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27/02/2008

C'est trop, Marco…

8e5f070508b1de63d8baa0ee0be6aeae.jpgAu début, ça réjouit. Et puis au bout d'un moment, ça devient gênant. Quand on découvre la nouvelle sélection de Marc Liévremont pour affronter l'Italie, on a du mal à y croire. Quatre Montpelliérains, soit le plus fort contingent des 22 avec Biarritz (contre trois pour Toulouse et Clermont). On le savait (on l'avait même annoncé avant le Tournoi), mais là Marco, t'es en train de nous foutre en l'air la saison! Bien sûr, ça fait plaisir de voir le talent du petit Julien Tomas reconnu, bien sûr, c'est agréable de voir qu'on fait confiance au talent naissant de Ouedraogo, Picamoles et Trinh-Duc. Mais pendant ce temps, on s'est fait bananer quatre points en Top 14 (défaite de justesse contre Biarritz + point de bonus laissé de côté contre Dax, qu'on aurait du fesser dans les grandes largeurs). Forcément, toutes nos "stars" ne sont plus là…

D'habitude, les matchs pendant le Tournoi servait à nous sauver, à assurer quelques hold-up bien sentis face à des équipes B de grosses écuries. Désormais, on se fait pénaliser dans la course à l'Europe (objectif affiché et pourtant inespéré il y a trois mois). C'est le jeu d'une équipe qui grandit, mais bon, ça fait drôle… Alors Marco, t'es sympa et t'auras notre soutien à mort. Mais arrête de sélectionner tous les Montpelliérains en même temps. Parce que là, on joue avec l'équipe de l'an dernier, celle qui se battait pour la relégation avant que le quatuor magique ne prenne les commandes.

25/02/2008

Du Béat-BA de l'optimisme en rugby (Quatrième mi-temps #3)

Bon ben ça c'est pas passé comme rêvé. Ni même comme prévu. La bande à Lièvremont n'est visiblement pas encore rompue au french-flair d'antan et s'est fait infliger une leçon de rugby à l'Anglaise, comme au plus mauvais temps des défaites impuissantes des Bleus face à la Rose. Façon "années pourries" (1989-95). Réalisme froid et réussite maximale de la perfide Albion, mêlée aussi vicieuse que redoutable, provoc' insupportable d'efficacité de la première ligne (Regan en futur conseiller de Sarko, pour intimider les «badauds» lors d'une prochaine «algarade» agricole?), drops et pick-and-go irrésistibles, défense inversée et infranchissable… Bref, la lose.



Mais après avoir pesté deux heures durant et vécu le pire des "déja-vu" rugbystiques, on se calme et on boit frais à Marcoussis. Certes l'auteur de ces lignes est prêt à mourir avec les ambitions décues de Lièvremont, mais il y a quand même de quoi y croire. Au moins de quoi ne pas désespérer. Et de pouvoir raisonnablement miser sur une victoire française lors du prochain Crunch.

Pas mieux, pas pire. Si le XV tricolore n'a guère fait mieux que lors de la dernière demi-finale du Mondial (9-14) avec une équipe-type de chez type, il n'a pas non plus régressé avec une équipe de débutants. Les jeunes pousses de "Captain Nallet" ont même marqué un essai. Et les Français ont cette fois-ci gagné la bataille des airs en touche, compensant le déficit de conquête en mêlée. Au final, la défaite est plus évidente, mais la déception moins grande. Et le Stade de France a même longuement applaudi les perdants (un truc de ouf, quand même!).

L'axe du bien. On promettait le pire à la courroie de transmission des Bleus. Mais l'axe 8-9-10 a été à la hauteur. Picamoles costaud au cul du pack et solide au plaquage, Parra autoritaire et fort en gueule à la mène, Trinh-Duc imaginatif et auteur de sa première percée classieuse… Si les minots ont souffert, ils ont quand même montré de l'orgueil. Bien plus jeunes et mal préparés, ils ont une marge de progression bien plus grande que leurs homologues anglais au jeu rôdé et sempiternel. Et pis, franchement, le Yach' et la Skrèle n'ont pas franchement apporté grand chose en fin de match.


Avant septembre, ça compte pas. Le trio Lièvremont-Ntamack, Retières l'a suffisamment répété: "on" est en phase de test. Et cette phase durera jusqu'à la fin du Tournoi et même jusqu'à la tournée de juin. Les choses sérieuses, elles commenceront face aux Sudaf' (sans doute, le calendrier n'est pas arrêté), en septembre. D'ici là, la nouvelle génération et les anciens de l'ère Laporte auront quand même réussi à accorder leur jeu. A trouver l'osmose entre l'aventure débridée et le juste usage du coup de pied. Pour parvenir enfin à déborder la défense anglaise tant au large que dans son dos, deux cruelles lacunes constatées samedi au SDF. Allez, en 2009, "on" gagne à Twickenham. Et les doux mots de Lawrence Dallaglio résonneront à nouveau dans nos oreilles…

20/02/2008

Gagner pour des idées…

Marc Lièvremont n'en finit pas de contenter l'amateur d'audace rugbystique. Se gaussant une nouvelle fois de la composition (im)probable de «L'Equipe» du matin, le sélectionneur du XV de France continue à faire dans le "new-look" et a choisi Parra à la mêlée. Et ça c'est quand même couillu. Le petit gars de Bourgoin, qui s'est fait bouger comme rarement durant dix minutes de «calvaire de 9» en Ecosse, mais qui a montré de la classe contre l'Irlande, est préféré à Dimitri «impeccable mais chiant» Yachvili, bête noire has-been des Anglais. Morgan Parra à la baguette face à la troisième ligne la plus expérimentée du monde, et face au douloureux public du Stade de France…


359638ca090dc3c1261d6de3b1b69fbd.jpg Ça sent pas forcément la Rose pour les Bleus, mais le Marco il s'en fout. Car Parra, c'est l'assurance de voir une certaine idée du jeu tenter de se développer sur le pré sequano-dyonisien. Des ballons qui fusent vers les extérieurs et une adhésion totale à la stratégie Lièvremont. Ce que le Yach', avec son pied à la Larqué et ses sempiternels ballons par-dessus, ne certifie pas à coup sûr. Si en plus, on ajoute la trouvaille d'un Traille pour buter…

Mais ce qui est le plus passionnément insensé dans la compo du XV tricolore pour affronter les vice-champions du monde anglais, c'est que Liévremont révolutionne tout l'axe 8-9-10, la courroie de transmission de la mécanique des belles intentions françaises. Trinh-Duc à l'ouverture pour son vrai baptême du feu au SDF, et son compère montpelliérain Picamoles en troisième-ligne centre qui déblaie sans cesse, libère toujours des ballons propres et ne recule jamais quand il perce.

450a9eb5ead449c0208adfb6ca536938.jpg Quitte à se mouiller pour soutenir le discours du «moi jeu» liévremontesque, et pour n'être pas encore revenu des prestations du grand Louis au Stade Yves-du-Manoir, je parie mon orgueil que l'Héraultais va marquer les mémoires samedi soir. Même s'il semble évident qu'il faille laisser le temps à l'ambition "french-flair" des nouveaux Bleus (gagner pour des idées, d'accord, mais de gain lent), mon pote devin aurillacois, qui a déjà vu juste sur l'entrée du trio montpelliérain en équipe de France, ne peut pas se tromper sur ce coup-là non plus. Bien que pour une fois, je suis d'accord avec lui et que, généralement, en rugby, quand on est deux à penser pareil, y a un truc qui cloche… Bah, au pire du pire, on chantera Brassens…



 

10/02/2008

Pour un rugby total (quatrième mi-temps #2)

4491b94a98882d0314d65925dbe4a323.jpgUne fois digérée la troisième, il est temps de faire le point sur les deux premières. Petit débriefing de France-Irlande, deuxième journée du Tournoi des VI Nations 2008…

Il y a une certaine majesté chez Marc Lièvremont, dans sa façon qu'il a d'assumer comme au bon vieux temps sa vision du jeu. Samedi, sitôt terminée la victoire ric-rac des Bleus contre l'Irlande, l'entraîneur du XV de France a convaincu dans son explication du coup de mou des siens à l'heure de jeu. Pour faire simple, si les Tricolores ont perdu pied, c'est qu'ils ont voulu gérer. Or, Lièvremont ne veut pas d'une équipe gestionnaire, il veut du jeu. Du «à l'ancienne», qui fait chanter le cuir et ne rechigne pas à la débauche d'énergie offensive. Et franchement, vu des tribunes, ça se tient.

Car soixante minutes durant, la stratégie des Bleus avait de la gueule, ainsi qu'une redoutable cohérence. "Tout jouer" signifie obliger l'adversaire à assurer les coups de pieds de dégagement. Mais aussi à se mettre au diapason. Et donc de se mettre aussi en danger. Et là, les Français sont enfin en position de gagner. Sûrs de leur maîtrise dans l'occupation du terrain, ils rendent hommage à l'ère Laporte en défendant à la perfection. Une troisième ligne de feu (plus Pica, Pica, Picamoles qui devrait bientôt éclore), auteure d'un tiers des plaquages, et une habileté de passe conjuguée à des jambes de feu… La France ne peut plus perdre à ce jeu là…



A l'image des chaussures de Clerc et Heymans (en passant, la plus belle paire 11-15 du moment), il y a de l'Oranje dans l'ambition du nouveau coach. Rugby total, où le jeu à la main comme règle absolue. Façon bloc collectif offensif de Cruyff & co, qui étouffait l'adversaire à force de passes et de continuité du jeu. Encore faut-il que la messe soit dite jusqu'à son terme. Et que les fondamentaux ne soient pas oubliés.

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Car quand les vieux fantômes resurgissent, qu'on joue au pied et qu'on se fait bouffer en mêlée, on perd les ballons à l'adversaire et on prend un essai de pénalité. Et ça, ça fait super tâche. Le frisson qui a parcouru les tribunes du Stade de France (au final pas si footix et même "très rugby", une seule tentative de Ola et une seule bordée de sifflet justifiée), ne dit pas autre chose. Du beau jeu, oui, mais on veut aussi une grosse mêlée! 

Ce seront les deux grosses missions du nouveau trio Lièvremont/N'Tamack/Retières: achever de convaincre les joueurs de leur ambition et retrouver un vrai pack. Face à la première, ils ont déjà fait montre d'une audace implacable, en n'hésitant pas à faire entrer Parra, Trinh-Duc et Picamoles pour se farcir le dernier quart-d'heure. Choix gagnant. Comme pour dire qu'à un tel moment du match: "l'essentiel, plus que l'expérience, c'est d'être à l'initiative du jeu". La nouvelle charnière aura réussi à remettre les Bleus vers l'avant en ouvrant au large, alors qu'elle sombrait en se débarassant du ballon.

57a8cd9751fc73f95eebee20273bcc9f.jpg Quant au "cinq devant", il va falloir nous retrouver ce "meilleur pack du monde" qu'on aime à glorifier lors des matchs du Tournoi. Celui des Ondarts, Dubroca, Champ, Armarie… Celui sans qui les nouveaux Blanco, Lagisquet, Sella ou Berbizier ne pourront pas se libérer. Tout un match durant.

 

22/01/2008

Chabal tragique à Marcoussis, un mort

Il y a quelque chose d'émouvant dans une rupture épistémologico-rugbystique. L'annonce du nouveau XV de France par Marc Liévremont ce mardi est à la hauteur de ce "passé faisant table rase" tant attendu. Outre les retraités, ils sont nombreux encore dans la fleur de l'âge à connaître une mise au ban(c). Et les symboles d'une nouvelle génération sont tout aussi nombreux à entrer dans le club des capés. Un tel renouvellement d'effectif n'avait pas eu lieu depuis 1995 et la nomination du duo Skrela-Villepreux. A l'époque, on évoquait la première génération du professionalisme. En proie à la starisation, elle a mis en lumière les Dominici, Garbajosa, Magne et autre Castaignède. Décoloration de cheveux à tous les étages, les rugbymen rattrapaient la mode "football-pro" avec un certain anachronisme. D'autres sont davantage issus de "l'entre deux", mi-amateur marron, mi-professionnel nostalgique. Lièvremont et N'Tamack étaient de ceux-là.

Puis vint la génération Laporte, qui conserva une grande majorité de cadres de la période Skréla-Villepreux et en fit émerger d'autres. Michalak en porte-étendart, bienvenue dans l'ère du calendrier dénudé. Sébastien Chabal fut la dernière création de la Diva chauve. Telle la créature de Frankestein, elle échappa à son inventeur. Et symbolisa une fin de règne surmédiatisée, où les bonnes intentions initiales se sont dévoyées dans une perte destructrice de répères et de valeurs. Bon bougre et bon joueur, Chabal a assisté, impuissant et malgré lui, à son sacre illégitime par les médias et le grand public. Devenant le nouveau Footix du rugby, plus personne ne lui demandait d'être bon, il devait juste être. Quitte à être deuxième ligne de service.

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Sa mise au frigo aujourd'hui résonne comme une remise de mairie au centre du village ovale. La génération Lièvremont-N'Tamack est celle du "post-professionnalisme", et a tiré les enseignements de certaines dérives. Elle s'est choisie Lionel Nallet comme capitaine. Un deuxième latte de devoir mis sur la touche lors du Mondial pour faire de la place à "Caveman". Elle va chercher ses piliers à Dax, ses demis de mêlée à Bourgoin, et ses troisième ligne à Montpellier. Là où le professionnalisme coexiste encore avec les mains courantes et les buvettes. Elle ne recrute plus uniquement dans le Sud-Ouest, mais il en appelle à ses valeurs. Ses vraies valeurs, et pas uniquement les artifices d'un grand gaillard chevelu et faussement brutasse, dépassé par son image comme Laporte par sa tactique.

5bb6ee3f5da39ff71612e5de1451dee9.jpgSamedi dernier, Chabal a affronté l'un de ses fossoyeurs. Le numéro 8 de Sale a même voulu se la jouer "homme des cavernes", quand il s'adressa au jeune numéro 8 montpelliérain, Louis Picamoles. Ainsi que le rapporte le "Midol" de lundi, «sur le premier ruck, il tenta d'arracher la tête de son concurrent en équipe de France, avant de lui lancer au visage: "Tu vas passer un sale après-midi, gamin"». Picamoles marqua l'essai du match nul, après une partie énorme. Et Lièvremont l'a intronisé aujourd'hui «grand espoir de demain», annonçant sa probable sélection dès avant la fin du Tournoi.

Quand il s'est agi de parler de Chabal, Le sélectionneur de la génération "post-professionnelle" a répondu à «la déception du grand public» de ne pouvoir ressortir ses perruques en criant «OUH OUH»: «Un public plus averti serait certainement surpris de ne pas voir Bonnaire ou Vermeulen. Nous n'avons pas voulu marquer notre arrivée en disant Chabal, on ne le prend pas. Sébastien est un garçon charmant, avec un excellent état d'esprit. Mais Elvis est le meilleur à son poste.» Next generation, please...



Montpellier - Sale 19/01/08
envoyé par DouDou-mhsc

Bon là, c'est l'essai de Kuzbik et il est refusé. Mais c'est un avant-goût de ce que je vais vivre samedi à Sabathé Yves-du-Manoir. Redescendant dans mon sud natal, chic, le MRC reçoit Bayonne en Top 14. Après avoir fait honneur aux valeurs à Paris et au beau jeu face à Sale, ça devrait être un chouette match à l'ancienne dans une nouvelle enceinte "très Guazzini". Mélange des genres de l'ovalie moderne... Je vous raconterai...

 
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