de stupéfaction vite oubliés, où le gars Fabio change de vélo en plein milieu de course. Deux fois. Dans le "Ronde" comme pendant "Roubaix". Avant de démarrer la mob…




[il ne faut pas rater la fin, à partir de 3'20…]

13/10/2009

Van den Fuck !

fkysajsqk7thzjxum4a0.jpgPutain de pilules. Après l'ange Marco, voilà que Frank Vandenbroucke rejoint le paradis des cyclistes classieux aux ailes brûlées sur l'autel du pseudo-renouveau. Comme Pantani, "VDB" est mort à 34 ans comme une merde triste et parano au fond d'une chambre d'hôtel glauque, abandonné par tous les ventripotents du vélo-bizness, renié toute honte bue par le scandaleux trio Amaury-UCI-Francetélés. Car, depuis le traumatisme de Rimini (Wampas remember), les responsables sont les mêmes, et le laisser-faire de la culture dopage conduit aux mêmes conséquences dramatiques.

Dans sa biographie intitulée "Je ne suis pas Dieu", Vandenbroucke racontait le début de sa fin, quand en 1998 ou un équipier lui proposa de mélanger somnifère et alcool (façon Virenque qui s'envoyait des pots belges devant des journalistes de l'Equipe). Il écrivait alors: "C’est à cette seconde précise que tout a commencé: lorsque j’ai simplement dit oui à la question: prendre ou ne pas prendre ces pilules."

A la veille de l'annonce du nouveau tracé du Tour de France, alors que l'establishment regarde ailleurs et que tout est fait pour qu'Armstrong puisse se doper quiquille, il ne nous reste que nos yeux pour pleurer la mémoire de "VDB". Plus encore que sa formidable démonstration sur la Vuelta'99, lors de sa victoire à Avila, Francky restera pour nous cette giclette d'anthologie lors de Liège-Bastogne-Liège (en 99 aussi), quand le jeune belge impétueux régla Michele Bartoli dans la côte de la Redoute. L'envol d'un aiglon brisé que nous avons tant aimé…

 

27/07/2009

Le tour de la question

contador-est-a-l-heure_newsletter_large.jpgComme une mauvaise fréquence. Le tour est terminé et quoi qu'en dise la sainte alliance France 2/L'Equipe, au spleen de retour de la suspicion s'est ajouté l'ennui désabusé. Celui d'un Venoux où on avait misé sur un Armstrong devenant enfin culte en nous faisant une Tom Simpson. Au lieu de ça, on a eu droit à "Lance au pays des merveilles", avec la plus laide des ascensions d'une des plus chiantes des Grandes Boucles jamais vécues. Ambiance mitan de l'ère Indurain. Mais pour not' quotidien sportif imposé, bien aidé par l'horripilant duo Adam/Fignon, la fête était au contraire parfaite. Rien à signaler, on a dormi tellement il y avait de descentes, mais les ventes sont en hausse. Show must go on.

Le plus marrant, c'est d'entendre les mêmes en faire des tonnes sur le "scandale des combinaisons" en natation, refusant même de parler de records tellement c'est pas du jeu… En plus, comme dirait Goebels, plus c'est gros plus ça passe. On bat des records de V02 max, mais vu qu'il n'y a eu aucun contrôle, c'est que c'est bon, on le tient notre tour du renouveau, et cassez pas les couilles, les sceptiques!

goubert.jpgPerso, dans notre panthéon à nous, on retiendra la 16e place de Steph Goubert, l'éternel équipier increvable "à l'ancienne", qui clôt une carrière de puceau magnifique. Mais aussi les assauts désespérés mais classieux d'un Carlos Sastre méprisé, alors qu'il pourrait bien être le seul vainqueur du tour à avoir été réglo sur ces 15 dernières années. Ou encore la froide malice du maillot vert Thor Hushovd, devant ce bourrin de Mark "Man of the Man" Cavendish. Enfin, on ne pourra réprimer une certaine admiration pour Contador, même si même si, car se faire le Armstrong et tout Astana en plus des Schleck brothers, ça force quand même le respect.

Au final, le moment le plus symbolique de ce tour aura été l'hymne raté du bouquet final. Sur les champs, dimanche, sous les yeux incrédules de Contador et des présentateurs de la télé espagnole, l'inconscient prenait le pas sur la réalité. Et c'est l'hymne danois qui a retenti. Comme pour souligner davantage le décalage entre la perception et notre réalité…



23/07/2009

Le tour du mou de veau

hulk-hogan-hypes-the-crowd.jpgIl est étrange, ce sentiment qu'on a avec notre tour du renouveau de 2009. Un truc indicible, qu'on ne parvient pas à définir mais qui ressemble à un malaise de trentenaires né en vélo avec Hinault, Lemond et Fignon. On a compris les histoires de dopage à peu près de la même façon qu'on a pris conscience que le catch c'était du faux et même Hulk Hogan. De façon diffuse. En se doutant bien, mais en cherchant à y croire. Toujours. Malgré tout.

Avec la Festinadolescence, on a eu notre période un peu rebelle. Les chaudières ça nous faisaient marrer. Les gars avaient la classe avec leurs maillots et leurs patronymes sublimes. Gianni Bugno, Gert-Jan Theunisse, Pedro Delgado. Pour un peu, on prônerait la légalisation du dopage, du moment que Richard et Jaja (voire Pantani) jouaient la gagne. Mais on s'était repris, parce qu'on était aussi un peu de gauche à la con, et qu'on avait décelé la portée libérale et nationaliste d'un tel discours.

Et puis, on a compté les tours du renouveau comme autant d'années nous rapprochant de la trentaine. Et le règne Armstrong dépassant notre héros blaireau d'enfance, nous renvoyait la dure réalité de l'existence. Celle où c'est un putain de Texan néo-conservateur qui domine la route. Forcément dopé, mais on ne peut le dire qu'à sa retraite. On a aussi vu les Français devenir des tocards, mais on se disait que eux, au moins, ils étaient propres.

Puis vint le temps de l'incertitude, où l'on changeait de boulot comme les Grandes Boucles changeaient de vainqueur. Les maillots jaunes étaient attribués un an après, mais on pouvait au moins s'enorgueillir auprès des railleurs adeptes du raccourci rhétorique ("tous des dopés!") qu'on entrait dans une ère où désormais on traquerait le dopage. Mieux, L'Equipe en parlait, parfois sur une page entière. Certes on continue à trouver du panache à Vinokourov, Valverde, voire Ricco. Mais on est aussi content de les voir suspendus ou interdits de course.

Et puis, vint ce tour 09.

Tout se mélange. La rivalité Hinault/Lemond, l'immonde Bjarne Riis, Brochard et les Français qui pètent le feu. Mais L'Equipe ne parle plus dopage (ou alors de Di Luca, au moment de sa retraite). Armstrong refait le patron avec un gros cigare, et la course devient aussi peu intéressante que du temps de l'US Postal (lire l'excellente chronique de Lemond dans Lemonde). Et l'on se dit bien qu'il y a un problème. Si l'on se met en conditions réelles, sans la mise en scène de France télé, ça fait même flipper tellement ça va vite…




Les images ci-dessus sont, si l'on en croit Youtube, prises à 2,5 km de l'arrivée de l'étape du Verbier. Une côte escaladée en 20’55’’ par Contador, à 24,38 kilomètre/heure de moyenne. Encore plus fort que le Riis à Hautacam en 96 (490 watts, contre 480… -> lire absolument la chronique d'Antoine Vayer dans Libé: "Des robots distancés par des extra-terrestres"). Et Wiggins. Haussler. Cancellara. Les Schlek brothers. Même Le Mevel (dixième!?)

Et Armstrong, bien sûr, dans l'étape de Bourg-Saint-Maurice, qui fait tout aussi flipper que Contador…




Ce retour dans le futur nous lasse, l'ambiance "oreillette/laisser-faire" va (re)devenir malsaine. On risque de retrouver les années Hulk Hogan, avec une édition 2010 stupéfiante, où s'affronteront Contador, Armstrong et Vinokourov, avec les Schleck en embuscade, sur fond de choc des générations entre dopés de l'EPO et praticiens de la CERA. Pot belge à tous les étages.

On pourrait presque laisser tomber. Se mettre en retrait du tour comme on s'éloigne un temps des corridas. Déjà on prend son pied pendant la saison des classiques ardenno-flamandes. Et on est prêt à se laisser aller au cynisme humouristique, tellement le sketch des Guignols n'a pas pris plus de rides que Gérard Holtz toujours aussi complice…




Mais non. Parce que quand même Steph Goubert vise le top 20 à 39 ans (j'ai déja dit qu'il était de Montpellier?). Parce que les bordures, c'est bien. Parce que la stratégie des Columbia est encore plus pathétique que celle des T-Mobile d'Ullrich antan. Parce que Carlos Sastre a du panache dans sa lose. Parce que Denis Menchov a du Pierre Richard dans sa lose. Parce que Casar a du Poulidor dans sa lose. Parce que le désarroi des commentateurs teutons quand Jens Voigt se gauffre…





Parce que c'est comme ça. On a un petit vélo dans la tête…
(loué soit Eddy La Gooyatsh)




Et parce qu'on ne peut pas nier que l'on ressemble parfois à ça, et qu'on aime ça…

11/07/2009

Furia pyrénéennes

armstrong-contador_1440595c.jpgA peine remis de cette drôle d'étape andorrane, qu'il nous faut abandonner ce blog pour danser sur le pont de la fête nationale. Au mariage d'un vélopote. Les paris sont déjà pris pour savoir combien d'invités on rameutera devant l'écran télé, sitôt la cérémonie terminée. Faut dire qu'en plus, le suspense nerveux de cette fin de première semaine diachronique est au max. Avec le duel Contador/Armstrong qui prend des propensions cultes, toujours lemond+hinault.jpgplus "Hinault/Lemond'86" (sauf qu'on ne les voit pas nous faire le coup de l'Alpe main dans la main, et que Lance va claquer avant la fin). Au passage, le Brice Feillu trouve la clairière, empoche l'étape devant un encore plus anoyme tricolore (Kern?), et se fait un "pois rouge" dans son tout jeune palmarès. Superbe dernier kilomètre qui vient sauver une journée franchement chiante, et trois hommes en 8". Et si Nocentini, le maillot jaune que tout le monde avait oublié une fois passé la ligne, gagnait le Tour…




Pas d'actualisation durant ce week-end en Sud-Ouest, donc, où l'on humera la tension pyrénéenne toute proche, en riant très fort comme Lolo Pons l'Ariégois. Notre nouvelle mascotte sera-t-elle sur les bords de route pour beugler le nom des forçats? Si c'est le cas, on peut être sûr qu'il n'encouragera pas les Euskatel, vu comment il prononce Harinordoquy. On avait raté cette vidéo jusqu'ici, mais on ne regrette pas…



 

08/07/2009

La première semaine, c'est plus ce que c'était

2645433107_fd31d04ef1.jpgAlors que les pentes de la Grande Boucle vont commencer à s'élever gentiment, un constat s'impose: le Tour aura au moins réussi à renouveler quelque chose. C'en serait donc fini de la fastidieuse première semaine, où les sprinteurs batavo-belgo-italiens se tiraient la bourre au terme de longues étape toutes plates? Plus de bon de sortie pour le local du jour, plus de pause pipi décontractée du gland, plus de raid solitaire voué à l'échec et qui, parfois, réussissent. Non. Désormais, par la grâce d'un tracé sudiste fort en madeleines télévisuelles, c'est à fond tout le temps. Du nerveux, du furieux, du tendu.

Passons sur les attaques dans les dix premiers kilomètres, devenues un rituel depuis le début des années 2000. Cette année, les coups de tension ont lieu n'importe quand, n'importe comment. Notre favori au concours de pronos nous offre un One-Menchov drôlatique de lose. Après s'être fait humilié dans le prologue par Cancellara (sur lequel on a aussi misé et qui nous la sauve, du coup), le Russe de la Rabobank renoue avec la chute dès le quatrième virage du chrono par équipe de Montpellier.

Si un jour on m'avait dit que cette courbe longeant les jardins du Peyrou montpelliérain, haut-lieu de cuites adolescentes, serait le tournant décisif de l'un de mes favoris dix ans plus tard. Faut dire que ce tracé tout autour de la plus belle ville du monde avait un truc de jouissif, limite sadique. Comme le dit l'un de mes chefs Michel Dalloni (dans la dernière livraison de son excellentissime chronique de Tour), un véritable «Grand prix de la gaufrette»…




Dans un style tout aussi punk, l'étape de la Grande-Motte (autre lieu de soirées post-bac mémorables) nous a réjoui comme rarement. Bienvenue au royaume de Bordurie, avec un Lance Armstrong irascible mais qui parvient presque à gagner le respect pour sa science de course. Le Texan néo-conservateur se fait la belle dans le vent d'Autan, rappelant le Vinokourov d'il y a deux ans qui semait la camarde en Camargue. Ce coup-ci, c'est un terre-plein improbable et une accélération Columbienne qui fait la différence au profit du Roi LRance. Au passage, Cavendishaparov claque un deuxième succès de rang…




A l'issue de ces cinq premiers jours, on est évidemment frappé par un fait de course nous renvoyans des années en arrière. 1986, et le duel Hinault-Lemond qui semble reprendre vie entre Armstrong et Contador. Le vieux loup donner de leçon sensé passer le relai au futur grand espoir, mais qui finalement préfère l'emmerder en cherchant à jouer la gagne, en bordurant le jeune premier pour aller chercher le Jaune. Là encore, c'est chef Dalloni qui en parle le mieux:

corvos_armstrong_contador_training_camp_press.jpg«Armstrong ne passera pas son mois d’août dans un camping de la Costa Brava avec le jeune Alberto. Ah, ça non! D’abord, il ne le trouve pas assez mûr à son goût et pense qu’il a encore beaucoup de choses à apprendre, surtout en matière de bicyclette, ce qui est super sympa au sujet d’un type qui, à 26 ans, a déjà gagné la Grande Boucle (2007), le Giro et la Vuelta (2008). Ensuite, il le prend pour une trompette. Enfin, il se fout de sa gueule; genre: "Il ne fallait pas être prix Nobel pour savoir qu’il fallait courir devant."

Enfin, Thomas "Ti'Blanc" Voeckler nous file la chair de poule en arrivant à Perpignan. L'attaquant au long cours se montre capable d'une giclette classieuse peu avant la flamme rouge, par la grâce d'un coup de pédale super costaud qui va jusqu'au bou(t)quet, en dominant un peloton sur-nerveux…

Et pour conclure ces cinq premiers jours de course parsemés d'embûches excitantes et de paysages ennivrants (presque failli pleurer en revoyant Collioure…), la cerise sur le gâteau: le futur maire de Montpeul Rémy Gaillard qui vient perturber l'insuportable Gégé Holtz venu se la raconter sur "nos" terres, et qui visiblement n'aime ni l'humour, ni être contesté dans son narcissisme (remember l'épisode Carlier-Manaudou)…




Du coup, ça nous permet aussi de se passer sa dernière performance: rien de moins qu'un débarquement sur Palavas…


Et bienvenue au monde à Jeanne, dont je ne doute pas que ses Fouron de parents l'ont ainsi nommée en hommage à la Longo…

 
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