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18/11/2010

Quand Cristiano fait du Platoche

En passant, un clin d'œil à la vie du bureau, en ce moment trop prenante pour pouvoir s'adonner à la tertulia, à Cristiano Ronaldo et à Michel Platini. Ou comment le magnifique but refusé à la danseuse portugaise contre l'Espgne, a instinctivement ressuscité le Platoche de notre petite enfance. Un pion méga-classe, sans doute le plus beau de la carrière de Cristiano. Et puis Nani qui vient coller sa sale tête de mec hors-jeu…

Ni une ni deux, à la vue de ce morceau de gloire dramatique, le sang de l'ami Mika, insatiable platinologue et voisin complice de taf, ne fit qu'un tour: «Putain, c'est comme pour Michel en finale intercontinentale'85!» Oui, parce que l'ami Mika, Platini il l'appelle «Michel». Et il n'est pas rare qu'une phase de jeu soit une allusion à la carrière de Michel. Déjà, il avait vu du Michel dans une tête de Gourcuff (remember). Donc, la finale Juventus-Argentinos Junior, avec «le plus beau but de sa carrière», dixit Mika, pour qui «le plus énorme, c'est la façon dont Michel tombe au sol, façon comedia dell'Arte»

Là aussi, chef-d'œuvre ruiné. Direction le panthéon des golazos qui n'en furent finalement pas, à cause d'un coéquipier. Même si là, le coéquipier le fait pas exprès, il est juste hors-jeu sans le vouloir. En revanche, l'ami Mika n'est pas certain, mais il est quasi-sûr, que c'est Scirea.

02/11/2010

Honni qui Fluminense

fluminense_rj_bigger.jpgAutant dire qu'au moment de relater trois semaines de Brésil version ballon, on pourrait écrire un roman. Pas un instant sans que l'on ne clignote football. Des plages carioca, où le championnat de beach-futebol (à 11 contre 11, hein, pas le vulgaire beach-soccer) enflamment les dimanche aprèm de Copacabana, aux rives désertes de l'île pas moins déserte d'Ilha Grande, en passant par tous les papys préparant des caïpi comme personne tout en matant les rétros Pelé le sexagénaire à la télé. Des affiches électorales en faveur du cultissime Bebeto jusq'aux discussions enflammés sur le rôle de Giresse lors du Brésil-France' 86, en passant par l'appart de Romario, visible depuis la plage carioca de Leme. On pourrait en écrire des pages et des pages. Tautaulogie de footballogie, en somme. Au pays du futchebol, même les kilos de viande engloutis à la churrascaria de Flamengo s'avalent sur fond de match contre les Corinthians de Ronaldo et Roberto Carlos.

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Alors, autant ne parler que match. Ce coup-ci, pas moyen de choisir son club de villégiature. L'ami Saint-Clair qui nous accueille est un supporter éternel de Fluminense. Genre immigré rital dont le grand père est abonné d'honneur du club historique de Rio. A force de tchatcher avec lui pour mieux saisir ce que l'on redoutait, on devait se rendre à l'évidence. Fluminense, c'est un peu le River Plate du Brésil, le palmarès en moins. Le club un peu bourge, qui achète lourd des joueurs célèbres en fin de carrière, dont les fans chantent à chaque déconvenue du grand ennemi dissident et populaire de Flamengo: «Silence dans les Favelas!»

On le sentait moyen, du coup. Et puis on a changé d'avis, en entendant notre hôte ressasser la devise du club devant une défaite contre le rival actuel de Cruzeiro (à qui le Tricolor dispute le titre cette saison): «A Fluminense, on joue comme jamais, et on perd comme toujours…» Un club aussi connu qui n'a en fait gagné que deux championnats, et n'a atteint qu'une fois la finale de la Libertadores (en perdant contre un club… d'Equateur), ne peut pas être fondamentalement détestable. Les gars qui ont un maillot à trois étoiles en référence à un championnat local gagné trois fois de suite dans les années 50, franchement, ça touche le sublime. Et quand on se fait raconter le grand souvenir du club de ces 20 dernières années, alors là on craque:

1995. Dernier match de la saison. Flamengo, à un point du titre, tient son 2-2 contre l'éternel rival, dans un Maracaña bouillant. Et puis Renato Gaucho, une sorte de George Best auriverde (le gars aurait dit: «Pelé a peut-être mis 1.300 buts, mai c'est moins que le nombre de nanas que j'ai baisé!») marque de la hanche dans les arrêts de jeu et stoppe net la fiesta flamenga…




On retiendra aussi de notre expérience fluminense un jeu qui ne mérite pas son public. Car niveau public, même à 10.000 lors du derby contre Botafogo, le souvenir est inoubliable. Dans un stade de remplacement, pour cause de travaux pré-2014 au Maracana, on boit des coups juste sur le parvis de l'Engenhao, l'arène olympique de 2016, dans des apparts pas encore rasés qui se sont transformés en bars sauvages. En fond sonore, les Ultras de la Torcida de Fluminense met l'ambiance du haut d'un gros camion/caisson de basses qui hurlent la samba du club. Un morceau frénétique, qui commence par le but de Renato Gaucho contre Flamengo, bien sûr. Pas du tout eu l'envie de filmer la scène, trop occupé à m'émerveiller. Pour une idée de la scène, ça ressemble à ça mais en plein jour…



Fred-fluminense.jpgBon, question ballon, c'est pas la fête, en revanche. On espérait voir Deco (qui semble même trop lent pour les Brésiliens), Emerson (qui a quitté Flamengo pour le Flu et cela semble être le plus important), ou Fred (dont personne ne semble là-bas croire à l'histoire de son cocufiage par Wiltord - «En tout cas, ce n'était pas sa femme, elle était resté au Brésil»), mais tous étaient blessés, comme les deux gardiens, ce qui ne gâche rien à la lose. Du coup, on a tout juste droit à un latéral gauche, tout récent selectionné dans la Seleçaõ, appelé Mariano. En attaque, un dénommé Washington de 35 ans, qui a un drein dans le cœur. Et au milieu, des noms aussi improbable que Fernando Bob ou Marquinho.

Mais au final, après avoir visionné deux matchs de plus, on a appris à apprécier une belle charnière défensive (Leandro/Gum) et deux beaux relayeurs/meneurs de poche, nommés Diguinho et Conca. Ce dernier (Argentin, évidemment) nous aura même fait nous avoir une petite émotion de coin de bar, après sa minasse contre le Gremio Porto Alegre…


 

Ça joue à deux à l'heure, et on aura vite fait d'oublier le contenu du match, par rapport à l'ambiance dans la grande tribune latérale du stade olympique. …

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Bon, c'était pas comme ci-dessous, mais pas loin. Fluminense, eterno amor…

30/10/2010

Parabens Diego!

Diego-Maradona-wallpaper-444.jpgTout juste rentré de doux et inoubliables congés cariocas, le temps de faire le tri dans les photos et les souvenirs fluminense, comment ne pas saluer l'événement le plus inimaginable qui soit: Diego est arrivé à cinquantaine. A Rio, on a eu du mal à s'enthousiasmer pour les 70 piges de Pelé qui ont pourtant rythmé les programmations télés des bars de la cidade maravilhosa, presqu'autant que la campagne présidentielle. Mais voir Maradona parvenir au demi-siècle, soit une fois et demi l'âge d'un Christ toujours plus ringardisé par D10S, après avoir en outre multiplié les résurrections, ça, c'est fascinant.

Et comme on a découvert s'est infligé dans l'avion du retour la sombre daube égocentrée et mal montée de Kusturica, on ne voit pas d'autre hommage que d'écraser sa petite larme devant le seul beau moment du film: l'interprétation par Diego lui-même du sublime cuarteto de feu Rodrigo Bueno, intitulé "la mano de dios". Tout y est: les amis, l'ex-femme courage, les filles émues et la voix chevrotante de l'icône éternel…

 

08/10/2010

Sur le continent d'Evo

En passant, avant de filer prendre l'avion, une allusion aux vacances à venir dans le pays du roi Futchebol. On ne devrait pas franchement voir la différence, mais ce blog sera donc en sommeil durant trois semaines. Plutôt que d'évoquer le pays de Pelé et des otaries de Copacabana, on préfère se targuer d'aller visiter le continent d'Evo Morales. Parce qu'au contraire de François Hollande le social-démocrate qui laisse filer au but le fils Sarkozy (remember), avec son allure aussi balourde sur le pré qu'il est inconstant dans ses engagements de supporter (remember), on ne se lasse pas de la classe footballistique du président bolivien sur le terrain, observée cette semaine lors d'un match de charité. Ça c'est de la gauche radicale, qui n'hésite pas à jouer dur avec la droite



On ne sait pas encore si l'on parviendra à s'extraire de la Lulamania "FMI-compatible" pour toucher du doigt la nostalgie de la démocratie Corinthianne de Socrates, chère à Besancenot (remember). Mais on essaiera (même si on est contraint, hôtes obligent, de supporter Fluminense)…

30/09/2010

L'Alberto qui cache la forêt

Image 18.pngAlberto Contador, avec mes vélopotes, on a interdicition éthique de le jouer au mythique Pool de la Flamme rouge, tellement on le sentait qu'il allait se faire prendre. Le superchampion espingo avait trop traîné avec Manolo "Vaaaamos a la farmacia" Saiz pour être totalement crédible. Et ben, on a eu raison. En même temps, il n'y avait qu'à lire et croire l'excellent Antoine Vayer, comme d'hab. Le seul truc qu'on pouvait pas prévoir, c'est l'effort innovant du "steack contaminé" comme excuse, une justification encore inédite dans l'histoire de la triche cycliste.

Le triple vainqueur du Tour de france rejoint la cohorte des dieux dopés de la pédale, tombant comme à Gravelines (sur les pavés du Nord). Rien qu'aujourd'hui, le deuxième de la Vuelta toute récente, Ezequiel Mosquera, s'est lui aussi fait choper la patrouille. Et pourtant, la patrouille ne va pas fort, comme tend à le prouver la démission de Pierre Bordry de l'AFLD, vendredi dernier. Pour parachever la morosité du moment, on peut y ajouter la démission de L'Equipe concernant l'investigation autour du dopage. Mais aussi, fut bien l'avouer, nos regrets plein de scrupules en voyant se faire attraper des chaudières pourtant bouillantes de panache, comme Vinokourov le magnifique…

Cependant, une patrouille, même patraque, qui sort autant d'affaires, on en voit dans quel autre sport? Nan, parce qu'il y en a marre de se taper, toute la journée au boulot, le retour de la revanche de l'éternel "Ouais de toute façon, au vélo c'est que des dopés!" En réalité, si le dopage est présent dans le vélo jusque dans les courses amateurs, depuis vingt ans les mecs tombent régulièrement, nous permettant d'entretenir notre naïveté enfantine. Et de croire inlassablement et naïvement au Tour du renouveau, chaque année. C'est quand même mieux que de faire le donneur de leçon, qui regarde ailleurs dès qu'il s'agit de football, par exemple…

 

 

23/09/2010

Pauvre Leo, Diego du pauvre

Image 12.pngMarrant comme le goût de bloguer peut revenir vite dès qu'on a un peu de temps, et comment on en revient naturellement à Diego. En passant donc, on ne résiste pas à rendre hommage à ce gros loser de Leo Messi. Avec un mimétisme assez stupéfiant, il montre année après année qu'il est davantage le clone défectueux de Maradona plutôt que sa réincarnation. Une réplique imparfaite. Un Diegorabais. Le même talent insolent, mais pas la même classe vulgo-punk. Des inspirations de D10S, mais zéro culte inculte, zéro panache excessif.

"El Pibe de Oro" (l'enfant en or) d'un côté, "la Pulga" (…la puce) de l'autre.

Déjà la destinée et le physique n'ont pas tant que ça à voir, hormis le début et la fin. Certes, Messidona est un lutin né au large de Buenos-Aires (entre Rosario et Lanus), et il a quitté l'Argentine pour le Barça. Mais quand Diego s'est coltiné des clubs et une jeunesse de pauvres, puis quelques kifs déjà rock-n-roll dans la Bombonera de Buenos Aires (remember), Leo a filé vite fait chez les Cules, fuyant la souffrance osseuse et les coktails d'hormones de croissance. Catalan dès 13 ans, au centre de formation.

Résultat: Messi est tout maigrichon et traîne ses airs de puceaux qui le dessert, malgré un déhanché et un pouvoir d'accélération sans concurrence aujourd'hui. Maradona était joufflu et irradiait de bonhomie malicieusement géniale. Sans concurrence à jamais.

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Même topo en équipe nationale, l'Albiceleste ne s'offrant qu'aux héros ayant le Rio de la Plata qui coule dans leur veine. Prêt à mourir pour le drapeaux. Visiblement, vu l'état du palmarès réciproque, il y en a un qui aime plus son pays, et l'autre qui regretterait presque de ne pas honorer son autre nationalité espagnole, où on le verrait si bien briller en sélection.

Leo fait tout comme Diego, mais il est disciple doué plus qu'un Messie. Comme un apôtre éclairé de l'église maradonienne, qui rejouerait les grandes scènes de la passion selon D10S. C'est assez hallucinant, faut bien reconnaître. Mais à chaque fois, c'est toujours un peu plus cheap. Sans âme.

Ce coup-ci, le week-end dernier, Leo nous a refait le moment de la grave blessure. On pourrait y croire. Le maillot de l'adversaire est le même, la chevauchée en biais et tout en force d'inertie, et un bon gros tacle dans les chevilles à vous en flinguer le péroné. Mais là où Diego se mangeait l'horrible ogre basque Goycotxea, sans peur et sans remord, avant de se venger quelques mois plus tard à mains nues et sur le pré (remember), Leo se fait sécher par l'adorable Tchèque sans trop de vision Tomas Ujfalosi. Qui évidemment s'est confondu en excuses derrière. Foot néo-libéral à la con…



Après sa blessure, on espèrerait presque qu'il serait du genre à ne jamais retrouver son niveau, histoire de l'effleurer enfin, cette putain de légende, au moins au rayon destin brisé. Mais même pas. Il reviendra, et sera toujours aussi bon [Màj: il est revenu dix jours plus tard, pffff…]. Et il continuera de faire son intéressant, en imitant Diego comme il peut. Comme quand il avait claqué sa "main de vieux", tellement bien réalisée qu'elle en est dépourvue de chaleur, contre les tocards de l'Espanyol Barcelone…




Non mais sans déconner, il est où le rapport avec l'Angleterre-Argentine'86 qui nous a vraiment fait entrer dans la folie douce footballistique, du haut de nos 7 ans???





Même quand la copie est bluffante d'harmonie, on ne peut s'empêcher de penser que Maradona ouvrait ainsi le score du même match-mythe fondateur, tandis que Messi se promenait parmi les plots défensifs de Getafe'07. But du siècle contre nomination au top 5 du concours du pion espagnol de l'année…

 


Une chose est sûre, Leo ne jouera jamais à Naples, dans les griffes de la mafia et de la coke, avant de finir par renaître au pays. Il ira peut-être au Milan, et ne rejouera sans doute jamais dans un club argentin.

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22/09/2010

Top 14 mon amour

Image 8.pngBon, on va pas se mentir, ce blog est en état de quasi-mort même pas déclarée. Mais parfois, un petit électrochoc vient extirper un peu de tertulia de la trop prenante occupation professionnelle. Vu qu'on préfère laisser un peu de temps à Lolo Blanc avant de regretter très officiellement Raymond No-Future, et vu que faut plus compter sur le MHSC pour nous rappeler les souvenirs de grandeur pailladine… ben y a le rug.

Cette bonne vieille gonfle ovale, qui nous redonne des envies chauvines, après que les simagrées frécho-stalinistes nous ont fait craindre le pire, voire l'éloignement. Et puis les nouveaux entraîneurs du MRC. Béchu et Galthié, ceux qui mériteraient vraiment qu'on leur érige une statue, tant on frise l'orgasme à chaque match maté, ébloui par le jeu en mouvement des Bleus de Montpeul ("Allez Bleuuuuuuus!") Les gars qui ont juste développé une idée toutes con (avec beaucoup de travail derrière tout de même): on fait jouer les jeunes, qui jouent ensemble depuis 10 ans au centre de formation, et on attaque en avançant, en se passant le ballon tout le temps. Et quand on voit les quatre essais marqués à Agen samedi dernier, ou l'analyse remarquable de Nice Rugby, et ben ouais on n'a pas honte de le dire, on croirait les All-Blacks…





Après sept matchs, la bande à Mamuka Gorgodze et à la colonne vertébrale Fufu/Juju/Trouduc pointe à la seconde place, et peut même se la raconter premier du Top 14 le week-end prochain. Rhaaaa, ce foutu Top 14, qui nous accroche toujours autant, et qui nous fait replonger en Ovalie, avec ces petites actions pleine de vices et de malices, qui font la grande histoire du championnat de France de rugby. Vite fait, et via l'excellent Rugbynistère, le top 3 des moments de classe du jeu comme on l'aime.

 

La putasserie du demi. Parra/Mignoni, c'est de la rivalité générationnelle post-Clermontoise. Et évidemment, c'est le petit merdeux qui fait sa loi, montrant un peu plus qu'il a tout d'un futur grand, et reléguant la Mignonne au rang de pleureuse toulonnaise en rade manuelle…




La relance à la Blanco/Mendy. Le grand pont réalisé par le Bayonnais Pepito Elhorga, tout en humiliation sur la grosse bête clermontoise Napolioni Nalaga, transformé en vulgaire Roberto Carlos se faisant fumer par Bernard Mendy (en fait, à la revoyure des images, je me rends compte que Mendy n'a jamais fait de grand pont, au contraire de Pepito)…



L'essai de rapine ultra-rapide. François Steyn et Sireli Bobo peuvent prétendre à la confrèrie de la filouterie royale. C'est pas du rugby à la montpelliéraine, mais ça fait penser à l'équipe de handball (le MHB), qui joua longtemps ses remises en jeu de la sorte, lors des grands moments de coupe d'Europe à Bougnol…





Bonus bourrin. Car comment ne pas rendre hommage dans le même temps au rugby d'antan toujours vivant, qui rythme les après-midi de fédérale 3. Comme ici, lors des 32e de finales d'il y a trois ans, entre Tournefeuille et Côte-Vermeille. Le seul regret, à la vue de ce splendide geste technique, dit de "la rentrée du pilier remplaçant à la mi-temps pour arroser tout azimut dès le coup d'envoi", c'est de ne pouvoir entendre dans le même temps le discours du coach à la mi-temps…




Bonus Lolo Pons. Histoire de signaler que le pilier culte vend maintenant des t-shirts, juste une récente définition de la nouvelle règle des regroupements, livrée par le maître à penser absolu, nostalgique de Bebert la Godasse…

 

26/07/2010

Une Pagis qui se tourne

pagis_phoceen.jpgRhaaaaaaaa Mika Pagis. Au-delà de la détresse que déchaîne en nous l'annonce de la retraite de l'attaquant rennais, c'est encore un symbole du temps qui passe et d'une certaine idée du ballon qui s'abat sur notre mélancolie nostalgique de trentenaire sans cesse minée par la post-modernité. Mickaël Pagis. "Pagistral". "Le Pagicien". "Pagigol". Rarement un obscur sans-grade du championnat français n'aura autant marqué notre mémoire d'arbitre des élégances, quel que soit le résultat, qui lui ne compte pas, ou peu. Dans la plus pure lignée de ces baroudeurs bourrés de talent, têtes de mule géniales n'écoutant qu'eux-mêmes, mouillant le maillot tout en essuyant ses crampons sur les tibias de l'adversaires. Un parcours à la Michel Ziani, une vista à la Jérôme Leroy, un sens du but à la Flo Maurice.

Pagis, c'était l'idole à mi-chemin entre Steve Savidan (qu'il croisa peut-être sur les terrains de jeunesse, dans leur ville natale d'Angers) et Eric Cantona (dont le frangin était son agent, et qui a toujours été son plus ardent supporter). Un début de carrière sublime de sous-culte, commencée à Laval, puis Chatellerault et le Gazelec Ajaccio. Avant l'envol chez les Crocos du Nîmes Olympique où, ça fait mal pour un Montpelliérain de le reconnaître, l'échalas de gala régala…




Après un court passage quatre ans à Sochaux et une Coupe de la Ligue gagnée sans jouer en 2004, avant un doublé qu'il relativisera lui-même avec élégance en 2005 ("Ça va, c'est pas la Coupe du Monde non plus…"), Mika continua d'écrire sa légende, dont la grandeur n'eut d'égale que la médiocrité des clubs à qui il offrit jusque là ses prestations anachroniques. Deuxième meilleur buteur de la saison 2004/05. Du dribble et de la frappasse niveau grande classe…




Et puis l'OM. Le club parfait pour son caractère de cochon où tout est bon. En bon Canto toqué un brin tocard mais au sommet de son art, il n'y restera qu'un an et demi. Mais le Vélodrome se souvient encore des lobs majestueux d'une des valeurs les plus injustement sous-estimées de la Ligue 1…



Enfin Rennes. La fin de parcours mi-fugue mi-déraison. Une lente petite mort déjà triste, cirant le banc d'une équipe de plus en plus costaude et bien trop jeunôte pour ses os vieillissants de vétéran de 37 ans. Mais un crépuscule ébloui par un triplé d'anthologie contre l'ogre lyonnais en 2009, mis à genoux par un Pagis touchant ce jour-là l'éternité…




Rien que pour le plaisir, on se refait le dernier, somptueux, vu des tribunes. Car ils sont peu à pouvoir "mettre à ce point le frisson" à un stade tout entier…




Chez les chapeaux ronds, Mika aura également montré pourquoi il est un peu moins que Cantona, mais un peu plus aussi. Un supporter vient le vanner gratuitement, et lui le chasse de son seul regard. L'apanage des très grands, pour qui le respect n'est pas un vain mot…





Avec la retraite de Pagis, c'est encore un bout d'adolescence qui s'évapore. Un morceau de football comme avant, à bonne distance de Footix, mais du coup injustement à la marge des Bleus. Un pan de main courante, où l'on admirait des joueurs connaissant la valeur du port altier. Un extrait de sang, de sueur et de larmes, où l'on mesurait l'émotion au beau geste, vicieux ou magnifique, plutôt qu'au nombre de zéros alignés au bas d'un  contrat.

Le seul truc qui réconforte, c'est que Pagis a intégré l'équipe de France beach-soccer, et qu'il va désormais se consacrer à la formation, au Stade rennais. Mais avec son départ, c'est un Mohican qui rejoint aujourd'hui le cimetière. Et on flippe un peu qu'il ne soit le dernier…





 
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