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18/03/2009

Mears en orbite

Il y a des ironies du sport savoureuses, qui vous emmennent en quart de finale de coupe d'Europe. Celle de Tyrone Mears est délicieuse, rappelant de façon disproportionnée le Thuram de 98 contre la Croatie. Le latéral à la rue qui cause le but en oubliant la règle du hors-jeu, avant de devenir le héros insensé de la soirée. L'Anglo-Jamaïcain de l'OM avait tout du tocard ultime, se retrouvant là par hasard nécessiteux après la blessure du bonnard Bonnart. Complètement dépassé sur le premier but amstellodamois, à la rue sur le deuxième, un modèle de petit jeu à une touche façon Cruyff qui faisait renaître de ses cendres le grand Ajax, sous la houlette de l'héritier Van Basten…

Une heure et demi à se plaindre avec les potes bières-foot, de ses absences côté droit, où l'Ajax Amsterdam s'est régalé toute la soirée. 90 minutes à jauger sa note dans L'Equipe du lendemain entre 0,5 et 2. Tout le match durant, entre vannes ("Z'avez pas vu Mears-a?") et désespérances ("la mears est pas réglée"), à regarder un pov'gars errer sur le flanc de la défense. Et pis la prolo. Et pis la montée sur un coup franc de Zenden, au début juste pour jouer le gars qui fait illusion devant le cuir, genre "ben ouais moi aussi j'peux le tirer", sans que personne n'y croit. Et pis le pion à Tyrone face à un peintre de gardien





Et voilà l'OM en quart, avec de sérieuses prétentions à envisager le retour des belles heures-opéennes. De quoi vibrer comme des fadas à l'ombre de la Bonne-Mère, en retrouvant les frissons d'antan. L'occase de faire un coup de pub au sublimissime docu "À jamais les premiers" de l'ami Gilles Perez (je dis ami, même si nous ne nous connaissons que par mail, mais c'est aussi ça "le Suuudeucon!"), et de vivre au temps présent l'enthousiasme de 1993…

13/03/2009

C'est pas une Madjer, bordel!

Y en a marre. Marre de cette usurpation permanente dont usent et abusent les commentateurs, dans ou devant le poste. Un déni de réalité qui nous revient en pleine face à chaque fois qu'un footeux claque une talonnade dans la course et la met au fond. "Oh ptain, comment il a fait une belle Madjer!" Le genre d'arrangement avec la réalité dont sont fans les joueurs de Playstation (la preuve par 48)… Ça suffit!

Dernier exemple en date, le but de l'excellent Mamadou Niang lors de la belle prestation marseillaise d'hier contre l'Ajax, au terme d'un match où, comme d'hab, l'OM aurait du en mettre quatre ou cinq, pour finir pas se faire éliminer connement au retour (même si là, on y croit un peu plus). Notons tout de même que l'horripilant duo Ferreri/Roland ne cède pas à la facilité face à ce but tout en finesse…



Regardons donc en comparaison le but originel de l'énormissime Rabah Madjer, qui a marqué le vocabulaire de la génération des trentenaires d'aujourd'hui comme Panenka celle de nos parents dans les années 70. C'était en 1987 avec Porto, et ça n'a rien à voir…




Avec le classieux Algérien (rétro-vidéo ici), le gardien est déjà éliminé et, les pieds plantés dans le sol, il prend tout son temps pour délivrer un coup de talon inattendu pour une finale de Coupe des champions. Comme pour mieux humilier le Bayern. Mais en vrai, le but de Niang, il est dans la lignée de ceux, récents, de Matsui ou Abriel en L1, qui ont pour mythe fondateur le geste de Rai en 97/98 contre Lens. Pichenette dans la course pour un but pas du tout fait. Bon évidemment, le mec qui l'a enregistré sur Youtube appelle ça une Madjer… Enfin, une "Majère" (mais on peut pas lui en vouloir, il est supporter du PSG)…

 

15/12/2008

El "pourrico"

Marseille-Lyon.jpgC'est fini, on ne m'y reprendra plus. On se l'était fantasmé, avec les potes bières-foot, ce clasico OL-OM. Tout juste rentré de l'assommant congrès du PCF, j'avais fait le douloureux choix d'abandonner ma douce et tendre pour assister à ce sommet de la L1. "Parce que tu comprends, c'est Lyon-Marseille, LE choc! S'il y en un, c'est bien LE match à pas rater (bon, avec les OM-PSG et les OM-Bordeaux, les matchs de coupe et la Ligue des champions…) Et tout ça pour quoi?

Pour un "pourrico", un clasico rabais, le match le plus chiant de l'année. Le genre de partie où Zubar est homme du match. Où Ben Arfa vendange toutes ses balles et où Juninho éteint au gré de ses coup-francs tous les lampadaires de Gerland. Le match où la réalisation de Canal nous prive du seul moment réjouissant de la soirée, la banderole des Ultras lyonnais demandant la "Liberté pour le coiffeur de Santos"…

Et pendant ce temps, le clasico lombard entre la Juve et le Milan accouche d'un 4-2. Un vrai pays de football, où les stars ne galvaudent pas les grands matchs…


13:27 Publié dans Au comptoir | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : om, ol, clasico rabais

26/10/2008

Je suis maudit

imageslose-lose-small.jpgSportivement parlant, j'en ai connu des week-end pourris, mais des comme celui-ci, je vois pas. Heureusement que je suis descendu dans la plus belle ville du monde à Montpellier. Soleil, vieux potes et bonnes bouffes, ça aide à surmonter les déceptions. Mais après une double claque aussi lourde, ça compense tout juste… Parce que là, quand même, c'est la lose atomique. Une fucking tragédie. En deux actes.

Premier chapitre: une défaite incompréhensible. Pourtant tout devait bien se passer. Au Stade Yves-du-Manoir, avec notre trio d'internationaux titulaires, contre Bourgoin. Le MRC doit nous offrir du spectacle et marquer des essais. Point de bonus offensif logiquement jouable. Et ben, plus de 24h après, j'arrive pas à comprendre. Picamoles et Trinh-Duc ont été absolument énormes, leurs plus beaux matchs que les ai vu jouer, tout en percussions infaillibles et en inspirations joueuses. Relance de 80m, mouvement perpétuel et overdose de chisteras, tampons sévères mais justes. Il fait beau, la bière est bonne, ambiance sympa dans les tribunes. Oui mais défaite. 12-19. Un essai sur un contre à la con côté Isèrois et un Benjamin Boyet "royal au pied", à l'ouverture berjalienne. Deux vendanges en terre promise (dont une qui aurait du être tout de même validée par l'arbitrage vidéo) et quatre pénalités loupées face aux perches. La bonne nouvelle, c'est qu'on a pris le point de bonus. Mais défensif.

Deuxième chapitre: l'humiliation au Vélodrome. Je le sentais pas ce match. Déjà, ça avait mal commencé. Pas canal, obligé de le mater via internet, et une connexion défaillante. Et au final, quelle honte! Quatre pions à dom', sur quatre occases, le PSG qui prive l'OM de première place, et Mandanda qui se déchire grand luxe. Mes excuses à Mouss (avec qui nous avions débattu au bas d'un post précédent): je m'incline, le chat est en fait une chèvre quand il s'agit de s'éloigner de sa ligne. Je vais être obligé de partir en campagne pour la titularisation de Yohan Pelé chez les Bleus. Pour couronner le tout, alors que Marseille a tenu le cuir tout le match, la partie bascule évidemment sur une volée splendide de Cheyrou, qui s'écrase sur la barre. Balle de 3-1 devenu crépuscule de la bande à Gerets, qui s'était pourtant donné du mal tactiquement. Re-domination, et re-désillusion.

Epilogue. Fais chier, l'incertitude du sport. Et fais chier ce sport où celui qui gagne à la fin est de plus en plus celui qui défend et qui attend. Heureusement, il y a quand même une bonne nouvelle ce week-end, qui fait lointainement écho au mondial israélo-palestinien, initiative dont nous avions déjà parlé sur ce blog. Le premier match de l'équipe nationale de Palestine sur ses terres. 1-1, face à la Jordanie, dans son nouveau stade d'al-Ram, en banlieue de Jerusalem. En ouverture, le speaker a prononcé ce vers du poète Mahmoud Darwich, récemment décédé: «le football est la plus noble des guerres»…

23/10/2008

On se lève tous pour Dani

massilliaman-tux-foot-om-4546.pngQuelle soirée de Ligue des champions à la con! On a pourtant l'habitude d'être indulgent avec l'OM, mais là les mecs ont vraiment poussé le bouchon trop loin, au point de ressembler à des gros pingouins perdus sur une banquise. Au début, c'était marrant: l'entraîneur du PSV Eindhoven ressemble à Cambadélis, Mandanda montre à tous ses pseudo-détracteurs combien il est plus fort que Lloris, Ben Arfa et Ziani se lancent dans un concours de grands ponts inutiles mais plaisants… Et puis après, le naufrage.

Et là, c'est vraiment plus drôle du tout, entre ce gros balourd de Koevermans (qui n'a vraiment rien d'un mélange entre Koeman et Overmars) qui par deux fois transforme Ronald Zu(t)bar en poussin chétif, et l'atonie offensive qui nous renvoie aux années de plombs de l'ère Abel Braga. La honte totale, alors que même Bordeaux arrive à gagner un match (sans marquer de but, notez)! Soirée pourrie (sauvée par la présence d'une playstation chez l'ami bière-foot du soir).

Heureusement qu'il y a Daniel Alves pour ne pas nous fâcher à long terme avec le foot (enfin, jusqu'à dimanche). Le caviar "exter' à l'aveugle" d'el Danifico pour Leo Messi nous fait penser à Magic Johnson déclenchant une alley-hoop pour James Worthy à la grande époque des Lakers. On ne s'en lasse pas…

02/10/2008

OMicide

De longues semaines de "dépenailles". Cette Ligue des champions pour l'OM, c'est décidément la soupe à la grimace, comme un yahourt qui aurait tout juste passé la date de péremption. Presque bon, mais avec ce petit goût acide qui gâche tout. Enchaînant les 1-2 comme Lyon les matchs nuls, les Phocéens ne sont pas au niveau des très grands, c'est un fait. Mais, quoi qu'en dise L'Equipe, ils sont juste en-dessous et si Niang n'était pas marabouté au moment de concrétiser la belle action de dernière minute, ça ferait double 2-2 dans cette phase de poule, et ce serait loin d'être ridicule.

Selon le grand quotidien sportif, la défense «a sombré». J'ai pas vu la première mi-temps, coincé par un dîner beau-parental, mais perdre d'un but, j'appelle pas ça «sombrer». Et pis franchement, y a quand même le magnifique Agüero devant. Et là, t'as beau avoir le plus beau "back four" derrière (ce qui n'est, entendons-nous bien, pas du tout le cas de l'OM), ben t'es juste impuissant. Kun, Kun, Kun!



Certes, les petits gabarits marseillais pouvaient mieux faire, mais peuvent peu dans l'absolu, face aux Maniche, Garcia, Assunçao, Heitinga et autre Ujfalosi. Si on ajoute le contexte chaudard, entre matraquage de supporters par une police post-franquiste et cris de singe par les ultras de l'Atletico, planter un si joli but face à l'invincible armada "colochonera", c'est quand même pas la grosse lose à la sauce bordelaise…

17/09/2008

Gér(r)aaaaaaaard

Boarf. Pas grand chose à dire, au sortir de cette défaite marseillaise contre Liverpool. Mauvaise entrée dans la Ligue des champions (moins pire que celle de Bordeaux, notez…), et pas grand chose à dire. Défense à la con, défense à la con, défense à la con. Zubar, comme Zut, trop tard… En même temps, à 2-2 c'était pas franchement volé. Oui mais voilà, y a Gerrard…



La frappe parfaite. Mi- en cloche, mi-en force. Qu'est-ce tu veux faire face à ça? Râler un bon coup, et repenser à Coluche…

 

 

06/03/2008

Enfin du foot!

Ouf, le ballon tel qu'on l'aime n'est pas tout à fait mort, après l'insipide élimination lyonnaise de mardi (lire sur le sujet un excellent post d'un lecteur des Cahiers). La Roma et le Real nous ont offert mercredi un de ces rares moments de jouissance sans entrave à la sauce playstation. Attaque-défense incessante, contrôles de rêves, redoublements de passes insensés, le tout à 200 à l'heure. Et supériorité des Romains de gauche à la fin, face aux post-franquistes du Real. Totti en chef d'orchestre, Mancini en néo-Garrincha et les Merengue au tapis dès les huitièmes…  Comme Lyon, l'orgueil de ceux qui ont tenté en plus.

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Et puis ce soir, l'OM a renoué avec ses grands matchs foutraco-légendaires, même si ce n'est qu'un huitième de coupe de l'UEFA. Des occases à la pelle, du jeu en mouvement permanent, de la tripote dans tous les sens… On a vu face au Zenit Saint-Petersbourg un grand match des Phocéens mais un tracassant 3-1 au final, qui a furieusement fait penser au cultissime OM-Benfica de 1990. Peut-être le plus beau match de l'ère Waddle-Papin. Mais qui s'est terminé sur le 2-1 le plus rageant de l'histoire du foot. Puis par une funeste mimine de Vata lors du match retour (perdu 1-0 à cinq minutes du terme). Une demi-finale de malade, du temps où l'OM était le plus fort mais avait la classe romantique des losers magnifiques. Un match qui qui a sans doute marqué les adolescences de tous les trentenaires nostalgiques de Mozer, Tigana, Francescoli… et Jean Castaneda.

 

 
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