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29/06/2008

Les larmes de Kelleher

1795436910.jpgCe succès de Toulouse est sublime, comme il est rassurant. Un moment de bonheur, d'abord. Une fin d'après-midi ensoleillé et douce, où la bière coule à flot dans un bon esprit qui, décidément, résiste toujours aussi bien au rugby-bizness. Des moments de rêves de gamin qui se réalisent, aussi. Fabien Galthié qui vous tape une clope à la mi-temps en tribune de presse, à quelques mètres de Jean-Baptiste Lafont ou Philipphe "le Goret" Saint-André. Pisser à côté de Moscato. Et puis du jeu et de l'ambiance.

Dans le RER du retour, on n'arrive pas à s'enlever ce sourire un peu niais qui vous a accompagné cette finale de Top 14 trois heures durant. Match débridé. Envie de jouer permanente, et celui qui en a produit le plus qui gagne à la fin. Fautes de main, mais c'est pas grave quand ça permet d'assister à un essai du bout du monde. Tout le terrain traversé à la main. Mouvement perpétuel toulousain. Et le si attachant Maxime Médard en terre promise. C'est finalement lui qui a dominé le match de sa classe, quand Nalaga, le colosse fidjien de Clermont, a vu sa puissance se fracasser sur la défense inspirée et malicieuse des Toulousains. Un coup de main non négligeable dans la révolution culturelle tentée par Marco Lièvremont à la tête du XV de France.

Dans le RER du retour, on est plein de compassion sincère au milieu d'un wagon bourré de Clermontois. Ça rit Jaune. Et ça promet que c'est la dernière fois que ça "monte à Paris" pour une finale. "Au prix que ça coute, j'en peux plus de nous voir perdre…", souffle un Obelix auvergnat casque à cornes dans ses mains. Tout en caressant la tête de son fils au regard figé d'une tristesse infinie. Mais quand il jette un coup d'œil sur la bouille de son fiston, il rajoute: "On garde l'abonnement à la saison, quand même. Ça joue bien à Michelin, y a qu'au Stade de France qu'on perd…"


 

Avant de se coucher, on se remémore encore plein d'autres bon moments. Le concert surréaliste des Wampas avant-match, dans un stade quasi-vide. Les discussions avec des collègues qu'on avait pas vu depuis longtemps. La petite mousse au soleil, siroter en admirant les cohortes de supporters qui marchent de traviole. Et les larmes de Kelleher. L'énormissime demi de mêlée néozélandais pris par l'émotion de la victoire à la fin du match. Les mains sur les hanches, interloqué, secouant légèrement la tête. A la mène des Blacks, il a remporté quatre tri-nations. Mais il n'avait pas encore touché le "bout de bois", ce bon vieux bouclier de Brennus. Assis sur la pelouse, les joueurs jaunards sont pétrifiés. L'angoisse sur le terrain a laissé place à la soumission devant la malédiction. Neuvième échec en finale, deuxième de suite, et une incroyable esthétique de la défaite. Ultra-majoritaires dans les tribunes, les supporters bougnats ont eux les larmes sèches. Mais leur sourire est revenu un instant chez certains d'entre eux. Ceux qui ont embrassé l'adversaire Byron Kelleher lors de son tour d'honneur ivre de bonheur dans la foule. Ça, c'est du rugby…

Commentaires

C'est triste pour Clermont mais Toulouse, au vue de sa saison, méritait de ramener quelque chose au Capitole.

Et j'espère que Galthié t'a proposé une clope, veinard :-)

> Que dalle! C'est même la deuxième fois qu'il me taxe à la mi-temps (il m'avait déjà fait le coup lors de la finale du Mondial 2007)…

Écrit par : seville82 | 29/06/2008

Malédiction templière pour le pays des volcans...Quatre finales encore à voyager pour rien!

Écrit par : pierrot la tombal | 29/06/2008

C'est dramatique je trouve, Clermont méritait davantage le bouclier au vu de la saison écoulée. Seulement une fois de plus, le rêve s'envole. Plus tu gagnes plus t'es en position de gagner, le plus dur est de démarrer un palmarès. Là ça va être dur de se relever.
A quand un bouclier au meilleur de la saison plutôt que ces phases finales où tout peut se passer...
Si on fonctionnait ainsi dans le foot, je ne suis pas certain que l'OL aurait 7 titres d'affilée.

> Je plaiderai pour la solution inverse: revenir au système de vrais playoffs, avec des quarts récompensant les huit premiers de la saison régulière. Passer au mode "L1", c'est l'assurance que les gros clubs aligneront trois équipes pour ne plus faire l'impasse…

Écrit par : Fran | 30/06/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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