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29/11/2009

Magic Bullard

jimmy_682x400_938339a.jpgParti en pélerinage professoral chez les chtis de l'ESJ, puis ayant préféré la dinde de Thanksgiving au massacre de nos poulets par l'abattoir néo-zélandais (vaut mieux paumer celui-là que le prochain), quel plaisir de renouer avec la tertulia en fêtant de nouveau le magnifique Jimmy Bullard.

jimmy-bullard-hull.jpgL'attaquant le plus attachant de la Premier league anglaise a délivré un de ses moments de bravoure dont il a le secret. Après avoir célébré dans un précédent hommage la loufoque carrière du Steve Savidan d'Albion, entre clubs obscurs et joyeux délires, "the Wig" (la perruque) a une nouvelle fois illuminé nos visages enfantins. Ce week-end, il plante le pion de l'égalisation de son nouveau club de Hull City chez les Citizen de Manchester, et nous offre dans la foulée une intriguante et professorale célébration collective, ambiance cour de récré rigolarde…







42911_large.pngComme on peut le voir à la fin de cette vidéo, le cérémonial de Bullard est lui-même un bel hommage parodique à son coach Phil Brown, lui aussi sympathique grande gueule facétieuse du foot britton. Un entraîneur qui avait marqué les esprits l'an dernier, contre Man City déjà. Après une première mi-temps catastrophique (4-0), il avait convoqué ses boys à écouter son speech à-même la pelouse et devant leur kop. Ça n'avait servi à rien sur le match (perdu 5-1), mais ça lui permit alors de sauver sa tête menacée…





Et rien que pour le plaisir, on rigolera encore et encore en repensant au magnifique plongeon de Bullard (avec Blackburn, contre Arsenal, en 2005), plein de non-sense absurde et situationniste…

23/11/2009

Dernier rempart

Image 10.pngEn passant, pour clore encore et toujours le chapitre de la mimine à Titi, un moment de grâce algéro-basque, éclipsant poétiquement la picrocholine polémique. La scène se passe lors du Barça-Bilbao de ce samedi, celui où Henry s'est fait un peu bougé par le public de l'Athletic Bilbao (dont on connaît le sens de la déconne). Vite fait, six minutes de bronca (qu'est-ce que c'est par rapport aux "Ginola à cause de toi, on ira pas aux USA" qu'a du endurer le beau David durant l'année 94), mais six minutes qui ont occulté du cultissime de chez cultissime…

Tournons donc définitivement la page, et admirons cette chevauchée fantastique de ce supporter "espontáneo" d'Euskadi paré d'un drapeau algérien, sur le pré de San Mames. De la cathédrale à l'arène. Il est beau, il virevolte, il galope. Les cages à portée d'envol, il ressemble à Jonathan le goëland. Et puis le plongeon. Gardien de la paix, mais gardien avant tout…



 

21/11/2009

L'hallali Attali: mieux vaut Henry(re)…

Image 7.pngQuelle connerie le foot. Trois jours après la qualif de Saint-Denis, on en aura lu et entendu des points de vue contradictoires, sur la mimine à Titi. Du grand n'importe quoi, de l'oie blanche en veux-tu en voilà, des leçons de morale à la con, des prises de parti politico-microcosmiques débiles, des excuses et de la repentance à toutes les sauces, de la honte d'être Français un brin inappropriée (y a quand même bien d'autres raisons plus valables, non?)…

On a failli arrêter le foot, tellement ce gros pataquès démesuré et informe, où tout le monde se sent obligé d'avoir un avis -si possible original-, nous a rappelé le coup de boule de Zidane ou le running-gag de la Marseillaise sifflée. Un moment où l'on regrette d'un coup d'être fan de sport et de devoir se fader les leçons de ceux qui d'habitude se foutent de nous. Evidemment, le summum du grotesque appartient au "Nous sommes tous des Irlandais" de Jacques Attali, juste devant le "Rêvons, rejouons le match" de Laurent Joffrin (sans oublier l'inénarrable BHL). On y opposera la salutaire mise au point de Roy Keane, contre l'Irlande qui ne cesse de se plaindre, faute d'être capable de mettre ses occases au fond.

Grosso merdo, ce qu'on en pense avec le recul a peu ou prou été déjà écrit, notamment par So Foot (ici) et l'excellent blog Plat du Pied Sécurité (ici et ici). Oui c'est moche de se qualifier comme ça, mais des abus y en a tout le temps, les coups de vices sont des gestes techniques aussi propres au sport que les coups de génie (quelque soit le sport, même et surtout dans le plus beau d'entre tous: le rugby).

Les Irlandais sont très sympas, mais s'ils avaient pu nous faire la même ils ne se seraient pas fait prier (cf. le péno contre la Géorgie), et il n'y a aucune raison d'avoir davantage de condescendance envers ce peuple certes anti-britton plein de bravoure, mais quand même franchement bigot limite intégriste et anti-avortement. Tout juste leur reconnaîtra-t-on un art certain de la parodie musicale…


Soyons sincères, une fois le match passé, on a plutôt souri de cette victoire à l'italienne ou à l'allemande (selon la génération à laquelle on appartient). Pour une fois que c'est pour nous, on ne va pas s'en plaindre. Ceux pour qui le foot veut vraiment dire quelque chose voient des petites tricheries à chaque match (parfois s'en délectent -Rhaaaa William Prunier!-). Depuis tout petit, on a appris l'injustice de la vie grâce au ballon (la main de Vata en 89, le carton rouge contre Lolo Blanc en 98, l'ogre Schumacher de 82 et autres poteaux carrés)…

Ce qui retiendra une dernière fois notre attention dans ce débat franchement vain, aussi futile qu'il sera oublié quand commencera le Mondial, c'est la façon dont la bonne conscience social-démocrate a rejoint la vertu méritocratique de la droite libérale. On se croirait presque revenu au temps du référendum sur la constitution européenne, où les gentils anti-triche se retrouvent tous du bon côté de la barricade, face à la plèbe sans principe. A la différence notoire que la compétence et le savoir technocratique sont ce coup-ci du côté de la populace.

Car il y a juste un truc que je ne comprends pas dans le raisonnement des anti-Henry (qui sont également des anti-Domenech, mais c'est encore un autre débat): comment évoquer Pierre de Coubertin (par ailleurs un beau facho) quelques jours après s'être félicité de la chute du mur de Berlin? Comment se branler sur l'avènement du libéralisme pour débander sur l'une de ses plus belles expressions (la fin justifie les moyens… et la qualif peut aider au retour de la croissance), avant de s'offrir un retour de trique sur l'arbitrage-vidéo (cf. Christian Vanneste et Fraidrick Lefaivre), pourtant symbole le plus totalitaire qui soit (l'homme sans faille et la surveillance légitimée comme régulation d'une société parfaite)?

Trop dur à expliquer? Alors, footez-nous la paix, et occupez-vous de moraliser le capitalisme! Les affres du professionnalisme n'ont rien à voir avec les vicissitudes jouissives du terrain, péno simulé, tirage de maillot suant la bière de la veille, coup de coude sur corner. Perso, je ne comprends toujours pas pourquoi personne n'a taclé aux genoux Kostadinov quand il filait au but en 93. Alors en vouloir à Titi sur ce coup là (parce que sinon, c'est mon sport favori)? Non, je ne vois pas. C'est même la première fois depuis 98 qu'il ressemble à un minot joyeux, et non plus à un monstre froid surnuméraire en attaque…

On espère juste qu'un jour les députés et observateurs autorisés pétitionneront contre l'endettement des clubs anglais et espagnols, contre l'homophobie dans le foot, contre les systèmes de dopage génralisé ou contre les filières de recrutement en Afrique.

En attendant, vous pouvez faire vos Pelé pathétiques, moi je reste du côté de Maradona.

 

19/11/2009

Happy hand!

mandela_world_cup.jpgAllez, on ne va pas faire la fine bouche. Une qualif au Mondial, ça justifie tous les moyens de monde. Rien qu'à s'imaginer pendant le tirage au sort, ou imaginer le concours de pronostics avec les collègues, on en salive d'avance. On commence même à songer à l'argumentaire qu'il faudra déployer pour y croire un peu. Genre changer un bon tiers de l'effectif ayant foulé le pré de cet indigent mais victorieux Irlande-France.

Image 2.pngMais dans tous les cas, Raymond continue de niquer allègrement un pays tout entier, qui va encore devoir le supporterau pays de Nelson. Domenech va même bientôt battre le record de matchs d'un sélectionneur. Le gars que la totalité du toujours aussi glacial Stade de France voudrait étriper à mains nues va dépasser Michel Hidalgo. Et le mec, il trouve encore le moyen de dire qu'il avait prédit le 1-1 de la soirée. Sublime…


Mais on ne peut quand même pas s'empêcher de regarder ailleurs. Parce que, franchement, voir Squillaci/Gallas à la ramasse face de ventripotents Irlandais, se lamenter devant la paire diarrhéique de récupérateurs, halluciner devant Titi Henry courant le 100m en 90 mn, ou Anelka jeter son indolencesur le pré… Même le public, auquel on a refourgué moults drapeaux et t-shirts façon tifo nord-coréen, fait un peu honte. A l'image des onze plots de la DDE qui leur servait d'équipe fanion, les gradins chantent et s'agitent, mais finalement ressassent l'éternel et lassant "Allez les Bleus". Dans le même virage que le "kop" irlandais on ne peut pas s'empêcher de regarder ailleurs.

Et croiser les regards rougis de supporters chantant dans le métro du retour, après le but tout voyou d'Henry, ben ça met presque mal à l'aise…




Et puis finir la soirée en passant par Barbès, et croiser les derniers survivants de la furia algérienne. Même si on avait un faible pour l'Egypte d'Abou-Trika, on a trouvé notre troisième pays à encourager pendant le mondial sudafricain. Car sortir vainqueur du derby des "phares du monde arabe" (résumé vidéo ici), malgré les caillassages et la tension qui pesaient sur les Fennecs, ça force le respect. En plus, l'Algérie se qualifie grâce à un but magnifique, bien loin du jeu de vilain tricolore. Antar Yahya, façon JPP…




Et puisque la musique adoucit toujours les heurts, en résonance à la playlist de 20minutes.fr, à la nullissime une de L'Equipe et au bon jeu de mot qui sert de titre à ce billet, on se quitte avec Deus. "Happy enhandings with violins"…

16/11/2009

Ô vieillesse ennemie…

31619-canne-vieux-vieilles.jpgIl est désormais trop tard pour réagir à cet intense week-end sportif marqué du sceau sud-africain. A la bourre sur les recompositions gaucho-écolos, on n'a pas franchement trouvé le temps pour s'émouvoir sur la belle gueule du XV de France et sa victoire comme maman springbok dans papa springbok (analyse + vidéo, chez Mister Rugby). Ni sur l'éthylique enchaînement Egypte-Algérie + Irlande-France (résumé vidéo + énorme sketch Action discrète, chez Honkytonk).

A peine ne pourrons-nous pas nous empêcher de noter le massacre reggae de l'hymne sudaf, nous faisant irrémédiablement penser à cette vanne de bahut vieille comme le monde et celui qui la chante: "-Que dit un rasta arrêtant de fumer? -C'est quoi cette musique de merde?» Rastafaraï…




Sans doute le poids de trente années tertuliesques, on n'a donc plus le courage de se lancer dans une quatrième mi-temps à base de Barcella par-ci et de Dusautoir au hasard. Mais on ne résiste pas à se moquer de plus vieux que nous. Comme Rene Higuita. Le parrain du Sporting Tertulia, avec son mythique "coup du scorpion" de Wembley. Déjà, il avait commencé à galvauder son exploit acrobatique (remember). mais depuis ce week-end, il en est réduit à animer des avant-matchs de championnat mexicain, avec une quinzaine de gamins aux pieds carrés. Certes, cela se passe lors d'une inauguration de stade, avec Pele et Blatter en tribunes, mais quand même. Voir Higuita ressembler à une version ballon de Michelle Torr à la quinzaine de la saucisse de l'Intermarché de Moulins, eh ben ça fait quelque chose. Drame de la vieillesse…

 

12/11/2009

L'Afrique (du Nord), c'est chic

2494046767_small_1.jpgRhaaaaaaaaa, le derby des sables sahariens entre l'Egypte et l'Algérie! Si on était complétement internationaliste, on serait bien obligé de reconnaître que ça a une autre gueule ce samedi que ce putain d'Irlande-France qui fout les foies. Alors, foies de Domenech, foin du patriotisme en danger, et fi du footnocentrisme: pendant que notre maison bleue brûle, regardons ailleurs. Vers l'ultime journée des qualifs africaines au Mondial Sudaf. Egypte-Algérie, au Caire. Enjeu: une victoire 3-0 qualifierait les Pharaons face à des Fennecs favoris (mais à 2-0, il y aurait une belle). Tension à son comble et invectives entre deux peuples magnifiques de l'histoire du ballon. D'abord en vidéos (ici), puis en chants méchants (ici), et enfin en cailloux ce jeudi, lors de l'arrivée des joueurs à l'hôtel…





Il faut dire qu'il y a une sacrée rivalité entre l'Algérie du cultissime Lakhdar Belloumi et l'Egypte du non-moins fabuleux Hossam Hassan. Ce dernier résume un peu la rivalité entre les faux-frères arabes. L'attaquant cairote a traversé 20 ans de derbys. En 1989, il était l'auteur du but qualificatif pour le Mondial 90. Lors de l'ultime journée des qualifs…



 


_41292952_hossamhassan_270.jpgEnsuite, les années 90 et 2000 ne firent qu'amplifier l'émulation pas toujours fair-play entre les deux figures du foot afro-méditerranéen. Pour se remémorer l'historique en vidéo de ce grand duel du sport, avec des vrais morceaux de Benarbia dedans, ça se passe ici sur Bladi.net (merci à Rasbaille pour le lien). Nous, on en retiendra la permanence du grand Hossam Hassan, toujours là en 2008. Deux ans après avoir pris sa retraite (sur une CAN victorieuse), l'entraîneur du club d'El Masry claque un bel accès de violence, lors d'un match de coupe nord-africaine, contre Bejaia. En Algérie…






2275037237_small_1.jpgQuant à Lakhdar Belloumi, lui avait effrayé et martyrisé tout le foot de l'Afnord des années 80, à base de crochets ensorceleurs, de passes en douce profondeur, ou de pions de flambeur. Tout en se fritant avec un médecin dans un bar, il y a 20 ans. Après une défaite 1-0, lors de l'ultime match des qualifs du Mondial 90. Un truc qui viendra perturber la liberté de circulation du beau Lakhdar de voyager, une histoire de mandat d'arrêt international. Oui, parce que le médecin qui a porté plainte pour blessure, il était Egyptien. Sacré Lakhdar…



 

Alors samedi, pour se destresser en essayant de ne pas penser à Croke Park, on admirera Abou-Trikka et Saïfi se tirer la bourre pour Johannesbourg, en clin d'œil à Hassan et Belloumi. Et même si on a promis à Captain Ahmada de supporter l'Egypte, c'est avec l'Algérie qu'on se marre le plus, grâce à cet appel de Braveheart à écraser les Pharaons…


 

09/11/2009

Un monde s'effondre

Image 4.pngOui, c'est bien un monde qui s'est effondré dans la nuit du 7 au 8 novembre 2009. Bien loin de l'agitation photo-sarkozyste et du Domino-day berlinois tout rance et avec des vrais morceaux bien réac de Lech Walesa dedans, on n'a nous aussi connu aujourd'hui l'émotion d'un mur qui vole en éclat.

Plutôt que d'écouter BHL et Dany Cohn-Bendit annôner sur la victoire du libéralisme, on fêtera les 20 ans de la fin des stals par un hommage à la mythique RDA de 1974. On ne parle pas des sportifs surdopés ou des cyclistes austères. Mais de l'équipe de foot, qui a gagné (1-0) son seul duel de l'histoire contre l'arrogante RFA lors du Mondial. L'entraîneur s'appelait Georg Buchner (remember), et le buteur Sparwasser. Ah, l'Ostalgie…





fabrice-santoro.jpgMais cette nuit a aussi été la fin d'une certaine adolescence, avec la fin de carrière officielle de Fabrice Santoro (un chouette résumé ici). Le Fabulous Fab avec qui on a appris Roland-Garros en même temps que nos cours d'histoire de troisième. Sur la chute du mur de Berlin. Voire nos cours d'orthographe. Comme ce dimanche de 1991, quand le torero Santoro qualifiait la France en demie, pour son dépucelage de Coupe Davis. Lors du dernier match, à Nîmes. Entre les murs des arènes…





om-ol-incroyable.jpgEt puis cette nuit a enfin été celle de certitudes volant en éclat. Enfin, un match de L1 intègre le top 5 des plus beaux matchs de clubs français. Lyon-Marseille 5-5. Le truc qui était pas arrivé depuis 1957. Un avant l'ultimatum de Khrouchtchev, qui avait provoqué la construction du mur en 1961. 5-5. Un score de Baby dont aurait perdu quelques balles, au gré de rires, de susauts, de festailles et indignation. Autour de la table des potes bières-foot, on a halluciné sur "Hugo déchire!" Lloris, on a débattu sur l'éternelle main qu'est pas volontaire donc ça fait coup-franc indirect, on a fait les "groupies du Pianic". Et on pourra dire qu'on s'en rappellera, de notre veille de 9 novembre 2009…



 

 

07/11/2009

La mort de Jacno c'est comme le sport (de la merde)

jacno.jpgEn passant, une mauvaise nouvelle, pour commencer le week-end. Jacno Future. Le cultissime leader des Stinky Toys s'est éteint la nuit passée d'un cancer, à 52 ans. En quise de rapide hommage à ce monument de la punkitude à la française, ce magnifique et Churchillien morceau, intitulé "le Sport" (… c'est de la merde), extrait du dernier album de l'ancien comparse d'Elli Meideros, "Tant de temps" (2006)…





La vidéo qui suit n'a, en revanche, aucun rapport avec le sport. Mais ce "Plastic Faces" fleure tellement bon la fin des années 70 et le playback désinvolte, qu'on ne peut s'en priver. Adieu Jacno…

 
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