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05/07/2010

Coupé court

Image 27.pngBien sûr, il y avait le boulot (et en ce moment c'est prenant), mais c'est une fausse raison. L'inactivité et le silence consternés depuis l'élimination de Raymond et ses caïds nietszchéens (qu'on n'a rarement eu autant envie de défendre), voilà ce qui nous a décidé d'abandonner le comptoir du Sporting Tertulia à la Régine d'une France rance. Ras-la-Coupe. Ou ras la crêpe, comme dirait le cultissime Eric de Quimper.

Même en regardant du côté du rugby, aucun moyen de s'échapper de cette morosité. Les Bleus de Marco ne valent pas mieux, après leurs roustes en Afsud et en Argentine. Au moins savent-ils conservers les affaires de commodes volantes à l'intérieur du vestiaire. Côté Montpeul, Frêche menace de couper les subventions pour obtenir la tête du président du MRC, juste parce que c'est le beau-fils d'un ennemi (à lire chez Mister rugby), tout ça pour installer un fils Nicollin (le même que le père, en plus bête…), qui nous fera descendre en Fédérale comme il vient de le faire avec Béziers…

Même notre impatience de voir la nouvelle recrue de la Paillade Marco Estrada nous faire saliver a fait long feu: le Chilien n'a joué que trente minutes avant de se faire expulser par cette truqueuse honteuse de Fernando Torres contre une Espagne même plus belle à voir tiqui-taker. Un nouveau complot anti-héraultais nous donnant des envies de Mario Kart…

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Egalement une version en mode Steven Seagal: défenseur des enfants vivants s'abstenir de cliquer ici

 

C'est un sentiment étrange que de n'avoir jamais réussi à l'aimer, cette coupe du monde. On aura pourtant maté quasiment tous les matchs. Mais on n'a eu que des bouts de rêves inachevés. Des Latinos éjaculateurs précoces, qui régalent la chique avant de disparaître en quarts, sauf l'effroyable imposture uruguayenne (bien que Suarez a joliment pénétré le panthéon de l'immoralité géniale, auprès du maître Mario Kempes lors d'Argentine-Pologne'78).

Oui bien sûr, il y a l'Allemagne. Ok, ils n'ont plus de moustaches comme chez l'énorme Bouzard (cf. dessin ci-dessus). Ok, désormais les Allemands sont Turcs, ils jouent bien, sans aucune star, les vertus du collectif gnagnagna… mais ça reste l'Allemagne, merde.

 

Sans même parler des Bleus (trop frais pour digérer et rendre l'hommage funèbre qu'il mérite à Domenech l'incompris), combien de déceptions. Le Chili, le Japon, la Corée, la Serbie, la Côte-d'Ivoire… Tous nos chouchous au jeu frissonnant mais inutile se sont fracassés sur des montagnes de réalisme froid.

Et puis l'Argentine. Comme une grande claque dans la gueule…


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Diego s'en va, comme un petit exclu du match par les grands de la cour de récré. Comme un enfant dans un football qui ne le mérite plus, où Pelé et Nike ont gagné, où il semble être le dernier Pibe à vouloir jouer, simplement jouer. «Moi, on m'a dit "entre et joue comme un homme libre", alors c'est ce que j'ai dit à Messi». Mais mon Diego, qu'est-ce que tu veux qu'il comprenne à ça, le Léo. Y a qu'à voir la tronche lasse des joueurs quand ils vient les embrasser comme un père qui n'a pas grandi, seul dans ce monde de Peter Pan du ballon. Qu'est-ce tu veux qu'il comprenne à ça, Carlos Tevez…


Mais parce que Diego reste D10S, on écrasera une larme de bonheur amer contre l'injustice du monde tel qu'on voudrait qu'il tourne, en voyant le bus du retour argentin acclamé par les Hinchas, façon Eva Peron le retour. Dont't cry for me Argentinaaaaa…

Bref, un Mondial où on se retrouve à supporter mollement les Bataves, en hommage au «Govou Batave» Dirk "lendemain de" Kuyt, et en mémoire de Cruyff et Bergkamp. Au moins jouent-ils encore en respectant la règle du carré magique, bien qu'un peu mécanique, l'Oranje. A dire vrai, on doute quand même de retrouver le football total né en 1974, contre l'Uruguay (déjà)…






Et pendant que les débats sur l'arbitrage vidéo n'en finissaient plus de nous gaver, la majorité présidentielle nous refaisait le coup du dernier Mondial de rugby, en se faisant reléguer par la Fifa au rang des dictatures en guerre et autres pays à peine émergent, dans le classement de l'instrumentalisation. Sans déconner, une injonction pour ingérence. Mais on est dans quel pays?! Les dernières fédés suspendues, c'étaient  malgache, grecque, iranienne, irakienne, yéménite, kényane, tchadienne, éthiopienne ou encore koweïtienne (source)…

En plus, tout ça pour agiter les bras, obtenir une démission retardée de papy Escalette, et donner les clés de l'avenir tout entier à Lolo Blanc. Même pas les couilles du Nigeria, qui a carrément suspendu sa sélection de compétition internationale pendant deux ans (avant de finalement renoncer, dans un bel élan sarkozyste).

En somme, ce Mondial s'est fini avant même de commencer, tant rien ne me faisait retrouver mon chauvinisme d'antan. Comme en 2007 pour le Mondial de rugby, avec la lettre de Guy Môquet et les sifflets du Stade de France pendant l'hymne argentin. En fait, je crois que je n'aime pas supporter mon pays quand il est à droite. Ce n'est pas tant un point de vue politique, enfin un peu quand même, c'est juste que c'est toujours le fiasco quand elle est aux manettes, question sport.

Sans déconner, si l'on s'en tient aux 30 dernières années, il s'est passé quoi de notoire en 86-87 (à part le Matra de Lagardère…), 93-95 (ne me dites pas la Coupe à toto du PSG!) et 2002-2010? Mitterrand revient! Et ramène avec toi Noah, Hinault et Platini! Parce que là, j'en peux plus de la récup' politique du foot…

 

La bonne nouvelle, c'est qu'on n'a plus besoin de s'accroucher à ce Mondial qui a coupé court. Le tour de France vient de commencer…

23/06/2010

Fin de cabaret…

En passant, car totalement en manque de temps à consacrer à la tertulia, une vidéo éhontément piquée à un collègue (©latruffe) sur Mediapart, pour saluer l'élimination des gars de Raymond. Un joli morceau d'histoire de France "bien sous-culte", qui résume bien mieux que toute analyse sans recul le ras-le-bol du cirque médiatico-politique, l'enterrement définitif de France 98, et l'ambiance moisie de l'équipe comme du pays: "Sors de ma vie! Ne reviens pluuuuuus"…



21/06/2010

Inventaire d'un pré vert qui rend véner

Image 9.pngQuand le foot éteint les Lumières. Oubliée la révolution française, notre pays est en train de devenir un pays du tiers-monde, où politiques et médias s'obnubilent sur un jeu de balle, comme si l'avenir de la Nation en dépendait. Depuis trois semaines, pris par beaucoup de boulot et un peu de récup à Montpeul, on avait délaissé la tertulia, tout juste s'étions-nous renseigné sur la nouvelle recrue de Loulou Nicollin, le classieux Chilien Marco Estrada (et ça promet!). En revanche, on n'avait pas vu venir l'emballement surréel de nostalgiques descendants de Footix et de France 98. Et ça nous a un peu plombé l'envie de jouer au commentateur, cette spirale vicieuse de la dramatisation indécente et un peu inquiétante démocratiquement.

Crise financière, désespérance sociale, affaires politico-judiciaires, s'en fout la vie, seuls les Bleus comptent. Et on flippe un peu de se prendre à espérer l'élimination des Bleus pour en finir avec ce magma technico-polemico-bien-pensant, alors que l'ado-footeux qui nous constitue depuis le Mondial'86 ne rêve que d'une qualif magnifique et inattendue des gars de Raymond. J'sais pas, moi, un truc de ouf, comme un PSG-Steaua Bucarest'97, avec de la chance, de l'entrain, de l'état de grâce collectif malgré les histoires de fax perdus…



Bon, évacuons d'emblée l'objet sportif: la sélection a failli, et bordel, ça arrive! Les joueurs sont des starlettes et n'ont pas réussi à développer le jeu collectif qui détermine un parcours réussi. Quel scoop. Domenech aura tenté le coup du 4-3-3, qui n'a pas pris comme espéré. A cause de joueurs clairement trop responsabilisés au regard de leur immaturité, elle-même pas si illogique vue la déconnexion du réel qu'ils rencontrent. Donc la compo n'était pas assez ambitieuse (remember), ok. Mais cela vaut-il le lynchage dont rêvent certains au retour de l'aéroport? Cela mérite-t-il de nous infliger autant de commentaires de la part de gens qu'on n'a aussi peu envie d'entendre?

C'est quand même pas comme si on n'avait jamais vécu ça? Oui, 2008 et 2002, bien sûr. Mais ça existait même avant l'ère "dite du Stade de france". Car si on regarde, avant, c'était presque mieux. Ginola salement assassiné par Gérard Houllier après France-Bulgarie'93. Canto qui traite à la télé le coach Henri Michel de "sac à merde" en 88. Larios écarté du mondial'82 pour s'être tapé la femme de Platoche (le web n'existait pas encore).

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

 

On nous la joue aujourd'hui comme si le foot rythmait nos états-d'âmes et nos vies. Mais c'est que du foot, bordel! Un putain de jeu qui nous transcende et nous rend parfois cons, certes. Mais qui ne nous éblouit pas non plus au point d'oublier tout le reste. Pas au point de subir tous les JT et Unes consacrés seulement au foot! TF1 comme Francetélé, Libé comme le Parigot. Quant à L'Equipe, c'est juste la grande classe et les mots qui nous manquent…

 

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Passons sur le fait que personne ne remet en cause l'audacieuse titraille, cette tribune sur Rue 89 a dit l'essentiel («L'Equipe ressemble à l'équipe de France. L'un et l'autre se complaisent à patauger dans la boue»), en ayant juste une pensée pour Didier Porte qui a choqué les tièdes avec son "J'encule Sarkozy", mais semble bien plus coupable que "le quotidien-sportif-préféré-et-unique" des Français.

Passons aussi sur l'achèvement du rêve de journalistes qui peuvent enfin refermer à la hache la parenthèse Jacquet (remember), en mettant un poing final dans la tronche à Raymond, avant d'ouvrir le paragraphe Lolo Blanc, dont on attend de savoir s'ils seront ausi prompts à nous raconter l'origine de son surnom de "président"… Ne soulignons juste que le magnifique culot de son red chef, qui nous ferait presque pleurer, quand dimanche soir il regrette de ne pouvoir titrer sur Brésil-Côte d'Ivoire. Eh mais tu sais que rien ne t'en empêche, mon gars?!

 

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Pourtant, au fur et à mesure que les heures passent, on se rend compte qu'Anelka n'a juste lâché qu'un «Va te faire enculer, avec ton système de jeu de merde» n'ayant pas vocation à sortir d'un vestiaire et pas bien méchant, à défaut d'être respectueux, bien peigné et catholique. Et qui connaît l'intimité d'un vestiaire en sport collectif ne va pas se formaliser pour si peu.

Rhôôô, L'Equipe aurait survendu une info pour faire du chiffre?

En revanche, on adhère vachement plus à la thèse de Vikash Dhorasoo, qui voit enfin une marque de solidarité au royaume des joueurs de foot, pour défendre l'un des leurs face au grand n'importe quoi fédéral (l'analyse syndicale est aussi poussée ici, chez peuples.net): "J'aurais bien aimé que les joueurs du PSG se mobilisent comme ça quand je me suis fait viré"… (dans 100%foot ce dimanche)

 

Et puis on a aussi droit au grand retour des footocrates. A peine remis de l'halali Attali (et BHL, et Joffrin…) après France-Irlande (remember), qu'on les voit poindre à nouveau leurs bouche pincée pour dégueuler de l'ineptie de salons, où la télé n'a d'ailleurs sans doute jamais été branché sur Téléfoot ou l'Equipe du dimanche… Attali est encore de la partie, bien sûr.

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Mais ce coup-ci, Attali s'est fait griller par Finkielkraut, plus rapide à dégainer dans le JDD. Faut dire qu'il y a de la bonne caricaturacaille à malaxer. Ah, ces voyous de footeux de banlieues, abrutis par leur rap qu'ils écoutent en descendant du bus et qui les fait oublier de signer des autographes… Caricaturacaille qui offre au débat sur l'Identité nationale un prolongement inconscient. Les Blacks-Blancs-Blancs avaient pourtant laissé de côté les Beurs dans les 23. Hélas, on avait oublié les caïds Ribery et Anelka.

Et puis, il y a les Sarko, Guéant, Copé qui se prennent pour des entraîneurs, une manière inconsciente de reconnaître qu'ils se verraient bien à une autre place, où il est vrai qu'on trouve de sacrés amateurs en matière de gestion de crise. Et qu'importe que les contempteurs d'aujourd'hui soient les plus fervents supporters d'hier… Franchement, c'est quoi ce pays où le président fait «confiance à la ministre (Roselyne Bachelot ???, ndlr) pour que les conclusions soient tirées de cet échec et que les mesures soient mises en oeuvre, pour que la France du football puisse à nouveau être pleine d'espérance». Non mais on rêve! Et pourquoi pas moraliser le capitalisme, tant qu'on y est?

Et puis, pourquoi voir un mauvais remake de série B dans les péripéties de la bande à Raymond. Pourquoi ne pas y voir un passionnant drame shakespearien. Il y a quelque chose de pourri au royaume du football. De pourri, mais finalement quelque chose d'amusant, aussi.

 

La honte nationale, et toutes ces conneries, faut arrêter. Il y a du sublime dans ce sordide, et sans en faire des tonnes, bien sûr que ça raconte une époque, au moins autant que les faits-divers. Mais pas davantage non plus. La honte nationale, c'est le chômage des jeunes, la loi sur la burqa, ou le silence médiatico-politique dans l'affaire Karachi.

Si on prend une torgnole et qu'on se fait éliminer au premier tour du Mondial, ça peut se vivre sans drame et sans qu'on ne parle absolument que de ça au bureau. Y a une coupe du Monde pour se régaler, plus ouverte que jamais en plus (à lire, cette remarquable chronique défootixitisée de ce début de Mondial, par l'excellent Cherif Ghemmour sur Sofoot.com). L'Argentine de Diego, les Brésiliens, les Chiliens, les Ghanéens, les Coréens du Sud et du Nord, du foot un peu frais et moins fermé que nos championnats moisis tellement ils sont renfermés. Et puis, les merdouilles qui arrivent aujourd'hui sont celles de chaque équipe en fin de cycle ou en transition vers le prochain (remember l'ambiance chez les Bataves'98). L'affaire Anelka rejoindra le panthéon des gestes un peu honteux mais finalement culte avec le temps du foot hexagonal.

Et il reste deux jours pour espèrer que les Bleus nous offrent un revirement splendidissime. En musique, hisoire d'en rire. Et pour arrêter d'en pleurer de désarroi…



Bonus stand-up: Mark the Ugly note les Bleus après france-Mexique. On s'en lasse pas…

26/05/2010

De la sueur et des armes

Image 14.pngLes choses rentrent dans l'ordre. Et le Mondial va pouvoir commencer, à peu près sereinement. Par tradition, on a évidemment décidé de mettre les Bleus dans le dernier carré du concours de pronostic de la rédac (et l'Argentine championne, évidemment). Mais bon, le scepticisme ambiant avait fini par me mettre le doute. J'avoue même que j'en suis venu à penser que le départ chelou de Lass Diarra n'était évidemment qu'une bonne vieille affaire de dopage dissimulé qui nous pèterait à la gueule en plein pendant l'épreuve…

(Au passage, je vous conseille la lecture d'une belle mise en scène "façon Dr House" de cette hypothèse hautement paranoïaque, par l'excellent et cultissime Jean-Da Flaysakier sur son blog)

Et puis France-Costa-Rica. Et puis 0-1 au bout de dix minutes. La continuation de la détestation footixtique façon Attali, l'ambiance pourrie pré-98 (et pré-06), Domenech qui se fait siffler par les Chtis, les gars de l'Equipe qui se frottent les mains en pensant aux rotatives…

Domenech impuissant.jpgEt puis camembert. Si Raymond n'en a pas tout à fait eu lors de sa compo (comment il aurait été beau Pagis dans cette équipe!), ce mec a quand même aujourd'hui des couilles grosses comme ça. Ce n'est quand même pas rien, de passer d'un coup du morne 4-4-2 tout pourri et immobile, au bon vieux 4-3-3 d'antan, de la rage plein les dents! Avec un seul milieu def', en prime! Bonus sublime: juste pour faire causer, il nous glisse un incompréhensible Mandanda aux cages. Lequel, après une cagade à rebond un peu con, aura fait son match mais sans contester l'évidence Lloris.

Question joueurs, c'est assez simple: on avait pas vu une telle motivation enthousiaste, dans la dépense d'énergie comme dans la volonté de création, depuis le France-Italie 2006. Celui après le Mondial, avec le doublé de Govou, qui a ce soir un pris un certain coup de vieux. Certes la charnière fait également toujours un peu flipper, et il est trop tard pour rêver d'une alléchante paire Squillaci/Planus. Mais Gourcuff est affûté comme jamais cette saison. Ribéry a retrouvé son rapide déhanché briseur de reins. Malouda a des canes et du volume de jeu. Toulalan est ses dix-huit poumons semblent plus que taillés pour le poste de récupérateur solitaire. Last but not least, Evra en capitaine, même le temps d'un match, ça a une certaine classe entraînante, surtout quand on l'entend causer, sur le site Goal.com. Autre chose qu'Henry…

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Et puis ce soir, y avait un sacré banc. Des remplaçants bien au taquet, certains pouvant même espérer devenir titulaires en cours de compèt', vu le système offensif exigeant imaginé par Domenech. Diaby, Valbuena, Squillaci, Gignac ont des profils idéaux pour intégrer une stratégie de jeu reposant sur l'activité incessante (pas "football total", mais un peu). Et on peut y ajouter Cissé les yeux fermés, bien qu'il n'ait pas joué contre le Costa-Rica. Oui, parce que cette victoire tranquille mais tout de même avec un seul but d'avance, et deux pions dont un contre-son-camp, c'était contre le Costa-Rica. Au-dessus du niveau (très bas) de l'Afrique du Sud. Kif-kif avec celui de l'Uruguay. En-dessous de celui du Mexique.

Image 11.pngLes Bleus sont convalescents. Malades d'avoir oublié de jouer. Mais avec un espoir de guérison. Pour retrouver leurs rangs, les gars de Raymond-l'offensive-inattendue devront courir dans tous les sens, pour colmater les brèches défensives puis se jeter vers l'avant. De la sueur et des armes. Comme contre le Costa-Rica. Mais avec moins de déchet technique et d'erreurs de marquage. Et avec plus de précision sur les coup de pieds arrêtés, plus de réalisme devant les cages adverses. Déjà, on n'hésite pas à frapper de loin. Et Valbuena plante une mine plutôt jolie, pour ouvrir d'emblée son "compteur-but" en sélection. Commençant comme Faubert ou Gomis, mais pouvant finir on ne sait où, porté par la grâce historico-tricolore d'un improbable 10 sur les épaules.


(Au passage, on ne peut que regretter que les matchs de l'équipe de France ne soient pas commentés en espagnol…)

Contre le Costa-rica, c'était déjà juste un bon match de préparation qui peut laisser espérer de raisonnables lendemains qui chantonnent.  Et l'hypothèse plutôt crédible d'un "huitième-de-finale-et-après-on-ne-sait-jamais". Déjà ça, c'est pas mal. Comme seul Raymond peut le résumer, au micro de TF1:

 

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(ci-dessus retranscrit pas leparisien.fr)

 

Si on rajoute la démonstration de l'Albiceleste mardi (bon, ok, contre le Canada), 5-0 avec deux pions sublimissimes de Di Maria et Kun Agüero, on le sent plutôt bien, ce Mondial. Et dire que certains voulaient y envoyer les Irlandais…

12/05/2010

Sur les traces de L'Equipe

Image 1.pngBon, on va pas en faire des tonnes sur le nouveau coup de génie médiatique de not' Raymond. Même s'il n'a pas suivi les conseils du Sporting (bon, y a quand même Rami, Planus, Valbuena, Ben Arfa et Cissé… mais ni Pagis ni Abardonado!), on sent quand même que le Domenech s'est fait plaisir, en faisant sa tête de mule de Breton: des Rennais en veux-tu en voilà (Briand, Fanni, M'Vila) et puis 30 joueurs au lieu de 23. Juste pour énerver les râleurs, qui de toute façon auraient trouvé quelque chose pour exprimer leur atrabilité. Un peu de courage enfin, avec Benzema et Vieira qui restent à la maison, ça mettra un peu de plomb dans le crâne du premier, et ça fera dégonfler le melon du second, dont seul Manu Petit pleure la perte.

Bien qu'on entende bruisser la rancœur puérile des soixante millions de sélectionneurs envers tel ou tel choix, franchement, on ne peut pas dire qu'il y ait de gros scandales. Et on irait même jusqu'à oser dire qu'avec cette liste, il y aurait moyen de faire un onze très correct. Bon ok, pas forcément un onze qui fait rêver, mais qui doit permettre d'arriver quiquille en quarts.

Faudra pour ça avoir le courage de mettre Henry dans le placard (où se trouvent déjà Van Nistelroy, Totti ou Ronaldinho…) ; faire entrer Rami ou Planus avec Gallas voire en faire la nouvelle charnière. Ressusciter le duo Lass Diarra/Abou Diaby (qui ont connu leur première sélection ensemble), comme un revival de la paire d'or Makelele/Viera '2000 ; installer Malouda à gauche et Anelka en avant-centre (Chelsea's style) ; innover avec Valbuena que le reste du monde ne connaît pas ; accepter enfin que Gourcuff puisse nous faire une Zizou'96, pas brillant mais utile pour la suite…

Bref, en étant (presque) objectif, on peut accorder pas mal de bon sens au choix du coach, en tout cas largement autant qu'à tous ses contempteurs qui rivalisent de mauvaise foi pour se le payer encore une fois. Au final, Raymond et la critique, c'est comme la pluie en Bretagne: ça ne touche que les cons… Et puis quand même, comment ne pas admirer le génie communicationnel et la classe autodestructrice du sélectionneur aux jours comptés, quand on voit poindre son sourire sadique avant de foutre en l'air le plateau télé de Lolo Ferrari?



Mais plus fort encore que le nihilisme de coach Domenech, on ne peut que saluer la une à tiroir du quotidien du peuple, qui entend bien ce coup-ci profiter de son monopole pour avoir enfin raison. «Sur les traces de Jacquet». Avec un tel titre, L'Equipe laisse transparaître son envie d'en découdre avec l'entraîneur. Alors que les mêmes de la période 98 sont revenus aux manettes (excepté l'inénarrable et mythique Jérôme Bureau), c'est la (belle) plume du journal, Vincent Duluc, qui s'y colle, pour faire du «retour vers le futur», dès le premier paragraphe de son papier au vitriol. Trois lignes d'intro, avant de ne plus pouvoir se retenir: «(…) une question, au moins, nous est venue à l'esprit: et on joue à treize?»

 

L'allusion est cryptée, mais elle est belle et lourde de sens, rappelant la mythique Une du 6 mai 98, quand Mémé annonçait 28 noms au lieu de 22…

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Là où on se marre carrément, c'est que L'Equipe n'ose plus affirmer ses velléités préceptrices, et donc la joue un peu plus modeste, n'osant plus n'en penser ouvertement pas moins. Pourtant, comme en 98, il n'y a pas franchement scandale à d'abord publier une liste élargie, histoire de prévenir d'éventuelles blessures, surtout quand d'autres pays font de même, comme à l'époque. Mais au moins cela donne le ton de l'ambiance crétine qui promet d'entourer le Mondial des Bleus. A la différence notoire que cette fois-ci, L'Equipe espère être en osmose avec les Français. Au moins jusqu'à la qualification en quart de finale. Et pis sinon, ils nous feront un titre du style "Nous, on s'est encore trompé" (remember)…

09/05/2010

Si Raymond en avait…

raymond-domenech-euro-2008-france.jpgEt si au lieu d'en avoir plein le dos, Domenech se lâchait une dernière fois, pour l'annonce de ses 23, ce mardi sur TF1. C'est vrai: pourquoi s'emmerder avec la vingtaine de soi-disant titulaires indiscutables, qui nous font bailler au corner et nous irrite avec leur suffisance indolente en attaque et leur insuffisance coupable en défense? Marre des pieds carrés, des relances en touche, des une-deux sans deux, des passes téléphonées, des joueurs en retard, de la créativité atone, des dribbles ratés, de l'absence d'appels de balle, de blessures à répétition, de mains sur les hanches, de soupirs désolés…

Bon, on l'a toujours soutenu le Raymond, mais vu qu'il s'est d'ores et déjà fait débarquer, pourquoio ne pas se faire plaisir et donner dans le choix  nietzcheen, tout en recherchant l'efficacité sans oublier le beau jeu? Et faire du passé table rase, pour en finir avec cette terne fin de décennie footballistique française.

N'a-t-on a besoin d'une bonne révolution à la sauce Sergio Leone? Avec une bonne liste de mondialistes guidée par la thématique "bons, brutes et truands". Mais quand même plus brutes et truands que bons. Mais quand même sacrément bons dans leur genre.

23 noms, deux équipes distinctes, où primeraient le souci de l'homogénéité des personnalités. Une regroupant le gratin culte du milieu de tableau de L1 qui lâche rien, une autre fortement inspiré de la Roja espagnole petite et nerveuse, championne d'Europe en titre. Une pour parer au stress inhérent aux matchs de poules stressants, une autre pour développer du jeu court de tripoteurs à coiffures bizarres, façon Espagne lors du dernier euro. Avec Lloris en troisième gardien, parce que lui seul dans la génération Domenech ne mérite vraiment pas d'être viré du Mondial (avec Lass Diarra).

 

Le onze des phases de poules: les salopards magnifiques. De la classe insolente mais dans un, de la mauvaise foi, de la roublardise, un caractère aussi peu tremblant que bien trempé. Pas le genre à flancher devant l'Afsud, l'Uruguay et le Mexique…

Des défenseurs old school toujours bien placés dont on peut être sûrs que si jamais le ballon passait, l'homme trépasserait. Remember France '82, et '84 (Thierry Tusseau, Max Bossis, William Ayache).

Des attaquants d'habitude mis sur la touche car trop grande gueule, en hommage rendu aux générations sacrifiées des Bleus '90-95 (Cantona ou Vercruysse), avec également un soupçon de France'86 (Genghini, Xuereb, Bellone, Giresse). Mais pas forcément avec Gourcuff en nouveau Platoche, car il ressemble vachement plus à Zidane et que l'ère du 10 doit attendre encore un peu pour retrouver le jeu tricolore.

Une équipe anti-footix en somme, avec du bon vieux trentenaire au jeu somptueux quoique bien particulier. Une compo qui fait la part belle à la France "saucisson-vin rouge", à la pré-retraite ambiance crépuscule des idoles, un mix de combattants au passé parfois glorieux et de carrières un peu minables mais pétries de noblesse. Une escouade de mythes mourrants jamais reconnus à leur juste valeur. Un peu manouche, un peu dégarni-gras du bide, mais bougrement rassurante et capable de nous régaler la chique…

 

Frey

Bonnart   Planus  Abardonado   Jeunechamp

Balmont  Pedretti  Cheyrou

Leroy          Pagis

Djib' Cissé

 

Egalement possibles: Pitau, Dalmat, Cheyrou, Luccin, Doudou Cissé, Echouafni, Jurietti, Malbranque, Penneteau, Mexes, Rool, Isabey, Gignac, Trezeguet, Landreau, Savidan, Makelele

 

Le onze des phases finales: "le modèle ibère". En avant jeunesse, dégagez les vieux et tout pour le spectacle! Sus aux grands blacks musculeux à tous les postes et sus au stéréotype du jeu basé sur le défi physique. Place aux merdeux qui jouent court, provoquent, débordent, ont le sens de la passe déc' et qui vont vite. A la "XavIniesta" ou à la "Fabregas". Place au jeune attaquant de pointe qui part toujours à la limite du hors jeu et qui galope avant de tuer de sang froid, "à la Torres". Place à une défense à la fois jeune et expérimenté, talentueuse mais pas géniale, pas forcément rugueuse, mais brave. A la "Puyol/Piqué".

La révolution du style de jeu, qui rendrait en outre toutes ces lettres de noblesses à l'apport de l'immigration maghrebine dans la sélection nationale. De quoi dérouter l'adversaire à notre jeu solidement ancré à l'idée d'endormir l'adversaire pour gagner dans le meilleur des cas 2-1. Et permettre de ne pas avoir honte des Bleus, même éliminés en quart, après deux matchs se finissant à 4-3 après prolongations. Voire même se prendre à rêver. "E viiiiva-Franc-i-aaaa"…

 

Ruffier

Jallet    Yanga-Mbiwa    Rami    Tremoulinas

Nasri       Lass Diarra

Valbuena      Ben Arfa        Aït-Fana

Gameiro

 

Egalement possibles: Sinama-Pongolle, Belhanda, Flamini, les frères Marveaux, Vahirua, Cabaye, Jourdren, Bodmer, Gonalons, Menez, Diaby, Mavuba…

 

Franchement, je ne suis pas sûr qu'on ne se passionnerait pas plus pour la bande à Raymond avec une liste des 23 de ce type…

 
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