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21/11/2009

L'hallali Attali: mieux vaut Henry(re)…

Image 7.pngQuelle connerie le foot. Trois jours après la qualif de Saint-Denis, on en aura lu et entendu des points de vue contradictoires, sur la mimine à Titi. Du grand n'importe quoi, de l'oie blanche en veux-tu en voilà, des leçons de morale à la con, des prises de parti politico-microcosmiques débiles, des excuses et de la repentance à toutes les sauces, de la honte d'être Français un brin inappropriée (y a quand même bien d'autres raisons plus valables, non?)…

On a failli arrêter le foot, tellement ce gros pataquès démesuré et informe, où tout le monde se sent obligé d'avoir un avis -si possible original-, nous a rappelé le coup de boule de Zidane ou le running-gag de la Marseillaise sifflée. Un moment où l'on regrette d'un coup d'être fan de sport et de devoir se fader les leçons de ceux qui d'habitude se foutent de nous. Evidemment, le summum du grotesque appartient au "Nous sommes tous des Irlandais" de Jacques Attali, juste devant le "Rêvons, rejouons le match" de Laurent Joffrin (sans oublier l'inénarrable BHL). On y opposera la salutaire mise au point de Roy Keane, contre l'Irlande qui ne cesse de se plaindre, faute d'être capable de mettre ses occases au fond.

Grosso merdo, ce qu'on en pense avec le recul a peu ou prou été déjà écrit, notamment par So Foot (ici) et l'excellent blog Plat du Pied Sécurité (ici et ici). Oui c'est moche de se qualifier comme ça, mais des abus y en a tout le temps, les coups de vices sont des gestes techniques aussi propres au sport que les coups de génie (quelque soit le sport, même et surtout dans le plus beau d'entre tous: le rugby).

Les Irlandais sont très sympas, mais s'ils avaient pu nous faire la même ils ne se seraient pas fait prier (cf. le péno contre la Géorgie), et il n'y a aucune raison d'avoir davantage de condescendance envers ce peuple certes anti-britton plein de bravoure, mais quand même franchement bigot limite intégriste et anti-avortement. Tout juste leur reconnaîtra-t-on un art certain de la parodie musicale…


Soyons sincères, une fois le match passé, on a plutôt souri de cette victoire à l'italienne ou à l'allemande (selon la génération à laquelle on appartient). Pour une fois que c'est pour nous, on ne va pas s'en plaindre. Ceux pour qui le foot veut vraiment dire quelque chose voient des petites tricheries à chaque match (parfois s'en délectent -Rhaaaa William Prunier!-). Depuis tout petit, on a appris l'injustice de la vie grâce au ballon (la main de Vata en 89, le carton rouge contre Lolo Blanc en 98, l'ogre Schumacher de 82 et autres poteaux carrés)…

Ce qui retiendra une dernière fois notre attention dans ce débat franchement vain, aussi futile qu'il sera oublié quand commencera le Mondial, c'est la façon dont la bonne conscience social-démocrate a rejoint la vertu méritocratique de la droite libérale. On se croirait presque revenu au temps du référendum sur la constitution européenne, où les gentils anti-triche se retrouvent tous du bon côté de la barricade, face à la plèbe sans principe. A la différence notoire que la compétence et le savoir technocratique sont ce coup-ci du côté de la populace.

Car il y a juste un truc que je ne comprends pas dans le raisonnement des anti-Henry (qui sont également des anti-Domenech, mais c'est encore un autre débat): comment évoquer Pierre de Coubertin (par ailleurs un beau facho) quelques jours après s'être félicité de la chute du mur de Berlin? Comment se branler sur l'avènement du libéralisme pour débander sur l'une de ses plus belles expressions (la fin justifie les moyens… et la qualif peut aider au retour de la croissance), avant de s'offrir un retour de trique sur l'arbitrage-vidéo (cf. Christian Vanneste et Fraidrick Lefaivre), pourtant symbole le plus totalitaire qui soit (l'homme sans faille et la surveillance légitimée comme régulation d'une société parfaite)?

Trop dur à expliquer? Alors, footez-nous la paix, et occupez-vous de moraliser le capitalisme! Les affres du professionnalisme n'ont rien à voir avec les vicissitudes jouissives du terrain, péno simulé, tirage de maillot suant la bière de la veille, coup de coude sur corner. Perso, je ne comprends toujours pas pourquoi personne n'a taclé aux genoux Kostadinov quand il filait au but en 93. Alors en vouloir à Titi sur ce coup là (parce que sinon, c'est mon sport favori)? Non, je ne vois pas. C'est même la première fois depuis 98 qu'il ressemble à un minot joyeux, et non plus à un monstre froid surnuméraire en attaque…

On espère juste qu'un jour les députés et observateurs autorisés pétitionneront contre l'endettement des clubs anglais et espagnols, contre l'homophobie dans le foot, contre les systèmes de dopage génralisé ou contre les filières de recrutement en Afrique.

En attendant, vous pouvez faire vos Pelé pathétiques, moi je reste du côté de Maradona.

 

19/11/2009

Happy hand!

mandela_world_cup.jpgAllez, on ne va pas faire la fine bouche. Une qualif au Mondial, ça justifie tous les moyens de monde. Rien qu'à s'imaginer pendant le tirage au sort, ou imaginer le concours de pronostics avec les collègues, on en salive d'avance. On commence même à songer à l'argumentaire qu'il faudra déployer pour y croire un peu. Genre changer un bon tiers de l'effectif ayant foulé le pré de cet indigent mais victorieux Irlande-France.

Image 2.pngMais dans tous les cas, Raymond continue de niquer allègrement un pays tout entier, qui va encore devoir le supporterau pays de Nelson. Domenech va même bientôt battre le record de matchs d'un sélectionneur. Le gars que la totalité du toujours aussi glacial Stade de France voudrait étriper à mains nues va dépasser Michel Hidalgo. Et le mec, il trouve encore le moyen de dire qu'il avait prédit le 1-1 de la soirée. Sublime…


Mais on ne peut quand même pas s'empêcher de regarder ailleurs. Parce que, franchement, voir Squillaci/Gallas à la ramasse face de ventripotents Irlandais, se lamenter devant la paire diarrhéique de récupérateurs, halluciner devant Titi Henry courant le 100m en 90 mn, ou Anelka jeter son indolencesur le pré… Même le public, auquel on a refourgué moults drapeaux et t-shirts façon tifo nord-coréen, fait un peu honte. A l'image des onze plots de la DDE qui leur servait d'équipe fanion, les gradins chantent et s'agitent, mais finalement ressassent l'éternel et lassant "Allez les Bleus". Dans le même virage que le "kop" irlandais on ne peut pas s'empêcher de regarder ailleurs.

Et croiser les regards rougis de supporters chantant dans le métro du retour, après le but tout voyou d'Henry, ben ça met presque mal à l'aise…




Et puis finir la soirée en passant par Barbès, et croiser les derniers survivants de la furia algérienne. Même si on avait un faible pour l'Egypte d'Abou-Trika, on a trouvé notre troisième pays à encourager pendant le mondial sudafricain. Car sortir vainqueur du derby des "phares du monde arabe" (résumé vidéo ici), malgré les caillassages et la tension qui pesaient sur les Fennecs, ça force le respect. En plus, l'Algérie se qualifie grâce à un but magnifique, bien loin du jeu de vilain tricolore. Antar Yahya, façon JPP…




Et puisque la musique adoucit toujours les heurts, en résonance à la playlist de 20minutes.fr, à la nullissime une de L'Equipe et au bon jeu de mot qui sert de titre à ce billet, on se quitte avec Deus. "Happy enhandings with violins"…

09/11/2009

Un monde s'effondre

Image 4.pngOui, c'est bien un monde qui s'est effondré dans la nuit du 7 au 8 novembre 2009. Bien loin de l'agitation photo-sarkozyste et du Domino-day berlinois tout rance et avec des vrais morceaux bien réac de Lech Walesa dedans, on n'a nous aussi connu aujourd'hui l'émotion d'un mur qui vole en éclat.

Plutôt que d'écouter BHL et Dany Cohn-Bendit annôner sur la victoire du libéralisme, on fêtera les 20 ans de la fin des stals par un hommage à la mythique RDA de 1974. On ne parle pas des sportifs surdopés ou des cyclistes austères. Mais de l'équipe de foot, qui a gagné (1-0) son seul duel de l'histoire contre l'arrogante RFA lors du Mondial. L'entraîneur s'appelait Georg Buchner (remember), et le buteur Sparwasser. Ah, l'Ostalgie…





fabrice-santoro.jpgMais cette nuit a aussi été la fin d'une certaine adolescence, avec la fin de carrière officielle de Fabrice Santoro (un chouette résumé ici). Le Fabulous Fab avec qui on a appris Roland-Garros en même temps que nos cours d'histoire de troisième. Sur la chute du mur de Berlin. Voire nos cours d'orthographe. Comme ce dimanche de 1991, quand le torero Santoro qualifiait la France en demie, pour son dépucelage de Coupe Davis. Lors du dernier match, à Nîmes. Entre les murs des arènes…





om-ol-incroyable.jpgEt puis cette nuit a enfin été celle de certitudes volant en éclat. Enfin, un match de L1 intègre le top 5 des plus beaux matchs de clubs français. Lyon-Marseille 5-5. Le truc qui était pas arrivé depuis 1957. Un avant l'ultimatum de Khrouchtchev, qui avait provoqué la construction du mur en 1961. 5-5. Un score de Baby dont aurait perdu quelques balles, au gré de rires, de susauts, de festailles et indignation. Autour de la table des potes bières-foot, on a halluciné sur "Hugo déchire!" Lloris, on a débattu sur l'éternelle main qu'est pas volontaire donc ça fait coup-franc indirect, on a fait les "groupies du Pianic". Et on pourra dire qu'on s'en rappellera, de notre veille de 9 novembre 2009…



 

 

07/11/2009

La mort de Jacno c'est comme le sport (de la merde)

jacno.jpgEn passant, une mauvaise nouvelle, pour commencer le week-end. Jacno Future. Le cultissime leader des Stinky Toys s'est éteint la nuit passée d'un cancer, à 52 ans. En quise de rapide hommage à ce monument de la punkitude à la française, ce magnifique et Churchillien morceau, intitulé "le Sport" (… c'est de la merde), extrait du dernier album de l'ancien comparse d'Elli Meideros, "Tant de temps" (2006)…





La vidéo qui suit n'a, en revanche, aucun rapport avec le sport. Mais ce "Plastic Faces" fleure tellement bon la fin des années 70 et le playback désinvolte, qu'on ne peut s'en priver. Adieu Jacno…

01/11/2009

Degré zéro

nicollin-le-psg-ne-casse-pas-trois-pattes-a-un-canard_33399_4786.jpgBon ben voilà, on savait bien que ça allait forcément arriver, depuis que Montpeul est revenu en L1. Non, on ne parle pas d'un retour à la normale dans l'improbable quête du titre. Même si on en rajoute des tonnes, on est quand même un peu lucide sur la capacité des ptits gars de René Girard pour s'attendre à une saison avec des hauts et des bas (même si le MHSC est toujours dans la course au bout de 11 matchs). Non, on veut parler de Loulou Nicollin qui nous fout la honte.

Dans le temps, avec l'aide de médias complices, il balancait des trucs du genre: «Mes joueurs, je les paie moins que mes maîtresses, alors que elles, au moins, elles me régalent la chique…» Déjà à l'époque, ça faisait rire la France entière (ah, le truculent, le rabelaisien, le haut-en-couleur), pendant que nous, on baissait les yeux. Ce coup-ci, il s'en prend à Pedretti, espoir tocard du foot français qui a passé le long du match à s'essuyer les crampons sur le joyau Tino Costa. Et il ne trouve rien de mieux que de le traiter de «petite tarlouze»


 

Plutôt que de jouer le titre sur ce coup-là, on va tenter de jouer le filtre. Perso, pour abhorrer la Loulou's touch depuis toujours, c'est davantage la vulgarité globale du président, affichée en public, qui me gêne. Contre les femmes, les pédés, les sans-couilles et tout ce genre d'excès qui deviennent franchement pénibles à la longue. On est ici au-delà du 34e degré bien de chez nous, que j'ai tenté de détailler il y a quasiment un an jour pour jour, quand "Loulou Junior" y allait en privé de son "PD de Nîmois" qu'il révait d'enculer. Et ce coup-ci, je ne tenterai pas de justifier le langage qui est celui de chez nous, hâtivement présenté comme homophobe, parce qu'au final, il y a plus de coup à prendre qu'à gagner face aux ligues de bonne vertu et de bonne pensée.

mezy-nicollin.jpgAvec le père, ça fait trente ans que c'est comme ça en public. Trente ans qu'on baisse les yeux tout en lui étant reconnaissant de nos plus belles années (avec Michel Mézy). Mais en faire un symbole de l'homophobie à la Christian Vanneste semble un peu exagéré (au moins lui arrive-t-il de s'excuser). Ou alors il faut le mettre dans le même sac que Pedretti, qui lui ne semble choqué que par le fait qu'on «s'occupe de lui au retour». De plus, la catégorisation de l'indignation a toujours quelque chose de gênant. S'il avait dit "Ce Pedretti, c'est une salope", qui aurait levé les yeux au ciel?

Déjà, au mitan des années 90, on appelait cette clémence médiatique vis-à-vis de Nicollin le bourrin le "syndrome George Frêche". Vous savez, la rengaine de Janus et sa double face. Ses excès mais sa sympathie, ses errances mais son génie, ses travers mais sa bonne franquette. Alors, quitte à me fâcher avec l'excellent Hussein Bourgi (je le pense pour le connaître un peu), le président du Collectif contre l'homophobie qui demande à Pedretti de porter plainte, juste un constat. Si on s'en prend à l'un, on s'en prend à l'autre. Frêche et Nicollin sont les deux emblèmes de la pire des caricatures du "Sudeucon", et il me paraît compliqué de dénoncer les propos de l'un, en ayant fait partie du système politique de l'autre (et en étant témoin de moralité au procès de Frêche contre les harkis). L'homophobie langagière est au moins tout aussi répréhensible que le racisme latent et le clientélisme féodal, non, cher Hussein?

Pour en revenir à Nicollin, la vraie solution, à mon sens est juste ne plus lui donner la parole. Que Canal ne fasse plus comme si de rien n'était quand il sort des trucs plus énormes que lui, et coupe au montage. Que L'Equipe ou Francetélé cessent de fantasmer ce président patron paternaliste à l'ancienne. Qu'on ne l'interroge plus et qu'il disparaisse médiatiquement. Voilà une sanction qui ferait plaisir à tout le monde, en tout cas à moi, qui commence à en avoir marre de devoir faire semblant d'adorer ce que j'ai toujours brûlé.

Edit lundi matin: Loulou s'excuse, tout rentre dans l'ordre et la conclusion vaut son pesant de cacaouètes bien grasses: «Ça ne regarde que nous, on s'explique entre hommes. On n'est pas des gonzesses!» Marre. Vraiment marre…

24/10/2009

Panenka du dimanche

Image 4.pngMais qu'est-ce qui t'as pris mon Gougou? Pourquoi tenter une panenka de baltringue ce mercredi, lors d'un sombre match de poule contre l'équipe B du Bayern, archi-dominée et à un de moins. Une panenka, ça se respecte, pour un héros en devenir comme toi. En hommage au grand Antonin, créateur magicien des Bohemians (remember) qui règne en maître au AntoninPanenka.jpgroyame de Pénalty. Une Panenka, ça se tente comme lui en finale de l'Euro. A la rigueur en demies. Mieux, en finale de mondial (remember Zidane et Totti).

Au pire, une panenka se rate de façon culte. Comme "Canto la flaque d'eau", lors d'un boueux Beauvais-Bordeaux de 1989, en 32e de coupe de France! Hélas on ne retrouve pas de trace en vidéo de cette magnifique et glauquissime saynette. Mais tout de même un délicieux croquis incompréhensible…

 

89Cantona.jpg

 

Là, Yohann Gourcuff s'est quasiment rabaissé au niveau d'un Mickaël Landreau en finale de coupe de la ligue. Le ridicule en moins. Mal tirée, trop basse et excentrée, la panenka de Gougou est un nouveau bug (remember) dans la carrière de notre futur 10 trop classe qu'on a pour nous sauver du trou d'Eire. Résultat, Lolo Blanc est fumasse, et l'icône bretonne s'est grillé une importante cartouche pour parfaire sa légende naissante. S'il veut briller au point de péno en donnant dans le mythique, il peut toujours s'essayer à la paradinha, ou convaincre Titi de la jouer comme Johan (Cruyff). Mais qu'il oublie la panenka pour un moment.

Comme un hommage à ce bel échec qui ne tue pas et rend donc plus fort, on a déniché un top 3 de la panenka du dimanche. Un qui pue bien la lose, la vanne fielleuse ou l'injure gitane…


3. La panenka au-dessus. D'un mètre, en plus. Faut quand même le faire.  En même temps, le gardien n'avait pas bougé. Alors perdu pour perdu, autant s'éviter le regard horriblement moqueur du goal debout, le cuir entre les paluches…




2. La panenka dans les bras.
Ici, c'est le cauchemar absolu. Outre le cuir entre les paluches du gardien, c'est le déchaînement chambreur du bord de touche. Exquis…




1. La panenka du Narvalo.
Ce coup-ci, le péno est réussi. Mais le gars se fait quand même agonir par ses potes. Ce qui nous permet de découvrir ce délicieux terme d'origine tzigane: Narvalo. Que l'on pourrait traduire par "Complètement barré" ou bien "Ouf mental"… Pour le contexte, on laisse la parole à celui qui a posté cette vidéo: «joli panenka filmé par mes potes. En tant que dernier tireur, si je rate on est éliminé. Et je me fais tuer par le coach. Mais…» Et les gradins, de lancer: «Il est complètement Narvalo…»





18/10/2009

Bon, on arrête quand de le jouer, le titre?

Image 7.pngC'est avec une certaine émotion que l'on regarde le classement du championnat de France de L1. Quoi de plus normal que le 500e billet de ce blog soit une nouvelle fois consacré à Montpeul, à la Paillade, à la Butte, au MHSC. Au départ, dans la douce euphorie d'une montée inespérée, on s'était pris au plaisir nostalgico-bravache de faire un peu les cadors, en rêvant secrètement de revivre la saison 1987/88, où les promus de Montpeul avaient fini troisièmes. Et vu qu'on est du sudeucon, tant qu'à faire le cake, on avait carrément lancé: "On joue le titre". Mais plus les matchs filent et plus ça reste crédible. Jusqu'à ce dimanche matin: premier ex-æquo avec Lyon après neuf matchs…

 

Image 5.png

Contre Saint-Etienne ce samedi, la Paillade a encore montré son plus beau visage, respectueux du magique équilibre de l'effectif des âges d'or. Du vieux laborieux (Pitau, Jeunechamps), du jeune rebeu talentueux et vainqueur de Gambardella (Aït-Fana, Belhanda), un milieu qui régale (Costa, Marveaux) et une charnière intraitable (la Yougo connection Spahic/Dzodic), et des attaquants qui sapent des occases, mais aussi les défenses. On se croirait revenu à la belle époque des Bernardet, Perez, Lucchesi, Ferhaoui, Lolo Blanc.

En même temps, on n'est pas dupe. Trois matchs à l'extérieur qui se profilent, ça sent bon le début de décrochage. Au moins s'est-on inspiré du contre-exemple rugbystique, en évitant de faire les "trompettes". Mais c'est plus fort que nous, le stade de la Mosson tourne à 20.000 spectateurs (du jamais vu depuis dix ans) et les Verts qui peuvent se rhabiller…




Ultime et délicieuse madeleine à l'huile d'olive, les Ultras de la Butte sont toujours là. Toujours là pour emmerder le gros Loulou Nicollin, avec leurs mailloches anti-parisiennes, leurs bombes agricoles à Nice, et leur rancune tenace envers les Magic Fan. Des accès de violence qu'on ne peut que trouver stupides, bien sûr, mais qui viennent troubler la perception médiatique, et c'est pas plus mal. Non, Montpeul n'est pas le nouveau Guingamp tout doux du Roudourou et n'a rien à voir avec les Chtis sympas de Boulogne qui ont tellement souffert du procès d'Outreau. Montpeul a un passé de foot, certes tocard et plein d'excès, mais un passé culte quand même.

Et puis, signe de bonne santé des tribunes, les supporters du kop pailladin se mettent à créer leurs propres chants, sans même insulter les Nîmois Image 9.pngdedans. On en a repéré deux sur Dailymotion et, faut-il l'avouer, on confesse les avoir entonné ce petit matin, sur la route du buraliste, avant de passer trois cafés à relire le classement dans l'Equipe.

Bien sûr, ce n'est pas encore le virage girondin, qui se met carrément à penser, en citant du Lénine et du Trotsky (énorme initiative "sport is politic"!). Mais ce sont des chants positifs, sans la moindre allusion à de quelconques petits Nîmois "qu'on nique leurs mères sur le stade stade des Costières, que par les couilles on les prendra oui mais que des couilles ils en ont pas"…

Le premier opus n'est certes pas fantastoche, mais on ne peut que saluer la phrase d'intro du kapo sur la vidéo («Bon, on va la refaire, on est des Caraques, mais on s'en bat les couilles, parce qu'à la Paillade, on est tous des Caraques!») Le terme de Caraque voulait à l'origine dire "Gitan", mais sa signification va bien au-delà, genre "patibulaire, mais presque".

Paroles:

LES PAILLADIIIINS, NE LACHENT RIIIIEN!!!
LES PAILLADIIIINS RE-PRENNENT CE REFRAIN!!!
DANS TOUS LES STADES, ON SERA LA!!!
DANS TOUS LES STADES, CE SON RESONNERA!!!!
léléléléléléléla OoO OoO léléléléléléléla OoO OoO

 

Encore plus poétique, ce magnifique dizain imparfait, à la déclamation forcément altérée par l'accent local…

Paroles:

"je t'aime plus(se) que la cocaine(eeeuh)..
je t'aime plus(se) que faire l'apéro(ooo)..
je t'aime plus qu'une belle coquine(eeeuh)...
JE T AIME TOI LE MONTPELLIER HERAULT!!!"

lalalalalalalalala lalalalalala-la lalalalalalala-la

 

12/10/2009

Au gré du Nil footballistique

Image 4.pngTout juste rentré d'une fort agréable campagne d'Egypte, des hiéroglyphes plein les yeux, on s'est retrouvé en plein trouble au moment de retrouver Paris. Désarroi gêné en pleine balade à Barbès, où la furia algérienne battait son plein dimanche soir. Toute la sympathie du monde envers les drapeaux au croissant ne peuvent faire oublier une semaine de quiétude nilienne et de souvenirs footballistiques. Au point d'être complètement tiraillé par l'issue de la poule C de la mort, en qualif "zone afrique" au Mondial.

Bien sûr les Fennecs en Afsud, ça fait saliver, ne serait-ce qu'en mémoire émue du sublimissime Lakhdar Belloumi. Mais mon cœur balance tout de même vers les Pharaons, avant le décisif Egypte-Algérie du 14 novembre prochain. Parce que les enfants qui jouent sur les berges du fleuve nourricier, parce que Jouma le chef nubien, parce que Captain Amada et Mohamed Abou-Trika.

De Luxor à Assouan, on a trouvé le temps de causer ballon, entre une tombe de Ramsès et un temple d'Horus. On a eu le regard enchanté en apercevant une partie d'ados les pieds dans l'eau…

 

nil.jpg

 

S7302288.JPGPuis on a rit franchement avec Jouma l'autoproclamé chef du village nubien d'Abou (sur l'île éléphantine d'Assouan), quand celui-ci résuma au milieu de ses crocodiles embaumés le dilemme de la sélection nationale: «Chacun joue pour lui, et ne lâche pas le ballon. Au moins en France, on t'engueule. Mais ici, on te félicite et on te dit de continuer à jouer perso». Enfin, on a longuement conversé avec Captain Amada, sosie incroyable de Bunk dans The Wire, sur une felouque ennivrante glissant doucement sur l'envoûtant fleuve des fleuves. Amada est un supporter d'Al-Alhy, «le plus grand club africain en nombre de titres». Il aime beaucoup l'OL et Marseille, autant qu'il ne comprend pas comment la France ne puisse pas être qualifié au Mondial. On a préféré botter en touche plutôt que d'essayer une explication.

 

S7302270.JPGAprès lui avoir fait promettre de s'intéresser à Montpellier en matant le classement de la L1, on a cherché à savoir si Zidan était bien le héros qu'on imaginait. Et là, on a pris conscience de notre éthnocentrisme. Certes, le Zidan est apprécié, mais il joue en Allemagne et n'est finalement pas si vénéré. Car la star en Egypte, c'est Mohamed Abou-Trika. «Le deuxième meilleur joueur africain après Adebayor», d'après Amada. Son nom est sur tous les maillots et ses exploits lors de la dernière CAN résonnent encore dans les cœurs des fils d'Amon-Râ. Non seulement l'attaquant d'Al-Ahly a du sens politique (comme quand il a affiché son soutien au peuple palestinien lors de la guerre de Gaza), mais il est en outre un sacré buteur…

 





Alors, le 14 novembre prochain, on misera sur un 2-0 héroïque des Pharaons contre l'Algérie, parce qu'on l'a promis à Amada (et aussi en souvenir des délicieux pigeons grillés ou farcis d'Assouan). Et l'on se dit qu'Abou-Trika ferait une sacré recrue de mercato d'hiver pour Montpeul qui joue encore et toujours le titre.

 
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