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24/06/2008

Deschamps du cygne

2106047880.jpg Quitte à se fâcher avec les 60 millions de Footix qui peuplent notre beau pays, le Sporting Tertulia a envie de mettre les pieds dans le panier de crabes du débat autour du futur sélectionneur. Comme l'avait impeccablement annoncé le toujours parfait Greg Schneider dans Libé samedi (alors que le reste de la presse s'évertuait à lyncher tant et plus notre Domenech national), rien n'est joué et Raymond-la-Résistance pourrait très bien rempiler. Pat Vieira et Ti'Frank Ribéry soutiennent le coach, et maître Vikash (dont je découvre aujourd'hui les chroniques inégales mais bien troussées -l'histoire de sa vie- sur le blog des Eurockéennes) résume on ne peut mieux la pensée tertulienne:

«Maintenant je crains le pire, c’est à dire devoir se taper encore et encore Gloria Gaynor pendant 20 ans. Les anciens de 98 veulent reprendre le pouvoir. Non s’il vous plait. Tout mais pas ça ! Deschamps supporter de «Chasse Pêche et Tradition» en sélectionneur de l’équipe de France, pire que Laporte sélectionneur du 15 de France».

Est-il possible à tous les contempteurs de "la Déche" (Zizou le dernier en date) de ne pas occulter certaines zones d'ombre dans leur panégyrique du nouveau sauveur de la nation? MM. Larqué, Lizarazu, Fernandez, tous les sponsors et médias connivents qui se réunissent dans une communauté d'intérêts (inconsciente?) autour d'un changement de cap soi-disant salutaire, est-il possible d'éclaircir deux trois choses au sujet de notre bon vieux Didier Deschamps?

Un bon sélectionneur?
Le passif importe peu. La preuve, Domenech avait un palmarès de sous-coach en arrivant à la tête des Bleus. Alors pourquoi glorifier tant et tant celui de Deschamps. Une coupe de la ligue et une finale de Ligue des champions (tout en frôlant la relégation) avec Monaco, un titre de champion de D2 italienne (avec une Juve largement au-dessus du lot). C'est quand même pas l'extase… Même si l'épopée de l'ASM, c'était bien…




Un changement de jeu?

La génération 98, dont il a été capitaine et donc organisateur sur le pré, c'était quand même un seul mec en pointe (remember Guivarch!!!) et trois milieux défensifs. Ce qui n'enlève rien au plaisir qu'elle nous a procuré. À titre individuel, et ça n'enlève rien à ses qualités de récupération, on ne peut pas dire non plus que le gars soit un grand orientateur de jeu et un relanceur hors-pair de ballon. Quant à son sens de l'offensive, 22 buts en 16 ans, dont aucun ayant marqué notre mémoire (ni celle de Dailymotion et Youtube), on a connu plus attiré par les cages… En espérant revivre les folles années fin de siècle, ne risque-t-on pas de se retrouver avec un jeu à l'allemande des années 90…

 

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Un changement de style?
Alors là, ouais. C'est sûr que le Dédé, c'est pas de la provoc' et du vocabulaire qui irrite le journaliste sportif mal comprenant. C'est du basique, du "À partir de là", de "l'enjeu qui prime sur le jeu" et RMC remplaçant M6 dans les petits papiers de la FFF. Franchement, j'ai des potes qui sont accros, mais moi au bout de deux minutes j'en peux plus…


 

La question qui tue. Pour l'avoir posé au "Mister" quand il officiait à la Juve, So Foot est devenu tricard aux abords du stade des Alpes… Et le dopage dans tout ça, M'sieur Deschamps? Parce que s'il est nommé patron de l'équipe de France, on aimerait quand même savoir s'il a prévu de venir avec les médecins turinois et s'il va demander à Sarkozy et Bachelot de dépénaliser la créatine…  


Deschamps dopage
envoyé par kbc29



 

23/06/2008

Nouveaux points quartsdinaux

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Le "grand huit européen" a délivré ses enseignements. Bilan en forme de nanalyse, dessinant la nouvelle boussole du foot européen. Quatre nouveaux points cardinaux dans la zone Euro, renouvellant le style de jeu continental. Et un dernier carré en forme de controverse entre anciens et modernes… Vieille Europe en quête de rajeunissement (Espagne & Allemagne) contre jeune relève sur la voie de maturité (Russie & Turquie)…

 

Au Nord, l'Allemagne. Le retour de l'efficacité et de la puissance teutonne. Avec un petit supplément d'âme apporté par le coach Joachim Löw (profile): on va vers l'avant et on redouble les passes. Mais les fondamentaux sont toujours là. Des grands costauds devant (Müller/Klöse), qui renardent dans la surface et un maître à jouer inégal mais qui mène l'équipe vers le but (Littbarski/Ballack). C'est pas des plus fantastiques, mais ça produit du jeu et des buts… et ça gagne à la fin…



Au Sud, la Turquie. Ce n'est pas l'Orient qui se révèle dans cet Euro, mais bien le foot méditerranéen tel que les latins ont oublié de le pratiquer. Comme des morts de faims sur toutes les balles, le sens du spectacle et l'inaltérable confiance que rien n'est jamais perdu. Deux-trois tripoteurs devant et quatre-cinq bourrins derrière, le tout formant un impressionnant bloc collectif, à la fierté nationaliste capable de renverser les montagnes… À dire vrai, le raisonnement marchait aussi pour la Croatie, mais fallait bien un vainqueur…



À l'Ouest, l'Espagne. Quelques graines et beaucoup de mulets. De jeunes talents impétueux (Senna, Silva, Villa, Torres), une doctrine de jeu pas vraiment convaincante (le Tiki-taka, multiplication de passes courtes jusqu'à l'approche des cages), et rien de bien nouveau sous le soleil ibère. Juste le réconfort de ne plus être le looser de l'Europe et la satisfaction de renvoyer les Italiens à leur retraite moisie de football rance (le même que les Bleus, en fait). Evidemment aux pénos…



À l'Est, la Russie. Du beau, du bon, du ballon. Un collectivisme qui n'écrase pas les stars, une jeunesse qui ne craint degun et un entraîneur idéologue et offensif (on y reviendra). C'est l'URSS de Blokhine, un brin de star-system en plus! Après les Pharaons égyptiens victorieux à la Can, c'est aussi une certaine idée du maillot qui s'impose. Celle d'un championnat où les stars ne vont que rarement à l'étranger et apprenne de longues années à jouer ensemble… Prises d'intervalle, altruisme outrancier, débordements d'ailiers, pressing suicidaire… Allégorie de régalade, donnant un rude coup de vieux aux espoirs bataves… Musique maestro…

22/06/2008

Faut plus le chercher, le ballon d'or…

1542062340.jpgRhaaaaaaaaa, Andreï!!! Arshavin le magnifique, nouvel empereur de la planète ballon. On n'avait qu'une peur, c'était que le lutin du Zenith Saint Petersbourg manque trop à son équipe pour la qualifier. Suspendu pour les deux premiers matchs, il a du flipper comme nous de ne pas pouvoir faire montre de son talent. Et le 4-1 encaissé contre l'Espagne n'avait rien de rassurant. Mais Andreï Arshavin est là, et il bosse pour sa légende. Chef de file d'une équipe russe qui a su prendre le tournant du foot toalitaire vers le football total. Style néo-Cruyffien. La défaite de Belanov et Dassaev contre les Bataves en 88 est vengée… Et de quelle manière! Peut-être la plus belle prolongation depuis Séville 82…



Une coupe de l'UEFA en poche, Arshavin est la preuve que le soleil se lève à l'Est. Et mérite sans conteste le ballon d'or, pour une fois que la presse de l'ex-bloc soviétique (majoritaire dans le collège des électeurs) ne volera pas le scrutin. C'est pas Nedved ou Sheva, c'est du sérieux et de l'efficace. Pas de gri-gri Ronaldiens. C'est Sacha Zavarov qu'on ressuscite, tout en insouciance classieuse et décisive…

20/06/2008

Et si les Hollandais recommençaient à ne plus se sentir

Ne vous en faites pas, ce ne va pas devenir une habitude du Sporting Tertulia de donner dans la blague de pet, façon Dutch Oven. Mais faut dire que les Bataves y mettent du leur. Après les années terribles ou les vieux blancs (autour de la fratrie De Boer) se fritaient avec les jeunes surinaméens (Davids, Seedorf et cie), les jeunes Oranje de Van Basten ont retrouvé la joie de vivre, jusqu'à se lâcher un peu trop. Comme sur le banc des remplaçant, lors du match contre la Roumanie.

Sans plus de commentaires, si ce n'est que le classieux Rafael Van der Vart, qui explique son geste technique par «la pression», risque de perdre beaucoup de crédit auprès des filles. Et que tout le monde l'a rebaptisé "Van der Fart".

19/06/2008

Mais qu'a bien pu dire Domenech à la mi-temps?

173679731.jpgBon, il faut savoir passer à autre chose et se projeter dans l'Euro, le vrai, celui qui commence aujourd'hui. Les quarts arrivent, la France n'en est pas et je mettrai bien une pièce sur la Russie et Arshavin le magnifique… Mais y a quand même un truc qui continue de me tarauder depuis que l'arbitre a sifflé la mi-temps de France-Italie. Quel discours a bien pu tenir Raymond-la-défiance à ses troupes dans les vestiaires?

Imaginez, c'est quand même l'apogée d'une carrière: devoir faire croire à une bande de tocards individualistes que rien n'est joué à un de moins, 0-1 et sans ta star…mais qu'on peut écrire une des plus belle pages de notre histoire sportive… Peut-être que les joueurs en parleront, pas sûr que Raymond le fasse, tout occupé à sa nuit de noces… Peut-être même qu'il a envoyé des textos à Estelle sans même y mettre le nez, dans ces foutus vestiaires…

En attendant d'en savoir peut-être un peu plus sur un discours visiblement vain, le sporting Tertulia réfléchit en vidéo à ce qui a bien pu traverser l'esprit de Domenech.

 

Les traiter de nuls. C'est la méthode Laporte, ou comment remotiver des ptits mal en point contre une faible Italie. On se dit les choses franchement. Façon Bernie le Dingue…



 

Les responsabiliser. C'est le truc d'Aimé Jacquet. Prendre son accent le plus nasillard et faire flipper les joueurs proches de se faire sortir en demi à domicile contre la Croatie. Les gars, ça NE peut PAS arriver, ok?! Façon Mémé le forézien…

 

Les galvaniser. Le hic, c'est qu'il faut être le plus grand acteur américain de tous les temps. Monologue charismatique et tripal, american football way of life. Je suis tellement beau et fort quand je cause, que vous n'avez pas d'autre choix que de gagner. Façon Al Pacino dans "Any Given Sunday" (L'enfer du dimanche, version française -moins bien- visible ici)…

 

Le bonus italien. Finale de coupe de l'UEFA. Piquouse. Victoire. Ballon d'or et titre mondial sept ans plus tard. Façon Cannavaro, imparable…



18/06/2008

Quand ça veut pas…

Vu sur l'excellent site Who ate all the pies?, cette vidéo du bus de l'équipe de France de foot arrivant au stade avant le match contre l'Italie. Alors que les Anglais se demandement perfidement si c'est Domenech qui conduit, on essaie d'imaginer l'ambiance à l'intérieur du car. Entre rires nerveux et pétage de plomb paroxystique… Dieu existe-t-il vraiment pour s'acharner à ce point?! En même temps, c'était un présage. Fallait déclarer forfait, Raymond…




Tout le monde n'aime pas Raymond…

1857187705.jpgInutile de compter sur le Sporting Tertulia pour hurler avec les loups sur Domenech. Le moment serait mal choisi, aux côtés d'une presse sportive avide de pouvoir enfin régler ses comptes avec celui qui l'a méprisé outrageusement, jusqu'à parler mariage le soir de son dernier match. Raymond-la-science n'avait rien fait de mieux qu'une finale avec les Espoirs. Il aura été régulier avec les A. Il n'a pas imposé le système de jeu offensif dont on rêvait, mais qu'espérait-on vraiment de la part d'un bourrin défensif reconverti en théâtreux la tête dans les astres. En tant que sélectionneur, il aura découvert Ribéry, fait émerger Gallas, donné sa chance à Gomis et Benzema. Et subi la génération 98.

Faudrait quand même pas se foutre de la gueule du monde. On ne peut pas avoir répété à l'envi qu'il n'était pour rien dans le parcours tricolore de 2006, entièrement géré par Zizou et ses apôtres, et le rendre responsable cette fois-ci des errances collectives françaises. Le jeu, en l'occurrence le beau jeu (qu'on brandit inlassablement comme "l'esprit" dans le rugby), ce sont les joueurs. Coaching déroutant ou pas, Domenech n'y est pour pas grand chose si Henry est cramé, Malouda paumé ou Thuram usé. Jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas lui qui a demandé à Abidal de tacler comme un con Luca "inoffensif" Toni. Ni lui qui leur a dit de se foutre sur la tronche dans les couloirs…



A côté de telles images qui nous laissent à penser que les Bleus sont devenus la Hollande des 90's (fracture vieux/jeunes, sans les relents racistes), la déclaration de Raymond-fleur-bleue est plutôt touchante. Franchement, le gars a vécu son dernier match sous les auspices que la pire des Cassandre n'imaginerait pas et il pense à sa douce… Un peu de tendresse, bordel! Cela valait-il vraiment le coup qu'il nous détaille ses choix étranges du soir (Nasri plutôt que Toulalan, Boumsong plutôt que Thuram… Même pas le cran de remettre Gomis)? Alors qu'avec une telle déclaration, il se resitue dans le champ de la fragilité humaine, au moment où tout un pays a des envies de lynchages. Sublime, forcément sublime…

 



 

Le beau jeu se venge toujours au bout d'un moment, quand on le délaisse de trop. Abandonner le meneur de jeu, c'est une chose. Décider de ne plus attaquer, une autre. Mais jouer à onze mecs qui visiblement se sentent aussi peu qu'ils respectent le maillot, c'est trop. Foot-bizness et individualisme ne peuvent s'accorder avec le jeu de balle, seulement si on en respecte le premier des fondamentaux: jouer!

Désormais, la question qui se pose est de savoir dans quel nouveau cycle entre l'équipe de France. Une période pénible avec des Bleus privés durablement de phases finales internationales (dit "cycle Luc Sonor" -1987/94-, où malgré de bons joueurs -Canto/Papin- c'est la lose)? Un rêve flamboyant et romantique, où l'attaque prime sur la victoire (dit "cycle Rocheteau" -1978/86-, avec un espoir de gagner l'Euro 2016 si on l'organise)? Un renouvellement autour d'un 10 messianique et d'un modeste entraineur en guise de prophète (dit "cycle Mémé/Zizou" -1996/2000-)? Ou un statu-quo voyant la France cheminer bon an mal an sur le même rythme dépourvu d'idéologie, se qualifiant parfois et perdant contre les Italiens toujours (dit "cycle des Italiens" -1986/2006)?

Et si le pire était à venir… 

17/06/2008

Quand France-Italie n'était pas que stress et animosité

Pas le goût de revenir sur les récents duels transalpins, qui ont marqué la petite histoire des compétitions internationales. Parce que les France-Italie de 98, 2000 et 2006 n'ont finalement pas été de grands matchs, sur le plan de la stricte qualité de jeu. Avant de pétocher sévère ce soir, le sporting Tertulia vous livre donc l'autre Top 3 de la confrontation devenue majeure pour tout chauvin qui se respecte (ayant remplacé dans nos cœurs les France-Allemagne d'antan). Un top 3 qui n'est que plaisir, short ras-les cuisses, tignasses au vent et Sidney Govou…

France-Italie 1978 (Coupe du monde, match de poule)
Il restera dans nos mémoires pour le but de Lacombe après 32 secondes (sur un centre du cultissime Didier Six). C'était le temps où on partait à l'abordage d'entrée de jeu, mais où ne gagnait pas forcément à la fin. D'ailleurs, c'est la Squadra qui l'emportera 2-1…



France-Italie 1986 (Coupe du monde, huitième de finale)
LE match de Platoche (gagné 2-0), alors ballon d'or et héros juventino. Et une victoire qui préfigurera celle d'une armada romantique forcément dominatrice sur le Brésil, mais forcément étrillée par l'Allemagne. C'était le bon temps, en musique…



France-Italie 2006 (Eliminatoires de l'Euro 2008)
Quelques mois après la finale perdue du Mondial, on se remémore avec plaisir le festival automnal des hommes de Domenech, qui explose une Squadra sans Materazzi (suspendu pour injure à la maman de Zidane). Une vraie bonne pipe (3-1), avec du vrai beau jeu. Le dernier grand match des Bleus. Et Sidney Govou, alors remplaçant en CFA avec Lyon, sort son deuxième match du siècle, en attendant celui de ce soir…



En guise de conclusion, plutôt que de vous rendre malade et nous tanner avec l'enjeu qui prime sur le jeu, FAITES DU FOOTBALL!!! Qu'on gagne ou qu'on perde, ce qu'on veut surtout, c'est des beaux souvenirs d'amateurs de ballon…

 

 
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