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11/09/2008

C'est pas gagné

Comme dirait mon moustachu patron citant Charles Péguy à l'envi: «il faut savoir penser contre soi-même». Du coup, impossible de passer sous silence cette vidéo trouvée sur Dailymotion, qui montre combien mon Raymond préféré va avoir du mal à se relégitimer à la tête des Bleus, malgré le soutien du Sporting. Une belle bronca dans un Stade de France toujours aussi convivial, qui laisse songeur et me fait repenser aux doux mots de Bernard Laporte (le vrai, pas l'affairiste sarkozyste)…


Point positif de cette brouille visiblement durable, on va enfin pouvoir aller au SdF sans se taper ces horripilantes "Ola" dénuées de sens. Mieux, grâce à Raymond, l'exercice trouve un sens et ne sera pas la seule expression de footix moutonnants: si on revoit une "vague mexicaine" à Saint-Denis, cela voudra dire que le public est reconquis. Et peut-être même que, pour la première fois de ma vie, je lèverai mon fessier et mes bras comme un con…

 

Enseignements d'outre-tombe

300x135_72800.jpgEt au milieu s'est remis à couler une rivière. Sorti de son lit tel le Vidourle inondant Lunel, le fleuve tranquille des qualifications au Mondial-2010 reprend son cours. Deux matchs, une défaite et une victoire. Domenech naturellement maintenu. Et Jean-Mimi qui ravale sa hargne et s'essuie la bave… Maintenant que les choses sont rentrées dans l'ordre dans la maison bleue et que Raymond-la-Recouvrance revient d'entre les morts, tirons quelques enseignements.

10343810.jpgLa mairie est remise au centre du village, comme on dirait en Ovalie. La sérénité qui n'aurait jamais du quitter le Onze de France est revenue, alors que, nous ne le diront jamais assez, seulement deux matchs ont été joué dans cette campagne de qualifications, et il en reste huit à jouer. On est dans une phase de construction, quoi qu'en pense médias et footixopinion.

Thierry Henry n'est pas un grand capitaine. Après son (joli mais fastoche) premier but, "Titi" a calmé tout son monde pour se précipiter vers le banc de touche. Alors qu'on a cru un instant à une embrassade avec le coach, il s'est arrêté juste devant lui pour enserrer… Evra. Pas compris. Absence de regard envers Raymond et, à la fin du match, discours alambiqué sur "des choses qui ont été dites à tort et à travers dans la presse". Pas un mot pour le coach. Dommage.




Car Domenech a enfin retrouvé le sens du coaching. Fini les inspirations pourries. Il fait le choix Gourcuff. Et les Bleus ont peut-être trouvé un patron. Racé, omniprésent, altruiste, prenant sa chance… On a un 10! Un vrai, dans la lignée de Platoche, qui mène le jeu au centre du terrain. Et en plus, un qui joue régulièrement en club, et qui va pouvoir s'aguérir avec Bordeaux en Champion's league.

Et puis Anelka est revenu en grâce. Et là encore, gros coaching du Raymond. Sortir dès la mi-temps un Benzema transparent et encore trop perso dans sa façon de jouer et d'être, pour nous refourguer le bon vieux Nico, tout aussi taciturne mais néanmoins pétri de talent et d'audace. Voilà une idée qu'elle était bonne! Et un deuxième but d'enfer à la clé, après un bel une-deux avec Yohan "Filip des 2b3" Gourcuff. A-t-on vraiment encore besoin d'Henry?

À noter, Arsène "Droopy" Wenger qui ne peut pas s'empêcher de glisser: "j'l'avais dit qu'il fallait faire jouer Anelka". Pfff…



En vrac: Derrière, Abidal et Gallas ont été plutôt sérieux, Mandanda "la classe" doit s'imposer dans les airs si on veut arrêter de se prendre des pions à la con sur corner, Toulalan fait vraiment beaucoup de fautes, Clichy fait penser à Taïwo (super en attaque, mal placé en défense), Govou n'a encore pas fait grand chose mais a encore été décisif. Mais le fond de sauce est prometteur, et un style de jeu ébauché. Y avait pas de quoi en faire un fromage médiatique…

 

 

09/09/2008

Armstrong lunaire

En passant, une rapide réaction à l'annonce scandaleuse du jour: Armstrong envisage de revenir narguer le bon peuple des camping-cars l'été prochain. Autant vous dire qu'il n'a pas conscience de ce qui l'attendrait. Si par malheur il parvenait à revenir sur les lacets préférés de notre enfance, le Sporting Tertulia s'engage à réaliser son vieux rêve avec ses vélopotes et se rendre en caravane sur les bords de l'Alpe, juste pour se transformer en Tariq Ramadan moins le moratoire. Lance ta pierre sur le Texan…

Bon, de toute façon, on peut imaginer que l'équipe Astana sera retoquée comme cette année par ASO. Alors, beaucoup de bruit pour rien, mais l'occasion de prévenir le grand et beau Miguel Indurain: tiens-toi prêt à revenir toi aussi! Afin d'infliger ces roustes dont tu avais le secret à l'arrogant Américain briseur de mythe quintuple (remember 1994)…

 

 

07/09/2008

On change quand de système, bordel!

774675831.jpgAïe. Malgré le beau maillot, ça s'est passé comme dans un rêve de François Fillon, ce premier match d'éliminatoires au Mondial 2010. Une faillite collective finalement dans la continuité la plus évidente de l'Euro, et pas qu'à cause de l'adversaire du jour. Faut pas se la raconter, genre "les Kurt Valdheim ils ont eu un max de réussite". Ok, ils font tous deux mètres et marque sur trois coups de pied arrêtés, mais quand même. L'Autriche nous inflige un 3-1 exactement comme la Hollande en juin (0-2, 1-2, 1-3). Et les symptômes sont identiques. Une défense en bois, un début de match tout pourri, un tournant ou évidemment le sort est contre nous (la frappasse de Toulalan sur la barre). Et une créativité proche de celle de l'huître (encore que l'huître révèle parfois une perle).


N'ayant pas l'habitude de le soutenir, on reste interdit après ce match où Henry aura été le meilleur Bleu en attaque. Et pourtant il est apparu toujours aussi surnuméraire dans le schéma de jeu de Raymond-la-dégénérescence. Mais il a tenté. Quand Benzema a oublié que le foot se jouait en levant les yeux. Et Nasri, sur sa foutue aile gauche, qui continue de galvauder son talent de 10 à la "Riquelme qui va vite". Deux belles actions (en étant sympa) en 90 minutes, ça fait maigre. Et l'on voit resurgir le spectre de la vache maigre…

En passant également, il est fort amusant de voir les mêmes qui insultaient le sélectionneur après l'Euro pour ne pas avoir retenu Mexès, tomber à bras longs et pourtant raccourcis sur le même classieux défenseur romain. Même si c'est vrai qu'il a été à la rue face aux monstres autrichiens sur coups de pied arrêtés, peut-on encore dire, sans risquer l'attrabilarité générale, qu'il a été plutôt bon dans le jeu? Quant à Malouda, auparavant honni par tous, il est devenu martyr car Raymond l'a mis dans les tribunes. Perso, je comprends pas vraiment la cohérence des critiques, pourtant bien gonflées de certitudes définitives.

Evidemment, tout le monde va tomber sur Domenech, qui va être rendu coupable de tous les vices de son indigente équipe sans âme. Mais le Raymond sur la pelouse, il aurait jamais laissé Mandanda se faire charger sans réagir par une brutasse autrichienne, comme aux plus belles heures de l'Anschluss. En revanche, il faudrait quand même se préoccuper du système de jeu, si on veut pas donner raison à Kondratieff et sa fichue théorie. Parce que là, on est pas loin de replonger dans les marécages des années 90 (pour voir les photos ci-dessous en grand, cliquez ici). Epoque Gérald Passi, Stéphane Philippe Fargeon, Jeff Durand, Basile Boli, Frank Sauzée, Pascal Vahirua et autres souvenirs cultes à pleurer…


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Pas sûr que borduré par Escalettes et conseillé par Boghossian, Domenech ira jusqu'à nous mijoter la belle équipe de grandes gueules dont on fantasme (Savidan, Leroy, Pagis, Jurietti).

 

Mais pourquoi pas un modèle à l'Espagnole, façon 4-6-0 tiki-takant? Une tripotée de jeunes lutins créatifs dans l'entre-jeu (Ben Arfa, Nasri, Valbuena, Ribéry), un attaquant "à la Torres" qui part dans le dos (le Anelka des débuts), plante une fois sur trois et frappe fort (Anelka, Cissé, Hoarau), un milieu déf' "à la Senna" qui bétonne et sait jouer (Bodmer, Luccin) et une défense de guerriers qui préfèreraient bouffer un rat que de prendre un but sur coup de pieds arrêtés et qui aurait des cheveux longs comme Puyol (bon là, à part Givet ou Walemme, j'ai pas les noms). Pour garder les buts, Mandanda ferait un parfait Casillas. Ou au moins un système de jeu avec un vrai 10, bordel…

673215066.jpgAvant de renier son soutien sans faille à l'ex-défenseur voyou de gauche devenu désastrologue au bord du lynchage, le Sporting Tertulia attendra de voir. Il faut encore encore cinq matchs avant de rappeler Zidane. Car si la Serbie mord la pelouse du Stade de France mercredi prochain, on pourra sereinement reparler de "période d'apprentissage". Mais l'aggiornamento demeure nécessaire. Sinon le fantôme de Stéphane Paille rique de rôder longtemps autour du (joli) nouveau maillot frappé du coq.

06/09/2008

Mimosa comme Caritoux

1425217782.jpgVu que cela ne devrait pas durer, j'en profite. Alors comme ça Sylvain Chavanel a pris le maillot amarillo de leader du Tour d'Espagne. Logiquement, il devrait le paumer dès ce samedi, avec la première étape andorrane. Du coup, il faut faire vite pour corriger un oubli médiatique. Certes, "Mimosa" succède à Jacky Durand et, surtout, à Jaja dans l'histoire des dominateurs français de la Vuelta. Mais il rejoint aussi l'immense Eric Caritoux. Avec sa trombine austère de paysan des années 50, le vigneron du Ventoux fut l'idôle de ma jeunesse juilletiste. Sur les genoux de mon grand-père, je n'avais de toute façon pas le choix. On supportait le producteur de pinard, le coureur besogneux, le sans-grade qui s'élevait du rang de gregario moyen-montagnard aux sommets ibère (vainqueur en 1984) et hexagonal (double champion de France 88, 89). Avec le coup de force de Chavanel, face à Valverde et Contador, l'invincible farmacia armada, c'est un peu de Caritoux qui renaît…

 

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03/09/2008

Affreux, sales et méchants

2144961051.jpgVoilà du foot comme on l'aime. En deux jours, on eu droit à trois morceaux de bravoure assez jouissifs. De la vraie tertulia au sens espagnol du terme (cf. définition ci-dessus). De la bonne grosse mauvais foi, de l'évocation de personnages cultes, de l'alcoolémie surréaliste, des gestes bourrelés de talent… Et cette invocation au comptoir du Sporting du film magnifique d'Ettore Scola, dont le titre résume bien les tribulations de nos héros du jour: Jean-Michel Larqué, Luc Sonor, Ronaldinho, Paul Gascoigne. Affreux, sales et méchants…

Affreux, Ronnie l'est assurément. Se vautrant dans la fange depuis son arrivée à Barcelone, il atteint pourtant des sommets de créativité éthylique. Tout gros et tout pataud, le sauveur de l'équipe olympique du Brésil s'est en fait avéré être un boulet pour les Auriverde lors des derniers JO. Mais il n'en conserve pas moins la classe. On l'avait déjà vu régaler la chique lors d'un match entre potes cet été. Mais même lors de ses débuts dans le calcio, il a retrouvé le meilleur de lui-même. Mi-état de grâce, mi-état de graisse, Ronaldinho a retrouvé ses inspirations aussi flamboyantes que vaines. Résultat: le Milan AC commence par une défaite, mais les supporters ont enfin vu du vrai football empreint d'incertitudes et de trajectoires folles, à mille lieux du réalisme chirurgical de Kaka le fou de dieu…



1272901001.jpgSale, Gazza n'a jamais cessé de l'être. Ce bon vieux Paul Gascoigne est éternel. Tout juste sa cure de désintox terminée, l'ancien milieu anglais, et dernier créateur en date de la perfide Albion, n'avait rien trouvé de mieux que d'aller suivre la tournée d'Iron Maiden en Europe. Après avoir disparu quelques jours, Le Sun l'a retrouvé au bout du rouleau dans une station balnéaire portugaise (et si c'était lui, pour Maddie?). Complètement bourracho après cinq jours de cuite non-stop, Gascoigne avait un taux d'alcool dans le sang tellement élevé qu'il était pris d'hallucinations, prenant tout le monde pour Alastair Campbell (ancien conseiller et âme damnée de Tony Blair). Culte, forcément culte…

 

404832473.jpgMéchant, Jean-Mimi l'a toujours été. En vertu d'une paire de match où, parait-il, il a été brillant avec le maillot stéphanois, Jean-Michel "bouc-émissaire" Larqué se permet de clouer au pilori tous les joueurs qui ne ressemblent pas assez à Thierry Henry. Combien de Trezeguet, Dugarry ou Ben Arfa récemment, ont été livré à la vindicte gratuite et subjective devant les millions de télspectateurs de TF1? Et comme le Larqué est plutôt colère en ce moment (peut-être à cause de son lamentable et infructueux lobbying anti-Domenech), il se souvient qu'il a la rancune tenace et que ce serait pas mal de se payer un mec inoffensif. Du coup, il traite le grand Luc Sonor de "pipe". Et ça, c'est pas possible. Car Luc Sonor, c'était quand même un beau salopard mythique, dans la catégorie "Si le ballon passe, l'homme trépasse", aux côtés de William Prunier et Carlos Mozer. Sans un pet de technique mais avec un talent énorme: faire cauchemarder l'attaquant fragile. Et on ne peut pas le traiter de "pipe" comme ça, impunément. Surtout quand on est soi-même une grosse blague (à tabac)… Réhabilitons donc le grand Luc, avec un résumé du mythiquissime "1-4" du Barça-Metz de 1984 (faute de vidéo dédiée sur le ouaibe)…


02/09/2008

Coréegraphie

C'est le dribble du week-end. Voire celui de la saison. Une valse à quatre temps splendide, qui laisse sur place le bon gros défenseur australien. L'œuvre du Sud-Coréen Song Jin-Hyung, aillier des Newcastle Jets, lors d'un match de A-League (le championnat aussie) contre Melbourne, qui mérite définitivement qu'on le suive des yeux après le retour intermittent du grand Mark Bosnich (qui a finalement signé pour sept semaines chez les Central Coast Mariners). Un dribble cadencé comme une manivelle d'orgue de barbarie…

21/08/2008

Un goût d'inachevé

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Paradoxale rentrée des Bleus, ce mercredi soir contre la Suède. Quelques actions de classe, mais que de déchets. Fulgurances offensives, mais lacunes défensives. L'avantage, avec une ligne arrière qui prend l'eau malgré un Mexès séduisant en colmateur de brèches, c'est qu'on peut tester le gardien. Et le Steve Mandanda n'a pas raté son baptême du feu, là où bien de ses prédécesseurs se sont lamentablement vautrés (RIP Sébastien Frey).

En revanche, on pourra dire ce qu'on veut, je comprends pas ce système de jeu, où Henry ne sert à pas grand chose, si ce n'est à toujours marcher sur les pieds de Benzegol. Le premier but français est sur ce point révélateur. Titi s'écroule au premier poteau sans même provoquer de fausse piste, quand Karim "the dream" la joue "plat du pied sécurité" au point de péno…

Un vrai point positif quand même: on a un nouveau maillot qui claque! Camaïeu de bleus façon OM. Il irait très bien à Ben Arfa ou Nasri. En tout cas mieux qu'à Malouda…

Un frisson, enfin. Le but du vieux lion Svensson Larsson (ah le con, en plus je pensais que c'était Dahlin…), qui malgré ses 38 ans, a encore le sens du spectacle…

 
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