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27/08/2008

Le pied

1956400099.jpgQue du bonheur. Un stade plein, des envies de jeu, des retrouvailles réussies… Et une victoire 16-11 contre Toulouse. Cette nouvelle saison démarre comme un grand éclat de joie. A 100 euros la carte d'abonné, avec l'espoir de voir cinq ou six matchs comme ça dans l'année, ça vaut franchement le coup… Evidemment c'est pas donné, mais on garde l'impression qu'on soutient pas un club pour rien. Le voisin de gauche est rigolard, celui de droite totalement borracho (on ne le verra qu'une mi-temps), on a des pitchounes devant, qui se marrent dès qu'ils disent un gros mot en nous imitant… Et, au final, le MRC qui fesse Toulouse.

On a remarqué, avec les rugbypotes, que de nouvelles buvettes avaient été installées, ce qui porte le nombre à trois pas tribune et qui commence à faire sérieux. Autre bonne nouvelle: les mecs devant nous qui ont voulu lancé une ola ont eu autant de succès que Michel Rocard en politique. Et ça, ça prouve que les valeurs perdurent, comme l'aptitude au plaquage qui fait mal.

On a un peu gueulé comme des cons contre l'arbitre, mais il n'a pas été si mauvais, au regard des nouvelles règles assez dévariantes. Enfin, il a été "équilibré", et c'est déjà pas mal… Avec une défense presqu'aussi grosse que les fesses d'Heymans, Montpellier a même tranquillement géré l'affaire. Et s'est même offert le luxe de faire les vendanges précoces aux abords de la terre promise toulousaine.

Dernier constat, et pas le moindre, on devient une vraie équipe avec une vraie profondeur de banc. Se permettre de faire rentrer Marshall (des Blacks), Douglas (de Llanelli) et Trinh-Duc (du Pic Saint-Loup), en fin de match: c'est balèze. Si on rajoute une bonne mailloche (et notre troisième latte sudaf Wasserman qui met une poire pour défendre son 9 agressé par Clément "point trop" Poitrenaud), le joli (enfin, pas trop moche) t-shirt offert avec l'abonnement, le soleil qui est venu nous caresser jusqu'au milieu de la seconde mi-temps…  C'était le pied.

V'la une saison qui commence bien…

05/07/2008

L'été porte conseil, Marco…

Pas de miracle austral, pour nos Bleus. Cette équipe A', tout en jeunesse inexpérimentée, n'a pas pesé lourd face aux gros bourrins australiens. Un problème évident de rugby pourcentage et de clé de coffre-fort à trouver. Les Bleus jouent, maîtrisent la béchigue, mais ne parviennent jamais à percer, même pas à désorienter une grosse défense bien en place. Le 10-40 encaissé n'a pas à faire rougir les hommes de Marco Lièvremont. Ce dernier rentre quand même de chez les Kangourous avec quelques promesses… Palisson, Thiéry, un pack pas mal du tout… Et puis cette tournée elle aura quand même servi à quelque chose: Trinh-Duc marque son premier essai (à partir de 4'40), en relance de 80m… Un bon été par-dessus tout ça et on va finir par l'avoir notre XV de France compétitif et ambitieux. Vivement les test de l'automne…

29/06/2008

Les larmes de Kelleher

1795436910.jpgCe succès de Toulouse est sublime, comme il est rassurant. Un moment de bonheur, d'abord. Une fin d'après-midi ensoleillé et douce, où la bière coule à flot dans un bon esprit qui, décidément, résiste toujours aussi bien au rugby-bizness. Des moments de rêves de gamin qui se réalisent, aussi. Fabien Galthié qui vous tape une clope à la mi-temps en tribune de presse, à quelques mètres de Jean-Baptiste Lafont ou Philipphe "le Goret" Saint-André. Pisser à côté de Moscato. Et puis du jeu et de l'ambiance.

Dans le RER du retour, on n'arrive pas à s'enlever ce sourire un peu niais qui vous a accompagné cette finale de Top 14 trois heures durant. Match débridé. Envie de jouer permanente, et celui qui en a produit le plus qui gagne à la fin. Fautes de main, mais c'est pas grave quand ça permet d'assister à un essai du bout du monde. Tout le terrain traversé à la main. Mouvement perpétuel toulousain. Et le si attachant Maxime Médard en terre promise. C'est finalement lui qui a dominé le match de sa classe, quand Nalaga, le colosse fidjien de Clermont, a vu sa puissance se fracasser sur la défense inspirée et malicieuse des Toulousains. Un coup de main non négligeable dans la révolution culturelle tentée par Marco Lièvremont à la tête du XV de France.

Dans le RER du retour, on est plein de compassion sincère au milieu d'un wagon bourré de Clermontois. Ça rit Jaune. Et ça promet que c'est la dernière fois que ça "monte à Paris" pour une finale. "Au prix que ça coute, j'en peux plus de nous voir perdre…", souffle un Obelix auvergnat casque à cornes dans ses mains. Tout en caressant la tête de son fils au regard figé d'une tristesse infinie. Mais quand il jette un coup d'œil sur la bouille de son fiston, il rajoute: "On garde l'abonnement à la saison, quand même. Ça joue bien à Michelin, y a qu'au Stade de France qu'on perd…"


 

Avant de se coucher, on se remémore encore plein d'autres bon moments. Le concert surréaliste des Wampas avant-match, dans un stade quasi-vide. Les discussions avec des collègues qu'on avait pas vu depuis longtemps. La petite mousse au soleil, siroter en admirant les cohortes de supporters qui marchent de traviole. Et les larmes de Kelleher. L'énormissime demi de mêlée néozélandais pris par l'émotion de la victoire à la fin du match. Les mains sur les hanches, interloqué, secouant légèrement la tête. A la mène des Blacks, il a remporté quatre tri-nations. Mais il n'avait pas encore touché le "bout de bois", ce bon vieux bouclier de Brennus. Assis sur la pelouse, les joueurs jaunards sont pétrifiés. L'angoisse sur le terrain a laissé place à la soumission devant la malédiction. Neuvième échec en finale, deuxième de suite, et une incroyable esthétique de la défaite. Ultra-majoritaires dans les tribunes, les supporters bougnats ont eux les larmes sèches. Mais leur sourire est revenu un instant chez certains d'entre eux. Ceux qui ont embrassé l'adversaire Byron Kelleher lors de son tour d'honneur ivre de bonheur dans la foule. Ça, c'est du rugby…

25/02/2008

Du Béat-BA de l'optimisme en rugby (Quatrième mi-temps #3)

Bon ben ça c'est pas passé comme rêvé. Ni même comme prévu. La bande à Lièvremont n'est visiblement pas encore rompue au french-flair d'antan et s'est fait infliger une leçon de rugby à l'Anglaise, comme au plus mauvais temps des défaites impuissantes des Bleus face à la Rose. Façon "années pourries" (1989-95). Réalisme froid et réussite maximale de la perfide Albion, mêlée aussi vicieuse que redoutable, provoc' insupportable d'efficacité de la première ligne (Regan en futur conseiller de Sarko, pour intimider les «badauds» lors d'une prochaine «algarade» agricole?), drops et pick-and-go irrésistibles, défense inversée et infranchissable… Bref, la lose.



Mais après avoir pesté deux heures durant et vécu le pire des "déja-vu" rugbystiques, on se calme et on boit frais à Marcoussis. Certes l'auteur de ces lignes est prêt à mourir avec les ambitions décues de Lièvremont, mais il y a quand même de quoi y croire. Au moins de quoi ne pas désespérer. Et de pouvoir raisonnablement miser sur une victoire française lors du prochain Crunch.

Pas mieux, pas pire. Si le XV tricolore n'a guère fait mieux que lors de la dernière demi-finale du Mondial (9-14) avec une équipe-type de chez type, il n'a pas non plus régressé avec une équipe de débutants. Les jeunes pousses de "Captain Nallet" ont même marqué un essai. Et les Français ont cette fois-ci gagné la bataille des airs en touche, compensant le déficit de conquête en mêlée. Au final, la défaite est plus évidente, mais la déception moins grande. Et le Stade de France a même longuement applaudi les perdants (un truc de ouf, quand même!).

L'axe du bien. On promettait le pire à la courroie de transmission des Bleus. Mais l'axe 8-9-10 a été à la hauteur. Picamoles costaud au cul du pack et solide au plaquage, Parra autoritaire et fort en gueule à la mène, Trinh-Duc imaginatif et auteur de sa première percée classieuse… Si les minots ont souffert, ils ont quand même montré de l'orgueil. Bien plus jeunes et mal préparés, ils ont une marge de progression bien plus grande que leurs homologues anglais au jeu rôdé et sempiternel. Et pis, franchement, le Yach' et la Skrèle n'ont pas franchement apporté grand chose en fin de match.


Avant septembre, ça compte pas. Le trio Lièvremont-Ntamack, Retières l'a suffisamment répété: "on" est en phase de test. Et cette phase durera jusqu'à la fin du Tournoi et même jusqu'à la tournée de juin. Les choses sérieuses, elles commenceront face aux Sudaf' (sans doute, le calendrier n'est pas arrêté), en septembre. D'ici là, la nouvelle génération et les anciens de l'ère Laporte auront quand même réussi à accorder leur jeu. A trouver l'osmose entre l'aventure débridée et le juste usage du coup de pied. Pour parvenir enfin à déborder la défense anglaise tant au large que dans son dos, deux cruelles lacunes constatées samedi au SDF. Allez, en 2009, "on" gagne à Twickenham. Et les doux mots de Lawrence Dallaglio résonneront à nouveau dans nos oreilles…

10/02/2008

Pour un rugby total (quatrième mi-temps #2)

4491b94a98882d0314d65925dbe4a323.jpgUne fois digérée la troisième, il est temps de faire le point sur les deux premières. Petit débriefing de France-Irlande, deuxième journée du Tournoi des VI Nations 2008…

Il y a une certaine majesté chez Marc Lièvremont, dans sa façon qu'il a d'assumer comme au bon vieux temps sa vision du jeu. Samedi, sitôt terminée la victoire ric-rac des Bleus contre l'Irlande, l'entraîneur du XV de France a convaincu dans son explication du coup de mou des siens à l'heure de jeu. Pour faire simple, si les Tricolores ont perdu pied, c'est qu'ils ont voulu gérer. Or, Lièvremont ne veut pas d'une équipe gestionnaire, il veut du jeu. Du «à l'ancienne», qui fait chanter le cuir et ne rechigne pas à la débauche d'énergie offensive. Et franchement, vu des tribunes, ça se tient.

Car soixante minutes durant, la stratégie des Bleus avait de la gueule, ainsi qu'une redoutable cohérence. "Tout jouer" signifie obliger l'adversaire à assurer les coups de pieds de dégagement. Mais aussi à se mettre au diapason. Et donc de se mettre aussi en danger. Et là, les Français sont enfin en position de gagner. Sûrs de leur maîtrise dans l'occupation du terrain, ils rendent hommage à l'ère Laporte en défendant à la perfection. Une troisième ligne de feu (plus Pica, Pica, Picamoles qui devrait bientôt éclore), auteure d'un tiers des plaquages, et une habileté de passe conjuguée à des jambes de feu… La France ne peut plus perdre à ce jeu là…



A l'image des chaussures de Clerc et Heymans (en passant, la plus belle paire 11-15 du moment), il y a de l'Oranje dans l'ambition du nouveau coach. Rugby total, où le jeu à la main comme règle absolue. Façon bloc collectif offensif de Cruyff & co, qui étouffait l'adversaire à force de passes et de continuité du jeu. Encore faut-il que la messe soit dite jusqu'à son terme. Et que les fondamentaux ne soient pas oubliés.

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Car quand les vieux fantômes resurgissent, qu'on joue au pied et qu'on se fait bouffer en mêlée, on perd les ballons à l'adversaire et on prend un essai de pénalité. Et ça, ça fait super tâche. Le frisson qui a parcouru les tribunes du Stade de France (au final pas si footix et même "très rugby", une seule tentative de Ola et une seule bordée de sifflet justifiée), ne dit pas autre chose. Du beau jeu, oui, mais on veut aussi une grosse mêlée! 

Ce seront les deux grosses missions du nouveau trio Lièvremont/N'Tamack/Retières: achever de convaincre les joueurs de leur ambition et retrouver un vrai pack. Face à la première, ils ont déjà fait montre d'une audace implacable, en n'hésitant pas à faire entrer Parra, Trinh-Duc et Picamoles pour se farcir le dernier quart-d'heure. Choix gagnant. Comme pour dire qu'à un tel moment du match: "l'essentiel, plus que l'expérience, c'est d'être à l'initiative du jeu". La nouvelle charnière aura réussi à remettre les Bleus vers l'avant en ouvrant au large, alors qu'elle sombrait en se débarassant du ballon.

57a8cd9751fc73f95eebee20273bcc9f.jpg Quant au "cinq devant", il va falloir nous retrouver ce "meilleur pack du monde" qu'on aime à glorifier lors des matchs du Tournoi. Celui des Ondarts, Dubroca, Champ, Armarie… Celui sans qui les nouveaux Blanco, Lagisquet, Sella ou Berbizier ne pourront pas se libérer. Tout un match durant.

 

05/02/2008

Quatrième mi-temps #1

Une fois digérée la troisième, il est temps de faire le point sur les deux premières. Petit débriefing de la première journée du Tournoi des VI Nations 2008…


Le bilan vite fait.
Les Bleus nous ont fait frissoner et on a replongé dans le temps des pénalités jouées à la main, un temps que les moins de 20 ans gnagnagna… Réjouissant à nous rendre impatients. Sur le plan tactique, les Français sont incontestablement les seuls à avoir produit du jeu. Quelques éclairs irlandais et anglais, mais le jeu au pied reste roi. La puissance des packs semblent de plus en plus homogènes. Gavin Henson est définitivement redevenu un rugbyman. O'Driscoll est en train de faire le chemin inverse. Le sacro-saint mythe de la polyvalence en a pris un coup, avec le naufrage anglais. Remplacer deux centres par des ouvreurs, et ben ça fait un essai casquette avec quatre ballons tombés de suite, des sautées dans le vide et un ballon transformé en marmite que personne n'ose jouer autrement qu'en tapant… Bref, "on" est favori du Tournoi.




Le bilan des Footix.
"Oah 'tain, on est trop fort! On va faire le Grand Chelem fastoche! C'est con qu'y ait pas Chabal. Par contre, à part Dusautoir, j'connais plus personne dans la mêlée… Et il est où Domi?"

c5f0333a954028086cc5946734796cf1.jpgMicro de plomb. D'habitude, Jean Abeilhou, on l'aime bien. Déjà parce qu'il a remplacé Salviac. Bon, il se plante souvent sur le nom des joueurs, mais comment lui reprocher. Qui ne confond pas trois fois par match le centre avec le troisième latte…Mais là, Jeannot, il a fissuré. «Ouadreogo» (…) «Oudragogo» (…) «Odraouego» (…) «décidément, c'est pas facile à dire». Et ça, quasiment à chaque fois que le classieux et impeccable n°7 des Bleus touchait la balle… Avant un bouquet final hallucinant, avec la complicité de l'imputrescible Gérard Holtzà la relance: «Je vais vous prendre avec moi sur le Dakar, vous apprendrez à la dire». Oui bouana, oui bouana… C'est pourtant pas compliqué, monsieur Abeilhou, ça se prononce comme ça se lit. Ou-é-dra-o-go. Facile, en fait…

Les hurlements du week-end. L'arrière du XV de la Rose, Ian Balchaw, se fait contrer et les Gallois marquent l'essai de la première victoire des Poireaux à Twickenham depuis 20 ans. Et franchement, l'Angleterre piégée à domicile avec un Wilkinson transformé en allégorie de déchéance (proche de la gloire à l'entame, pathétique dans le money-time), qu'est-ce que c'était BON!!!



Le geste technique.
Le double une-deux à la sauce toulousaine, avec en-avant insifflable tellement c'est beau. Heymans et Clerc (bien lancés par Trinh-Duc) nous ont offert un moment de "french flair" où on entend le cuir chanter des tréfonds de l'oubli. Ça, plus Nallet qui a tenu son pack quasiment à lui tout seul et Dusautoir qui prend du coffre, quel bon dimanche…

Dans la tête de Bernard Laporte. "On se serait cru sur ESPN. Ambiance foutraque, entre ballons tombés et refus dogmatique du coup de pied. On marque deux essais que les probabilités statistiques de l'ovoïde rebondissant ne permet qu'une fois par siècle. Morgan Parra ressemblait à un chérubin lâché dans un chenil. Trinh-Duc est encore plus mauvais au pied que Michalak…"

Les gros du week-end. Enorme pack italien (Perugini en tête), qui a planté un essai aux Irlandais après un maul de 20 mètres techniquement redoutable. Après Berbizier, Mallett continue de faire grandir l'Italie. Enfin, en défense. Parce qu'offensivement, même le Canada envoie plus de jeu. Du coup, ce sont quand même les maladroits irlandais qui gagnent…



Les douillettes de la semaine. Messieurs les Anglais, faudrait voir à se remettre à la muscu. Quatre blessés contre le Pays de Galles, dont Tindall, touché au foie (ça s'invente pas!). Tous flingués pour au moins deux semaines. Ça devrait être chaud samedi, en Italie.

Le meilleur SMS d'après-match. "Moralité: un match au jeu inachevé sans Laporte est plus sympa à suivre qu'un match réussi avec Laporte, non?" Big up à Roger Bauer…

 
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